‹ Études sur GoetheChapitre 28 sur 44 · LE CONSEILLER IMPERIAL · texte numérisé non relu

LE CONSEILLER IMPERIAL

Sortez, Gottfried. (// sort) Qu'y a-t-il â faire?

LES COnSEILLERS DE HEILBROKN.

Oh ! ayez pitié de nous et de notre bourgeoisie. Sickingen est implacable dans sa colère, et ne reculera pas pour accomplir ses menaces,

Gottfried est délivré, il retourne dans son château , mais sous la condition d'y rester tranquille; cette inactivité l'afflige, l'ennui lui pèse. Gœthe lui &it alors écrire ses mémoires, bien qu'il ne les écrivît qu'après sa captivité d'Augsbourg; mais pour dra-

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matîser son œuvre il était forcé de rapprocher lei événemens et de faire mourir son héros qudipies années plus tôt et autrement que l'histoire ne le raconte La guerre des paysans^ éclate, terrible» sanguinaire 9 implacable. Gœtz y est entraîné de vive force, il a honte de ses soldats, il maudit leurs excès de vengeance; mais il est cependant obligé de les smvre. On le fait prisonnier, on le jette dans un cachot, et c'est là qu'il languit, s'affaisse, tombe malade, et que nous le retrouvons non plus comme nous Tavons connu, si brave, si jeune, si résolu; mais fiable, souffrant» découragé et prêt k rendre le dernier soupir.

(Un petit iardin dans rintérienr de la prison.} GOTTFRIED. ELISABETH. MARIA. LERSEN.

GOTTFaiED.

Portez-moi sous cet arbre, afin que je puisse encore respirer ie tous mes poumons l'air de la liberté et moarir.

EUSÂBETH.

Yeux-tn que Lersen aille chercher ton fils dans le dottie, afin que tu puisses le voir et le bénir encore une fois?

GOTTFBIED.

Laisse-le. Il est meilleur que moi, il n*a pas besoin de ma bénédiction. Le jour de notre mariage, Elisabeth, je ne pensais pas que je dusse mourir ainsi. Mon vieux père nous bénit , et une postérité de braves et de nobles fils semblait sortir de sa prière. Dieu ne Ta pas entendu, je suis le dernier. *— Lersen , ton visage me réjouit fivs à Th/eure de la mort que dans le tumulte du combat Mors

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iDon esprit conduisait le tien, loaintenant c est toi qui me sers d'appoL — Si du moins je ponyais voir encore une fois George et me réchauffer à son regard I -—Vous baisser les yeux et vous pleurez. •— li est mort '— George est mort —Meurs aussi, Gottfried. Tn as survécu aux cœurs nobles, tu as survécu à toi-même. -— Comment donc estil mort? — A-t-il été pris parmi les incendiaires et condamné au supplice?

ÉUSABETH.

Kom, il a été tué près de MUtenberg; il dtfendit sa liberté comme un lion.

GormiED.

Dieu soit loué! Sa mort fut une récompen^. Il n'j avait pas sous le soleil un bomme plus brave et meilleur. — A pràent laisse mon ame s*en aller. — > Pauvre femme. Je t'abandonne dans un monde qui ne vaut rien. •— Lersen, ne la délaissez pas. •— Fermez vos conirs avec plus de soin que vos portes. Voici venir en toute liberté les temps de tiabison. Les faibles goi^vemeront par la ruse, les braves tomberont dans lés filets que la lâcheté leur aura tendus. Marie, que INen te rende ton époux I Pnisset-il ne pas tombcir aussi bas qv'il est paonté bant I Selbiz est mort, et le bon empereur, et mon George. -^ Donner moi un verre d*ean. — Air céleste 1 -— liberté — liberté ! (// meurt)

iUSAMÊTB.

Oh ! qoe je m*en aille lâ-haut, li-hant auprès de toi. Le monde est une prison.

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