RÈGLES SUR L'ADMINISTRATION DE L'ELLEBORE
L'ellébore se donne utilement, dans les cas où les humeurs découlent de la tète, mais dans les cas où il y a une suppuration interne causée par un dépôt ou par une déchirure des veines, qu'elle soit un effet du tempérament ou de quelque toux violente, il ne faut point donner de l'ellébore ; il n'y produira aucun bien ; et si le mal empire, on le lui attribuera. Quand on se sent le corps fatigué, que l'on a des maux de tête, des bourdonnements d'oreilles, que l'on est obligé de se moucher souvent ou de cracher, que l'on sent des pesanteurs auï genoux, que tout le corps semble s'enfler, donnez l'ellébore; pourvu que cela ne provienne pas de l'exeds dans le boire, ni dans les plaisirs de Vénus, ni de soucis, ni de peines, ni d'insomnies. Ces derniers cas doivent être soignés, chacun suivant sa nature (1).
Les anciens faisaient grand emploi de l'ellébore , surtout dans les " obstructions du cerveau ^, en tant que narcotico-âcre, faisant couler le nez, la salive, et pouvant ainsi servir de désobstruant. C'estàcette classe
(1) Veratrura autem exhibendum, quibus a capite fluxio fertur ; at iis, qui es abscessibus, aut ex venœ ruptione, aut ob intemperantiam, aut aliam validara quandara ob causam suppurali tiunt, veratrum minime dandum, cum uiliil juvet, et si quid seger patiatur, veratrum in causa esse videbitur. Si vero exsoluto fuerit corpore, vel caput doluerit, aut aures, aut nares oppleaniur, aut pputatio, aut genuum gravitas niale vexet, aut corpus prœter consuetudinem intumescat, quidquid horum coutigerit, exhibebis, dum iieque ex polibus, neqiie ex rébus venereis, neque ex ma>rore, aut curis, neque ex vigiliis ista coutingant. Et si quidiMii lioruin alii|uid iu causa fuerit, ad id curatimieui instituere oportet.
de médicaments qu'appartiennent l'aconit, le veratrum, le delphinum, dont on est parvenu, de nos jours, à extraire les alcaloïdes : l'aconitine, la vératrine, la delphine, etc. Ces alcaloïdes ont une action sédative ou rafraîchissante très-marquée : on les emploie dans les fièvres aiguës pour faire tomber le pouls et la chaleur, on les donne également dans les maladies nerveuses aiguës, dans le rhumatisme, les névralgies, combinés avec la morphine, la quinine, la strychnine, selon les indications. Toutes ces indications apparaissent dans le paragraphe que nous venons de transcrire : fatigue générale, maux de tête, bourdonnements d'oreilles, pesanteurs ou douleurs aux genoux, etc. On peut en conclure qu'Hippocrate n'était pas étranger à la pharmacodynamie et qu'il ne voyait pas dans les médicaments de simples spécifiques comme beaucoup de médecins de nos jours ; ainsi que le dit spirituellement le docteur Double : « Hâtez-vous de vous en servir taudis qu'ils guérissent encore ! "
DISTINCTION ENTRE LES SYMPTOMES QUI PROVIENNENT DE LA FATIGUE ET D'AUTRES CAUSES.
Les maux provenant de la fatigue des voyages, sont : des douleurs au côté, des douleurs au dos, aux lombes et à Hschion, et tout ce que ressentent ceux qui sont oppressés; mais la cause dans le cas dont je parle, en est manifeste.
On a aussi des douleurs aux lombes et à l'ischion (bassin) pour avoir trop mangé ou trop bu. On les distingue en ce que chez ceux qui ne font pas des fatigues de voyage, il s'y joint des ardeurs d'urine, souvent les enchifrènements et des enrouements. Pour connaitre quand ces douleurs proviennent de fautes dans le régime, il faut examiner si on s'est éloigné de la manière de vivre accoutumée. Ceux qui ne sont pas habitués à diner, éprouvent, s'ils dinent, des gonflements de ventre, des assoupissements, de la plénitude. S'ils soupent par-dessus, ils ont des troubles aux entrailles. Ils doivent dormir au sortir du bain et se promener ensuite d'un pas lent pendant longtemps. Si le ventre se lâche, ils souperont et boiront du vin pur, en petite quantité ; si le ventre ne se làclie point, ils s'oindront d'huile chaude et se tiendront tranquilles, buvant du vin blanc trempé, ou du vin doux dans le cas qu'ils aient soif. On les traite au reste comme on traite dans les cas d'excès de boire et de manger (1).
(1) Dolores laterum, dorsi, lumliorum, coxarum, qui ex itinere contingunt, et quEecumque iiiter respiraudum, ex occasioue manifesta doloreni faciuut. Plerumque namque ex crapulis, ciliis(|ue flatulentis, ad lumbos et coxas dolores venire consueverunt. Atque ex his casibus uriuœ difficuhas accedit. Horum vero ex via defatigatio causa est, itemque gravediuis et raucedinis.
Qu» autem ex victus ratione coutingunt, horum quidem magnam partem unusquisque, pro mutala prœter coiisuetudinem victus forma, prœcipue signiticatiouem prœbet. Qui eiiim prandere miuime solili praiisi sunt, his maguus veutrjs tumor adest, et dormitatio, et plenitudo. Si vero insuper cœnavcrint, alvus exturbatur. His a balueo doruiire confert, el a somno lenta deambulatione mulcos