FIÈVRE PAR PLÉNITUDE D'ESTOMAC ET D'ENTRAILLES
Hippocrate, comme on voit, n'était pas d'avis qu'il faille corriger un excès par un autre, c'est-à-dire qu'après avoir fait un excès dans le manger et le boire, il faille se tenir à une diète absolue et dans l'immobilité. Il veut, au contraire, qu'après avoir pris un bain, on se promène lentement et pendant longtemps et qu'on se refasse au moyen d'un vin pur, pris en petite quantité, c'est ce que nous nommons un '- pousse-verre » (non quantitativement mais qualitativement). On obtiendra l'effet du bain en se rafraîchissant au moyen du Sedlitz Chanteaud ; et si l'estomac reste affadi, on prendra 2 ou 3 granules de quassine.
Nous reviendrons, plus loin, sur cette question de l'égime.
MANIÈRE DONT IL FAUT TRAITER LES CAS OU IL Y A PLÉNITUDE DANS LES ENTRAILLES ET L'ESTOMAC.
Dans le choléra sec, si le ventre est enflé et qu'il s'y fait un grand bruit, avec des douleurs aux lombes et au côté, et qu'il n'y a point de selles, gardez-vous de faire vomir, mais lâchez le ventre. Vous donnerez promptement des lavements tièdes, gras; vous ferez oindre le malade et le ferez mettre dans un bain chaud, y faisant venir l'eau chaude peu à peu. Si après qu'on sera bien réchaufl'é, on va du ventre, le mal est lini. Il est bon de dormir et de boire du petit vin pur qui soit vieux. On donne aussi de l'huile, afin de calmer et de lâcher le ventre ; on ne laisse prendre ni aliments ni autre chose. Quand le mal persiste, on donne du lait d'ânesse jusqu'à ce que le ventre se lâche. Quand la bile coule, et que cependant il y a des coliques avec tranchées, des vomissements, des suffocations, on laisse le malade en repos sans le faire vomir, et on lui fait prendre de l'hydromel (1).
Le bon sens dit que lorsqu'il y a anfarctus abdominal, il ne faut pas faire remonter les matières, qu'il est plus facile de faire descendre; cependant l'émétisme a été érigé en système. Il est vrai qu'on l'a poussé jusqu'à contro-stimulisme, c'est-à-dire que le pauvi'e malade n'a plus la force de
conficere circuitus, et si quidem venter emollitus fuerit, cœnare, et paucum viiium, sed meracius bibere ; quod si alvum non exonerarint, corpus oleo calido inungere, et si sitis adfuerit, epoto vino aquoso albo dulci, quiescere, et si non dormierint, amplius quiescere. In reliquis similis iis victus ratio, qualiscrapula gravatis, iustitui débet.
(1) In cliolera sicca venter inflatur, et strepitus insunt, et laterura ac lumborura dolor, niliilque infra dejicit alvus, sed-adstringitur. Itaaffectus ne vomat, videto, verum ut alvus subducatur. Infuse igitur per clysterem calido, et perquam pingui, quam cilissime utitor, perunctumque in calidam, quam plurimam, in solio coUocatum, calida seusini affusa, demittito. Et si, cum calefactus fuerit, alvus subducatur, morbus solutus est. Huic etiani dormire conl'ert, et vinura tenue, velus, ac meracius biliere. Oleura quoque exhibeto, ut quiescat, et alvus subeat, ac solvilur morbus. Acibis atque omnibus aliis abstineat. Quod si dolor minime remiserit, lac asininum, donec purgatus fuerit, propinato. At si alvus liquida fuerit, et bilis subducatur, toi-minaque vexent, vomitiones et suft'ocationcs. iis optimum est quiescere, aquam mulsam bibere, ac minime vomerc.
vomir. Aujourd'hui on tend à abandonner ces médications violentes, et grâce à la dosimétrie, elles disparaîtront entièrement.
Les moyens indiqués par Hippocrate, contre l'anfarctus intestinal, sont rationnels, c'est-à-dire qu'après avoir évacué par le bas, il faut tonifier par le haut. Quant aux coliques et aux vomissements, on les calme, comme par enchantement, par de l'hyosciamine et de la strychnine. (Voir Faits pratiques.)