‹ Etudes sur J. B. Van HelmontChapitre 16 sur 116 · TUMULUS PESTIS · texte numérisé non relu

TUMULUS PESTIS

Publié, en 1644, chez Kalecoen, à Cologne, ce Traité se trouva reproduit plus tard dans Y Or lus Medicinœ. Cet ouvrage est le résultat des observations que Van Helmont avait faites pendant la terrible épidémie de peste, qui ravagea la Belgique ainsi que l’Europe entière vers le milieu du dixseptième siècle.

Comme dans tous ses autres ouvrages, Van Helmont ne se borne pâs dans son Tumulus Peslis à traiter de la peste ; il y a discuté d’autres questions de pathologie; nous citerons entre autres la lèpre, à l’histoire de laquelle il consacre un passage dans le chapitre a labenostra immune , ut et innocuum cœlum (1).

Les premiers chapitres de cet ouvrage sont relatifs à l’exposition critique des doctrines admises jusqu’alors sur la nature de la peste. Comme dans toutes les autres maladies épidémiques, les astres jouaient dans la production de la peste un rôle très-important, que Van Helmont a prouvé être tout à fait illusoire. C’est à l’exposition de ces opinions qu’est spécialement réservé le chapitre intitulé : A labe noslra immune, ut et innocuum coelum (2).

(1) Tum. Pestis , p. 844.

(2) Loc, cil., pp. 838 à 844.

BIBLIOGRAPHIE DE J. B. VAN HELMONT

Dans le chapitre suivant : Pèregrina Lues nova (1), Van Helmont examine les diverses opinions émises sur la naissance de la peste; il s’attache surtout, comme dans les chapitres précédents, à prouver que le nombre des maladies a augmenté depuis le commencement du monde.

Le chapitre : Opiniones Veterumfe) est, comme l’avant dernier, consacré à l’exposition des théories produites sur la nature de la peste. Il en est de même du chapitre : Conjuncta causa Veterum (3).

Van Helmont expose son opinion sur la nature du fléau dans le chapitre : Prœparata sedes (4). Pour lui, cette maladie est due comme toutes les autres à deux causes : une cause matérielle et une cause efficiente interne. Celle-ci n’est autre que l’archée. Scilicet in natura, duas saltem esse , necplures causas : materiam nimirum , et efficienlem , quant in Peste Archeum , Vulcanum, sive semen appello (5).

Quant à la matière pestilentielle, elle n’est autre qu’un esprit sylvestre vénéneux : materia ergo Pestis, sylvester spiritus,veneno tinctus (6). Cette matière a trois sources différentes : elle se dégage du corps vivant ou du cadavre des pestiférés ; ou bien , il se produit au sein des terres marécageuses un gaz, qui pénètre dans l’économie, pour y acquérir peu à peu les propriétés nuisibles du gaz pestilentiel ; enfin , dans certains cas, elle se produit dans notre corps lui-même, absque externo adjulorio conficiiur(i). Ce poison pestilentiel est un corps tout à fait étranger à notre économie; comme tel il ne peut la pénétrer et y exercer ses effets, qu’après avoir agi sur l’archée, qu’il excite à la défense. ( Venenum) nondum tamen adhuc potest ad occulta vitalium seminaria ingredi, vel admitii (quia est toto sui esse, externum), quin prius venetiosa qualitas, agendo in vitam , suscitet Archeum (omnium alioquin agendorum sub suo imperio ,author atque opifex ) in sui defensionem (s).

(1) Loc. cit., pp. 844 à 848.

(3) Loc. cit., p. 850.

(4) Loc. cit., p.832.

(5) Loc. cit., p. 832.

(6) Loc. cit., p. 832.

(7) Loc. cit., p. 832.

(s) Loc. cit., p. 835.

BIBLIOGRAPHIE DE J. B. YAN HELMONT

L’archée indigné crée une image de son trouble morbide et l’imprime sur une partie de sa propre substance. La peste n’est donc pas une simple qualité, un état particulier de l’économie : mais un être réel, un virus naturel existant en nous. Pestis est ens, nalurœ virus per se subsistens in nobis, constansque matériel , forma ac proprietatibus suis (i). Nous verrons plus loin la signification qu’il faut donner à ces paroles de Yan Helmont.

Quant à l’origine du poison, qui envenime le gaz sylvestre et le rend pestilentiel, Van Helmont le croit dû à une vive terreur et en localise la production à l’hypochondre, où se perçoit la première conception de la terreur. Docebo enimmox, peste m essevenenum terroris : ideôque notavi, sedem ejus^sive nidum primitivum, esse inHypochondris; ubi vide lice t prima terroris humani est conceptio, sive perturbationibus externis, seu démuni sponte conceptorum motibus, contingat (2).

L’anthrax, le bubon, les eschares ne sont que des produits de la peste et non sa materia primitiva.

Dans les pages suivantes, Van Helmont recherche les conditions les plus favorables au développement de la peste, dont il décrit les symptômes dans les chapitres : Proprietas Pestis (5) et Signa (4).

Les mesures prophylactiques, utiles à observer, sont indiquées dans le chapitre Prœservatio (5).

Les derniers chapitres (Zenexlon (e) et Hippocrates redivivus (7)) sont réservés à la thérapeutique de cette affection.

Nous ne nous étendrons pas davantage sur ces points, qui n’offrent par eux-mêmes qu’un médiocre intérêt pratique; leur importance réside tout entière dans les principes, qui les ont fait naître, et nous aurons l’occasion de faire connaître, dans la partie consacrée à l’exposé de la pathologie de

(1) Loc. oit., p. 833,

(2) Loc. cit., p, 8o3.

BIBLIOGRAPHIE DE J. B. YAN HELMONT. 05

Yan Ilelmont, les principes généraux de palhogénie qu’il admet et les applications de ces principes aux maladies les plus importantes pour la clinique.

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