Xia traduction de Ben venuto Gellini
3.^ Le Neveu de Mameau, que Gœihe trouva par un heureux hasard , et dont il fit paraître la traduction en Allemagne, long- temps avant que rongmal fût connu en Fmnce. (^7)
S."* Poésie ^ vérité. Mémoires dç Goethe, confession charmante, pleine de grâce, d'abandon, de poé- «e, de détails précieux sur sa vie, sur son temps, sur les hommes qu'il a connus. C'est là qu'il faut étudier le caractère du poète, les d§velopf)emeiis de son enfance, les premiers travaux de sa jeunesse, .les luttes intérieures, les combats poétiques qu'il .eut k souffrir, les théories littéraires qu'il dut surmonter, et son séjour à Leipzig, et sœ amours à Francfort et à Strasbourg, et cette ame si avide de sensations, et cette vie qui.de bonne heure jette déjà
ses mnerax en tcKit lens. L'ournige o^tf^t mdlici;^ i^QMflBMDt pas tenniné. La dernière parde^ piéfiée dans aea asw(ns posthomes, nons tran^rte ettoôiv à Francfort, et nons retrace, avec le récit de quel^ qaea ezcarnons littéraires an dehors » tous Jes dé* tails d'un amonr aussi fraîchement que naïvement dépeint avec une jeune fille, aj^ée Lila,
4.'' Le Journal de Gceihe ( TagebiieA)^ fivre de fiôts et de dates, où il a enregistré brièvement les principaux événemens de sa vie; le canevas de R»ésie êi virUé^ non point le récit suivi et les déAi«âeax tableaux de cet ouvrage.^
5.° Les notices littéraires et bibliographiques sur la poésie otientale et les poètes hébreu^, persans, arabes les |dBs célèbres.
Ct^ Les notices comprises sous le titre de LUti* rature iimnfçhre^ publiées aussi dans ses œuvres posdmmes, et qui commencent à l'article : Parodie chez les mneiens\ et se terminent pour notre litté^ mmre au Li^re des cent ei un; le dernier livre fran* çais, avec Seize mois de M. de Salvandj, que Gœthe lût avant -sa mort Ces notices avaient déjà paru en partie dans le Kunst und Alterthwn. Gœthe les écr^ vait à la ibis et pour se rendre compte à lui^mêaae des ouvrages qu*il lisait, et pour remercier les Kbraires et iM^ueuvs qui lui en faisaient hommage. Il finit lire ces notices, pour voir comment cette prodtgjbBuse - activité de Gœthe s'étendait à tout;
cownoit tOttM les idika d^art et de poàîe étâeni li^rbieii combi&ées deiis « tète* tfiea paitam des pomts ks plw opposés, elles Im antfaieBt avec ordre et clarté. C'est oiiui qa'oB le voit pesaer sncofisivenifnt de la oritit{ue d'une pîèee d!Eiiripide aux dmines de B£ Fontaa; d'Aristou à la Gnxla de 'M. Mérimée; de Platon à Molière; poia, de la liuérsture française à la littérature anglaise, italicuDe, bohémienne 9 servienne, chinoise, etc. Tous ces ar^ tidies, pour la plupart très^courts, se reconunandent par, leur caractère de justesse, de netteté et de savoir sans ostentation ; et ceux qu'il a puUiés sur les ouvrages allemands deviendront un jour trèsprécient pour l'histoire littéraire de son tenqpsL
7.* Des maximes détachées; maximes d'art, de philosophie, de religion, cooune on en trouve èqk un grand nombre dans la seconde partie de Wd^ hebn MeisUr^ dans h^jéfiniUs éhetkes; maodnies pleines de sagesse et de profondeur, qui pouineat fotrmer, si l'on en fliisait un choix, l'un des livres les meilleurs et les plus intéressans à lire.
^"^ lues Émigrés alUmands. Sous œ tore Gcsthe a publié quelques nouvelles < qu'il a réunies kk Manière des conteurs italiena dans un même cèdres Une fiimiUe allemande, forcée de fw devant liantsion des Français, se retire dans un d|||eau écarté, et là, pour passer le temps, l'un des membres de la &mille apporte chaque soir quelque nouvean
(4Ô7) coma Les mi sont Cn^rauiift da caraetèr» aaiique, comme cdui àe VeaùiMi et du lion; lai v^ Vrm êMX prié dan» Téiemel ecmflit de aos paiMofty^ et ffapponée arec esprii et fineiae comme Goftihe pou¥iit le fiâie{. d'âuireii et eé iktf ioilt pas lei mùmê tniéreaflans, ioftt empraiitéi à cet obaear ei poédque problème d'aiidpall^ie et de. aympailûei étendu à tout ce qui eiiate dana la nature^ eommei par exemple I TlmUMre de ces deux tables à écrire» qui out été coupéei dans le même bois, conscruiles sur le même modèle» frçoimées par la même manii et dom Tune» trausportée à une lieue de distauce de l'autre» cvaqucy ae fend« se brise» sans que l'On y touche» à rheure même où l'autre devient la poii d'im iooiftdifl^ Cas cOniis som 4'ailleari coiinna eft France; et TuA des plus reularquaUesy celui de la sÎDgpliàre réapparition d'un jeune homme aiqprèi de la femme qu'il a aimée» a été reproduit textuel* lemetit dans un de nos derniers Mémoires atttAin^ ti^eSf H l'aventure attribuée à M.^* Clairon.
9.^ Le Remake Fuehs^ cette fine et spirituelle satire de nos pères ^ pour laquelle les biUiographes allemands avec leurs infiMigables recherches 1 ont si bien bataillé pour nous en enlever l'invention ' I Cet ouTFSge^ sur lequel lant de savans commenudres
dMk**^*É^ifc^k**aB««*^^k^lMs**A«.^Ma«i*'A^
1 yfâdÀet, Vêrhsungen Met iU GtsihUhit dir deutseien
ottt été fiiks^ (ut empFâiiié âfsh&fé k an poèoie bn tîn du neuvième siède, que Ton vient de piiklier ea AHemagne. De ce poème naquit vraisanblablement le Boj/nan du Renard français et le Rdnaeri f^os flamand de Wilhdm (i a5o); de celui-ci le Beinecke en bas-allemand , qui^parut à Luboâk en 1 498, et des troducûons anglaise, danoise, eie. En i5aâ îl (ut publié à Rostock, par Nicolas Baumann, qui en fax regardé comme l'auteur. Baumann était encore en i5a6 secrétaire du duc de MecUembourg; et Ton prétendait, quHrrité de quelques oflfcoses qu'il avait reçQi^, il avait voulu, pour se venger, dépôndre ainsi, sous le masque allégorique, les personnages de la cour où il vivmt En' y réfléchissant un peu, il est ftcile de voir pourtant que le Roman duRenardne peut plus être une satire restreinte dans les Bnùtes d'un État, entre les murs d'un palab; c'est plntàt k satire de la vie, la satire du monde, et les deux principaux'personnages de cette fable, le loup et le renard , en revêtant le caractère et les passions des bomr mes, représentent on ne peut nfieu^ ce que nous voyons arriver tous les jours, et par la mse et par li méchanceté. Ce qui peut en donner une preuve sut» lante, c'est que cette satire a passé rapidement ebes tous les peuples, parce qu'elle appartoiait en ékt à tous les peuples; et qu'en soulevant le masque du roi ou de l'ours, du loi^ ou du renard, diacnn pouvait y reconnutre ce qu'il pouvnt s'appliquer à
litt^oiAiiit, OU appfiqoer à son voisin. Um det ciiiiqu€s M^tndft de FAllemftgne les pins jnstemeiyt estimés, M. Rosenkrans, isit remomer Torigiae de celle &Ue juaqa'à Bidpey; etipour'moi, |e me rap-*. peilè wair entendu, «iftnt, raconter le soir ji la veiUée, daos nos montagnes de Franche-Comté, trait pour trait pliisieurs des &its que je Ib aujourd'hui dana le poème de Geslhe. U y a loin des bordf sacrés du Gange, aux bords fleuris et escarpés dy Dotdbs, et de Bîdpay à l'une de nos vi^es femmes, qui vous font ces contes en teiUant le chaQvre. Mais plus la distance est longue, plus ce rapprochement est merveiUeui, plus il est admiraUe de voir com^ tnmi kl eagesse des nations se perpétue à travers les siècles, su^it aux ruines des empires, uaverse Tesr paoe, et arrive d'un palais d'Orient rédiauffer, sous son toil de pierres grises, la crédule imagination d'un âD&nt du If ord.
Hais pour ne parler que de Touvrage allemand, plusieurs bibliographes savans, et entre autres Bu» sching, rdusèrent d'admettre Baumann comme l'au* teur du SUmecke Vws; et il est en effet assez prouvé aujourd'hui qu'il n'en était que l'éditent. En 175a, Gollschèd publia une édition très-eslimée de ce livre; ^1 1783, le bibliothécaire Suhl en fil paraître une autre, et aujourd'hui M. Fallerdeben vient de le vtr produire, d'après l'édition publiée à Lubeck en 1 4^8. Gœthe, en se servant de l'ancien poème, a fiât avec
U7o) Ba bdle laBgm, iès faêattit vm et Mn espm^ m poème Beaf, oii^a!, fit rtm des pins jol», dej plus spintuelB que PAllemagne possède.
lo.^ Voyage en Sqîsse* écrit avec ime ^aade «împlîôfé, mais aussi avec verve et ckaleor. Vnfobdes notes rapides, comme u» voyageur les prend es se Reposant le soir dans une auberge, et après cda des Térits admirables de style et de pensées. Au comnencement de ces lettres, qui sont eensèes avoir ^é écrites par Werther, se tronVent quelques frs§^ luens humoristiques, quelques psges pleines de Terve, de tiîstesse et de passion , qui ne dépai«nMnt point les plus bdks scèùes de ce beau roman.
1 1 .* Second voyage en Suisse. Voyage aux bords du Rhin, riche de feits, d'observadons, ds p^traiis. I/auteur a déjà développé cette fteulté qui plus tard ee manifeste ches lui à un d haut degré; cette fii* culte de prendre sous un point dé vue intéressant les objeu en apparence les plus éhrfgnés de luL H ^arrête à tout, à l'examen d'un tableau^ à b sicoation d'un village, à Fétude dW grossier momnnent d'architecture, à une réflexion puMnent géogira^ phique, à son enthouëasme de poète, on sa sMeoe de géologue. Très-curieuses sont les vi^es traditions qu'il rapporte} et très-curieux ausâ le récit de ses rapports avec Jacoln, Lavater, les frères Boiaaerée, Dannecker, et plusieurs autres artistes cfc énrir vains célèbres de cette époqu«
( 471 ) 12.'' Ctmfêffie de 1799 ea Ftamn^ CSett« emnpagne, qui s'ouvrit à la suite do t^mmàitc wmmUSmo du ducdiiBruns-wicLf gK^md'iift 9wk coup Iiongwy^ VerdttDf et s'atsilça jusqu'au cœur de k Franot) li«Ddiâ4|iie Paiîs la vegardkit ibarohèr avec uMsarul de stupéfection, Goethe la fit ccuBUne cottseîller dà dufi de YféMxmTf Inen acctueilb» bien traîlé» ^fm^' une bonne TOttnre à ^es ordiras, et tou^f» ^latM chevaux de réquisition» pour le tn^ier) ainai qa^ le dit Im-mème, au iviliea des flot» de soldats h pied» comme Pharaon an milieu des flou de ht ooer Rougai Cest une Inzarre histoire, que celle de cèue armée, et Gesthe n'en a caebé ni le triste, ni le pho* saut c^é. On la voit qui s'avanœ, avec une sorte de frénâaie, pour venger les premiers etcès de la ré* volution française; repousser à quelques sîàdes de là lea efforts des jacobins, et réubhr les rois de^ Fiance dsfis, leur légitimité et leur bcm droit par la volonté du duc de Bruwvick et du roi de Prusse^ lies premiers pas qu'elle fiiit doivent renôrgnëlfir; sa première bataille est un succès, son premier assapt une victoire. Les clefs du royaume tcmibent entre ses mcôns; le chemin de Paris s'ouvre devant dUb. FMsé Verdun, passé^ Sainte -Ménéfaould, les braves Allemands voient déjà, comme dit Geethe, s'étendre sous leurs yeux, les riches plaines de la Chan^iagne, et plongent d'avance leurs regards vers ses profonds celliers, comme vers une antre terre
(47V) ■Mwmd Pok, voilà qoe r«iiottiie neet, ratuoume froid «c pkineax; les chemiiis sont boacax et dtf* fiçK^; ks Tifrctt n'arrivent plos aotti régo&it' mem; 3 fiiut aller k la inaraude, il fiftft eniplcjer la Tuse, pour tirer des fins paysans Lomms la ftrine on le cochon quHls tiennem soignenseoient. oadiék Au tien dé cette beiie promenade d'èië que iôsaiant les soldats» voici les kronlMards et le firaîd; an lien de ces besMx vignobles d'Ay et dlÊpemay, des diamps arides on déjà aniissonnés; «a Uèa de cet; accni^ fiateriiel que Fon s'attendait à trouver de la part des Français, àuxquds <m ramenait h (fime et les émigrés, de la défiance, des trsbisons, de la haine. L'embousiasme pouvait encore se saateiiir sous le fim des batteries de Verdiin; fenthon*^ siasme ne se soutenait plus deyalit ces contre-temps dé Tautomné, des routes dégradées, des paysans rusés et peu bienveîllans, des bivouacs t^empés de pluie, et du dé&ut de vêtemens ou de nourriture: Puis, les soldats allemands ne pouvaient pas avoir cette réaohition que Ton porte à défendre sa propre cause. La plupart marchaient, parce qu'on les fiaani marcher, très •contrariés du reste de quimer leois bons poêles d'Allemagne et leurs jolis villages, pour s'en venir fidre une telle expédition. D'autres (et ceci coomiençait^à devenir dangereux) avaioit d^ sucé les principes républicains. Les harangues des mem» bres de l'assemblée nationale, qui pû*laient de liberté
(473) Cl &éff3aJiéf leur •emhiaient trèi-raMiiiiiAbs; Lw prodamations que les clubs de Psuris fiûaaieat ré^ pendre ptimi e«x, leur paraissaient toiit dussi âoqnentes et beaucoup (Ans sensées qae ceUè da duo de BransiricL U finti remarquer eneiire, que lesi ènigp^, en gagnant le sol de FAlleniagne, y aTaien» inspiré peu de sympathie. Leurs malheurs, loin do^. les rendre plus humUes, n'avaient Ail qufajouiar à: leur oi^gueB aristocrati^e un-seniiment de défiâno» et âtiff&ar^ qc^ils maniftsuàent partout- Ib s'en allaient dans les auberges, oonserrant minuiie|ise»-^ mem leur étiquette , exigeant qu'on les traitât commet de grands smgnenrs, et, après tom, diicabant snr> Je prix d'un cSîien A la fin on refiisait de les rece^voir; et Gîûethe, armant un soir dans saohaise de» poeteà la porte d'un grand hôtel, ne put y obtenir? une plaee, que quand on eût reconnu qu'il était l>ien AHemand. A Keu iife plaise que je veuille in-f suka- k la souîrence de ces milliers d'honnnes forèés ide eherdier aillenra un relîtge que le solnatal leur, refusait, âans prendre part à leurs opinions, <»( doit pourtant les plaindre de ce triste et doulôureuospèlerinage ) qu'ils finsaient loin de leurs châteaux^ car, comme l'a dit un noble écrivain, émigré aussi.:.
Henreoz qpk n«^t\BBt poiat aaéu an fiagrer.étraoger. »
Mais je retrace des fidu, et des faits hippoffés'.
pif V» faoïmiMi ffo» Von m pwt aoeoier dé piMM- Uté et 4f ÎDjudoe.
. Dotteau'^ebdi&BJbmyetdatisraniiéeinèBieqm HOttsclwt pour écraser le réfublicÊmamtf lea îdéca répobbeaÎMa aTaiem d^ )eié des genuet noBibiWtt «I ai jlm lard U ae mamftaia contre eUemne poi*eauteréaciMiiy c'est qoâ 179S étoofia ce ipxa 1789 avait aeinfe Ainâ les troupea alliées éiaieptoaitdcs oa iodifféreMles, ou. tottt-à*6k opposées à cette gnerre. Et voilà eonmeat il se fit ^pi^après avoir remporté plusieiirs victoires» après e'étre avai^oée â loiiit sana rencontrer encore les forie^ banières auxqndles eUa devait ^attendre» un beau jour l'armée se docouiagea» se débanda, tonroa le doe à Pêtisp et s'en revint en dés<Mrdre an point d'oè elle écait partie; nnoa cette fins ponrsinvie par les g^névanx de la répnUiipiet et traversant à la bâte le Rhini pour se sauver de ceux qn'ette awt baiMSL
GoBtbeest danscette campagne unUstorâen très* gnve et en mteie temps très<«nmsant IL prend nne p»pt aénaoie .a. «Tteemeo. de k 9Mrre, ma» a BB iiiiglig^ PM les scènes ooimqMs qu'dk Ini pré* sente. Il racoaite avec de grands détails le siège de hotkgwj et de Verdun; mais il n*ooUie pas de mconter le maraudage de ses soldats. Et deux on tnns de ses récits (bunûratent de plaisans sujets de earîr cature à Charlet Enfin, il entremêle adroiteanent individualité aux faits génétanx qu'il décrili il
poéyi|DeB; tt n'onUîe, a travem tts marches H oontie-marehet de l'aisDée, ni ses obtarfaiions éê k natw», ni aes tnivanm littérairci. Il a. toujours dasaaa umu nliepeiite phoe ré^rréeponr pmndrè BOia d'nna obsenfatioa météonolopque ou anriehir ion camti da qndquaB ?ert; et il y a toiqoan » à tmyan hm bagages et laa caissons de la troi:qpe, un eoffisa à bn ponr rsnfisitacr sea mannaorita. Jamais les nmses pad&qucs n'ont si bien fiât k guerre, en 7 conpivnant même ceUes da Xénophon, de César^ de FanlrLonis Courrier, et de Th. Koraan {^)
i5.^ fitégede Ifsyenoe^ Gœthe y fut envoyé aoasi en qualité de conseiller du duc de Weimar. Le récSl pris bistoriquement est intéressant^ beaucoup moins eaptndant que k campagne en France^
14.'' Pour suivre foitlre chronologique, j^auma dA citer y avant ces deux derniers ouvrages, k Voyisge an ItaKe, maia je préftrais k gsrder pour k fin. Ce vojage fitt entrepris au mois da Septembre 17861 et lenniaé un an et demi après. Gœthe avait toui ce qu'il âlkitpour.k faire joyeux et oompleL Con^ aetUer kvori du duc de Weimar, son titre lui servait da lettres de noUesse auprès des familles ^ris^ tooratiques; poète, ses ceuvres devaient lui attirer l'attention des meilkurs écrivains et des meilleurs artistes; )€une homme, beau, riche et élégsnt, il pouvait sans crainie ae présenter aux yeux des bdles
(476) dfmes «feVeni^^tifo Eome, oase çlw^^ Baphâdl, une antre Eonaariiia ; .«t 9»Aégm roawBes BOUS attestent qu'il ne la diercha pas en ram.
Mais iliéudtvena en Italie pour s'y bmner à des études eéfimises , pour entrer dansunnouveaumMide dé poésie et d'art, et il y réussit Jamaià pem^^cre tant de fiundtés réunies ne s'étaient trpuTéea enmou^ Temeàt sur im temin si neù£ C'était llioamie du Nord .qui s'en aUaii puiser à oette ehaside sonros du .Midi j c'était Fhotnme des petites villes d'Afie* niague,'<pn s'en allait d'un œil avide contempler ces monumens gigantesques qu'il n*avùt fidt eneore que rèyer. Que de trésors et de vie dans ceuè terre classique où il se jette avec tant d'enftbousîaaBiei Combien, de rêves de poésies au milieu ées rues désolées de Venise! Con^nen de couleurs pour seapinr ceaux^i^r cette large liaie de lïaples, ou dans cstte majestueuse enceinte du Colysée ! Ofat ! voyez comme sa pensée d'artiste s'échauffe; comme sa soif de scienoe cherche partout, trouve partout un nouvel alimcai; comme il est bien de ce qu'il découvre, inyiiet ds ce qui lui manque encore, cherchant sans cesse à agrandir son cercle , à ramener à lui ce que le ps0é et lé présent offrent à sou observation, tournant «s études de savant là où la rêverie de poète n'sonit point de prise, et ses observations d'homme du monde, là où Fart dqit.se taire. Avec ce mervdiUemL pouvoir qu'il possède de smsir et de omu:evoir si
( 477 ) biaii. toat' ce cpxHl soumei 4 iâ réflnion, av«c cet enthoiuiaiOM qat loi iii«n<>îii tout ce qui est art, tont ce qui est beiu et grand , il peut se naiger où bon lui semble; à Vérone, en Fentendant raisonner de Palladio , on le prend pour un architecie; à Rome, pour artiste; en Sicile, pour Cologne, et l'Académie de l'Ârcadie lui donne son brevet de poète. C'est qu'il pouvait à }uste droit s'arroger tous ces titrés;* c'est qu'il passait avec la même fiicilité du monde de fe création, des phénomènes de la nature, aux oeuvres sorties de la main des hommes. Rien ne lui était obscur, rien ne devait lui être caché; avec la lampe miracokuse. d'Âladin à la main , il s'en allait épier les cratères des montagnes, les vieux palais, les temples de l'antiquité; et ces cratères, ces palais, ce» temples, lui disaient le secret de leur formation et leur histoire. Il voulait» disait -il, prendre l'art dMs son essence véritable, soulever le voile qui le recouvndt, pénétrer à fond Fidée même, sans s'arrêter aux noms, sans reculer devrait les notiops purement traditionnelles (^), et il fi t ce qu'il avait résolu : il étui£a l'art avec son instinct naturel, son génie, ea persévérance; il le prit à toutes les époques et soas toutes les Êices^ dans^^un monument d'architecture, comme dans un tableau; dans le MûnsUr de Strasbourg, comme dans le Saint-Pierre de Rome; et dans la musique, comme dans la plastique et la poésie; après quoi, il put se dire qu'il avait suivi
(47«) UbreiBent aon cfcenûii jua^'à k womoè^ «t nffgéé derrièrt k dernier ridîSi du Màoiimrt} tandis que h fook en étaîft encore au premier ^ éooataM les ezplicatioiM qu'on vodbit Inea ki doiànery et atttsdant qu'elle pà& anasi Toir k son toan
Ea même tempa qu'il powraiûvait aiiin aea oonrageuses études d'art, dans lesqiicUes tout auiit que lui eût couru grand riaquede fiôUir et 4eaedécottrtger^ il continuait- aussi a recueillir de Bowdks observations pour sa TMorie dés cmdawsj e. il s'alMaidonttait à ses travaux de poêle avec plus ^srdeur que jamaia. Il ëerît, soua Tiaspiraiion de ce beau del et de ces monuBiens dltaliet Iplûgépiet le Tasae, et achèye Egmonu II envoie cea pièosieB Attemagpe, pour les joindre à Ti^tion de ses oeuvres que puUie le. libraire Gôaclieii; et» an nifiea de ses courses, de ses réfleiiem, de sea redierdbes^ k retentissement du succès qu'elles obtiennent, &tt luire à ses yeux de nouveaux rajona d'cqiésanes, et lui apporte de nouveaux eneouragemena^
Ce vojage a été tradtnt en français, et nonanoas dispenserons d'en citer des entraits. U est écrit avec k plus grande simplicité et k meiUeure bonne Ai On voit que Gœthe ne cherche point à donner sax lieux ob il passé un intérêt romanesque. Il ne eonrt ni après les brillante» descriptions, ni après les aven« tunes étrangi^y ni après les scène» dranurtiqœSk U raconte ce ^u'il voit i et conamê il k voit, sans eibit
(479) 61 San» eiii{dukte; Au wa^ea de son récit tuicdiici de Toyageor, qudqnes morocanz mentent oepen* dant d'être mis à part: ainsi, par exemple, sa des«cripdoD du camaYal de Rome; sa tbite i la fiuniUe de Gagliostro, et ses chapitres sur le théâtre et la littérature italiome, qui sont autant d'artidee das* siques.
Maïs VOL plus haut intérêt encore se rattadbe i ce
voyage en Italie, c'est Tinfluence qu'il a eue sur
Goethe lui-même. On peut diviser k. carrière de
Gcsthè en deux parties : Tune toute d'efforts, l'autre
toute de réflexions, et le voyage en Italie est comme
le chaînon où ces deux moitiés de sa vie se rejoi^
gamt, où la première se fond avec k seconde. Llta-
lie fut l<Mig-4emps pour lui un beau idéal qu'il brù*
kit du désir de voin Bêtifiait, il* avait écouté avec
avidité les récits que son père lui fiôsait sur ce pays.
J^ine homme, s'occupent de poésie et d'art, il aVait
été ramené à k terre classique de Part et de k poé^
aie. Il lisait les livres de voyage écrits sur l'Italie, il
M mtf 2Ât à k sodété de ceux qui avaient viÂté cette
belle contrée. Cétàit pour lui comme un conte de
fées, comme une terre d'enchantemens. Et il y aUa >
et il vit d^un coup d'oeil combien de frnits il pou-
Tait y recueillir, et il les recueillit Au commencé^
ment il s'y jeta avec tout Temportement d'une ame
exaltée comme k nenne; il voulait voir tout à k
fois, tableaux t% paysage, églises et ihéitres. Sem*
èhUe à rbomuM qm pour, la preoMère fois tient «Dire seB-bcas. la:fiBimiié qu'il a loQg-ttnpa aimée, il a'atteodait pas que ces richesses. d'Italie se dévoilasseai peu à peu à ses regards; il voolaît que riea aie retardât sa bouillante impatience. A k fin, cette ardeur dé jeune. homme se rqpose; la réfteiion succède à cette inquiétude de Famé II a ét6 a Rome avec ses premières dotations; il s'est jeté aunûlieu du- G>ljfr8ée; dans la nef de Sainte Pierre; il a gravi en courant le capitole; il a fmnchi à la hftte l'espace qui le s^re de TivoH H y revient une seconde fins, et .déjà il n'est plus le même : il observe, il se recueille, il revient pliiôeurs fois au même endrdt, il s'»*réte à différentes r^rises devant le mime esbleau, il compare et il comfame. Il n'a rien perdu encore de son enthousiasme ; mais à œt enlhoumsme se joint le repos de l'homme qui veat mgement étudier, et le calme de celui qui voit ses dé* sirs prêts à se. réaliser, son but rempli
Ainsi de ce voyage, ainsi de sa vie. Dans la|>remière padtie, inquiétude, agiiatîûn, travaux pÛns diB force et de chajei^r, mais intérroinpus; l'ame 9111 re^rde de tous cdtés pour ^savoir quelle route eQe prendra; l'enthousiasme, qui déborde; la penséepoétique qui ne tend qu'à se jeter au. dehors, et se trouve douloureusement refoulée sur dle-inâoie;la vie d'^uidiim) la vie ;iventurei||i^ de jeune hoBune; la vie de soMflhipces intimes, de pvesMères déo^
lîofts, de premiers rêves passionnés, qui produîstt Werther^ et cependant la vie d'inspiration, d'essais « d'étadtes, qui jeta le plan grandiose de Faust, et construisit deux fois Goetz de Berlichingen , et un peu plus tard Egmont
Pujs il va en Italie, et il trouve là les grandes idées qu'il avait déjà pressenties , les chefs-d'œuvre qui alimentent sa riche imagination, les monuoiens et les galeries qui réalisent tous ses rêves. Mainte^ nant il a vu Fart dans sa plus belle forme, et Fa étudié dans sa plus profonde conception; mainte^ nant il a vu la nature se développer dans toute sa majesté et sa splendeur; il a connu par lui-même ce qu'il n'avait encore ent^idu que raconter; il a vu de ses propres jeux ce que les autres lui pei"* gnaient, et suivi le cours de ses propres impressions en ùitt de ce nouveau théâtre. Maintenant il revient k Weimar, tout autre qu'il en était parti. Il emporte avec lui le souvenir des grandes choses qu'il a observées, et il les réfléchit. D'époque en époque ^ d'année en année, sa pensée se montre plus forte « plus reposée, et soft ame plus grave. Autrefois, il courait à travers la vie comme un enfant, pour y cueillir toutes les fleurs, tous les fruits qui se trouvaient sous sa main; à présent, il appdie majestueu» sèment à lui ces fleurs quand elles sont bien édosesi ces iruiu quand ils sont mûrs. Autrefois, il ouvrait péniUenient les nouvdles voies Uttérttres à travera
le roc ei les épines; à présent, îl marche d'un pas lîbreau milieu de ces larges voies ipill s'es4 frayées, et regarde avec joie la jeune génération qui j marche après lui. Autrefois, il suppliait avec tant d'amour l'art et la nature de lui confier leurs secrets; à présent, il a vaincu l'art et la nature comme deux nouveaux Protée , et tous les deux lin obéissent
Il s'en est allé jadis glaner dans les champs les épis que la muse lui jetait dç distance en disunce pour le leurrer; et le voilà qui, pareil au riche laboureur, regarde ondoyer sous ses yeux sa moisson d'or, et peut faire à tout le monde des libéralités. Il a été élève, et il est maittne; sujet des grands sagneurs de la vieille littérature, et il est roi de la littérature actuelle, roi de la littérature à venir; un véritable roi d'Orient, qui s'assied sous un dais d'or et de pourpre , et se couche dans un tombeau chargé de fleurs et de pierreries.
Au milieu de ces prospérités, son ame revient à Dieu; car son ame a suivi toutes les pl^ases de la vie humaine : phase de poésie enthousiaste, de rêves et de lyrisme, d'étonnement et de doute, d'étude et d'incrédulité; j^uis la phase d'amour, la phase d'activité; puis celle de la réflexion sage, de Félnde vraie; et maintenant, l'amour, la poésie, la religion, anges adorables que le Ciel nous envoie, se réonis* sent pour lui aplanir ^on chemin. Les années a'aceumtdent sur sa tète, mus ces années lui arrivent
( 483 ) toujours riantes et légères à supporter. Son front se ride, sa tète s'argente, son cœur* reste jeune. Il aime et il croit; il chante, et il prie; il pense à ce qu'il a fait, et il se dit : « Ce ne serait pas la pdne d'arriver à Tâge de soixante et dix ans, si toute sagesse humaine ne devait être que folie devant Dieu. *
A la fin de sa vie, il lève les yeux vers une montagpie, et il s'écrie :
Oh! si parfois^ pendant le jour.
Vers ces montagnes azurées, ' Mon œil se lève arec amour;
Ou si, par de belles soirées, •
J'observe l'astre qui nous luit, •
Oh! chaque jour et chaque nuit, Jlionore la loi de notre être :
Que l'homme vive, marche en paix Et fasse le bien : il doit être Heoreuz et grand A tout jamais! ('*}