VINGTIEME FAIT
Jugulation d'une dyspepsie ancienne, avec gastrose ou spasme stomacal.
Le nommé X. .., maréchal ferrant, à Hugleville-en-Caux, âgé de 48 ans, était atteint, depuis deux ans, de dyspepsie : renvois acides et réjurgitations d'une certaine quantité d'aliments, une heure après chaque repas.
Ce malade, comme tous les ouvriers qui travaillent le fer, abusait des spiritueux. J'ai employé lemétique, les éméto-cathartiques, la magnésie, le bicarbonate de soude, puis l'eau de Vichy, le quassia amara, le quinquina, enfin tout le vieil arsenal allopathique, sans avoir pu améliorer la situation de mon malade.
Pensant alors avoir affaire à un cancer commençant de l'estomac, je me contentai d'employer une médication plus ou moins banale, lorsque le Répertoire de médecine dosimétrique m'est parvenu la première fois. J'essayai immédiatement de l'hyosciamine, 1 granule une heure avant le repas, 3 granules par jour, et 6 granules d'arséniate de soude, 2 pour 1 .
Après huit jours de traitement, arrêt complet des vomissements. L'hyosciamine fut alors supprimée et l'arséniate de soude continué. Depuis trois mois aucun nouvel accident ne s'est produit.
D'' DucHÊNE, de Pavilly.
Réflexions. — On sait combien les dyspepsies stomacales sont quelquefois difficiles à guérir, parce que l'estomac doit fonctionner constamment, à part le temps de repos entre deux digestions. Il est vrai que l'allopathie y est pour beaucoup avec ses remèdes grossiers. On en a eu un exemple dans le premier traitement institué par le docteur de Pavilly. Mais la dosimétrie a été pour lui la route de Damas : il a été illuminé. Si tous les médecins faisaient comme lui, c'est-à-dire s'ils ouvraient les yeux à la lumière, il y a longtemps qu'il n'y aurait plus qu'un seule et vraie médecine, et nous ne serions pas obligé de revenir constamment sur le même thème.
En employant les antacides, les absorbants, les amers, etc., on tourne dans un cercle vicieux, parce qu'on enlève momentanément l'effet, sans détruire la cause, qui est ici une irritation nerveuse de l'estomac.
Comment expliquer l'emploi simultané de l'hyosciamine et de l'arséniate de soude ? Il est évident que l'hyosciamine a agi sur l'élément nerveux, et l'arséniate de soude sur l'élément sécrétoire, mais par catalyse physiologique, plutôt que par combinaison chimique. Il serait, en effet, puéril d'admettre que quelques granules d'arséniate de soude aient pu neutraliser l'acide abnorme de l'estomac.
Dans une conférence que nous finies à Aix-la-Chapelle (Prusse), les médecins de cette station se récrièrent sur la petitesse de nos doses, en nous disant que leurs Eaux contiennent beaucoup plus de soude que toute la dosimétrie ne pourrait en faire prendre en un an. Nous leur répondîmes que c'était peut-être un mal ; la preuve, c'est que ces eaux ne conviennent qu'à une certaine catégorie de malades, tandis que la dosimétrie
avec ses doses presque mathématiques , peut être appropriée à tous les genres de maladies et de malades. Jamais, avec elle, il n'y a à craindre de cachexie médicamenteuse, c'est-à-dire qu'après s'être guéri du mal, il faut encore se guérir du remède. Pendant longtemps on a prétendu que pour se débarrasser de la syphilis il fallait saturer l'économie de mercure, et on donnait ainsi le mercurialisme. Aujourd'hui on est revenu à des idées plus saines.