II. OPINION DE VAN HELMONT
Van Helmonl rejette comme dénuée de preuves l’opinion des Écoles atljribuant l’ictère à un excès de bile : Est tota bilis inventio futilis, mendosa et perniciosa (i); il croit qu’il se produit dans l’ictère un virus excrémentitiel autre que le fiel ou la bile. Ce ferment virulent siège au pylore et occupe tout le duodénum. Sedelque virus istud vel in duodeno, vel longiüs ab lleo communicalur (2). Il est encore plus explicite dans un autre passage, quand il dit : Nidus autem sive o/jicina Iclerici est à pylore usque ad finem duodeni (3). Il impressionne l’archée pylorique au point que celui-ci trouble non-seulement la digestion mais la répartition des aliments. Efficiens Icteri est fermentum prœter nuturam
(1) Schol. llutnor. Pass. Decept., V, oi, p. 824.
(2) Lon. cit., V, 18, p. 822.
(3) Loc. cil., V, 33, p. 824.
PATHOLOGIE SPÉCIALE DE J. B. VAIN HELMONT
rirulentum : quod pylorum sic male affectai , ut digestiva simidque dislributiva alienentur (1).
Deux éléments concourent donc à la production de l’ictère : l’un consiste dans un trouble de la seconde digestion ; le chyme est converti en un produit excrémentitiel, au lieu d’être transformé en chyle propre à être assimilé. Le second élément consiste dans une perversion de la faculté distributive de l’estomac. Duo itaque in Ictero simul concurrunt. Unum est alienatio secundœ digestionis, quo chylus per vert dur, tam qui regulariter bonus esset, et in cruorem mutandus , quàm qui alias naturaliter, in stercus liquidum, intra Intestina facessit. Allerum autem est alienatio distributivœ ac digestivœ stomachi (2).