CHAPITRE HUITIÈME
ORTUS MEDIC1NÆ.
Cet ouvrage fut publié en 1648, quatre ans après la mort de son auteur, par son fils François Mercure Van Helmont, à Amsterdam chez Louis Elzevir (in-4°), sous le litre de : « Ortus Medicinœ, id est , initia physicœ inaudita. Progressas medicinœ novus, in morbo rum ullionem ad vitam longam. Authore Joanne Baptista Van Helmont , toparchâ in Merode, Royenhorch, Oorschot, Pellines, etc., edente authoris Filio, Francisco Mercurio Van Helmont. »
Cette édition comprend 800 pages. Il en parut une seconde plus complète chez le même éditeur, en 1652; elle comprend 894 pages et se termine par une excellente table des matières, occupant 22 feuillets (î) Les éditions ne tardèrent pas à se succéder; (2). Au dire d’Eloy, « la meil- » leure de toutes ces éditions est celle d’Amsterdam (1652, in-4°, chez » Elzevir); celle de Venise est parsemée de différents morceaux, qui ne » sont point de la façon de l’auteur. On peut faire le même reproche aux » éditions allemandes (5). » M. Broeckx, dans son Essai sur l'histoire de la medecine belge, exprime la même opinion (4).
h' Ortus Medicinœ fut traduit et publié en anglais à Londres, en 1662, in-4°.
Il parut à Lyon, en 1670 (in-4°) une traduction française du même ouvrage, connue sous le titre de : Les Œuvres de Jean Baptiste Van
(1) Elle porte au-dessous du titre : Éditio nova, cumque locupletiori Rerum et Verborum Indice , pro ilia Venetiis nuper excusa , multarn partent adauctior reddita et exornatior.
(2) Venise, chez Juntas et Jean Jacques Hertz, 1651, in-folio; Lyon, 1655, in-folio; Leyde, 1667, in-folio; Lyon, chez Jean Anthenius Huguetan et Guillaume Barbier, 1667, in-folio; Francfort, chez Jean Juste Erythropile, 1682, in-4°; Copenhague, chez Jérôme Christophe Paulli, 1707, in-4°.
(3) Eloy. Dict. /iis. de la méd. anc. et mod. (Mons, Hoyois, 1778), t. II, p. 481.
(4) Broeckx. Essai sur l'histoire de la médecine belge avant le xixR siècle, p. 284.
Notice
bibliographique.
BIBLIOGRAPHIE DE J. B. VAN HELMONT
Helmont , traitant des principes de médecine et physique } pour la guérison assurée des maladies : de la traduction de 31. Jean Leconte, docteur -médecin (1). Cette traduction est très-incomplète et on y rencontre beaucoup d’inexactitudes.
M. Eloy parle encore d’une traduction hollandaise, qui aurait paru à Rotterdam en 1660 (in-4°); nous pensons qu’il fait allusion à l’édition du Dageraad, dont nous avons parlé plus haut. M. Broeckx ne signale pas de traduction flamande de l’ouvrage.
Dans l’étude que nous avons faite sur Van Helmont, nous nous sommes servi de l’édition publiée à Amsterdam en 1652, chez Louis Elzevir. Les citations que nous ferons se rapportent toutes à cette édition.
L ’Orlus 3fedicinœ renferme les ouvrages les plus importants de Yan Helmont; c’est l’œuvre complète de Fauteur, et comme telle, elle nous offre le plus grand intérêt. Il n’y manque en effet que les ouvrages que M. Broeckx a retrouvés et publiés récemment.
Peu s’en est fallu que YOrtusMedicinœ ne fût à jamais perdu pour nous. Yan Helmont dans un de ses accès de tristesse et d’abattement, mécontent de lui-même, résolut de livrer son œuvre aux flammes. Il en fut empêché par la profonde impression que produisit sur lui un rêve, qu’il nous rapporte dans les termes suivants : « J’aperçus un arbre d’une très-grande beauté, qui occupait presque toute l’étendue de l’horizon, et dont l’élévation et la circonférence me causèrent un profond étonnement. Cet arbre était couvert de fleurs innombrables, odorantes et parées des couleurs les plus agréables et les plus éclatantes. Plusieurs d’entre elles portaient des fruits par devant et des bourgeons par derrière. J’en ceuillis une et au même instant son odeur, sa couleur et sa forme s’évanouirent, tandis que l’esprit de cette vision m’était soudainement révélé (2).»
Van Helmont interpréta ce rêve de la manière suivante; il comprit que les dons de Dieu sont l’image des fleurs de cet arbre, beaux et pleins d’avenir, si on ne les sépare pas de la source de leur vie, et il se décida à ne pas détruire son ouvrage, qu’il compare au fruit qu’il faut laisser mûrir sur
(1) Lyon. 1670, chez J. A. Huguetan et Guillaume Barbier.
(2) Con/essio aut/i., 13, p. 13.
BIBLIOGRAPHIE DE J. B. YAN HELMONT
l’arbre de la science : Nimirum clona Dei singula, esse florum instar , et gloriosiora, qnam Salo??ion in suo throno : magnarum scilicel expec-
tationum, si in arbore remanserinl Donurn ergo Dei , decreveram
deinceps relinquere in sua arbore , nec quicquam mihi arrogare decerpendo (1).
L’ Ortus Medicinœ se divise en quatre parties :
La première partie est destinée surtout à faire connaître les doctrines philosophiques et scientifiques de Yan Helmont.
La deuxième a pour litre : Tractatus de morbis. Ce titre seul indique le sujet de cette partie.
La troisième, intitulée : Supplementum , est réservée au développement de quelques points de philosophie, indiqués dans les parties précédentes, et contient quelques chapitres de thérapeutique.
La quatrième partie est intitulée : Opuscula medica inaudita.
Les cinq premiers chapitres de 1 'Ortus Medicinœ sont destinés à nous faire connaître la vie et les travaux de Yan Helmont. Ils nous ont été trèsutiles, en nous permettant de faire l’histoire de la vie de l’auteur d’après des sources certaines.
Les chapitres qui suivent sont consacrés à des considérations philosophiques générales sur les sciences naturelles en général. Yan Helmont y rencontre à chaque page les doctrines d’Aristote et de Galien; il ne laisse passer aucune occasion de les réfuter. C’est dans cette partie qu’on le voit démolir pièce à pièce tout l’édifice si laborieusement construit sur les quatre éléments.
Le chapitre XXVI ( Blas Humanum) est extrêmement important au point de vue de la circulation sanguine et des modifications que le sang subit dans son parcours. Nous devons ici ranger Van Helmont au nombre des médecins qui furent les premiers à se rallier à l’immortelle décoaverte de la circulation du sang, proclamée en 1628 par William Harvey.
Les chapitres XXX et XXXI (Triplex Scholarum Digeslio, et Sextnplex digestio alimenti humani) résument parfaitement l’état de la science à cette époque sur les divers phénomènes de la digestion. Le cha-
(i) Loc. cit., 13 cl 14, p. 15.
GG
BIBLIOGRAPHIE DE J. B. VAN HELMONT
pitre XXXI est consacré à l’exposé de la théorie de Van Ilelmont sur cette importante question physiologique.
Le chapitre XXXVIII ( Cuslos Errans) est un de ceux qui intéressent le plus au point de vue de la médecine pratique; Van Ilelmont y commence la guerre contre la fameuse théorie des catarrhes, considérés comme causes palhogéniques. Nons développerons ses idées à ce sujet dans la partie qui concerne la pathologie spéciale.
Tous les chapitres suivants (XXXIX à LXVII) sont intéressants pour la médecine pratique à des degrés divers. Comme nous aurons l’occasion de revenir sur les points qui y sont traités, quand nous aborderons l’examen des idées pathologiques et thérapeutiques de l’auteur, nous n’insisterons pas beaucoup ici à leur sujet. Nous nous bornerons à appeler l’attention du lecteur sur quelques-uns d’entre eux.
Le chapitre XLV ( Scabies et Ulcéra Scholarum ) renferme sur la cause de la gale et sur la nature des ulcères des idées fort originales, et qui ont été depuis reprises par beaucoup d’auteurs. Van Helmont considérait la gale comme une maladie locale, contrairement aux idées généra» lement reçues à cette époque; et bien qu’il ne connût pas Yacarus scahiei, la postérité n’a fait que ratifier son opinion sur le caractère local de la gale.
11 traite de la nature de l’asthme et de la toux dans le chapitre LII [ Asthma et Tu-ssis ). Les observations qu’il y a réunies aux §§ 21-26, et ailleurs encore, sont la meilleure réponse que l’on puisse faire à ceux qui accusent Van Ilelmont de n’avoir été qu’un rêveur.
Le chapitre LIV ( Caulerium ) est consacré tout entier à la critique raisonnée de l’emploi thérapeutique des cautères.
Le Chapitre LVI [Pleura furens) contient l’histoire de la pleurésie et de Ta pleuro-pneumonie.
Dans le chapitre LIX ( Catharri deliramentd), l’auteur reprend le sujet qu’il avait traité accessoirement dans le chapitre XXXVIII, pour exposer les effets funestes des théories catarrhales; celles-ci, comme on sait, faisaient dépendre toutes les maladies d’une prétendue vapeur catarrhale
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qui, se dégageant de l’estomac, allait se condenser à la base du crâne, pour retomber de là sous forme de pluie muqueuse dans les divers organes et y déterminer les maladies.
Les chapitres LXI et LXI1 ( Pharmacopolium ac Dispensalorium modernorum et Potestas medicaminum ) sont consacrés à l’exposé de son système thérapeutique.
Le chapitre LXIV ( Ignotus Hospes morbus) est très-important au point de vue de la pathologie générale, comme on le verra plus loin dans celte partie de notre travail.
Le chapitre LXV ( Ignotus Hydrops ) est consacré tout entier à l’histoire de l’hydropisie symptomatique.
La deuxième partie de VOrtus Medicinœ , intitulée Tractatus de morbis, est entièrement consacrée à la pathologie interne et à la thérapeutique.
Les huit premiers chapitres nous font connaître d’une manière précise les opinions de Yan Helmont sur la nature et le processus de la maladie en général.
Dans le cinquième chapitre [De morbis Archealibus), Yan Helmont décrit la classe de maladies qui dépendent directement de l’archée; et dans le neuvième chapitre [Morhorum Phalanx et Divisio), il expose la classification qu’il admet pour toutes les autres maladies, en prenant pour point de départ la considération de la cause occasionnelle.
Les chapitres suivants sont consacrés à la description de chacun des grands groupes morbides, que Yan Helmont a déterminés.
Les quatre derniers chapitres sont remplis de dissertations philosophiques, qui n’offrent pas un grand intérêt au point de vue de la médecine.
La troisième partie de YOrlus Medicinœ commence par l’opuscule que Van Helmont publia en 1624 sur les eaux de Spa. Nous en avons plus haut fait connaître le résumé.
Les autres chapitres sont pour la plupart relatifs à des sujets de physio-
Deuxième