‹ Etudes sur J. B. Van HelmontChapitre 67 sur 116 · IL OPINION DE VAN HELMONT · texte numérisé non relu

IL OPINION DE VAN HELMONT

Yan Helmont eut à soutenir de puissantes luttes pour défendre l’opinion qu’il professait et qui ne lui permettait pas de reconnaître le foie comme cause constante de l’hydropisie (4). Convaincu que les Écoles se faisaient une fausse idée de la nature de cette affection, il se livrait avec ardeur à la dissection des cadavres des hydropiques, dans l’espoir de trouver par ces

(1) lgnot. Hydr., 3, p. 407.

(2) Loc. cit., 5, p. 407.

(3) Loc. cit., 21, p. 412.

(4) Loc. cil., 15, p. 407.

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recherches la solution de la question qui le préoccupait. Dans un grand nombre de cas, il ne constata pas la moindre trace de maladie du foie : il en rapporte de nombreux exemples dans son chapitre Ignotus Hydrops{i).

Dans d’autres cas, la paracenthèse abdominale a suffi pour guérir beaucoup de ces malades; ce qui ne pourrait être, dit-il, si l’hydropisie provenait toujours d’une affection hépatique.

Il objecte encore qu’il a vu plus de deux mille hydropiques revenus à la santé, et ajoute qu’il n’aurait pas été capable de les guérir si le foie avait été atteint même légèrement. D’autre part, il a observé un grand nombre de maladies du foie sans hydropisie.

Après avoir discuté et démoli toutes les propositions sur lesquelles les Ecoles basaient leurs théories, Van Helmont examine l’influence que les maladies rénales peuvent exercer sur l’hydropisie. Pendant l’hydropisie, la sécrétion urinaire est notablement diminuée. Si l’on excite cette sécrétion, à mesure que la quantité d’urine expulsée augmente, on voit diminuer le volume du ventre.

Van Helmont croit, d’après ces faits, pouvoir rapporter la production de l’hydropisie à l’état des reins. Ce n’est pas cependant l’obstacle même à l’accomplissement intégral de la fonction rénale, qui est la cause de l’hydropisie; cet obstacle amène à sa suite une gêne dans la circulation du sang; il se forme un épanchement de sérosité du sang. Cette sérosité épanchée,stagnante donnenaissanceà un ferment, 1 q fermentum excitativum de l’archée rénal. Dès ce moment l’hydropisie existe. Il s’ensuit que l'épanchement de sérosité observé dans l’ascite et dans l’anasarque, ne constitue pas l’hydropisie dans sa nature essentielle ; il n’en est qu’un effet.

Cette opinion est diamétralement opposée à celle des Écoles : pour elles l’hydropisie ne consiste que dans la sérosité épanchée; selon Van Helmont, celle-ci n’est qu’une conséquence, un effet nécessaire d’une affection siégeant ailleurs.

Il y a dans le liquide de l’hydropisie trois éléments différents à considérer : 1) le sérum du sang; 2) l’eau; 5) une substance née dans le rein :

in internis vitalibus principiis Archei renum.

(i )Ignot. Hydr.: 11, p. 408.

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C’est dans les reins que l’hydropisie prend naissance; la cavité péritonéale ne sert que comme réservoir où le rein envoie le liquide, produit de la maladie. La cause immédiate de l’hydropisie est l’archée du rein. Quand «ne cause occasionnelle quelconque a excité sa fureur, il forme une idée morbide qu’il entretient et en vertu de laquelle il y a suspension ou diminution considérable de la sécrétion urinaire. Mais l’archée frappé par son idée, ne se borne pas à négliger sa fonction; il chasse te sang vers l’abdomen où se produit un épanchement de sérosité.

Il y a suppression complète d’urine chez ceux dont les reins sont oblitérés par des calculs; cependant la mort arrive sans qu’il y ait eu hydropisie. Celâ n’a rien d’extraordinaire. Car ici le rein peut remplir sa fonction, et en effet il cherche à la remplir; tandis que dans les cas d’hydropisie, il est ert état de la remplir et ne véut pas le faire : Quibus

uterque Renmn obstijmtur à Calculo , Ren se exonerare intendit :

sed non potesL In Hydrope verô valet : sed non intendit se exonerare . In Hydrope ergo fur or virulentus est Archet : non item in obstructione à calculo (»).

Van Helmont insiste beaucoup sur ce point capital que, dans l’hydropisie, l’action du rein n’est pas arrêtée par un obstacle mécanique, comme c’est le cas dans l’obstruction calculeuse; si le rein ne fonctionne pas, c’est par suite du trouble de son archée; il arrive même que le malade succombe, sans qu a l’aulopsie on trouve aucune lésion rénale (2).

Ce qu’il y a de remarquable dans ces cas, c’est que lorsqu’un des reins est ainsi fonctionnellement troublé, le trouble atteint toujours en même temps le second.

Pour que l’hydropisie se produise, il ne suffit pas que le rein ne remplisse pas sa fonction; il faut encore qu’il envoie la sérosité du sang dams le péritoine et qu’il existe une forte contraction des pores du péritoine, âfift que le liquide épanché ne transpire pas de ce côté. Requirit âutém Hydropis essentia , ut nedum Ren negligat laticis separationem , claudatque seram urinœ ; verum insuper necesse est, ut simul etiam

(1) Ignnt. Hydr., 22, p. 412.

(2) Loc. rit., 22, p. 412.

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laticem ad loca abdominis dimittat, imo et poros membranarum arctè claudat, ne sciiicet quippiam laticis aut ventormn transpiret ac erumpat (i).

Après s’être longuement étendu sur le double caractère de l’hydropisie, en vertu duquel un liquide abondant est sécrété dans le sac péritonéal, en même temps que l’absorption du péritoine est considérablement diminuée, Van Ilelmont résume son opinion sur la nature de l’hydropisie dans les lignes suivantes, qui renferment la définition de la maladie comme il la comprend : l’hydropisie est une maladie qui trouve son point de départ dans une dépravation du sang à la suite d’une idea indignationis, imprimée par l’archée au rein. Sous l’influence de celte idée d’indignation, il y a obstacle au cours du sang dans le rein; lé sang subit des altérations qui permettent à sa partie liquide de s’épancher dans la cavité péritonéale ; d’autre part, le péritoine voit considérablement diminuer sa puissance d’absorption (2).

On voit par cette définition que Van Ilelmont exclut la tympanite de la catégorie des hydropisies; il insiste même longuement sur ce point dans un autre passage. Pour lui, la production des gaz dans la tympanite est due à l’action de l’estomac. Il prend pour point de départ de cette démonstration l’axiome admis par les Écoles : Quod ejusdem sit facultatis, actio sana et infirma (5). Or, puisque l’estomac et les intestins sécrètent des gaz à l’état de santé, on doit admettre qu’ils jouissent de celte même propriété dans l’état de maladie. D’autre part, la sécrétion des gaz n’est pas limitée à la surface concave des intestins ; leur surface convexe jouit aussi de celte faculté sécrétante, et c’est à cette propriété que l’on doit attribuer la production des cas de tympanite. Elle serait due dans les cas pathologiques à une irritation de l’archée local, qui transforme en gaz l’aliment propre du péritoine : Ipse Archeus loci indignatus.... vertit.... proprium membranarum aliment um in flatus (4).

(1) Ignot. Hydr., 22, p. 412.

(2) Loc. cil., 42, p. 41G.

(3) Loc. cil., A3, p. 416.

(4) Loc. cil., 43, p. 416.

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