RECHERCHES SUR L'ÉCHAPPEMENT
venus à diminuer l’influence combinée du recul et du rabattement de la palette, tandis que nos modernes ont fait le contraire.
Avec une verge trop fermée, le rabattement et le renversement ont lieu au bout d’une assez courte oscillation, et comme les palettes ont une grande largeur, la dent agit sur un levier trop long; son action sur le balancier en est d’autant plus énergique, et ce dernier, maîtrisé par la force motrice, en subit toutes les inégalités.
Avec une verge trop ouverte, la roue prend, à peu près, dans le corps de la verge. Le levier, à l’extrémité duquel agit cette roue, devient tellement court, qu’elle n’a pas, la plupart du temps, la force nécessaire pour vaincre la résistance opposée par l’inertie du balancier et l’épaississement des huiles, et l’on a un arrêt-au-doigt, même avec un balancier léger.
En outre, plus les palettes sont étroites et plus les frottements sont variables, par suite du jeu des pivots et de l’agrandissement des trous : soit A B ( fig . 10), la quantité dont chaque verge a reculé, il est évident que le frottement, transporté du point .4 au point B, aura varié pour le petit levier dans la proportion de 2 à 1, et pour le grand dans la proportion d’un cinquième seulement.
Les vibrations avec verges trop fermées sont courtes et brusques ; mais, avec verges trop ouvertes, elles tardent peu à tomber en langueur, et dans les deux cas la montre ne demeure jamais longtemps réglée.
Les faits, tous pratiques, que nous venons de signaler, sont pour ainsi dire saisissables à l’œil de l’observateur, quand l’angle d’ouverture est au-dessous de 90° et au-dessus de 100°. Si l’on se souvient que la rudesse du frottement du recul et surtout le rabattement du bord de la palette contre la face des dents, acquièrent d’autant plus d’influence et de force que l’on s’éloigne, en plus, de ce dernier nombre, et si l’on ajoute, en outre, qu’avec une verge ouverte un échappement exige, dans sa mise au point, des soins et une précision incompatibles avec le bon marché des montres auxquelles il est destiné, on en conclura que dans aucun cas il ne faut dé-
passer 100°. Vouloir mettre les ouvriers dans la nécessité de traiter l’échappement à roue de rencontre avec les précautions nécessaires aux échappements de précision, est une erreur t d’indiquer, inutile de la réfuter.