‹ Etudes sur Hippocrate au point de vue de la méthode dosimétriqueChapitre 119 sur 130 · PLAN FINANCIER · texte numérisé non relu

PLAN FINANCIER

Il y a en France 20,000 médecins et pharmaciens qui, sans se gêner beaucoup, pourront fournir une première mise de cinq cents francs, qui constitueront un

premier capital de dix millions 10,000,000 "

lesquels à 4 p. c. donneront un intérêt de quatre

cent mille francs 400,000 »

qui, capitalisés pendant cinq ans et avec les intérêts composés, formeront un capital de douze millions. . . 12,166,529.02

Or, ce n'est qu'au bout de ce temps que les participants pourront avoir droit à une rente ou une pension.

La rétribution annuelle étant de deux cent cinquante francs, ce sera une somme de cinq millions par an, qui, capitalisés pendant cinq ans et avec les intérêts composés, formeront un capital de 28,164,877.31

Le capital social, au bout de cette première période quinquennale, sera donc de 40,331,406.33

C'est avec ce capital que la Société entrera dans l'exercice de sa deuxième période quinquennale.

A la fin de sa deuxième période quinquennale, la Société, avec les intérêts et les intérêts composés du capital de la première période, se trouvera en possession d'un capital de 49,069,322.55, dont le revenu sera réparti de la manière suivante : 10 p. c. à la caisse pour augmenter le fonds social, — 5 p. c. pour frais d'administration, — 85 p. c. pour rentes, pensions, secours.

Dans la troisième période , le capital de la Société sera de 50,058,591 .53.

Dans la quatrième période, de 51,067,804.81.

(1) Quoique ce plan soit calculé en vue de la France, les médecins des autres pays pourront se joindre à TAssociation.

Dans la cinquième période, de 52,097,364.78.

Somme qui permettra à la Société de sufSre à tous les besoins et de venir en aide à toutes les infortunes.

Voyons maintenant la répartition des rentes. Pour y avoir droit, il faudra avoir participé à la caisse pendant cinq ans, par un versement annuel de deux cent cinquante francs; mais pour permettre aux médecins âgés de plus de quarante ans d'avoir droit, dès la deuxième période quinquennale à une rente ou pension, ils auront la faculté de racheter, en une ou plusieurs fois, les cinq annuités exigées par les statuts, soit fr. 1,250 : soit, avec leur premier versement de fr. 500 : 1,750.

Nous arrivons maintenant à la répartition des 85 p. c. du revenu de la deuxième période quinquennale.

Nous supposons qu'un vingtième des vingt mille médecins et pharmaciens participants ait droit à la rente ou à la pension à la fin de la deuxième période quinquennale : soit mille médecins ; le revenu à répartir étant de 1,608,356.88, cela fera à chacun des participants une rente ou revenu de 1,668.35, soit plus de 82 p. c. du capital de fr. 2,016.56 qu'ils auront versé. On pourrait stipuler que le revenu ne pourra excéder 50 p. c. du capital versé. Il est bien entendu qu'ils continueraient leurs versements pendant toute leur vie.

A leur mort, leurs femmes, jusqu'à leur décès, et leurs enfants, jusqu'à leur majorité, jouiront d'une pension ou secours au prorata des sommes versées par leurs maris ou pères.

L'excédant des 85 p. c. qui n'aura pas été employé en rentes, pensions ou secours, sera versé dans la caisse commune.

On voit, par là, que la caisse se trouvera toujours en état de payer les rentes et pensions.

Beaucoup de médecins fortunés se feront un devoir d'abandonner leur pension à la caisse.

Il devra être stipulé que les nouveaux sociétaires n'auront droit à la participation dans les 85 p. c, qu'à partir de leur entrée dans la Société et après versement pendant cinq ans de leur cotisation.

Toutes les sommes non employées seront acquises à la Société pour augmenter le fonds social.

La moyenne de l'existence du médecin est de soixante à soixante-dix ans ; ce qui fait supposer une moyenne de jouissance de la rente ou de la pension, do dix ans. Les médecins participants seront donc amplement récompensés de leur esprit de prévoyance.

Toutes les Associations ou Caisses de prévoyance existant actuellement en France, pourront verser leur capital dans la Société générale

et il en sera tenu compte à leurs membres au prorata de leurs versements.

Le siège de l'Association centrale sera à Paris, avec des succursales dans divers départements.

Tous les ans, une réunion générale des participants à la caisse de prévoyance aura lieu à Paris, et dans une séance solennelle, le président fera connaître la situation de l'Association, les noms des donateurs, auxquels il sera adressé des marques publiques de reconnaissance. Les bustes des bienfaiteurs décédés seront placés dans la grande salle de réunion, qui constituera une sorte de panthéon léguant leur mémoire au corps médical recoLuaissant.

L'Association générale de prévoyance aura pour effet de reconstituer la grande famille médicale. U union fait la force : celle du corps médical sera immense, puisqu'elle aura pour appui le levier avec lequel on remue le monde : le capital.

Ce que les artistes dramatiques ont obtenu par l'association, pourquoi les médecins ne l' obtiendraient-ils pas également ?

Remarquons que ce ne serait pas comme les Corporations d'autrefois, où chaque membre abdiquait son indépendance. Ici, au contraire, chaque participant à la caisse de prévoyance conservera sa liberté d'action, et il n'engagera tout au plus que son superflu. Il ne devra rien à personne — pas plus que les porteurs de fonds publics.

Les médecins qui par suite d'accidents ou d'infirmités précoces, ne pourront plus vaquer à leur état, n'auront pas à rougir d'une aumône, puisque ce secours ils y auront contribué durant le temps où ils étaient valides.

Que nos confrères veulent bien réfléchir à notre projet. 11 appai'tenait à un homme qui a vieilli dans la carrière médicale, d'en prendre l'initiative; et c'est dans un livre traitant d'Hippocrate, qu'il était convenable de le consigner.

Le père de la médecine n'a-t-il pas dit que tous les médecins se doivent un appui mutuel?

La confraternité médicale ne sera plus alors un vain mot, et l'odieux proverbe : Invidia ynedico'iim x>cssima invidia. disparaîtra.

Nous terminons ici nos Études sur Hippocrate; nous ne pouvions mieux les clôturer que par cet appel à l'union des médecins de tous les pays.

D"" BURGGRAEVE.

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