‹ Études sur l'AfriqueChapitre 7 sur 48 · VICTORIA · texte numérisé non relu

VICTORIA

Carte 1. — Province équatoriale du Soulan égyptien.

EMIN PACHA.

10. Voyage dans le Maltraita. — Emin partde Bedden le9octobre 1882 et visite les postes et villages de Bimo, Eabajendi et Wandi. (Les dates précises de cet itinéraire nous font défaut.)

H. Voyage au Momboultou. — Emin part de Lado le 7 mai 1883, et se rend au Makraka; il traverse l’Ouellé le 16 juin, gagne Bellima (il s’y trouvait notamment le 21 juin); puis Tangasi (il s’y trouvait notamment le S juillet), repasse l’Ouellé au confluent du Doungou le 18 juillet, et rentre à Lado en août.

Ainsi en cinq ans, Emin fît au moins 1 onze absences, dont plusieurs durèrent plus de deux mois : il était bien, ainsi qu’il se nommait lui-même, « un éternel voyageur », der ewige Wanderer.

Ces déplacements étaient sans doute motivés par le plaisir de pénétrer dans des contrées nouvelles, et l’espoir de tuer des oiseaux inconnus, pour les décrire et les naturaliser, mais le devoir professionnel contribuait aussi à entraîner Emin loin de Lado. Ces voyages avaient pour but l’inspection des postes, par lesquels la souveraineté de l'Égypte se manifestait dans la province équatoriale, comme actuellement celle de la France se manifeste au Soudan, et celle du Souverain dans l’Etat indépendant du Congo.

Emin porta à cinquante environ le. nombre de ces postes : sur le Nil même, Gondokoro, abandonné par Gordon, fut réoccupé en 1878 ; Ouadelaï fut fondé en 1879 ; — à l’est du fleuve, Agarou, Fadibek, Fadjoulli et Obbo furent fondés en 1880, Okella le fut en 1881 ; — à l’ouest du fleuve, Loggo fut fondé en 1880, Goumbiri et Ganda le furent en 1881, Kibbi et Gosa en 1882. En 1880, les postes du Mombouttou, qui dépendaient jusqu’alors de la province dn Bahr-el-Ghasal, furent incorporés à la

1. Nous ne saurions en elTet assurer, les Journaux d’Emin n’étant encore que partiellement publiés, que quelques excursions faites par lui dans le voisinage de Lado ne nous aient pas échappé.

SOUDAN ORIENTAL

province équatoriale. Pendant le gouvernement d’Emin, la superficie de l’Équatoria s’accrut ainsi très notablement; en 1883, elle couvrait approximativement 350 000 kilomètres carrés, elle égalait donc environ les deux tiers de celle de la France. Si les circonstances politiques étaient restées normales, elle se serait peutêtre étendue davantage encore, car Emin exprimait la velléité de fonder de nouveaux postes « dans la région complètement inconnue qui s’étendait de la rive occidentale de l’Albert Nyanza jusqu’à Nyangoué », sur le Congo (carte 1).

Ces postes étaient composés de huttes, au milieu desquelles était ménagée une place, sur laquelle donnaient les locaux principaux : divan, ou bureau du chef de poste, demeures des officiers, magasins.

Parmi les soldats en garnison on distinguait trois catégories : 1° les réguliers ( gahadiehs ), noirs païens recrutés dans le pays, armés, nourris, habillés aux frais du gouvernement, et touchant une solde mensuelle de 20 piastres 1 ; 2" les irréguliers musulmans (kouteriehs) , originaires du Nil moyen (Dongola, Sennar, etc.), qui étaient seulement armés aux frais du gouvernement et recevaient une solde mensuelle de 100 piastres; 3Ü les irréguliers noirs païens (basinguers) , recrutés dans le pays, armés aux frais du gouvernement, mais qui recevaient seulement une solde mensuelle de 20 piastres. Ces troupes étaient encadrées d’officiers et de sousofliciers égyptiens et soudanais. Leur effectif total oscillait vers 1881 entre 1 600 et 2 000 hommes.

La mission des postes, entre lesquels ces soldats étaient répartis, consistait théoriquement à empêcher la traite des esclaves, les guerres entre tribus et à faire

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