III. TRAITEMENT
Traitement Traitement antérieur à Van Helmont. — L’ignorance de la nature de
Van Helmont *ll^'ase eut Pour effet de créer une mauvaise thérapeutique. Tous les efforts des Écoles tendaient à débarrasser l’économie du gravier accumulé.
(1) De Lit/i., \ I, I il 0, p. 088.
(2) Loc. 10., p. 090.
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Elles ne songeaient pas qu’après l’expulsion du calcul, elles n’ont porté remède qu’à un symptôme. Elles se bornaient à faire avancer le calcul et à distendre les voies urinaires.
Comme elles attribuaient la formation du produit lithiasique à l’action de la chaleur animale sur l’urine, elles défendaient aux caleuleux de coucher sur le dos, position qui augmente la chaleur de la région lombaire (i).
Elles préfèrent, pour le même motif, la literie bourrée de laine à celle bourrée de plumes : nesciœ, quàd plumœ minus calefaciant , qnàm lana : ob minus accuratam aëris exclusionem (2).
Galien défendait de prendre des aliments riches en nerfs, en membranes, etc., de crainte que ces parties ne donnassent lieu à la formation de mucilage ou de pituite (3).
Une chose plus essentielle au point de vue pratique est l’ahstention du sel de cuisine. Les Écoles croyaient que l’emploi du sel de cuisine favorise la formation des calculs, et en proscrivaient l’usage chez tous les caleuleux.
Van Helmont a rendu un immense service à la médecine pratique en combattant cè préjugé pernicieux, cause de tant de maux (4).
Traitement de Van Helmont. — Selon le médecin flamand, il y a deux Traitement indications capitales à remplir dans le traitement de la lithiase : Van Helmont.
1) L’une consiste à mettre fin à la tendance morbide productrice du calcul ;
2) L’autre concerne l’expulsion du calcul formé.
Una nimirum, quœ inclinationem lollit, ac metum recidivœ. Altéra rero, quœ generatum demolialur Duelech (s).
Première indication. — Pour remplir la première de ces indications, Première Van Helmont recommande l’emploi de YAroph de Paracelse, c’est-à-dire ,nd,c‘a,onl’ Aroma philosophorum. Nous n’en connaissons pas la composition exacte.
Voici ce qu’en dit notre auteur : Prœparatum sub fimo, cum mixtura
(1) De Lith., V, 21, p. 687.
(2) Loc. cit., V, 22, p. 687..
(3) Loc. cit., V, 11, p. 686.
(a) Loc. cit., III, 30, p. 672.
(5) Loc. cit., VII, 6, p. 694.
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panis secalini, ac poslmodùm spiritu vini extractum (i). D’après Mohr, l’aroph ne sérail autre chose que le muriale de fer et d’ammoniaque (2).
Van Helmont a guéri par l’emploi de cet agent, prescrit deux fois parsemaine, un vieux baron qui souffrait de la gravelle; il mourut dix-huit ans plus tard, sans avoir ressenti de nouvelles atteintes de la maladie. L’auteur rapporte cette observation, choisie entre un très grand nombre de faits semblables, pour établir les bons effets de celte médication.
On a encore préconisé d’autres moyens pour guérir la lithiase : c’est ainsi que Van Helmont a vu des cas de guérison par l’emploi d’une décoction de semence de Daucnm dans la bière (5),
Le Ludus de Paracelse est encore un médicament fort utile. On l’administre à la dose de 14 à 20 grains par jour. En voici la préparation : Teratnr Ludus inpulverem in mortario et sut) pistillo. Dein suh cote, in silice , iterum. Tum dein calcinetur. Non quidem igné torrido ; sed addalur illi sal circulatum, de quo Paracelsus , libro de renovatione et restauratione : et distillato inde sale , dicitur Ludus calcinalus (4).
Van Helmont recommande encore l 'infusion de Beccabunga dans la bière, et la liquor ex cortice vulneratœ Betulœ , qu’il appelle le balsamum Lithiasis (s).
Seconde Seconde indication. — Ici le nombre de remèdes proposés est si grand
ndicalion. , 11 b
que nous n avons que 1 embarras du choix.
En première ligne se rangent les diurétiques. Pour les généralités relatives à l’action de ce médicament, nous renvoyons le lecteur au chapitre de la thérapeutique qui concerne leur emploi. Van Helmont en admet l’utilité, en ayant bien soin de répéter constamment que les diurétiques n’exercent qu’une action palliative et n’ont aucune importance curative. Non sanatur nephritis, deturbando calculmn. Nil quicquam actum prœmio
(i) De Lit/i., Vil, 14, p. «97.
(•2) Pharmac. Unir Hcidclbergæ, 1845,11, p. 714.
(4) De Lit/i., Vil, 14, p. 697.
(s) Loc. cit ., VII, 22, p.,700.
(5) Loc. cit., VIII, 24, p. 708.
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dignum , si epilepticus à lapsu erigatur, si non à récidiva etiam in posterum{\). L’emploi de ces agents est indiqué dan; les cas où le calcul est peu volumineux. 11 est contre-indiqué pendant les accès de douleur, parce qu’alors l’uretère est spasmodiquement contracté. Si le calcul reste engagé dans l’uretère et y détermine des contractions énergiques, il est préférable de s’abstenir des diurétiques et de recourir à des émollients internes et externes qui calment les mouvements convulsifs : Tam externa fomenta , quàm interna quœ convulsivos illos motus plaçant (2).
Les Écoles craignent que par l’emploi des diurétiques on ne fasse tomber plusieurs calculs dans l’uretère, qui pourrait en être obstrué. C’est une crainte chimérique qui ne serait réelle que dans le cas où l’uretère serait non pas une membrane molle et relâchée, mais un tissu sec et inflexible. Quapropter nec timendum aut avertendum diureticum, prœ for midine casas irregularis et monstrosi (3). Elles se faisaient, du reste, une idée imparfaite de l’action des diurétiques dans la lithiase. A leurs yeux, ces agents n’agissent qu’en augmentant la sécrétion urinaire et en activant l’expulsion de l’urine, et par suite celle du calcul par une force a tergo. Il y a à considérer plus que cela au sujet de ces médicaments : ils exercent en effet sur la nutrition du rein une action spéciale, ayant pour effet d’apporter une entrave au processus calcuîeux.
Pour Van Helmont donc, l’administration bien réglée des diurétiques est avantageuse dans les cas de calcul. Ergô diuretica laudo in Nephrifide, modo simul spasmum ureterum leniant et consopiant (4).
Les Écoles, se basant sur des principes erronés, accusaient l’estomac de fabriquer un phlegma petrosum (3). Le résultat de cette vue théorique était de leur faire employer les laxatifs ; c’est ce qu’elles firent, ut antecedentem calculi everrant molem. Elles croyaient que toute la matière calculeuse provenait de l’estomac, et s’imaginaient devoir guérir leur malade,
(1) De Lit/i., V, 0, p. G83.
(2) Loc. cil., V, 16, p. 686.
(3) Loc . cil., VII, il, p. 693.
(4) Loc. cil., VII, 11, p. 696.
(5) Loc. cil., Y, 12, p. 683.
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si repet ita ccicatione œger obsequiosus fuerit, regulasque v ictus servant (1). Van Helmont rejette cette pratique systématique, tout en admettant cependant l’utilité des laxatifs dans certains cas spéciaux.
L’indication capitale de tout traitement exige l’élimination du mal : Sanativa indicatio mandat promptissimam nocui ablationem , magisque ejus , quod per moram deinceps mage grandescit (2). Si le calcul est trop volumineux pour sortir par les voies naturelles, il faudra tâcher de le dissoudre sur place, avant de recourir à l’opération de la taille. Les Écoles nient la possibilité de dissoudre les calculs. A cette négation toute gratuite. Van Helmont oppose des cas de guérison, sic ut in posterum (1 œgri ) plané vixerint liberté il ajoute que les Écoles 11e peuvent en faire autant, cum videlicet non nisi cruda et ignava remedia hactenus agnoscanl (3).
C’est dans ces cas que Yan Helmont préconise l’emploi du Ludus de Paracelse, les noyaux des fruits réduits en un suc laiteux, etc. II a essayé aussi d’injecter dans la vessie diverses solutions qui attaquent le calcul et le dissolvent ; il a même inventé une sonde pour rendre ce traitement plus pratique; mais quand ils arrivaient dans la vessie, les liquides injectés déterminaient une irritation très-vive et une douleur aussi forte que celle d’un fer rouge. Quand on les administrait à l’intérieur par la bouche, ces solutions n’agissaient pas sur le calcul. Le suc de citron et diverses autres préparations acides se trouvent dans ce cas (4).
Van Helmont parle encore, dans l’examen qu’il fait de tous les médicaments employés dans les cas de calcul, du nitrate de potasse et des yeux d’écrevisse; il les considère comme inefficaces. La poudre d’écrevisse cependant est un excellent diurétique : Rarissimum diureticum ex hoc lapide cancrorum colligi, etiam vulnerarium , ac febrifugium, modo resol vatur in fomnam pris fini lactis (5).
(1) De Lit/i., V, 10, p. G83.
(2) Loc. cit., VII, 11, p. 696.
(3) Loc. cit., VII, 14, p. 696.
(4) Loc. cit., VII, 28, p. 702.
(5) Loc. cit., Vit, 52, p. 705.
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