CHAPITRE ONZIÈME
EISAGOGE IN ARTEM MED ICAM A PARACELSO RESTITUTAM.
C’est encore au zèle infatigable de M. Broeckx que nous devons de posséder cet ouvrage. Il le publia en 1854 dans les Annales de l'Académie d'archéologie de Belgique (2).
L’ouvrage a été composé en 1607 ; Van Helmont avait alors 50 ans; il revenait des voyages qu’il avait entrepris dans les diverses contrées de l’Europe. C’est le premier travail que nous connaissions de lui ; il est à ce seul point de vue déjà très-curieux à consulter; il est consacré en grande partie à démontrer l’insuffisance des doctrines de Galien : Cui quœso, Galenicœ medicinœ facilitas erroris suspicionem non induxerit? (3). Et ailleurs encore : Ægrotorumjnon Grœcoram servi sumus, quibus medicinam creavil Altissimus, et creatam noslris laborihus ac induslriœ commisit (4). — Au point de vue de cette critique, il est inférieur cependant à la Scholarum humoristarum pass. deceptio, que Van Helmont composa plus tard; cela n’est pas étonnant, puisqu’il a rédigé ce dernier ouvrage à la fin de sa vie, alors qu’une longue expérience avait mûri les idées du médecin.
(1) Loc. cit., p. 13.
(2) Anvers, Buschmann, 1834, broch. in-8°de 147 pages.
(3) Loc , cit., p. 118.
(4) Loc. cit., p. 27.
BIBLIOGRAPHIE DE J. B. VAN HELMONT
h’Eisagoge comprend quinze chapitres et un épilogue. Les neuf premiers chapitres sont plus spécialement consacrés à l’exposition de notions générales sur les êtres organisés ; ces notions sont cependant entremêlées de nombreux documents, concernant exclusivement la médecine; nous pourrions citer ici l’histoire de la gale qu’il donne à la page 28, etc. Nous tirerons parti de ce travail, quand nous nous occuperons de Van Helmont non plus exclusivement au point de vue de la médecine proprement dite, mais au point de vue des travaux scientifiques qu’il a publiés.
Les cinq derniers chapitres intéressent seuls le médecin praticien ; ils sont très-utiles à consulter, car ils nous montrent Van Helmont, alors qu’il était encore complètement sous l’influence de Paracelse. Aussi cette production diffère-t-elle en quelques points de XOrtus Medicinœ ; mais comme les sujets que Van Helmont y aborde sont exposés d’une manière plus complète et plus claire dans ce dernier ouvrage, c’est à celui-ci que nous nous en sommes tenu pour étudier et critiquer la doctrine du médecin bruxellois.
L’authenticité des trois travaux publiés par M. Broeckx ne nous paraît pas pouvoir être révoquée en doute.