‹ Études sur FarelChapitre 11 sur 12 · V. Martyr à Zurich et au colloque de Poissy. Sa mort · texte numérisé non relu

V. Martyr à Zurich et au colloque de Poissy. Sa mort

Martyr partit de Strasbourg le 13 juillet 16S6. Les regrets de tous les hommes de bien le suivirent dans son voyage ^, qui ne fut unsujet de triomphe que pour Marbach et son parti. Il trouva à Zurich ce qu'il avait vainement réclamé à Strasbourg, c'est-à-dire la faculté d'enseigner selon son intime conviction , et en même temps il y était plus près de ses Italiens. Le sénat le reçut avec lés plus grands.honneurs; et, gpur lui donner dès l'abord un éclatant témoignage de son respect , il dérogea à une loi qu'il venait de faire, et lui accorda le droit de bourgeoisie, disant que ce serait moins une injure à la loi qu'à la cité même, si un pareil homme y vivait en étranger. Bientôt il se concilia l'estime de toute la ville; les pasteurs et les professeurs recherchèrent son amitié , et BuUinger surtout lui donÀa de nombreuses marques de son inviolable attachement. Pour suivre les conseils de ses amis, et plein du désir de vivre en repos pendant le peu d'années qui lui restaient encore , il se remaria six ans après la mort de la vertueuse Catherine Dammartin , avec une noble réfugiée italienne, Catherine Merenda» de Brescia.

1 M. Lad. Lavatero. 30. jnn. 1556. Loc, com. p. 1117.

2 Wigandus Orthins Zanchio. Marpurs^i 13 jol. 1561. Zanohii Epist, H. p. 180.

3 Sldidan, p. 871. ^^^hiit non sine multorum suspiriis at^^ue dotlare , ^ui doetrinam ejus imcompurabilem , judicium ex^uisitissimum, humanitattm ai^ue modestiam summam , cœieras^ue virtutes amabant. *

C'est ainsi qu'il vécut plusiairs années , heureux et trancpiille , s'adonnant tout entier à ses fonctions de.professeur. 11 enseignait d'abord alternativement avec le docteur Bibliander, et plus tard avec Josias Simler. Ses collègues le traitaient avec tous les égards dus à un homme de son âge, qui avait déjà tant souiFert. « On ne le consultait que sur les dogmes ou sur la constitution de l'Église, et quant à toutes les autres affaires, on évitait de le déranger *. * Il prêchait aux Italiens réfugiés à Zurich , et fut aidé par Ochin, qu'il avait eu la joie de retrouver en cette ville.

Après la mort du comte Martînengo, leur pasteur, les Italiens de Genève l'élurent unanimement à sa place; Calvin lui écrivit en leur nom, et le pressa de. se rendre au milieu de ses compatriotes ^; il écrivit même aux pasteurs de Zurich pour les prier de le laisser partir. « J'espère, dit-il, que ce troupeau, privé de son pasteur, aura trop de prix à vos yeux, pour que vous puissiez refuser d'écouter des prières aussi instantes; Pierre Martjr sait quel homme a été notre Martinengo , et moi-même je suis le meilleur témoin de la fidélité avec laquelle il a rempli ses devoirs. Quand on songe à lui, on ne peut trouver que peu d'hommes qui soient capables de supporter les mégies charges; il est donc à craindre que , si son successeur ne lui ressemble pas, la petite Eglise ne se disperse peu à peu^ *Mais malgré ces vives instances, le sénat de Zurich retint Martyr, car son départ eût été une trop grande perte pour l'Eglise et l'université.

Quelques années plus tard, il fut rappelé en Angleterre par une lettre du . duc Thomas de Norfolk^; le sénat le pria de nouveau de rester. Martyr se rendit volontiers à ses vœux, et refusa les brillantes promesses que Norfolk lui avait faites au nom de la reine Elisabeth ^ La prospérité de l'Église anglaise fut toujours un objet de sa plus vive sollicitude; aux premières nouvelles de l'avènement d'Elisabeth, il s'était écrié plein de joie: « Maintenant, il faut prier Dieu de tourner ce changement au profit du nom du Christ et de son saint Évangile! car le temps est venu où dans ce royaume les inurs de Jérusalem doi-

1 Wolfg. Haller Zanchio. Tig. 18 dec. 1562. Zanefaii Epist, H. p. 42.

2 Calvinas Martyri. 31 jan. 1557. MS. de la Biblioth. de Genève.

3 GalTinus Ecclesim Tigurinœ pastorihas et doctoribut, 31 aoùi 1557. HS. ih,

* Strype, Annals. vol. I. part. 1. p. 381. . .

5 Martyr illuttrissimo principi N. in uinglia, Tig. 22 jul. 1661. Loc. corn, p, 1134. *

vent être relevés , afin que le sang de tant de martyrs n'ait pas coulé en vain ^1 * ILécririt même à Elisabeth une lettre remarquable, dans laquelle il lui exprimait sa profonde reconnaissance pour les bienfaits qu'elle avait promis à rAngleterre, et en même temps son désir de la voir gouvamer selon les principes de l'Évangile?. Plus d'une fois il fut encore consulté par les Anglais sur les a£Eftires de leur Église; la discussion sur les omemens épiscopaux s'étant renouvelée ,1 ce fut encore à lui qu'on en appela , et son conseil fut le même que jadis à Oxford'.

Sa paix fut troublée par les libelles que Brentius, le violent défenseur de l'ubiquité, lançait contre lui et son ami Bullinger; il combattit ce dogme dans un dialogue où il sut conserver tant de modération que, par égard pour les mérites de Brentius dans l'Église de Wurtemberg, il ne le nomma pas dans son écrit. Mais ce noble ménagement n'eut aucun effet sur son furieux antagoniste, qui réfuta le dialogue de Martyr d'une manière si grossière, qu'il bâta la mort du paisible théologien de Zuridi.

' Fatigué de toutes ces vaines disputes , Mailyr ne demandait plus que de pasjser le reste de ses jours en repos et loin des affaires, lorsqu'il fut engagé de nouveau dans une célèbre discussion.

En juillet 1561 , le parlement de Paris avait décidé la convocation d'une assemblée de prélats^ catholiques et de ministres protestans à Poissy, afin d'essayer une réunion des deux Églises. Les réformés de France désirèrent que Pierre Martyr. assistât s^ ce colloque; le rot et la reine-mère se joignirent à ce vœu, et en firent part au sénat de Zurich. Celui^i, craignant une trahison, hésita longf-temps avant de donner son consentement. Claude Bradella et Théodore de Bèa^e vinrent, et demandèrent que Martyr les accompagnât; mais le sénat refusa, jusqu'^ ce que le roi eût enfvoyé un sauf-conduit signé de sa propre main. Bradella retourna aussitôt en France, et comme il revint à Zurich avec le saûf-conduit et des lettres de Cathçrine de Médicis, du roi de Navarre, du prince de Coudé et de l'amiral €oIigny, on accorda à Martyr un congé de . quelques mois. Calvin, qui espérait beaucoup de sa présence au colloque, lui conseilla de hâter son départ, en lui rq)résentant que surtout la reine, sa com-

1 M. CalTinOy Tig. 1 dec. 1558. Loc. com. p. 1121t

2 Re^inae ElUabetha;. Tîg. 22 dec. 1558. Loe, com. p. 1121.

3 Strype , jànnals. vol. I. part. 1, p. 2$7, -r» M. amieo cuidam in jénglia. 15 jql. 4 HOV, 1559. i febr. 20 mart. 1560. Loc. com. p. 1125 , etc.

(57) patriote, était curieuse de ie Yoir et de l'entendre K Quant à Martyr lui-même, il était plein de joie et de courage, et disposé à supportar toutes les peines et à bra- Tcr tous les périls dans Tintérét d'une si grande cause^. Il partit donc (26 août), ' accompagné d'un interprète et deTerenziano; à Neufchâtel, ilrenoontraMathieu Coignet , ambassadeur français en Suisse, qui l'invita à faire le voyage avec lui. Le 9 septembre, ils arrivèrent à Paris sans avoir eu le moindre accident en route '. Bèze, que les ministres protestans avaient cboisi pour parler en leur nom, se félicita de son arrivée; il comptait beaucoup sur l'appui de son érudition* pour réfuter les argumens des vieux sophisies avec lesquels ils auraient à faire*. Martyr reçut à Paris l'accueil le plus favorable; toute la cour s'empressa de lui donner des témoignages de respect; leprince de Condé lui envoya son médedn et lui donna des chevaux pour aller à Saint>Germain^. La reine, qui avait une baute idée de lui, le combla d'amitiés et le consulta de préférence à tous les autres. Pendant le cours des conférences de Poisqr, il eutplusieursenirevues avec elle; il lui parla chaque fois avec la plus noble franchise, et ne craignit pas même de lui dire qu'elle ne devait espérer aucune démarche de réconciliation de la part des catholiques. Ces derniers, qui le connaissaient et qui le craignaient, s'opposèrent à son admission au colloque; mais la reine voulut qu'il y parût. Il s'y rendit donc, et obtint l'entrée par Tordre du duc de Guisé^. Les détails du colloque de Poissy sont assez connus par les relations qu'en ont faites Bèze et de Thou, pour que nous ayons besoin de les rappeler danss toute leur étendue^. Nous nous bornerons à raconter ce qu'y, fit Martyr, en nous servant principalement de ses propres paroles; car dans ses lettres à Bullinger, il a décrit avec une scrupuleuse fidélité les moindres événemens de cette importante affiiire. Il n'assista pas à la séance d'ouverture; il ne vint pour la première fois au colloque , que le 16 septembre. « En entrant, dit^il, je vis une fbule de cardinaux et d'évêques

1 Galv. Kartyri. 17 m^. 1561. MS. de U Bibl: de Genève.

2 M. GaWino. 31 Jul. 15 «ag. 1561, Loc. com. p. 1135.

3 Hottinger, Helçet. Kirchengtsch. t. m. p. 852.

^ Beie Celvino. Ex San-Cermano, 30 aog. 1561. €alv. Epist. p. 252. ^ M. BaUingero. Ex San-Germ, 12 sept. Zoe, eom. p. 1136.

6 Id. i9 sept, ib, p. 1137.

7 Béxe, ffist. eeclés. Anver» 1580. Uv. lY. p. 471 et raiv. — De Thou, Bist, uniçers Londret 1734. t. lY. Uv. 28. p. 70 , eto. — Y. aussi les lettres de Béie à Galvip, dans Galv., fyUt. p. 252 , etc.

assis dans une vaste enceinte , et derrière eux un grand nombre d'abbés , de doc* teurs de laSorbonne et de moines. Comme ni le roi ni la reine n'étaient encore présens, je me retirai dans un coin pour y attendre TanÎTée de mes collègues # car je ne savais pas où ils se placeraient Étant seul dans mon coin, j'y fus bientôt aperçu. Le cardinal de Châtillon et deux évéques s'approchèrent de moi. Le cardinal me demanda si j'étais Pierre Martyr; quand je l'eus affirmé, il me salua de la manière la plus affectueuse, m'offrit ses services, et m'assura que mon arrivée était très^agréable à tous les hommes bien pensans. Ijts deux évéques qui étaient avec lui me prièrent instamment de faire tous mes efforts pour obtenir l'union et pour apaiser les troubles. Je remerciai le cardinal, et je r^ondis aux évéques que je serais toujours prêt à faire mon possible pour la paix et la concorde, aussi long-temps que la parole de Dieu et la vérité évangélique me le per* mettraient. . • • . En ce moment entra le cardinal de Lorraine, muni de sa harangue bien méditée; puis arrivèrent le roi, la reine>m^ et les autres princes. A la fin vinrent aussi mes collègues, auxquels je me joignis aussitôt. Les cardinaux et les évéques étaient assis, tandis que nous, nous étions debout et en

dehors de leur enceinte ^ * Le cardinal de Lorraine prononça alors son long

discours; et, lorsque Bèze se leva pour lui répondre, le roi syouma la discussion à un autre jour.

De retour à Saint- Germain, Bèze et Martyr furent appdés par Condé et Goligny.ftlls nous demandèrent, écrit-il, ce que nous pensions du discours dû cardinal. Eux-mêmes , qui s'étaient attendus à ce qu'il tùi dur et véhànent , le louèrent comme plein de douceur et de modération , et se montrèrent surtout satisfaits de ce qu'il n'avait pas. insisté sur la transsubstantiation. Us nous dirent cela , afin de nous engager à ne pas parler trop défavorablement de ce discours.... Gomme je devais paraître le lendemain devant la reine, ils m'exhortent en secret de lui en parler avec modération, afin que le colloque ne fût pas interrompu, si on semblait désespérer d'une réconciliation. Nous leur dîmes franchement notre opinion sur la harangue du cardinal; je leur promis du reste d'agir auprès de la reine , suivant leur conseil... * Appelé devant elle , il lui dit que ce discours lui paraissait très -éloquent, et qu'il contenait plusieurs choses bonnes et vraies. Elle lui demanda son avis sur les moyens de réta-

^ V. page 3^r. note 6.

(59) blir la paix « Si dans le colloque , répondit«-il f on né peut pas. s'entendre sur la présence de Jésus-Christ dans la cène, il faut abandonner cet article, jusqu'à ce qu'il soit mieux éclairé, à la conscience de chacun , et permettre aux Eglises chrétiennes de préchar telle doctrine qu'elles jugeront la plus conforme à la parole de Dieu; à cause d'une simple différence d'opinion, nous ne devons pas rompre notre fraternité, et nous appeler mutuellement des hérétiques. * La reine fut tout-à-fait de son avis , et dans cette réunion à laquelle assistèrent le roi de Navarre, Coligny , Bèze, etc. , chacun promit de travailler pour l'union^.

Le 24 septembre , la discussion publique fut reprise; elle fut assez orageuse, et n'amena aucun résultat. Dans la séance du 26 , les ministres présentèrent une requête, pour se plaindre de la manière dont on disputait avec eux; le cardinal de Lorraine leur répondit, et après plusieurs mots échangés de part et d'autre , il entreprit la défense de la transsubstantiation. « Là-dessus Pierre Martyr, excellent docteur, et ayant singulièrement traité ceste matière, s'estant teu jusques alors, déclare en langue italienne plusieurs choses sur la cène et sur l'autorité des conciles. Mais ainsi qu'il continuait de parler fort doctement, et jusques à ravir en admiration toute l'assistance, le cardinal dit qu'il ne voulait avoir affaire à autres qu'à ceux de sa langue, non toutes fois qu'il n'entendist très-bien la langue italienne, et que Martyr ne fust clairement entendu. Despence lors donna ceste louange à Martyr qu'il n'y avoit eu homme •de ce temps, qui eust si amplement et avec telle érudition escrit du feict du sacrement que luy ^. * Mais c'était en vain que Martyr avait déployé sa science; les esprits étaient déjà trop échauffés; le général des jésuites parla avec acharnement contre les hérétiques ; Martyr put à peine répondre quelques mots en laitin au cardinal; la dispute s'engagea avec violence entre Bèze et le jésuite; bientôt le tumulte devint général; tous parlèrent et crièrent à la fois, et la reine se vit forcée de lever la séance.

N'espérant plus aucun succès du colloque , Catherine de Médicis pria l'évéque de Valence et le docteur Despence, qui tous les deux favorisaient secrètement la réforme , de se concerter, avec Bèze et Nicolas des Gallards , sur un dernier

1 M. BuUing. 2 oct. Loc corn. p. 1139.

2 Bèze , l. c. p. 599.

essai de réconciliation. Ik rédigèrent ensemble un formulaire sur la cène , qui cependant ne fut pas adopté définitivement par les ministres, puisqu'il ne leur parut pas assez clair. Ils chargèrent donc Martyr de leur soumettre une déclaration écrite , qui servirait de base à leurs discussions ultérieures. Lorsque les dix commissaires, que la reine désigna dans la dernière séance du colloque , se fiu-ent assemblés le 29 septembre y Martyr leur lut sa confession , à laquelle adhérèrent ses quatre coll^[ues, Bèze, Nicolas des GaUards, Augustin Marlorat et Jean de l'Espine K Quoique , dans ces entretiens particuliers , tout se passât avec la plus grande modération, les catholi((ues refusèrent de souscrire à la formule de Martyr , vu qu'elle disait qu'on ne' participe au corps de Jésus- Christ que d'une manière spirituelle et par la foi. Le docteur Despence voulut y substituer un moyen terme, en admettant « que l'on mange sacramentellement, spiritueUement el par foi le corps de Jésus-Christ, mais cependant qu'on reçoit de &it son vrai et naturel corps , par la vertu du Saint-Esprit^. * Cette rédaction , qui ne déplut pas à la cour , fîit rejetée par les prélats et par la faculte de théologie, comme « insuffisante, captieuse et hérétique. * '

Telle fut l'issue de ce colloque , dont on avait conçu tant d'espérances. La seule chose qu'il produisit, ce fut un long manifeste des prêtres, auquel ils ajoutèrent une sorte de discipline ecclésiastique pour réformer quelques abus généraux , que personne cependant ne songea à corriger. Les maux avaient jeté des racinea trop profondes dans le pays ; la cour elle-même était impuissante, à cause de sa division^ les événemens, qui ne tardèrent pas d'éclater, permetteni encore de douter des bonnes intentions de la reine, qui jamais peutêtre n'avait sérieusement désiré l'union.

Martyr s'était convaincu depuis long-temps de l'inutilité de tout ce qui se faisait ; la reine ne lui parlait plus que rarement et en secret ^ Le 4 octobre déjà , il écrivit à Calvin qu'il craignait qu'on ne ftt au colloque une espèce d'intérim, et qu'on n'ait le projet de composer une nouvelle religion , en fondant ensemble la doctrine catholique et celle de Luther ^. Il prévoyait des malheurs plus grands

1 Sententia P, Marijrris de prœsentia corptris Christi in eucharistia , in collof, Poiss. exhibita Zoc. com. p. 1070.

2 Bèze , /. c. p. 608 , etc.

3 M. BaUing. in aula regia apud San-Germ. 2 OCt. 1561. Loc, com, p. 11 39.

* M. GaMno. ifr. 4 oct. ib, 1141.

encore) et aflBîgé du mauvais succès de sa mission , il ne désirait plus que de retournar à. Zurich. A pliisieurs reprises il demanda à la reine la permission derepartir; enfin elle ne lui fit plus d'obstades, et le congédia avec de ghindés démonstrations de respect. Il partit le 31 octobre; le comte de Bedford lui avait écrit pour l'inviter à passer quelque temps en Angleterre; mais il se bâta d'arriver à Zurich^. Il devait faire le voyage avec la comtesse de Rœtelin , mère du prince de Longueville; mais à cause de l'hiver, il fut obligé d'aller seul 9 accomp^pié, pour sa sûreté, de deux capitaines de la suite du prince de Condé .et de l'amiraP. En passant par Tours, il rendit visite à^l'évéque, Antoine Garaccioli, qui avait assisté au colloque, et s'était convaincu de la nécessité de quelques réformes» Cet évêque eut des scrupules sur sa vocation , parce qu'il n'avait pas été iK>mmé par le peuple; il proposa par consécpient aux nombreux protestans de Tours qu'il se déclarerait pour eux, s'ils voulaient le reconnaître pour leur chef. Martyr , qui fut consulté sur cette proposition, n'y trouva rien de blâmable, peut-être à tort^ et l'évéque fut de cette manière élu et confirmé par les protestans. Le clergé, craignant les suites d'un pareil exemple,, s'en plaignit auprès du roi, qiuii renvoya Garaccioli de son diocèse^. Après un heureux voyage de vingt -deux jours. Martyr rentra à Zurich (21 novembre), où tout le ponde fut joyeux de le revoir. ; Il remit au sénat des lettres de la cQur , pour le remerciar d'avoir consenti à son départ. Les deux capitaines, « hommes pieux et vaillans, ^ furent traités avec honneur et distinction, afin qu'ils pussent dire à Paris combien la république estimait leurs maîtres ^ '^

. A peine fut-il rentré dans la douceur de sa vie privée, que le véhément écrit de Brentius contre son dialogue lui tomba sous les yeux. Lui, qui ordinairement était si calme et si modéré,, ne put retenir son indignation, à la vue de ce livre dicté par la plus insigne mauvaise foi ; il allait lui répondre lorsque de nouvelles douleurs vinrent interrompre son travail, et troubler la paix de ses derniers jours. Il avait espéré que Catherine de Médicis,. qui lui avait témoigné tant de bienveillance, ferait quelque chose pour ses malheureux frères

1 M.' BidUng. a. 17 oct, ib,

2 Au même. 20 oet — Galvino. 25 nov. Tig, £oe, eom. p. 1142.

3 M. Bezs; Tresis, 6 nov. Zoc. com. p. 1143^ — De Thon. t. lY. liv. 28. p. 101. ^ M. Galvino. Tig^ 25 nov. — Bex«e. 25 nov. Loc. com, 1113.

de la France; mài$ tout à coup il apprit que de nouvelles persécutions étaient ordonnées contre eux, et le massacre de Vassy lui apparut comme la première scène d'une raste et sanglante guerre civile. La discorde qui régazit à Strasbourg, et la mamèi^ iiqirate et dure dont on^y traitait son aini Zanchi , ne rafféctaient pas moins ^ Les inlGrmités de Tâge adievèrent de briser son corps; dès le mots d'août ( 1562) , il sentit approcher sa fin^, et le 12 novembre, le vieillard retourna à Dieu , auprès duquel il trouva enfin cette paix , que, pendant sa carrière de soixante-deux ans, il avait vainquent cherchée sur la^ terre. Le jour de sa mort, plusieurs de ses amis vinrent encore le voir; il les r^;arda pendant quelques instans, et puis iMeur dit: « Je n'espère trouver la vie et le sahit que par Jésus-Christ , que le Père 9t. donné comm^ seul sauveur aux hommes ; ' et après avoir ajouté qudques passages de l'Ecriture , il termina par ces mots: « Voilà ma foi! c'est celle dans laquelle je vais mourir t» Ensuite il donna la main à chacun des assistans, en signe d'adieu, et comme Bullinger prononça d'une voix émue ces paroles : « Songe, que notre véritable demeure est au ciel , * il répondit : « Oui, mais elle n'est pas dans le ciel de Brentius, qui n'est nuUe part. Mais non, ajouta^-t-il aussitôt, je lui pardonne, je n'ai plus aucune colère contre lui. » Après ces mots, il ferma les yeux pour ne plus les rouvrir.

La douleur fut univâ*Selle à Zurich; tous ceux qui l'avaient connu le pleurèrent; Wdfgang Hailer, dans une éloquente lettre, compara l'Église de sa patrie à une orpheline ^éptorée qui avait perdu le meilleur des pères ^ La petite république ne fut pas assez riche pour lui élever un monument, mais son nom ne s'est jamais éSàcé de la mémokne des Zurichois. Le sénat continua pendant quelque temps son traitement à sa veuve ^, et accorda une penâon à sa fille, que la vie déréglée de son mari avait réduite à llndigence ^. En 1665, les conseils de Genève achetèrent sa bibliothèque pour ai faire hommage à l'académiedeleur ville^.

i M. Pétro Stùrmio. 13 apr. 1561. Zoc, com, p. 1133. — Joh. Stannio. Tîg. 31 dec. 1561. Zanchii Epist. I. p. 486.

2 M. à Jfohn leweU, éTd<iae de~SaUsbary. Août 1562. Stfrype, Annals, toL I. part, 1. p. 430.

3 Wolfg. HaUer Zanchio. Tig, 18 dec. 1562. Zanchii Epist. II. p. 42. ^ BuUinger Zanchio. Ti^. 16 dec. ib p. 11.

5 De Thon. t. IV, Ut, 36. p. 487.

6 Sennebier, Hist, littéraire de Genèçe. 1786, 1. 1. p. 60.

yi*. Sun les ouvrages j tes opinions et k caractère de Martyr.

Pour terminer, il nous reste encore à jeter un coup d'œil rapide sur les ou- Trages He Pieire Martyr, et à dire quelles ont été ses opinions sur les* dogmes qui de son t^nps étaient les sujets des principales eontroverses.

Le nombre de ses écrits est assez considérable^; ils témoignent tous d'une connaissance approfondie de TÉcritui^e^ainte, des Pères de FÉglise et des Scolastiques. Martyr surpassait en érudition presque tous les théologiens de son temps; ni Galvin ni Méfamchthon n'étaient aussi versés dans les anciens auteurs ecclésiastiques. La plus grande partie de ses écrits est consacrée à Texégèse, mais ses commentaires sont remplis d'e3q>lications des Pères et de déreloppemenS dogmatiques exprimés dans un style simple, clair, élégant, et trahissant partout l'homme qui de bonne heure a été nourri d'études classiques.

Ce qui peut avec raison nous étonner dans Martyr et dans la plupart des savans de son temps,' c'est ce grand nombre d'ouyrages qu'ils ont pu élaborer au milieu des peines et des fatigues d'une vie continuellement agitée. En effet, qu'y a*t-il de plus aventureux, déplus dramatique, que cette vie de Martyr, qui n'a été qu'une longue suite de voyages d'asile en asile? Et pendant le peu de repos que lui laissaient ses fréquentes coursesà travers les pays, il trouvait encore assez de loisir pour méditer et pour émre ses ncmibreuxet savans com^ mentaires! La liste que nous ajouterons de ses ouvrages, prouvera que ce n^est pas à tort que nous admirons sa- patience et son. érudition.

En quittant l'Italie, il fit imprimer son premier livre; c'est la profession de for dont nous avons déjà parlé à la jlage 16. *

Après sa <fispute à (kford, avec Richard -^ith, il en puUta les actes; mailsi^ cette édition ne fut tirée qu'à peu^exemplaires^paroe que Martyr ne vodut pas aigrir ses ennemis. Plus tard , elle fut réimprimée à Zurich \ Dans le inéme temps , il fit paraître un autre Traité sur ta Cène, qu'il avait d'abord lu publiquement

1 On tronre nne noUce très-exacte sur les ouvrages de P. Martyr, dw'Ies Mémoires de Niceron* Paris 1733. in-S*" t. XXIH. p. 232 , etc. La plupart ont eu plusieurs édiUons et ont aussi été pidiUés à HeideU>erg ; quelques-uns en sont asseï rares.

2 Disputaiio de eucharistim sacramenta, hahita in seholà theolog. Oxoniensi. Tig, 1552 et

1557.In-8\ -

à Oxford^, et ses Commentaires sur la premUre Épîire auas Corinthiens» Rod. Walther soigna Timpression de ce dernier ouvrage; le 6 mars 1562 , Blartyr - lui écrivit qu'il n'en avait encore reçu qpe trente exemplaires, et qu'il devait lui en faire un envoi plus considérable, vu que le livre était très-redierché par les Anglais^. Ces commentaires sur l'Épitre qu'il avait déjà expliquée à Naples, contiennent presque une dogmatique entière, et traitent des questions les plus difficiles de la religion chrétienne^.

Son activité littéraire ne commença proprement qu'à Zurich, où il ne trouva pas seulement plus de temps et de repos, mais aussi la liberté d'écrire selon sa conviction. La plupart de «es livres sont imprimés dans cette période de sa vie; beaucoup de eevix qu'il avait entrepris auparavant , j furent revus et achevés. C'est ainsi qi;i'il publia d'abord les leçons qu'il avait données à Strasbourg sur Je Livre des Juges ^; ensuite, ses Commentaires sur VÉpître aux Romains, qu'il avait expliquée à Oxford ^ Get^te importante Épitre.^ qui , pour beaucoup de réformateurs , a été la source de leurs doctrines., a fourni à Martyr des sujets de profondes méditations; aussi l'a-t-il traitée avec tant de soins , que malgré quelques longueurs, seul défaut de ses ouvrages, on peut placer ses commentaires ^ côté des meilleurs qui aient paru sur cet écrit de saint Paul.

. Quelques années plus tard, il réfuta un ouvrage de l'évéque Gardiner, dirigé principalement contre lui. Ce théologien., qui pendant toute sa vie avait été l'ennqiiii le plus violent des protestans, et surtout de Martyr, avait publié* sous la proteclion de la reine Msgrie, un livre «ur l'eucharistie, plein d'injures et de sophismes* Son parti, dont plusieurs chefs l'aidèrent dans la confection de son manifeste, en attendait un grand succès; mais il n'eut d'autre résultat .que celui d'irriter tous les hommes généreux. L'archevêque Cranmer voulut lui- 0iême 1^ réfiilter, mais il était déjà en prison, et on lui reAisa tous les matériaux

^ Tractatio , etc. , hahita publiée Oxonii per P. M., cum jam. àbsohisset interpretationem capitis Xlprioris epist. ad Cor. Tig. 1552. Trad. en franpaU. Lyon 156a.In-16<'.

2 Zo€. com, f. 1091, .

' 3 Comment, in epist, priorem PauU ad Cor. Tig 1551. In-fol.' ^ Comment, in librum Judicum. Tig. 1561. Traduit en anglais. Londres 1564. In-foL ^ CommegU, in epist. Pauli ad Homanos, Basil, Petr, Perna. 1558. In-S"*. 1568. In-fol.

TfAdnit en angL Londres 1568. In-foL

néoessaires pour écrire. C'est pour cette raison que beaucoup d'Anglais instruits et pieux s'adressèrent à leur ancien maître et le prièrent de défendre la doctrine réformée sur la cène, contre les véhémentes attaques d'Etienne Gardiner. Cédant à leurs instances 'et à sa propre indignation , il se mit à l'œuvre et rélîita avec tant de logique et de chaleur l'écrit catholique , que ce dernier a été oublié , tandià qu'on peut citer comme un modèle de polémique et un trésor d'érudition la défense de Martyr^. Ce volumineux'traité est dédié à la reine Elisabeth par une lettre du l"*' mars 4559. Il dit qu'il s'est efforcé de ne rien alléguer qui ne fût fondé dans l'Écriture ou dans les ouvrages dés plus anciens Pères et des principaux réformateurs; il s'excuse si, contre sa coutume, il a pu se laisser emporter quelquefois par sa juste colère. Cette défense est peut-être l'ouvrage le plus important de Martyr, vu qu*il y expose, dans toute leur étendue, ses opinions sur la cène; elle est <livisée en quatre parties correspondant à celles du livre de Gardiner; la première est l'essentielle, elle contient l'apologie de la doctrine réformée, contre les attaqués de l'évéque catholique; les trois autres ne renferment que des explications tirées des auteurs les plus célèbres, à l'appui de ce qu'il a dit dans la première, et la réfutation des raison^ sur lesquelles l'Église romaine fonde son dogme de la transsubstantiation. Quand il eut terminé cet ouvrage, il en fit un extrait, dans lequel il résuma, en forme de tableaux et de la manière la plus succincte, toute sa doctrine^.

Après cette défense, il en publia une autre contre deux Uvres de Richard Smith, sur le célibat et les vœux monastiques ^ Le docteur Smith, qui awt as« sisté à Oxford aux leçons de Martyr, et qui avait entendu ce qu'il avait dit silr les vœux et le célibat, à l'occasion du 8* chapitre de la 1'* épttre aux Corinthiens , voulut donner un libre cours à sa haine contre le professeur étranger, en combattant ses assertions dans deux traités publiés à Louvain et à Paris. Martyr lui avait déjà en partie répondu dans ses commentaires sur cette épitre; mais, à la prière de ses amis , il écrivit une défense plus complète, non-seulement

^ Befeiuio doctrina veteris et apostoUcœ de sacrosancto eucharistiœ sacramento , adçersus Steph. Gardiner i Uhrum. In-foL ftine loco et anno. Sans doute à Zurich, chez Froschhofer. 1559.

2 Cet Epitome se trouve dans Hospiniani Hist. sacramentaria Tig. 1602. t. II. p. 257-59.

3 Defensio ad Hich. Smjrthati , Ahgli , theologiœ olim professoris j duos Ubellos de cœlibatu

sacerdotum etvotis monasticis. Bas. ap. Pet, Pemam. 1559. In-8*.

oonl^ Smith , mais en gâiénd «ontre tout ce qui pourrait être dit en faveur des deux matières en question.

Nous avons déjà parié du dialogue qu'il fit contre l'ubiquité que Brentius avait enseignée dans deux de ses traités K La réponse qu'il voulut opposer au nouveau panq>hlet de Brentius ne Ait pas terminée , car la mort l'enleva au milieu de son travaiL

Après sa mort , ses amis trouvèrent chez lui plusieurs manuscrits en partie inachevés; ils les mirent en ordre et les firent successivement imprimer. Ce sont encore des commentaires sur plusieurs livres de l'Anden et du Nouveau-Testa* ment, qu'il avait expliqués dans ses cours, soit à Strasboui^, soit à Zurich. C'est ainsi que Simier publia ses commentaires sur les Livres de Samuil ^; Jean Woir, ce qu'il avait laissé sur les Livres des Bois^; Louis Lavater, sestravaux sur les quarante-deux premiers chapitres de la Genèse^; et Rod. Stucki, ceux sur les Lamentations^ Ses notes sur V Éthique d'Aristote, qu'il avait commencé à rédiger à Strasboui^, ne vont que jusqu'au troisième livre, et contiennent une comparaison des doctrines chrétiennes avec cdles du philosophe grec ^. Il parait qu'il avait quelque répugnance à publier ce qull écrivait, et qu'il ne le faisait chaque fois que sur les instancec réitérées de ses amis, car nous lisons dans une lettre de Calvin, dans laquelle il le presse de faire paraître ses commentaires sur la Genèse et sur les prophètes : « Cur non hic es, ut tibi de manibus ex-torqueatur, quœ nimis diu premis'^? *

Si l'on veut étudier systématiquement toute la doctrine de Blarlyr, il faut prendre le livre intitulé: Loci communes, D. P. Martyris f^ermilii, ex variis ipsius scriptis in unumt librum eolieeti et in IF classes .distributiK

1 Dialogus de utrhtfue CknsHnaturà, Tig. 1561. in-Ô». Trad. en franc, par Claude de Kertfuifinen, Lyon 1565. in-4'*.

2 Tig, 1534. in-foL

3 Comment, in primum librum Melachim et posterions prima XI eapita, Tig 1566. kl-fol. ♦ Comment, in Genésin, additis locis theologicis. Tig. 1572. in-foL

5 Comment, in Threnos. Tig. 16^9. in-4«.

6 Comment, in primum, secundum et initium iertii lihri ethicorurti Aristotelis. Tig. 1563. in-4*,

7 CalY. Martyri. Gen. 22 mai 1558. Calv. Epist. p. 206. — Niceron, p. 234, cite encore de lui: Preces ex Psalmis Dai^idis desumptœ. Tig. 1566. in-S». EUe« furent traduites en anglais par Ch. GUnham, et en français , in-16, à Lyon, sons le titre de Prihres chrétiennes.

s l^ndini , ex t^pogr, JoK Kjrngstoni. 1576, ia-foL

Dans ce Tdume, de phis de 1100 pages, Robert Masson , pasteur français à Londres 9 a réuni tout ce qu'il y a de plus important dans les différens ouvrages de P. Martyr; il l'arrangea d'après un plan très-régulier et l'enrichit de notes. Dans son Épître dédieatoire au chevalier Antoine Cok (Londres, fër. 1676) , il dit entre autres : « J'ai entrepris oe travail arec d'autant plus de plaisir, que je savais que Martyr lui-même avait eu cette idée; car j'ai appris cela de mon ami le pasteur Graveila; oelui««i m'a dit qu'un joiur on demanda à Martyr pourquoi i) ne publiait pas im vojtume de loci communes, vu que cela serait très-utile à l'Église, et que là-dessus il répondit que c'était son projet, et que dès qu'il aurait assez de loisir, il tâdberait de Fexécuter. * Rod. Walther fit , en 1 580 , une deuxième édition de ce recueil, et y ajouta cpielques discours et traités de Martyr, plusieurs épitres théologiques, et près de soixante de ses lettres familières; il y joignit aussi le discours de Simler sur la vie de Martyr. L'édition de 1687 est préférable aux deux qui viennent d'être citées; c'est celle dont nous nous sommes servi ^ La plus complète est celle qui parut à Heidelberg, en 1603 \

Toutes les questions théologiques qui jamais furent l'objet d'une discussion sont traitées dans ce livre; la dc^^matique et la morale y sont développées avec la plus grande étendue , comme c'était la coutume dans ces sortes d'encyclopédies du m<^en âge. Les quatre classes sont divisées en 70 chapitres, et chaque chapitre en plusieurs paragraphes. Voici la marche que Martyr suit dans son exposition (car comme l'ouvrage ne se compose que d'extraits de ses commentaires , on peut aisément dire qu'il est de lui ) : Il établit sa doctrine avec clarté et précision; il -cite cooune principales sources les Saints-Livres; seulement il a le défaut dé s'attadier trop strictement à la lettre écrite; il accorde une grande autorité aux Pères , et croyait rendre un service à son Église , en appuyant chaque dogme de passages que sa vaste érudition leur empruntait; mais il était loin de se fier exclusivement aux anciens docteurs, car il disait lui-même qu'il fallait toujours les corriger d'après le sens de l'Écriture. Saint Augustin est celui qu'il vénère le plus; il n'ose presque jamais le contredire. Pour prouver les vérités qu'il énonce, il se sert souvent d'exemples tirés de l'histoire profane ou de cita-

1 Tig, in officinà Frosckopianà. ia-^foL

2 jép, Joh, Zancellotii , impensis Anàr. Cambieri. In-foL —Il y a encore d'autres éditions des loci communes, en 3 vol., contenant antfli les différens traités de M. sor lacéne, sa défense contre Smith , ses prières des psaumes , etc. Basil. 1580. Genève 1624. In-fol.

tons des auteurs classiques. Il compare les doctrines catholique et réformée , afin de démontrer les avantages de cette d^nière; il combat les sectes dangereuses, comme celle des Libertins » des Anabaptistes, etc. Les termes qu'il emploie sont précis et ne peuvent jamais être entendus de plusieurs manières; il n'avait pour rien une aversion plus décidée que pour l'obscurité et l'équivoque ; c'était là la seule chose qu'il eût trouvée à blâmer en Bucer» Quelquefois il est long et diffus à cause de l'abondance de ses matières; cependant, on le lit avec intérêt, parce qu'il attire d^à par son stjle clair, éloquent, animé, plein d'images.

Une chose qui pourrait nous sembler étrange , c'est que cet homme distingué , qui n'était aveuglé par aucun esprit de parti , s'était voué à la défense de quelques dogmes que l'on devrait rejeter dès qu'on y réfléchit sérieusement. Mais est-il pour cela moins digne de notre vénération? Et d'ailleurs, ces dogmes découlaient si nécessairement du principe fondamental établi par les réformateurs, qu'il était impossible de ne pas les admettre sans tomber en contradiction avec soi-même. Cela est surtout le cas pour la prédestination. Si , par des motifs de morale et par respect pour la dignité humaine, nous repoussons cette doctrine fataliste , à laquelle on ne peut certes pas refuser une sorte de terrible majesté, nous ne sommes pas plus avancés que nos^ pères <lans la solution du problème. Celui-ci existe encore toujours avec ses profonds et inconcevables mystères, que l'homme ne pourra jamais sonder ici-bas» Dès le commencement du monde, l'homme s'est demandé : D'où vi^t le mal? suis-je libre ? quelle est l'influence que les choses.extérieures et la divinité ont sur moi ? Ces questions sont étemelles; long-temps encore on se perdra en spéculations poiur leur trouver une réponse; cette Sphynx vivra autant que ^humanité, et ce n'est qu'en mourant que npus apprendrons le mot de son énigme. Pourquoi donc faire un reproche aux réformateurs si , pour être conséqueiis, ils ont nié la libre volonté , et si plusieurs d'entre eux ont même renouvelé l'eSrayant dogme de la prédestination?

Martyr, dans sa doctrine, était parti conune tous ceux qui ont combattu l'Église catholique, de la justification par la foi, sans les œuvres. Quand on pousse cette idée à la dernière extrémité, on arrive rigoureusement à la prédestination et au péché originel^ Quoique cela répugnât à sa douceur, Mart^ admit le péché originel dans toute son inflexible dureté; il déplore le sort des païens

^êrttieui, dont les actions «les plus bdles n'étaient pour lui que des péchés moins grossiers ; cependant il ajoute que ces splendîda vitia étaient en quelque sotte connune une barrière contre la corruption dé la nature humaine, afin que toute lumière ne périt point. D'ailleurs, dit-il, cette doctrine est si obscure, qu'elle ne pourra jamais être expliquée ni justifiée devant les hommes^. On Toit par là combien un esprit édairé et charitable est embarrassé quand, endiatné par la rigueur d'un système, il essaie de défendre certaines doctrines. La même chose arrive à Martyr^ lorsqu'il parle du libre arbitre; ici saint Augustin ne lui suffit même plus: il appelle encore à son aide Luther, Mélanchthon , Zwingli et tous les grands théologiens de son temps \ L'expression de libre arbitre, dit-il,^ ne se trouve ni dans l'Écriture ni chez les philosophes anciens; c'est une invention des modernes. Les hommes non régénérés sont libres quant aux mouvemens de leurs corps; mais ils ne le sont pas quant aux choses spirituelles; ils ne peuvent pas croire en Jésus , ni aimer Dieu. Ceux qui sont régénérés par le Saint-Esprit ont seuls la véritable liberté *. Toutefois , il déclare qu'il changerait volontiers son opinion sur ce sujet , si on pouvait lui prouver par l'Écriture qu'elle est erronée ou contraire à la morale. La prédestination est pour lui le sage conseil de Dieu, par lequel il a décrété, avant toute éternité, sans aucune espèce d'injustice, d'appeler ^u salut, à la justification par la foi, et à la gloire par les œuvres, tous ceux qu'il aura aimés en Jésus-Christ, et de ne pas avoir pitié de ceux qu'il aura répoussés. Les* péchés ne sont pas les causes de cette r^robation , de même que les bonnes œuvres et la foi né sont pas les causes de la prédestination au salut, parce qu'dles n'en sont que les effets. Dieu a décrété de donner la foi et les œuvres à ceux qu'il a choisis pour les sauver. H est très-utile et même nécessaire, écrit-il à Bèse, que le dogme de la prédestination soit conservé intact dans l'ÉgUse^.

Si des sentimens pareils , de la part d'un homme comme Martyr , nous laissent une certaine impression pénible, nous pouvons parler avec plus de satis&ction de ses opinions sur la cène; car dans cette question , il fait preuve d'uïi esprit plus philosophique et plus rationnel.. Il enyiçage les sacremens comme

^ Lœ, eom, p. 168 , etc.

s Ih. p. 138. 198. '

3 A. ZIe iihero arbitrio locms. p. 871.

4 M. Ses», Zamumnœ. jirgent, Zoc. com. p. 1108.

des gages du. pardon des péchés, pa^? Jësi^k<!brist;, el deS: sgmMâê d^iliiiéi^ ranimer ootre foi^. L'explication de la cène a été poi^r lui ub m^ de longues études ; il s'est constamment efforcé de la renAe^e aussi simple, aussi claûpet|iiie possible; il est dpno naturel qu'il ait adopté la dootriae de l'ÉgUse hdféti^99e« <mi ne voyait^ dans les paroles de consécration q|ie des expressions figuréeSb Il a combattu les opinjionç contraire , surtout la transs^b^tantiatiop et Tubir quité, dans presque tous ses é<^its , dans les lettres à jBes sunis:, dgn» ses cours et ses disputes publiques. D'après lui, Jés^^s-Christ possèdeles deux nçttures j réunies dans une seule et même personne, ni confondues ni mélangées» nuis ayant conservé chacune toutes ses propriétés» La divinité de JésusXhriBt étanjt illimitée, est donc présente partout; mais «on humanité, cpû a dm bornes» ne peut pas être universelle, et doit nécessairement occupar une placequet conque^. Le corps de Jésu&^rist ne peut donc, en aucune manière,, ètr^ présenjt à la cène, pas même réaliter oi| mbêtantialiter; cela est contraire ^ la raison, à la physique, à la philosophie, et même aux paroles que Jésuft- Christ prononça en instituant le sacren^ent^* La proposition: hoç esl oorpuf meum , ne doit pas être prise à la lettre; elle est figurée, et il faut rentendre ainsi : le pain que Jésus*Ghrist prit en main, rq^réienUs signifie son corps*. On ne mange pas la chair même de Jésus^^Christ dans la cène; on. en jouit efir rituellement, par la foi. Car ce n'est qfi'en songeant pendant le sacremenl à 1$ mort du Seigneur, et en oroy;ant qu'il l'a souflfertçi pour nous sauver, que 1^ jouissance de l'eucharistie sera salutaire pour nous. Les symboles extérifurt sont commedes aliment pour l'espiit, si celui*oi.estapimépar la foi^;.l'i|]|loft avec JésuSrChrist s'établit de la ipénie^ m%|iiisi«e qpe dsins le bs^lflme, e'eslràr dire spirituellment^. En admettant ce mode de la préswee de Jésus -Christ dans la cène, on s'en fait une idée bienplusd^e et pliia élevée que cewtpû

^ Loe. corn, p. 677. — > Conf. de canà, exhthka senatui Argent, 1556. Loc, com, p« 1068; ^sMc^amèiàa sunt sûcrùrumrerum signa.*

3 Contra Gûrdin. p. 41.

4 Ib. p. 44.^- Conf. exhib. Arg. : « F'erba illa à Domino omnino tropice dietOt^unt. **

5 Martyr Joh. Sturmio. Tig, 24 mai 1562. MS. de la Bibl. de Slraib» Gettf totlreett imprimée dans les Zoc. com. p. 1141, et dans Zanchii E^^ I. p« 406.

6 Epitome defensionis , etc. Hospio. II. p..259«

demandent un coMoelMBoatéridMesta corps, et qui admettent «a présenoe réelle et corporelle^ et comme ta jouissande par la foi est la seule utile, c^tte présence n'est pas niâme nécessa^^. Le corps et le sang de Jésus-Christ sotit présens , mais par Tesprit , par la grt*cë et les autres bien£rils que Dieu nous accorde dans la oène, Conmie en dit que le soleil nous est présent par la lumière et la chaleur qui nous en viennent^. Cependant cette' présence spirituelle n'est pas une présence réelle inyisible, comme TÉ^ise catholique l'enjs^gne; Jésus -Christ n'est présent qu'à la foi. Aucune consécration, aucune prière ne peut conTcrtir les sjrmb<des en corps et efi sang; car il n'j a pas d'autre sacrifice dans la cène qu'un sacrifice d'action de grâces et de prières , offert non-seulement par l'officiant, mais par tous ceux qui prennent part à la communion. Le sacrement n'est qu'un symbole extérieur, pour rappeler aux fidèles le seul vrai sacrifice de Jésus-Christ ^ Bien que Martyr n'aîmâit pas les termes scolastiques , il employa dans les disputés d'Oxford et de Poissy te mot êoeramentaliter , pour indiquer la manière dont le corps et le sang de Jésus-Cbrist sont unis au pain et au vin de la cène.

Sa doctrine ne différait que très-peu de cdiede Bucer, qui seulement se servait d'expressions plus vagues, croyant que par-là il pourrait accorder les différentes opinions. Après la dispute d'Oxford, Martyr écrivit à Bucer pour lui eonnnuAîquer les thèses qu'il avait soutenues, et pour lui demander son avis; il ajemta : a Unum tanîum superesii quo forte offenderU, me asserere» non eonvenire corpori Ckrisii, tit, quaniumvis gloriftoatum » sit in muttis loois; sed, ut vides, ecriptura non miki koe significat credendum; ratio copporis kutnani reclanMt, et Patres affirmant, nulU oreaturœ, Deo> ôùsoepto, eoneedi; neque ulla inde major utUitits ad nos pervenit. Sacramentis, uti videhis, tribuo fuantum possum per verhwn Dei , unde miki persuadeà ', ' vel œquo animo te laturum esse , quœ disputando protùK , vel quœfadieaverisme debere carrigere non taeiturum^. » Ses dièses Airênt les suivantes: i* In saeramento Euekartstiœ non est panis et vini transsubstantiatio ineorpuset sanguis Ckristi; %* corpus et sanguis Ckristi non est

1 Contra Gardin, p. 57. 89. — Ifart Stormio. — Cottfess, txhih, Argent, l. c.

2 Mart. Siarmio.

. 3 JSpUovM déffu, Hotpin , i. c.

^ Martyr Bocero , Oxom'i 15 Juo. 1549. MS. de la BibL de Strttb.

eamaltter aut earporatiter in pane et vino ; née, ut alii diùunt 9àh ipecUbuB pania et vint, 3* corpus et êanguts ChrUii uniuntur pani et vino soûramentaliter, Buoer les approuva, et répondit à Martyr que Vidée d'une présence locale çidconque était loin de son esprit; il aurait donc désiré qu'il eût rédigé sa seconde proposition de cette manière: Corpus non continetur, loealiter in pane et vino , née iis affixum aut adfunctum eu uUà tnundi ratione, et qu'il eût ajouté à la troisième: ita ut credentibus Christuâ hte vere exhibeatur, ftde tamen, nuUo vel sensu, vet ratione hujus Seculi, «n« tuendus K On voit donc qu'ils étaient à peu près d'accord sur ce point.

Quant aux autres dogmes, Martyr partageait les opinions de son Église. Si, sous plusieurs rapports, nous ne sommes plus aujourd'hui de son avis, il n'en est pas moins respectable pour nous, car nous jugeons les hommes., moins d'après leurs opinions qui peuvent se modifier avec le temps, que d'après leurs actions qui sont toujour» soumises à la même loi morale.

Il nous semble que ce que nous avons dit jusqu'à présent doit suffire pour inspirer à nos lecteurs de l'amour et de l'estime pour Martyr Vermigli. Si l'on nous demandait encore quel a été son caractère, nous pourrions renvoyer à l'histoire de sa vie; cependant nous ajouterons quelques traits pour achever de le pdndre.

Sa douceur, qui faisait les déSces de tous ceux qui le connaissaient, et sa modération qui surpassait celle de tous les réformateurs, ont été appréciées et louées par tous les auteurs qui ont parlé de luj. Si parfois il s'est exprimé avec une dureté qui nous étonne , il ne l'a fait qu'à contre-cœur , et pour obéir à la rigueur de ses dogmes. C'est sous le joug de son système , que cet homme si charitable et si aimant, a sans doute écrit les étranges lignes sur Servet, que nous lisons dans sa lettre aux protestans polonais : « De Serveta hispano» quidaliud dieam non habeo, nisi eum fuisse genuinum DiaboU filium^ cujus pestifera et detestanda doctrina, undique profliganda estj neque magistratus qui de illo supplicium extremum sumpsit accusandus est» eum emefidationis nufla indicia in illo possent deprehendi , illiusque blasphemiœ omnino iniolerabiles «M«n<'. * Ces expressions impitoyables nous af-

1 Bacemt Bfartyrl, CmUuariœ, 20j«ii. 1549. HS. Ib.

2 Dominis Polonis Eçangelium profitentibus et eccUsiarum ministris. Àrg. 14, febr. 1556. JLoc. com, p. 11P9.

fligént; mais nous nous réoonciUons avec Martyr, quand nous songeons à tous les efforts qu'il a faits pour accorder les communions dissidentes , et pour ramena les esprits à la paix de TÉvangile. Il s'écrie dans une autre de ses lettres : « Y a-t*il une chose plus douce que la fraternelle union dams fÉglise * I * Il Ténérait tous ceux qui comme lui avaient les discordes en horreur, et entre tous le doux Mélanchthon^. Tout le monde le chérissait pour sa candeur, sa piété, ra&bilité de ses manières; dès son enfance il avait montré les germes de ces vertus, dont Téclat était relevé par une modestie peu commune. Aucune ambition ne trouvait place «n son âme, aucun désir de briller dans le monde dont il évitait le bruit Son équité, son impartialité découlaient de sa modestie, et étaient égales à sa science variée et profonde. Les injures de ses ennemis n'a-, vaient que peu d'effet sur lui; il cédait volontiers à leuisi exigences, quand il voyait, qu'en changeant un mot, il pouvait les satisfaire, ou quand il s'agissait de matières peu importantes. Sa place n'était pas au milieu d'hommes superstitieux et turbulens; ceux-là avaient besoin d'un Luther, d'un Calvin, d'un Farel; à la tête d'une Église paisible, instruite, animée de charité, il aurait peut-être fait plus de bien encore qu'il n'en a pu faire dans sa vie toujours errante. S'il n'a pas eu cette énergie qui remue et gouverne les masses, il était loin pourtant de trahir la vérité, pour se procurer quelque avantage terrestre ; ses voyages continuels le prouvent suffisamment. Quand les circonstances le demandaient, il savait être ferme et intrépide , comme on Ta vu à Oxford et à Strasbourg. La réformation de l'Eglise ^tait le but de sa vie , et le suprême objet de ses vœux. Il se réjouissait à la nouvelle de chaque succès de l'Évangile en Europe; il suivait avec inquiétude sa marche diez les diffâ*ens peuples , et entretenait à ce sujet une vaste correspondance en Angleterre, en Allemagne, en Pologne. Il recherchait l'amitié de tous ceux qui s'étaient voués à la propagation de la nouvelle doctrine, et il était lui-même singulièrement vénéré d'eux. Calvin surtout le regardait comme un des plus grands esprits àt son temps; ayant été consulté un jour par Galeazzo Carràccioli sur une affaire douteuse, et ne sachant lui-même ce qu'il devait en penser, il lui conseilla de de-

1 M. Beztt. Tig. 25 dov. 1561. Loc, com, 1144.

2M.Melanchthoiii, Wbrmatia. Tig, 2O0ct 1557.* Xoc. corn. 1120.— M.GalTiiio.>â9auflr.

mander l'avis de Pierre Martyr^. Ses m^àlheureux compatriotiQi étaient, pendant toute sa Fie, l'objet de sa plus vive sollicitude; il les ranimait et les consolait par des lettres pleines de nobles sentimens* Des troubles ayant une fois édaté dans l'Église italienne de Genève, il écrivit aussitôt à Calvin pour en savoir la cause, et ajouta que cette nouvelle l'avait tellement affligé, que son ^me n'a pas eu de repos ni jour ni nuit^. Nous avons vu que plusieurs fois les réfugiés italiens, qui l'aimaient comme leur père, l'ont instamment prié de se mettre à leur tête. Et ce n'étaient pas seulement les hommes de sa nation qui l'entouraient de leur respect; dans toute l'Europe son nom était en honneur, et les personnages les pluséminens étaioit glorieux de pouvoir se dire ses amis. Ceux de ses adversaires qui l'attaquaient loyalement sur le terrain des opi* nions, ont. admiré la pi«reté de ses mœurs et ses talens extraordinaires. Sa patrie, qui se plairait à le compter parmi ses grands hommes s'il n'était hérétique, a rendu hommage à ses mérites, par un de sesj^ncqMiux écrivains, qui dit de liû : « P* Martyr a été un de leurs plus sa vans docteurs, doué d'une vaste érudition, loin de l'arrogance et de la fougue de Luther, versé dans la connaissance des Pères et des Écritures-Saintes, et en général un homme, dans lequel il n'y aurait eu qu'une seule chose à désirer, c'est-à-dire d'avoir en<trepris la défense d'une meilleure cause ^. * Nous rapprocherons de ce juge* m^t de l'historien catholicpie, celui qu'un autre de ses compatriotes a porté de lui; il est vrai qu'il a été écrit peu de jours afMrès sa mort, et sous l'impression d'une grande douleur; mais nous sommes persuadé qu'il n'y aura personne qui n'y donne son entier assentiment: « Où sur la terre pourrait*on trouver quelqu'un qui ressemble à Martyr? Besuicoup peuvent avoir son activité, son zèle, sa franchise, son cœur plein d'amour; mais où est celui q^i aurait tant de science et d'éniditioa, tant de prudence dans les conseils, tant de douceur dans les mœurs, tant de patience à supporter les injures^? * Oui, certefiH, les universités d'Oxford et de Zurich pouvaient regarder comme une de leurs plus grandes gloires d^stvoir possédé Martyr^; mais ce n'est pas à elles^

1 f^îedeGalearCaraccioLp,lA%.

2 Mart. Galyiiio. Tig, 11 Jol. 1558. Loctom. 1120.

3 Tirabotcbi, StoHa delU letterat. itaL t. YII. p. 360.

^ Ztnchias BnUingero. Arg. dec; 1562. ZanchU Epist, II.. p. 18.

^ Joli. Fox Comme ntarii rerum in ecclesia gestéu^m, eic, Ub.I. Argent. 1554. in-S^O/r/^o^a-

phiû ad Oxonienses. p. 211. — Wo:fg. Haller Zancbio. Tig, 18 dec. 156|. Zanebii Fftist.U. 44.

seulement qu'il appartient; il est un des plus dignes fils de toute l'Église protestante, et un des modèles les plus accomplis qu'eUe puisse offrir à notre imitation.

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