‹ Etudes sur J. B. Van HelmontChapitre 66 sur 116 · I. OPINIONS ADMISES AVANT VAN HELMONT · texte numérisé non relu

I. OPINIONS ADMISES AVANT VAN HELMONT

Il en était de l’hydropisie comme de toutes les autres maladies ; sa nature était complètement méconnue par les galénistes des Écoles; ils professaient même à ce sujet des idées si étranges, que l’on ne comprend pas aujourd’hui qu’elles n’aient pas été réfutées avant le xvne siècle.

Les Écoles admettaient trois espèces d’hydropisie :

1) Yanasarque ou aqua inlercus (hydropisie entre chair et peau) ou leucophlegmasie ;

2) Y ascite, qui se manifeste d’abord dans le ventre, pour se porter ensuite aux membres inférieurs ;

5) la tympanite ou hydropisie gazeuse ( ventosus hydrops), que l’on ne trouve que dans le ventre.

Les Écoles distinguaient facilement la tympanite de l’anasarque et de l’ascite. Mais il n’en était pas de même quant à ces deux dernières : elles pouvaient à peine différencier ces deux états morbides par leurs causes et

(1) Pleur .fur., 32, p. 322.

(2 ) Loc. cit. , 32, p. 322.

PATHOLOGIE SPÉCIALE DE J. B. VAN HELMONT. 159

leur siège; cependant elles en faisaient deux classes séparées. Ils débutaient tous deux, disaient-elles, par de l’oedème autour des malléoles. Si l’œdème s’étendait jusqu’au ventre, il prenait alors le nom d’ascite. Elles ne distinguaient donc l’ascite de l’anasarque que comme des degrés d’une même maladie. Elles rapportaient au foie la cause première de ces deux états morbides.

Van Helmont n’admet pas cette manière de voir; il est vrai que le foie peut, dans certains cas, être le point de départ d’une hydropisie ; mais celle-ci ne se produirait pas si les reins fonctionnaient suffisamment bien. Adeoque non peccat hepar, generando urinam [quippe quœ est constitutionis nalurœ noslrœ productum natiirale), quantum renes peccant, non emulgendo eam (i). Aussi, selon lui, le vice capital paraît-il résider dans le rein plutôt que dans le foie. Quapropter vilium potius inRene mihi subsislere visum, quàm in hepate (2).

Les Écoles croyaient que le liquide de l’hydropisie n’est autre que le sérum du sang ou la pituite transformée en urine inaudito hactenus modo. Mais, en admettant cette opinion, elles assimilaient le sérum du sang à l’urine; ce qui n’est pas plus exact que si l’on disait que l’aliment est de la matière fécale, en se fondant sur ce qu’il donne naissance à celle-ci.

Paracelse croyait que l’hydropisie est due à l’influence de l’étoile Zédo. L’étoile, d’après lui, transforme le sang en mucilage et celui-ci en eau (3).

Page 1