‹ Etudes sur Hippocrate au point de vue de la méthode dosimétriqueChapitre 43 sur 130 · DE L'ORTHOPNÉE OU DÉTRESSE RESPIRATOIRE · texte numérisé non relu

DE L'ORTHOPNÉE OU DÉTRESSE RESPIRATOIRE

Les ardeurs aux hypocondres, quand elles ne proviennent point des vents qui y sont arrêtés; les soupirs avec des tiraillemens au diaplaragme et aux poumons, sont des symptômes unis à rorthopnée sèche, dans laquelle il n'y a point de suppuration et qui provient seulement du souffle interrompu des bronches. Il s'y joint ordinairement des douleurs dans la région du foie, avec un sentiment de poids dans celle de la rate. Des ardeurs au-dessus du diaphragme et divers autres accidents. Or, ils résistent si Ton commence le traitement par les purgatifs; la saignée doit précéder. On passe ensuite aux lavements, à moins que l'orthopnée ne soit forte et violente. On purge vers la fin, s'il le faut, quand elle est calmée. On doit user de précautions et de modération en donnant des purgatifs, même après la saignée (1).

La saignée, dans l'asthme, a été beaucoup controversée, de même que les purgatifs ; il est vrai que les opinions des auteurs sur la nature de cette affection ont beaucoup varié : les uns y ont vu une congestion, les autres un spasme des bronches ou catarrhe sec ; cette dernière manière de voir était celle d'Hippocrate. Ce n'est donc pas sans motifs qu'il dit :

Si dés le commencement on entreprend avec les purgatifs la curation des maladies où il y a des ardeurs ou étouffements de la poitrine, les matières crues ne sortent point, le corps s'affaiblit, le mal prend le dessus et il devient incurable (2).

(1) Prfecordia in tumorem sublata, noD ex spirituum interceptione, septi Iransvcrsi contensiones protensEe spirationes, cum erectœ cervicis spiratione siccn, ijuibus pus miuime subest, sod quibus ex spiriluum interceptione ista contingunt. Potissimum vcro jecoris vehementissimi dolorcs, et lienis gi-aviiales, ulqne aliae inflammationes, et gravissimi supra transversum dolores, et morborum coUectiones solvi nequeunt, si quis eas primum medicamento purgante aggressus fuerit Verum in bis vente sectio prœferenda est. Deinde ad infusa per alvuni vcniendum, nisi magnus et vehemens miii-bus fuerit; alioqui etiam postea medicamento purganle utendum. Quod et post veii;e sectionem securitate et moderalioue indiget.

(2) Quicumque autem statim per initia morborum inflammationes medicamento purgante solrere

C"est-à-dire qu'en épuisant les sécrétions intestinales, on épuise en même temps celle des bronches. Il faut donc commencer par la saignée s'il y a congestion pulmonaire, mais ne pas perdre de vue qu'en même temps que le spasme des bronches, il y a la paralysie du parenchyme pulmonaire, qui ne peut ainsi revenir sur lui-même et se débarrasser de l'air chargé d'acide carbonique. En effet, chez les asthmatiques, l'oxygénation du sang est diminuée, et pendant les accès complètement suspendue; de là, l'anxiété et la menace d'asphyxie. Il faut donc, en même temps que l'hyosciamine, donner la strychnine pendant toute la durée de l'accès, à courts intervalles, c'est-à-dire de quart d'heure en quart d'heure, ou de demiheure en demi-heure.

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