DES FEMMES STERILES
que le col exerce une sorte d'aspiration, comme le poisson dont il porte le nom. Il faut donc favoriser, provoquer ce mouvement par les moyens que nous venons d'indiquer. Mais il dépend également de l'état du sang : celui-ci devant être ni trop ni trop peu épais ou plastique. C'est ce qu'Hippocrate nous fait voir.
Remèdes de la stérilité pour divers cas énoncés au commencement des numéros sidvants. — Quand une femme a déjà eu des enfants désire encore d'en faire, et qu'elle ne devient pas grosse ; si l'orifice de l'utérus est dur, en tout ou en partie, et qu'il soit bouché, se trouvant placé de travers sur l'un ou l'autre côté de l'ischion ou déjeté vers l'anus, ou rentré en lui-même; ou bien lorsqu'un des bords de son orifice relève plus que l'autre ; de quelque manière enfin qu'il se trouve : inégal, raboteux ou calleux, ces inégalités le rendent dur et le bouchent. Les règles ne coulent point, ou fluent en petite quantité et de mauvais caractère ; elles durent aussi plus de temps qu'il ne faudrait, ou elles se retardent considérablement ; car la menstruation se proportionne naturellement, dans ses périodes, à la bonne ou mauvaise situation de tout le corps et de la matrice, et à la sécheresse ou à l'humidité du sang des règles, quand l'orifice de l'utérus n'est pas fortement altéré. Alors donc la matrice ne reçoit point la semence, à cause du dérangement dans l'orifice qui empêche la semence de passer outre. Il faut, dans ce cas, commencer par faire des fumigations de tout le corps, donner des remèdes intérieurs, purger par haut et par bas, ou par bas seulement. Si on purge par haut, on ne fait des fumigations qu'après le vomitif. On vide ensuite par bas, après la fumigation, par laquelle on commence quand il n'y a pas d'indication pour le vomissement. Lorsqu'on a nettoyé le corps, on passe aux fumigations de la matrice, qu'on continue longtemps avec ce qui paraît le plus convenable. On y emploie des brins de cyprès, des feuilles de laurier coupées en morceaux. On fait de fréquentes lotions chaudes au sortir du bain, et des fumigations. On ouvre l'orifice avec une sonde d'étain, et on le redresse, s'il le faut, avec une des sondes de plomb dont le bout soit mince. On en introduit peu à peu de plus fortes, jusqu'à ce que les parties soient rétablies dans leur vraie situation. On trempe les sondes dans quelque baume liquide approprié. On fait ces sondes plates par un bout qui s'attache à un léger manche de bois assez long pour les rendre d'un bon usage. Dans le même temps, on a du goudron gras qu'on fait bouillir dans de bon vin blanc très-doux avec du cumin d'Ethiopie, du calamus aromaticus et de l'encens choisi. On fait boire modérément de ce vin à jeun autant de temps qu'on le croit nécessaire. On fait manger do petits chiens gras, rôtis, bien cuits, dos poulpes bouillis dans du vin, et on en fait avaler le bouillon. On donne des choux bouillis ; on fait user du vin blanc ; on prescrit deux bains par jour, et la privation des autres mets durant tout le traitement. Quand enfin l'orifice se présente comme il convient, et que les règles s'établissent, on fait prendre quelque potion appropriée pendant un ou deux jours. On discontinue l'usage des sondes, et ou tâche de purger la matrice par le moyen des pessaires et des remèdes internes (1).
(1) Curationes, quœ conceptura explorant in ea, quœ liberorum procreatione incliget, et liberis caret, et quoe jara antea prcegnans affecta, nunc vero non parit, ulii ulcri stomachus totus, aut cxirema sui parte durus, aut connivens et non rectus fuerit, sed in alteram coxendicem conversus,