OEUVRES MÊLÉES
En commençant d'écrire ces études sur Gœthe , nous n'ayons point prétendu porter un jugement sur tout ce que Ton doit à ce grand poète. Il y a plusieurs choses de lui, plusieurs poésies charmantes, plusieurs petites compositions pleines de grîice et de fraîcheur, que ^ous aurons sans doute laissé ^happer; parce que, quand l'on se chargé d'une corbeille pleine de fleurs , il est difficile de ne pas en laisser tomber quelques-unes de côté et d'autre sur le chemin. U est ensuite telle œuvre importante de lui, que nous ne pouvons analyser, parce que, pour le Éâre convenablement, il faudrait y employer des volumes entiers; de ce nombre sont les articles de critique qu'il publiait en 1771, 1775, dans le journal de Francfort (6^/fAr/« Anzeigen)\ en 1804, i8o5, 1806, dans le journal de littérature universelle d'Iéna; et plus tard dans ce savant et curieux écrit périodique qu'il fit paraître ches Cotta, sous
le titre de ; Arl et anîbfuki {Kunst und Ahêrîhuiny Enfin y il y a des IiTres de Goethe qui ont fidt Pétnde la plus sérieuse et la plus assidue de sa vie» qui emportent avec eux à la fois et le sceau de la scieDce, et celui du génie; et que je ne puis nuHement avoir la prétention de juger , parce que, pour entreprendre une telle t&che, il fiiudrait avoir vécu de la vie de Gœthe même; il faudrait avoir été comme Im artiste et savant, philosophe et naturalbte; avoir visité avec lui les beaux musées de lltalie, et étii£é les phénomènes de l'optique. Tels sont ses curieax arlicles Sur Fart antique, sur l'art moderne, r^ cueillis sous le litre de : Pdntw^s de Pkilastmtê; La cène dé Léonard de Finei; Porirmis hiUoHfues de Gérard; MuysdaS, poète; FieUles péMiares dé^ axmertes à Leipzig; Sculpturee; Médaittes; AnUieeture allemande ;Lss Propylées; Ijweoan; Vkdks peintures ; Veme^ 1 791 » etcTdi eal ce grcys viJune qui» sous le titre d'^/if, reQ%me une quMuiié de ifeotices précieuses sur quelqutsmns des moaunifos antiques; sur des eQuvres de sculpture» d'archkeclure, de pëmute, ea Grtee, eu lêadm^ et daas f Allemagne moderne. Td est encore ce hA oMivi^ qu'il composa avec sou ami Meyer et le plntokgQe Wolff, sous le titre de WmckeUnofm^ j et dsnsle-
»*«-i^aWiV«>^>OTai«W*V>a«^^*««^Ma^^B^^a^iVia«a
i Nous deroB» à M. de Wandefèiish ^ne tidi^beiuis tfilinclion d« cot oeiosgt*
quel il dépeiat avee lant de savoir ei de juitesee ce que oe grand homme a fidt pour l'art Nous cite» roiis encore celle vie si pittoresque et si curieuse du poutre de paysage Aïokert; et enfin set frsgmcns qui portent le titre de Science maturelk; sa if/tomorphose Jes planées > et sa Théorie des cosêleofs (^; toutes œuvres qui font époque dans Hiistoive de la science, et qui élèvent de leur côté la réputation de Goethe trto^haut, tandis que ses oeuvres poédqnes Félèvent d*un autre c6té si haut
Le chanceher Mfiller a dit, en parlant de Goethe: « Lorsque, sans avoir nous-mème passé par une telle existence, nous observons sous- ses différeas-pointa de vue cette vie si riche, si actove, si infrtigsUe; et lorsque nous essayons de la dépeindre, nous nous trouvons di^is la ntuatîon d'un hoouae qui voudrait mesurer avec un compas trop étroit la grandeur du monde, ou déterminer^ d'après les homes de notre ^be, l'étendue même de l'univers.*
Or, ai le chancelier MûHer parle ainsi, que. devons nous dire, nous qui n'avQns, comme lui, ni passé de longues et hihotieuses auiéea dans Teiceiv cice de la science, ni trouvé, comm^ lui, dans des rapports intimes et jouraahera avec Goethe , le moyen de pénétrer ph» avant dans le caractère du poêle, et de le mieux dépeindre.
I M. Geoffiroi de SainUHilalre rendit compte de cet oninage dans une des séances de l'Institut (Juillet i83i).
Force nous est donc de restrrâidre notre cadre, de ne prendre dans cette vaste carrière qu'un des points de vue les plus &ciles à saiôr» .une .de ces oeuvres, que l'on puisse soumettre à Vanalyse de la réflexion et du sentiment, et peut-être nous reprochera-t-on encore de n'avoir que trop présumé de nos forces..
Sous le titre d'OEuçres mêlées^ nous comprendrcjus différens livres de Goethe, auzquds il serait difficile d'assigner un caractère littéraire détenxûné, comme on peut le faire pour ses drames et ses romans :