PRONOSTICS CONCERNANT LA CONTRACTION DES BOURSES ET DE LA VERGE
La contraction des bourses et de la verge dénote de violentes douleurs et danger de mort (2).
un
Ceci s'observe particulièrement dans la colique néphrétique et peut s'expliquer anatomiquement. Le plexus spermatique qui nait du plexus rénal, descend le long des artères spermatiques, jusque dans le bassin, où il se renforce par quelques filets provenant du plexus hypogastrique et remonte le long des conduits déférents. Souvent on trouve de petits renflements ou ganglions dans son intérieur. Dans le canal inguinal, le plexus spermatique s'anastomose avec le nerf honteux externe, l'inguinal supé7neur ou t ilio-scrotal du plexus lombaire ; après quoi, il gagne le testicule et l'épididjme dans lesquels il se consume. Ainsi s'explique la rétraction testiculaire dans la colique néphrétique. Hippocrate, sans être au courant de l'anatomie, avait donc bien observé.
Et à ce sujet, nous ferons observer que, sans être un luxe inutile, l'anatomie n'est pas aussi essentielle pour la médecine que pour la chirurgie : où en seraient la plupart des médecins, si pour exercer leur art, ils devaient être parfaits anatomistes? C'est sous ce rapport, surtout, que nous devons admirer Hippocrate, c'est-à-dire d'avoir été profond médecin; son attention n'étant pas distraite, il a pu la concentrer sur les sj'mptômes et les pronostics.
(1) Prseter gravitatem vero, si ungues et digiti livescant, mors confestim exspectanda est.
(2) Testes autem et pudenrta, ubi sursum contrahuntnr, véhémentes dolores, et mortis periculum denuDtiant.
Les déjections les meilleures sont celles qui ont une certaine consistance, sans être dures; et qui se font aux mêmes heures que dans l'état de santé. La quantité doit être proportionnelle à celle des aliments. De telles déjections sont un signe du bon état du ventre. Si les déjections sont liquides, il est bon qu'elles soient sans vents ; qu'on aille peu et pas souvent. Les selles fréquentes fatiguent les malades et leur font perdre le sommeil. Or, si elles sont copieuses et fréquentes, il est à craindre qu'il survienne des faiblesses. Suivant la quantité d'aliments, il faut aller à la selle deux à trois fois par jour, une fois le soir ; plus abondamment le matin, cela dépend del'habitude. Lorsque les maladies approchent de leur résolution, les matières s'épaississent, leur couleur tire sur le jaune et l'odeur n'en est pas absolument mauvaise (1).
L'abondance et la fréquence des garde-robes devant être en proportion des aliments ingérés, il est de toute nécessité pour le malade, de bien régler son régime, ainsi que nous lavons vu dans le traité : « Du régime dans les maladies aiguës. " Cest faute de s'assurer de ce fait que tant de malades meurent. Lorsque nous étions chargé de l'enseignement de l'anatomie à l'Université de Gand, le garçon d'amphithéâtre, espèce de jocrisse de bon sens, nous faisait remarquer que le gros intestin de presque tous les cadavres, était littéralement gorgé de matières fécales, et il avait l'habitude de dire : « Encore un qu'on a laissé mourir! r, C'est qu'en effet les médecins traitants ne s'assurent pas par euxmêmes de l'état des garde-robes des malades alités. Les infirmiers ou les sœurs ne s'en embarrassent guère de leur côté, et quand le médecin leur demande si tel malade a été à selle, leur réponse est toujours affirmative.
Nous nous rappelons qu'étant élève, notre professeur de clinique, qui était un médecin de la vieille souche, appelait notre attention sur les déjections et y puisait matière d'utiles leçons. Le maréchal Bugeaud, dans ses campagnes d'Afrique, faisait tous les matins le tour du campement pour s'assurer par lui-même de l'état de santé de la troupe ; et quand il voyait ce qu'en terme de caserne on nomme des « sentinelles « de mauvaise nature, il amenait devant les officiers de santé et leur disait d'un
(1) Alvi dejectio opdina est, si mollis est, et cousistit, eoque tempore, q\io per sanitatem dejici solet, copia vero cihoi'um ingestornm rationi respondet ; talis euim exitus inloriorem alvum bene valere déclarai. — At liqviida alvi egestio ex usu est, si neqiie stridet, neque crebro, neque e\ brevibus intervallis excerniinr. Frequens enim desidendi labor .'p^Tum fatigat, eique iiisomuiam ndferl. — Quod si affatim, et sîepe dejicit, periculum est, ue animus deficiat.
ton brusque : ^ Qu'est-ce que c'est ça !» La santé des hommes tient à trop peu de choses et est trop précieuse pour qu'on ne se donne la peine de s'en assurer. Ce serait une erreur de croii'e que parce que le malade ne mange pas il n'a pas besoin d'aller à la garde-robe ; c'est, au contraire, dans ces conditions que le plus de matières échauffantes s'amassent dans l'intestin, comme le méconium chez le fœtus. On avait pu penser que ce dernier prenait sa nourriture dans les eaux amniotiques, mais le fait est anatomiquement impossible; c'est donc du foie et de sécrétions intestinales que viennent ces matières résiduelles.
Hippocrate dit avec raison que les fèces ne doivent pas avoir grande odeur ; elles n'en ont même pas du tout au-dessus du rectum. Ainsi, dans les anus lombaires que nous avons pratiqués, nous avons remarqué que les matières sortaient fraîches et émulsionnées pour peu qu'on eût la précaution de les évacuer à temps. C'est dans le réservoir du rectum que se dégagent les gaz odorants ou plutôt méphitiques, de sorte que l'Ecole de Salerne a pu dire avec raison qu'un grand nombre de maladies proviennent de vents retenus dans le ventre.
On cherche aujourd'hui les infiniment petits ou microbes pour expliquer les fièvres graves; il est plus certain que la cause invoquée par l'Ecole de Salerne y est pour une grande part.
Les purgatifs, à moins d'indications spéciales, sont dangereux et d'ailleurs, n'ont qu'un effet momentané suivi de resserrement du ventre ; le mieux est donc de procéder à un lavage journalier, ou du moins une ou deux fois par semaine, du canal intestinal par le Sedlitz Chanteaud qui n'irrite point et provoque le mouvement péristaltique sur tout le parcours de l'intestin. S'il y a torpeur ou spasme, on recourra à l'huile de ricin avec 1 granule de sulfate de strychnine et 1 granule d'hyosciamine, afin de régulariser le cours du ventre.