TRAITEMENT DE LA PREMIERE ESPECE DE FLUXION
Quand la fluxion se jette sur le nez, qui se remplit d'humeurs épaisses, il faut les atténuer, soit par des fumigations, soit par d'autres remèdes, et ne point les détourner ailleurs ; si vous les détournez, elles se porteront quelque autre part, où elles formeront une maladie plus grave (2).
Il s'agit ici du rhume de cerveau, expression qui a survécu de l'ancienne nomenclature, parce que du moment que le nez coule, le cerveau est soulagé. Il ne faut donc pas supprimer brusquement cet écoulement; ce serait évidemment substituer à un simple inconvénient une maladie souvent grave. Quand le rhume de cerveau s'accompagne de fièvre, il faut
(1) Quod si pariim defluxerit, coxariura morlnim et iliuturnos aiiiculorum affectus, facif, si fluere cessaverit. Nam cum exiguura si(, quod affluit, et uiidequaque a potentioribiis part-ibus depulsum, ad articules se recipit. Diuturni quoque articulorum affectus, et coxendicum raorbi, iis qui ab ejusmodi morbis couvaluerunt, continguut, quando. quod morbura facit, sanum evaserit, in came vero quid remanserit, cui cum neque intro denuo, neque foras exitus pateat, sed in cute tubei'culum creet, in ipso exitu confugit ad id, quod cedere potest, ai-liculos niniirum, et aut articulorum diuturnos affectus, aut coxendium morbum parit.
(2) Quod si nares intumuerint, et pituita eaque concreta rejileantur, ea ubi concreverit, aut fomentis, aut medicamentis extenuanda, rainiraeque avertenda est. Etenim si aversa alio feratur, omnino fluxio majorera morbum efficiet.
combattre cette dernière par raconitine et la vératrine , ou bien par l'hydro-ferro-cyanate de quinine quand il y a un élément intermittent enjeu. Le matin on a soin de prendre le SedlitzChanteaud, afin de rafraîchir le corps, toujours échautfé dans ces cas. On fera usage de boissons chaudes avec 2 ou 3 granules de digitaline pour agir sur la diurèse.
C'est un tort d'abandonner le rhume à lui-même, puisque alors il tombe sur la poitrine. Chez les personnes délicates, c'est quelquefois le commencement de la phthisie pulmonaire. On voit par là combien Hippocrate a eu raison d'insister sur les fluxions.