II. OPINION DE VAN HELMONT
Yan Helmont rejette ici, comme pour les autres maladies, la doctrine du catarrhe et en démontre l’inadmissibilité. Pour lui, la goutte est due au
(1) Ignot. Hydr., 40, p. 416.
(2) V ol. viv. morb. antiq. putat., 8, p. 31 2.
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transport morbide de l’acide normal de l’estomac dans la synovie on séminale gluten (i). L’acide normal de l’estomac a pour fonction de faciliter la digestion des aliments; mais qyand il se rencontre ailleurs que dans l’estomac, il est le signe d’un état morbide, et de plus agit lui-même comme cause morbifique. En effet, quand par erreur fonctionnelle ou excès de production — deux états déterminés par l’influence de l’archée — cet acide ne remplit pas sa fonction, il infecte l’arçhée lui-même ; dès ce moment l’arthrilis est conçu. L’archée, irrité par la réaction acide qu’il a déterminée dans l’économie et qui agit sur lui comme un corps étranger, excite une fièvre modérée qui revient tous les jours; c’est par l’influence et l’action de cette fièvre que la maladie se manifeste dans les articulations (2). Il se produit bientôt des douleurs assez sourdes d’abord, mais qui ne tardent pas à s’exaspérer. Les articulations douloureuses se tuméfient et la maladie est développée dans toute sa puissance. Par les progrès de la maladie la synovie se coagule et devient incapable de remplir encore sa fonction. Il se forme ainsi un produit de dégénération, infelix nodoram mater (3).
Nous venons de dire que l’acidité se manifeste de préférence aux articulations. Mais dans le cours de la maladie, elle atteint aussi d’autres organes : Ubi morbas vires acquisivit eundo, et natura suas amisit (4).
Quand elle s’attache aux aliments ou aux boissons, il en résulte des coliques et des névralgies intestinales goutteuses. Dans quelques circonstances, elle favorise le développement de l’épilepsie; dans d’autres cas, elle donne lieu à des vertiges auxquels succède parfois l’apoplexie (s).
L’arlhritis est une maladie qui, lorsqu’elle s’est déclarée chez un sujet, reste le compagnon fidèle de toute sa vie pour se transmettre même à ses descendants. Elle peut attendre pendant de longues années cet état de
(1) A sede animœ ad morbos, 9, p. 233.
(2) Confïrm,. morb. sedes in auim. sensit., 13, p. 451; el roi. vio. mot'b. antiq. putat., 14,. p. 514.
(3) Fol. vio. morb. antiq. put., 21, p. 514.
(4) Loc. vit 17, p. 31 i.
(5) A sede anim. ad morb., 1 1 , p. 236.
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maturité qui lui permet de se manifester; sous ce rapport même la maladie qui nous occupe est intéressante à étudier, Ainsi elle reste parfois à l’état latent pendant plus de trente ans. Il y a plus : on voit des personnes, n’ayant jamais eu d’atteinte d’arthritis, avoir des enfants arthritiques et n’offrir elles-mêmes les*symplômes de cette maladie qu’un an après la naissance de leur enfant. Dans ce cas spécial on voit donc l’affection latente chez le père se produire chez l’enfant ante seminis sui justam înaturitalem : comme si la nature humaine pouvait elle-même produire l’arlhritis.
Cette union si intime de l’organisme et du caractère arthritique qui résiste aux transformations que subit l’économie pendant un laps de temps assez long, parfois de nombreuses années, est pour Yan Helmont la preuve la plus frappante que le principe cause de l’arthrilis est combiné avec l’esprit vital lui-même, eundem spirilui vitali eopulari (î). C’est dans la semence de l’être qu’il faut chercher l’empreinte et le germe de l’arthrilis et ce germe y reste à l’état latent, jusqu’à ce que par l’action de circonstances favorables il y acquiert sa maturité complète : est ergo Podagrœ character in semine , tanquam vita prima , cum determinalione silenlii, ut dormiat nsqiîe in paroxysmum primum, velut hirundo toia hyeme (2).
Le germe de l’hérédité goutteuse transmis par la semence, réside dans les parties essentielles de l’organisme humain, c’est-à-dire dans l’archée qui siège à l’estomac. Toutefois, il n’est pas conservé dans les plis et dans les rugosités de la muqueuse gastrique ; mais il fait partie de l’archée vital lui-même (3).
Yan Helmont trouve encore une preuve de la vérité de son opinion ^ans la manière dont se manifeste la maladie. Quand elle atteint une articulation d’un des doigts, la lésion a beau n’être visible qu’à cette seule articulation, ce n’est pas là seulement que siège l’arthritis; aussi l’amputation du doigt malade ne guérit-elle pas la maladie.
(1) Vol. viv. tnorb. antiq. putat., 10, p. 313.
(2) Loc. cit., 8, p. 313.
(3) A sede anim. ad morb., 10 cl 11, p. 236.
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L’arlhritis est toujours de même nature, qu’il soit le produit de l’hérédité ou l’effet du régime suivi par le malade (1). Il importe peu aussi quant à sa nature qu’il soit accompagné de violentes douleurs ou qu’il se manifeste avec des caractères moins aigus. Ce ne sont que des degrés différents d’une seule et même maladie (2).
L’apparition de l’arthritis est hâtée par l’action de toutes les substances qui augmentent l’acidité de l’esprit vital : telles sont le vin blanc, les acides, les asperges, etc. Le même effet est produit par les substances qui empêchent la diminution de l’acidité de l’esprit vital (3). Les émotions morales vives déterminent souvent un accès de goutte. Ainsi Yan Helmont en a vu produits par une crainte extrême de la mort (4).
Le médecin flamand résumant son opinion, dit que l’arlhritisne réside ni dans le sang, ni dans des excréments; mais que cette maladie est due à un caractère morbide séminal de l’esprit vital; ce germe morbide à sa maturité développe un acide qui excite les manifestations de la maladie (5).