‹ Etudes sur Hippocrate au point de vue de la méthode dosimétriqueChapitre 12 sur 130 · PREMIER FAIT · texte numérisé non relu

PREMIER FAIT

Jugidation d'une broncho-pneumonie, suite de rougeole ataxique.

Cadet, élève au Lycée Heni-i IV, à Paris, âgé de 12 ans, sans antécédents pathologiques, au point de vue des organes de la digestion, de la circulation, de la respiration, des sécrétions, de l'innervation, traité antérieurement à l'iodure de potassium pour des engorgements ganglionnaires, se présente à l'infirmerie le 18 octobre 1875, au soir, avec de la céphalalgie, maux de gorge et rhume. — Température 40° c. — Pouls 120.

Le 19, au matin, une éruption rubéolique apparaît; elle est plate, non confluente. Temp. 38°6c. — Pouls 88.

Traitement : Gargarisme avec alun et miel rosat.

Le soir, température 40°2. — Pouls 112. — L'éruption devient contluente .

Le 20, au matin, le malade paraît plus souffrant, abattu; l'éruption devient boutonneuse. Quintes de toux fréquentes, oppression, haleine infecte, peau vultueuse, anxiété très-grande.

Il lui est ordonné, à partir de 9 heures : 1 granule d'aconitinc et I granule de vératrine, toutes les demi-heures (ensemble).

La température a été prise toutes les heures ; elle a varié entre 39, 40, 4rc.

De 9 heures du matin à 8 heures du soir, le malade a pris 23 granules de vératrine et autant d'aconitine.

La nuit est mauvaise : toux incessante, respiration pénible, pas de bruit sensible dans la poitrine.

Le lendemain, à 8 heures, l'administration des granules est reprise.

La température, de 8 heures du matin à 8 heures du soir, a été de 39°6 c. à 38"8 c.

Le malade a pris 24 granules aconitine et 24 granules vératrine. L'oppression diminue, l'éruption a cessé d'augmenter. Pas de complications du côté de la poitrine.

Le jour suivant, le matin, température 39° c, pouls 96. Le soir, 38" c, pouls 80.

Le lendemain matin, température 38-3T°8, pouls 75-70. A partir de ce jour, le malade est entré en convalescence. La desquamation a commencé le 26. Température normale, pouls régulier.

On voit à quelle dose il a fallu élever l'aconitine et la vératrine pour abaisser la température chez un enfant de 12 ans : en deux jours, 48 granules de chaque. La température, prise de demi-heure on demi-heure, a atteint son summum d'acuité de 6 à 8 heures du soir, se maintenant à 41° c.

Grâce à la dosimétrie, la broncho-pneumonie a avorté.

Le lendemain, 24 granules ont été administrés et, le soir, à 8 heures,

on ne constatait plus que 38°6 c. Deux jours après, le malade entrait en

convalescence.

D' Brémond père (Paris).

Le docteur Brémond s'est conduit en véritable médecin dosimétriste : au lieu d'attendi'e que l'éruption se fit d'elle-même, il l'a déterminée en abaissant la chaleur et le pouls.

Il a fait de même pour la broncho-pneumonie ataxique, presque toujours mortelle dans ces cas, si on l'abandonne aux soins de la nature.

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