DES CONGESTIONS CEREBRALES ET DE L'APOPLEXIE
Quand on perd subitement la parole, c'est le souffle retenu dans les veines qui fait le mal, soit que l'accident arrive sans cause manifeste ou à un homme qui se porte bien, soit qu'il vienne de quelque grande cause apparente. Il faut dans ce cas saigner du bas droit, à la veine antérieure (la basilique), et tirerplus ou moins desang, selon le tempérament et l'âge. Les symptômes qui se montrent ordinairement dans l'état dont je parle, sont : la face rouge, les yeux fixes, un craquement des dents, des battemens d'artères, de la bave, du froid aux extrémités ; ce sont autant de signes de souffle intercepté dans les veines. S'il s'y joint des douleurs produites par la bile noire et par des fluxions de matières acres ; on sent dans l'intérieur comme des morsures ; les veines agacées se dessèchent, se crispent et s'enflamment, elles attirent des humeurs ; le sang s'altère, et le souffle ne pouvant pas suivre son chemin' ordinaire à travers le sang, il en résulte des froids qui sont une suite de sa stagnation, des vertiges, la perte de la parole, des pesanteurs de tête, des convulsions. Lorsque la fluxion se jette sur le cœur et sur le foie, elle fait des épilepsies ou des paralysies, suivant les parties qui en sont attaquées et desséchées, le souffle ne pouvant se procurer une issue. On doit commencer le traitement par des fumigations et saigner de suite, tandis que tous les souffles ou les esprits, et les humeurs sont encore en mouvement, car il est plus facile alors d'y porter remède. Il faut soutenir les forces, observer la crise, purger si les humeurs et les esprits ne se déplacent point pour s'élever. Quand le ventre ne se lâche pas au moyen des lavements, on donnera douze verres, au moins, de lait d'ânesse cuit, même seize verres, si le malade est fort, chaque verre d'environ neuf onces (1).
tentant, ii de contenta ciuidem atqiie inflammata parte niliil detrahunt, cum nihil cedat, quœ adhuc crudaest, affectio, quœ vero morbo resistunt, et sana sunt, contabefaciunt. At debili reddito corpore morbus superior evadit, qui ubi corpus superarit, curationem non admittit.
(1) Cum quis repente voce defecerit, vcnarum interceptiones affligunt, ubi id bene valenti citra manifestam occasionem aut validam aliam causam coutigerit. Venam i^jitur incidere oportet brachii