DE LA SIXIEME ESPECE DE FLUXION
Si la fluxion va aux vertèbres et aux chairs, cela produit une espèce particulière d'hydropisie que l'on reconnaît à ce que la partie antérieure de la tête, le nez, les yeux, ne sont pas œdématiés ; la vue se trouble ; les yeux, restant secs, prennent une couleur verte, ainsi que le reste du corps. Les humeurs ne sortent point, quoiqu'elles se précipitent en abondance de la tête, à travers les chairs, vers le derrière, s'éloi^ant de la partie antérieure qui demeure sèche, tandis que la postérieure en est inondée. Les humeurs tendent à l'intérieur, non à l'extérieur, et elles ne se font point d'issue par le nez. Le corps devient plus ferme dans ses parties extérieures que dans les intérieures. Les pores des premières se resserrent ; elles se rapprochent mutuellement les unes des autres, et opposent une résistance, telle que la fluxion ne peut s'y procurer aucun passage ; mais, à l'intérieur, tout s'élargit ; k-s parties solides s'amincissent, et la fluxion, qui vient d'en haut, n'éprouvant de leur part que de légers obstacles, remplit les chairs d'humidités. Celle que fournissent les aliments s'y corrompt dans son mélange avec des humeurs impures qui viennent de la tête, de sorte que le corps ne prend qu'une mauvaise nourriture. Les chairs donc imbibées d'humeurs, et ne recevant que des aquosités, en regorgent (1).
Hippocrate parle ici de l'hydrocéphalie et de l'hydrorachis chroniques ; et certes, on ne peut mieux les caractériser que par la sécheresse des extrémités et par l'augmentation du volume de la tête.
Il y a en même temps engorgement du ventre ou tabès mésentérique, c'est-à-dire obstruction des ganglions du mésentère.