‹ Etudes sur Hippocrate au point de vue de la méthode dosimétriqueChapitre 102 sur 130 · DES FEMMES STERILES · texte numérisé non relu

DES FEMMES STERILES

fécondité ; mais, si l'on tarde trop, la femme reste stérile. Ce vice se reconnaît encore au tact, en ce que l'otiflce de la matrice est ferme et dur (1).

Cinquième cause. — Quand l'orifice de l'utérus est béant, il ne se fait point non plus de conception, parce que la semence n'est pas retenue. Cet état se reconnaît au toucher et à ce que les règles coulent très-abondamment durant peu de jours. Il procède tantôt d'un vice naturel, tantôt de quelqu'une des maladies dont j'ai parlé. S'il vient d'origine, le mal est incurable. Quand il est accidentel, les règles ne sont point de bonne nature, parce que la femme n'est pas dans un état naturel. La conception ne peut point s'opérer, la semence n'acquérant pas la consistance nécessaire parce que le sang est dépravé. L'utérus, participant au mauvais état de tout le corps, laisse échapper la semence, qui sort plus tôt ou plus tard avec quelque humeur sanieuse. On connaît ce vice à l'état de tout le corps delà femme, et à celui du sang menstruel ; car les règles seront, ainsi que je l'ai dit dans le Traité des malaladies des femmes, ou bilieuses, ou pituiteuses, ou aqueuses. La stérilité qui provient de cet état pourra se guérir, en le soignant de bonne heure. Elle devient incurable, si on le néglige (2).

On voit qu'Hippocrate a parfaitement reconnu les causes tant physiques qu'organiques de la stérilité, soit remédiable, soit iiTémédiable. Parmi ces causes, les plus fréquentes ce sont le déplacement de l'organe hors de son axe naturel. « Si les fluxions de la matrice ne produisent pas invariablement, soit les souffrances locales, soit les troubles fonctionnels indiqués par Hippocrate, leur existence ou leur absence est loin d'être chose indifférente; aussi devons-nous les regarder comme une classe distincte et importante de maladies utérines. Alors même qu'elles ne sont pas graves par elles-mêmes, il serait néanmoins très-nécessaire d'apprendre à les distinguer d'autres maladies utérines sérieuses avec lesquelles quelques-unes d'entre elles, à un examen superficiel, pourraient être facilement confondues, r. ("West.)

On peut donc considérer Hippoci^ate comme ayant appelé sur ces déplacements l'attention des praticiens; avant lui, cela rentrait dans ce qu'on nommait les maladies secrètes.

(1) Si vero ex mensibus aliquid iu uteris relictum ruptionem fecerit, quod circa os aut paulo interius calefactum fuerit, rursusque perfrixerit, neque sic ea utero concipit. Hoc enim incumbens impedit, ne genitura, ([uo opus est, perveuiat. Quod si per initia quidem curetur, convalescit, et fecunda redditur. Si vero tempus accesserit, iiifecunda manet. Ex contacta autem potissimum aflectio patet. Durum enim quiddam inuascitur.

(2) Et si plus cequo uteri deliiscaut, neque sic ea concipit. Neque enim semen uteri retim nt. Sed et hoc quoque ad contactum manifestum fiet, raensesque conferti, et paucis diebus prodeuut. Hsec affectio vero et natura, et ex relatis morbis contingit, et si quidera a natiu-a fuerit, incurabilis est morbus; sin minus, menses minime sani prodeunt, cum nimirum mulier sana non sit, neque sic concipit. Neque enim sanguine morboso concressit, verum sanguis, morbosus ex corpore delatus, genituram sercsam reddit, quœ serosa reddila, tempore modico, vel multo, una cura sanie foras egi-editur. Id autem ex mulieris corpore et mensibus patet. Menses enim ei, qualis dicti sunt, ferentur, sive bile, sive pituita, sive aqueo humore abundarit. Brevi autem cura adhibita, fecundilali restituitur, alioqui minime.

Point de conception sans règles suffisamment abondantes. — Quand la femme n'a absolument point de règles, soit par quelqu'une des causes déjà dites, soit par toute autre, elle ne conçoit point. Les veines pleines de sang n'admettent pas la semence. Il y a nécessairement alors dans la matrice du vieux sang qui met obstacle à la nourriture de la semence. Si les règles ne coulent que très-peu, la stérilité a aussi lieu pour les raisons déjà dites. On s'assure de ces deux cas en interrogeant la femme. Si c'est par un vice d'origine que les règles ne fluent presque point, la stérilité est incurable. Si c'est par quelqu'une des maladies dont j'ai déjà parlé, on pourra peut-être y remédier promptement (1).

Trop de règles sont aussi un obstacle à la fécondité. — Quand les règles coulent plus qu'il ne faut, c'est encore une cause de stérilité. La matrice se trouvant vide de sang ne peut contribuer, à cause de sa faiblesse, au développement de la semence, ni la retenir. Si la semence s'y arrête, elle sera étouffée par la surabondance de sang qui viendra inonder l'utérus. Ce cas se manifeste de lui-même par la grande quantité de sang rendu pendant la menstruation. Si ce vice a lieu d'origine, la femme sera toujours stérile : s'il provient de quelqu'une des maladies dont il a déjà été question, il pourra y avoir du remède (2).

Nous avons déjà fait connaître, d'après Hippocrate, les rapports existant entre la menstruation et la fécondation ; la menstruation -est donc la première, la plus importante des fonctions féminines : Mulier est quod est propter uleriim.

Toutefois, la matrice n'est que le champ de la fécondation; il faut que le germe vienne de plus haut, c'est-à-dire des ovaires. Voilà pourquoi la femme est soumise à la loi commune de la ponte.

La nature a soumis la menstruation à une époque fixée par le développement même des organes sexuels, comme une soi'te de signal que tout est prêt pour la conception. Mais ce signal tarde quelquefois, et même ne se donne pas du tout, c'est alors à la médecine à intervenir. Les moyens empruntés à la dosimétrie sont l'ergotine pour congestionner l'utérus, la strychnine pour réveiller son action, l'hyosciamine pour épanouir et entrouvrir son col. Le nom de ^ museau de tanche r> indique

(1) Si vero mulieri menses peuitus non jirodeaut, aut propter ea omnia, quîe commemorata sunt, ne sic quideni concipil,. Neque enim vente sanguine refertîe genituram excipiunt, et in uterisaliquid inveterati sanguinis inesse, necesse est, quod genituram nutriri proliibet.

Quod si pauciores, quam conveniat, menses prodeunt, neque sic ea concipit, propter causas, in priore morbo commemoratas, quod et ex percontatione patet. Et si quidem natura pauci menses prodeant, incurabilis eïsistit. Si vero ex aliqua commemoratarum affectionum, cura adliibita, brevi fecunda erit.

(2) Et si plures, quam conveniat, mulieri menses prodeant, neque sic utero concipiet. Neque enim uteri, evacuato sanguine, propter imbecillitalem, genituram appreliendunt, quod si sane etiam appréhendant, copiosus sanguis, ad mulieris uterum derepente delatus, genituram suffocat. Id autem etiam ex mensibus, qui copiosi prodibunt, manifestum est. Et si quidem natura copiosos menses mulier demittit, infecunda redditur. At si non natura, sed ab aliqua ex commemoratis affectionibus, cura adhibita, brevi fecunda erit.

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