‹ Etudes sur Hippocrate au point de vue de la méthode dosimétriqueChapitre 84 sur 130 · TRAITEMENT DE LA QUATRIEME ESPECE DE FLUXION · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DE LA QUATRIEME ESPECE DE FLUXION

On soignera la pleurésie de la manière qui suit : Ne cherchez point à arrêter la fièvre avant le septième jour; ordonnez, pour boisson, ou de l'oxymel ou de l'oxjcrat. Il faut en donner copieusement, afin de faciliter le crachement en humectant. On fait prendre des remèdes chauds, propres à calmer la douleur et à favoriser l'expectoration. Le quatrième jour l'on met au bain; le cinquième et le sixième, on fait des onctions ; le huitième, on redonne le bain afin d'exciter la sueur, à moins que la fièvre ne soit prête à finir; le cinquième et le sixième, on use de plus des expectorants les plus actifs, jusqu'au huitième jour, quand la maladie va bien. Si la fièvre ne finit pas le septième jour, elle doit se terminer au neuvième, à moins qu'il ne

(I) Lateralis morbus siccus citra fluxionem oritur, cum ex vehementi siti puimo admodum resiceatus fuerit. Pulmo enim cum siccus existât, ubi ampli us, quam pro natura resiccatus fuerit, gracilis evadit, et impotens redditus, ad latus prae impotentia incliDatur, ipsumque contingit, eoque contacte, cum humidum existât, ei adhœrescit, et morbum lateralem facit. Tune vero dolor ad latus etjugulum oboritur, et febris, et album excreat. Hic multis potiouibus curaiidus est et lavandus, eique medicamentum, quod dolorem sedet, exhibendum, aliaque, quœ exscreationem faciunt. Hic iutra septimum diem convalescit, neque morbus periculosus est, neque cibos exhibere oportet.

survienne quelque autre signe fâcheux. Lorsque la fièvre a quitté, on donne des crèmes d'abord très-claires. Si le cours de ventre survient, et si le corps est vigoureux comme celui d'un jeune homme, on supprime la boisson. On donne les crèmes de froment quand la fièvre disparait. La péripneumonie se traite de même (1).

C'est, comme on voit, le'traitement de nos modernes expectants. Ils partent de ce numérisme : qu'on perd plus de pneumoniques par les saignées, que par la simple expectation. Ils se bornent donc aux soins diététiques, comme faisait Hippocrate, mais la question change aujourd'hui qu'on a des alcalo'ides défervescents. Ne pas lès employer serait un véritable homicide par omission.

TRAITEMENT DE LEMPYEME.

Dans le cas de l'empyème, on purge la tête avec des errhins qui ne soient pas forts, afin de détourner insensiblement la fluxion vers le nez, et l'on donne des aliments propres à lâcher le ventre. Quand la maladie est avancée et que les humeurs commencent à se détourner, on emploie des expectorants, tant en aliments qu'en remèdes, qui fondent et qui excitent la toux, pour faire expectorer. Les aliments doivent être un peu salés et gras; il faut choisir du vin qui ait du corps sans craindre d'exciter la toux où elle est utile. On traite les phthisiques de même, à la réserve qu'on ne donne pas autant d'aliments à la fois, ni d'épiceries, et qu'on les fait user de vin trempé, afin de ne pas échauffer le corps (qui est faible), par une trop grande quantité d'aliments et par du vin pur, capables chacun d'augmenter la chaleur qui excite l'affluence des humeurs (2).

(1) Lateralis morbi haec iustituenda curatio est. Febrem per septem dies ne sedato ; potione vero, aut aceto mulso, aut aceto et aqua utendum, eaque quam plurima offerenda, ut, quse inde contingit, madefactio, exscreationem faciat. Dolor medicamentis calefacientibus sedandus, et sorbitione exhibendum, quidquid exscreationem movere possit. Balneis eiiam quarto die utendum quinto autem et sexto oleo illineudum; septimo lavandum, nisi febris dimiserit, uti ex balneo sudor oboriatur. Quiuto insuper et sexto validissimis utendum exscreationem promoventibus medicamentis, que quam facillime septimura transigat diem. Quod si neque septimo die desierit, nono desiuet, nisi aliud quiddam periculum contingat. At ubi febris dimiserit, sorbitiones quam debilissimse offerantur. Si vero vacuatio oboriatur, si quidem corpus adhuc juvénile existât, potum subducito. Quod si febris decesserit, triliceis sorbitiouibus utitor. Eodemque modo pulmonis inflammationem curato.

(2) Suppuratis caput minime validis medicamentis purgandum, sed sensim ad nares avertendum, cibisque ventrem subducentibus utendum. Et ubi morbi principium non amplius fuerit, sed fluxus diverlilur, exscreatio promovenda, et tussis oicitanda, et tum medicamentis, quse infunduntur, tum cibis utendum. Cum autem exscreatio movenda est, pluribus etiam cibis, tum saisis, tum pinguibus, vinoque austero utendum, et cum hoc modo habuerit, tussis excitanda. Tabidos quin etiam, quoad reliqua curabis ad eumdem modum, praeterquam quod cibaria non multa simul exhibenda, neque opsouia plura, quam cibaria, et vino diluto iuter cibos, ne calefaciat, utendum, et in corpore deliili calorem exhil>eat, et utraque simul eodem tempore calofaciant, et calore muUam fluxionem iiiducant.

Ceci est encore de la bonne diététique, surtout quant à la précaution de ne pas laisser les malades s'aiFaiblir, mais de soutenir leurs forces par les analeptiques ; bien entendu que tout doit être subordonné à la fièvre. C'est une raison d'avoir recours aux alcaloïdes défervescents, notamment à la caféine (arséniate ou citrate) qui est un médicament compensateur, c'est-à-dire qu'il empêche la consomption. On calmera la toux et on favorisera l'expectoi'ation par la codéine et l'iodoforme.

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