PRONOSTICS DE LA THERMOTHESIE
Lorsque au froid extérieur se joint la chaleur intérieure, c'est un mauvais signe. Le meilleur est une chaleur douce et une souplesse de tout le corps (1).
La thermothésie joue, aujourd'hui, un rôle important dans le diagnostic, depuis que Wundeiiich, dans un ouvrage célèbre, en a déterminé les lois. Avant lui, la question de la chaleur animale n'était traitée que grosso )nodo, et on s'était même trompé sur la source du calorique en la plaçant dans le système artériel, tandis que réellement, c'est dans le système veineux qu'elle se développe pour se répandre de là dans l'économie entière, après avoir été ventilée dans les poumons. C'est donc le renversement de la doctrine de Lavoisier au profit des anciens, qui considéraient le foie comme la source du sang et des humeurs.
Hippocrate n'a pu s'occuper que de la répartition plus ou moins égale de la chaleur dans le corps. Le retrait du calorique vers l'intérieur est un mauvais signe : on l'a vu dans le choléra asiatique, que probablement Hippoci'ate a pu observer, s'étant trouvé, dans ses voyages, sur la route de l'Inde, la seule alors connue. Ce n'est donc pas lui qui eût brûlé à l'intérieur le corps pour ramener la chaleur à sa surface. A l'époque des épidémies cholériques, nous avons vu les « princes de la science " à l'œuvre, les uns donnant l'ammoniaque, les autres les huiles essentielles au point de brûler tout le tégument digestif. Les malades n'en mouraient que plus vite; ou s'ils échappaient à la fois au mal et au remède, c'était pour garder toute leur vie une entérite. On nommait cela traiter selon l'art : secundum artem; or, chaque médecin avait un précepte à lui, et l'un se croyait supérieur à l'autre. C'est cette anarchie que la dosimétrieest venue détruire, en suivant le précepte d'Hippocrate : Primo non nocere.
(1) Caput autem, et manus, et pedes frigere, ventre et lateribus calentibus, malum denuntiat. — At corpus totum œqualiter calidum esse, ao molle, optimum.