‹ Etudes sur J. B. Van HelmontChapitre 98 sur 116 · SEL MARIN · texte numérisé non relu

SEL MARIN

Nous n’avons pas grand’chose à dire au sujet de l’emploi du sel de cuisine; et si nous en parlons ici, c’est uniquement pour faire ressortir un des grands mérites de Van Ilelmont, considéré comme médecin-praticien.

Les Écoles galénistes du moyen âge avaient sur l’action du sel marin des idées complètement erronées; elles croyaient que son usage prédispose à la gravelle : tam qua tenus saliurinario prœberet materiam, quàm quod mucosam pituitam pro Duelech prœcipitaret (1) Aussi Van Helmont, dans les premiers temps de sa pratique, n’osa pas employer le sel de cuisine chez les calculeux : primis annis, traditiones Scholanwi totidem erant oracula penes me : at per ignem me edocto, universa Scholarum theoremata igné deleta sunl (2).

Mais l’examen chimique des calculs ne larda pas à le convaincre que l’opinion des Écoles était contraire aux faits : examen salis per ignem secus me docuil. L’observation clinique ne fit que corroborer son opinion sur l'utilité du sel marin administré aux calculeux. Il cite de nombreux cas où il obtint la guérison de ces malades par l’emploi du chlorure de sodium, et rapporte entre autres l’histoire d’un sexagénaire calculeux qu’il conserva pendant seize ans immunem à renum calculo, largo salis marini usu.

L’opposition de Yan Helmont à un préjugé aussi pernicieux à la santé publique, est un des nombreux titres qui lui assignent une place importante parmi les médecins-praticiens. Pour lui le sel marin, loin de déterminer la formation des calculs, la prévient au contraire. Ajouté à de l’urine, il augmente la capacité dissolvante de celle-ci. L’observation journalière avait établi, depuis longtemps du reste, le peu de fondement de l’opinion des Écoles; et comme le dit Van Helmont, ridet Scholas vulgus, sa/isque usu s , in despectum regularum, increbuit; adeô ut clespecta Seho -

(1) De Lit/i., III, 30, p. 672.

(2) Loc. c/t., III, 30, p . 672.

larum authoritale nedum insuavis, sed etiam insalubris sit victus, absque sale (i).

Comme on a pu s’en assurer plus haut dans le chapitre réservé à la pathologie spéciale, Yan Helmont employait beaucoup, dans le traitement des maladies, une série de médicaments qu’il désignait sous le nom à'arcana, et dont il ne nous a malheureusement fait connaître que trèsimparfaitement le mode de préparation. C’étaient presque toutes des préparations métalliques dans la composition desquelles entraient surtout le mercure, l’antimoine et l’arsenic. Nous empruntons à son chapitre Arcana Paracelsi la liste suivante de ces agents thérapeutiques, qu’il avait en grande partie appris à connaître dans les ouvrages de Paracelse (2) :

1) La iinctura lili : espèce de panacée universelle, dont la composition exacte nous est inconnue.

2) Le mercurius vitœ, préparation d’antimoine très-utile dans les affections nerveuses : omnem morbi nervum pendus absorbet.

3) La teinture antimoniale lili , un peu moins efficace que la préparation précédente.

-4) Le mercure diaphorétique (qui renferme du calomel, d’après le mode de préparation indiqué par Yan Helmont). C’est une préparation qu’il considère comme fort utile, moins cependant que les autres. Perficit enim quicquid medicus et chirurgus possinl optare sanando : non tamen tam potenter rénovât ut prcecedentia (5).

5) La liquor Alkahest immortalis (solution renfermant une grande quantité de carbonate de potasse) : espèce de panacée universelle, qui reducit omne corpus tangibile in liquor cm sui concreti (4).

6) Les essences des pierres précieuses et des herbes.

7) Les sels volatils id. id. id.

Nous ajouterons encore à cette liste deux arcanes dont Yan Helmont

(1) DcLith., III, 50, p. G75.

(2) Arcana Paracelsi . p. 628.

(3) Loc. cil. ; voir plus haut notre chapitre des Pierres, p. 150.

(4) Loc. cil.

faisait le plus grand usage : Aroph ou aroma philosophoriim, qui n’est autre chose que le muriale de fer et d’arnmoniaque (i); et Y Arcanum corallinum on Précipité rouge de mercure (2). Cette dernière préparation était aussi connue sous le nom de Pulvis Johannis de Vigo.

Quant aux autres points importants de la thérapeutique dont nous ne parlons pas ici, nous renvoyons pour leur développement à ce que ilous en avons dit plus haut à propos du traitement des diverses maladies. Il nous suffira de rappeler au lecteur les considérations dans lesquelles nous sommes entré au sujet des vésicatoires (s) et des lavements (4). Nous appelons surtout l’attention sur la question du régime à observer dans le traitement des diverses maladies. Comme on a pu s’en assurer plus haut, Van Helmont est entré à ce sujet dans de très-grands développements (5).

(1) Morh, Pharmacopœa universalis , Heildelbergæ, 1843, t. II, p. 714.

(2) Loc. cit., t. II, p. 99.

(3) Voir page 152.

(4) Voir page 155.

(5) Voir page 134.

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