‹ Études sur l'age de bronze de la HongrieChapitre 10 sur 16 · E. LE TYPE SCANDINAVE AU CORPS ÉTROIT · texte numérisé non relu

E. LE TYPE SCANDINAVE AU CORPS ÉTROIT

Notre fig. 12 illustre le type de fibule de l’âge de bronze, se montrant le plus fréquemment aux pays Scandinaves.

Dans son traité, si souvent cité, sur la typologie de la fibule, M. Hildebrand regarde ce type comme la forme fondamentale du Nord et il en dérive toutes les autres fibules de l’âge de bronze nordique. Nos types B et A en proviennent, selon lui, à force d’élargir le corps étroit, le groupe F s’en dérive par développement des disques en spirale; aussi M. Montelius a proféré la dernière opinion. Pour moi j’ai plus haut émis une toute autre opinion quant aux types A et B. Je reviendrai ci-dessous au type F.

Je ne crois pas, que dans le type, représenté fig. 12, nous ayons de type fondamental, qui, comme l’ont voulu les collègues

suédois, devait être particulièrement caractéristique pour une période plus ancienne de l’âge de bronze du Nord. Avant de procéder à un traitement typologique plus détaillé de la forme, je donnerai un aperçu général de son propagation géographique et des variétés, sous lesquelles elle se présente dans les contrées différentes: donc un aperçu du matériel, sur lequel le traitement typologique doit être basé. Je commence par les musées allemands.

Ce sont dans les musées de Berlin que nous rencontrons les fibules des contrées situées plus au Sud et à l’Est, à placer sous ce type. Sur notre pl. V fig. 1 j’ai illustré un exemplaire du musée germanique (no. II, 6759) qu’on doit citer avant tous. Il a

été trouvé près Genthin en Altmark. C’est surtout la longueur considérable du corps qui nous porte à ranger cette fibule sous ce type, du reste elle se rapproche de beaucoup au type précédant. Le corps est tortillé, pas trop élévé au-dessus du plan des disques; ceux-ci sont fortement accentués, quoique très petits par rapport au corps. La tête d’aiguille conserve la forme d’une double-croix. Nous devons considérer cet exemplaire comme un développement du type précédent D. Par rapport à ce même type on doit bien aussi regarder l’exemplaire reproduit pl. VII fig. 1. Il a été trouvé près Grenzhof, cercle de Koenigsberg dans la Marche, et se garde au même musée à Berlin (no. II, 9907). On a ici donné une courbure agréable au corps; la tête d’aiguille a une forme aplatie. Cette fibule se rapporte évidemment au type D, mais le développement est allé d’une toute autre direction qu’à la pièce sus-mentionnée. *)

Dans le musée provincial de la Marche à Berlin on garde l'exemplaire reproduit pl. VII fig. 2 ; son corps est tout à fait analogue à celui de la fig. 12; mais la tête d’aiguille forme une plaque, qui remplace le petit disque en spirale, sur lequel en qualité d’ornement est poinçonnée une double-croix, rappelant cette forme plus originale de la tête d’aiguille; comment le corps aboutit au-dessous de cette plaque, se voit sur le dessin. Cette fibule est trouvée dans un tombeau de pierres (no. 16) près Weitgensdorf, cercle de Priegnietz de l’Est, au même lieu, où la pièce représentée sur la pl VII fig. 3 a été trouvée. Dans le même musée on voit (dans la collection Schilling) quelques petites spirales dont peut-être quelques-unes sont des débris de fibules de ce type; l’exemplaire dernièrement cité, pl. VII fig. 2, semble porter témoignage de ce que diverses fibules de ce type doivent avoir existé sur le territoire de la Marche.

Dans le musée de Neu-Brandebourg on rencontre un exemplaire de notre type, particulièrement intéressant par ce que les

9 Deux exemplaires, tout comme notre fig. 12 dans le musée de Berlin, sont

trouvés, l’un (II 2837) près Egestede en Dithmarsie, l’autre près Lunds-

mark en Seland.

disques en spirale se trouvent sur le point de devenir des plaques; la partie intérieure est déjà une plaque mince; il n’y a que le tour en spirale extérieur qui en est dégagé. Il a été trouvé près Chemnitzer-Mühle, distance de 7 kilom. de Neu-Brandebourg.

En Brunswick on voit dans le musée de la ville une épingle, ayant peut-être appartenu à une telle fibule. Sa tête garde une certaine analogie avec la fibule représenté pl. VII fig. 1. Le fragment se voit sur un carton avec quelques bagues en bronze et doit, d’après ce qu’on dit, avoir été trouvé dans une urne cinéraire avec une petite lampe romaine en terre sigillée dans une ciste de pierres près Halsungen en 1850. La trouvaille me semble cependant incertaine et je n’ose pas non plus sûrement prétendre que l’epingle aura appartenu à une fibule de l’âge de bronze du type ici traité. *)

Dans le musée de Hanovre notre type se présente dans sa forme plus déterminée et en plusieurs exemplaires. Dans une trouvaille de Tangendorff, département de Winsen sur Leine, contenant quelques bronzes et objets de silex, on trouve le corps d’une telle fibule, où à ses bouts on voit la courbe pour Taiguille, et le tour extérieur d’une des disques en spirale; dans la trouvaille était aussi une fibule du type C. Des parties d’un exemplaire semblable, plus grand, se voient dans une trouvaille d’environnage de Soltau. A ce type de fibule on doit aussi rapporter la tête d’aiguille, reproduite sur notre pl. VIII fig. 2, trouvée à Celle; à cette tête d’aiguille est encore attaché le disque en spirale.2)

Dans le musée de Schwerin on trouve des fibules de ce type, en nombre assez considérable. Mes notices du musée en embrassent 15 exemplaires de trouvailles connues, spécialement des trou-

*) JM. Müller cite de plus (Die nordischc Bronzezeit , p. 35 ®) quelques exemplaires dans les musées de Neu-Strelitz et Gotha, que je n’ai pas observé à ma visite dans les dits musées.

2) V. Estorff : Heidnische Alterthiimer von Uelzen p. 82 s. pl. VIII fig. 9. L’illustration chez Estorff moins correct; sur ma gravure la tige du corps est indiqué comme étant plus longue qu’elle ne le soit en réalité conservée. JM. Estorff mentionne un clou en fer dans le trou de la tête, rouillée à la surface d’oxyde de fer, chose dont mes notices du musée ne parlent point. On ne trouve plus de clou. Il se peut cependant que la pièce soit trouvée avec des objets en fer.

vailles des tumuli; de plus, un grand nombre de fragments dont quelques-uns dans la collection Grande-Ducale. C’est un trait persistant à tous ceux-là que le corps est assez court et élévé. Les disques en spirale sont de peu de grandeur et roulés de tiges minces. A plusieurs exemplaires la tête d’aiguille est formée en double-croix comme à la pl. VIII fig. 3; ainsi no. 2693, trouvé près Crassow, et 2319, trouvé à Crakow ; *) voir aussi Frederico- Francisceum, pl. XI fig. 3. Sur d’autres les bras transversaux sont plus ratatinés: pl. VIII fig. 8 représente ainsi la tête d’aiguille de no. .388, exemplaire trouvé près Bobzin;2) d’autres se rapprochent plus à la forme de tête d’aiguille, que nous voyons sur notre fig. 12. Quelques exemplaires à têtes rondes (no. 2321 et 2265) seront mentionnés ci-dessous. Sur plusieurs exemplaires les disques en spirale sont, comme sur notre pl. VII fig. 2, remplacés par des plaques petites et rondes, dont ainsi l’une forme la tête d’aiguille; voir les fragments reproduits dans Frederico-Francisceum, pl. XI fig. 6, 7. Une pièce tout à fait identique à notre fig. 2 sur la pl. VII (du musée de Berlin) est aussi trouvée à Mecklembourg. Sur la plaque de la tête d’aiguille de la même manière une double-croix a été poinçonnée, en qualité d’ornement, lequel rappelle la forme originale de la tête d’aiguille; cet exemplaire est, avec un tutulus en bronze, trouvé dans un tumulus (Kegelgrab) à Langenbrütz, Mecklembourg.3)

De la collection de Hambourg je connais quelques exemplaires de tombeaux près Ohlsdorff et de Boberg, près Bergedorf. Quelques exemplaires de plus se trouvent dans le musée de Kiel, ainsi ceux, reproduits ici sur notre pl. VIII fig. 3 — 4, tous les deux trouvés dans des tumuli sur l’île de Sylt;4) fig. 3 conserve encore toujours la tête d’aiguille à double-croix; à la fig. 4 elle est rétrécie comme sur la pl. VIII fig. 8 de Mecklembourg, sus-nommée; tous ces deux exemplaires de Sylt sont trouvés dans des tombeaux avec des ossements brûlés.

*) V. Mecklenburgische Jahrbücher , XVI, 247, XII, 417.

2) V. Mecklenburgische Jahrbücher , III, Jahresbericht , p. 64.

3) V. Mecklenburgische Jahrbücher, VII, Jahresbericht, p. 26.

4) V. Handelmann: Die amtlichen Ausgrabungen auf Sylt , pp. Il et 18.

Mais c’est surtout dans les musées nordiques que le type se présente en grand nombre et dans les formes les plus prononcées.

Le musée de Copenhague possède sous ce rapport le matériel le plus abondant.

Une numération des pièces de ce musée donna en 1876 une somme d’environ 50 exemplaires de trouvailles connues, tous de tombeaux, et de plus un nombre considérable de trouvailles, dont on ne possède plus de renseignements. *) De ces 50 exemplaires 21 étaient trouvés en Jutland, 15 dans le Seland du Nord, 4 sur la Fionie, 4 sur l’île de Bornholm et 1 sur Tîle de Moen. Comme le Seland du Nord et la Fionie dans ces trouvailles de bronze en entier se rattachent à Jutland et comme M. Millier dans le traité cité démontre, comment le groupe des trouvailles, auparavant appelé le plus ancien, provient spécialement de ces contrées et doit ainsi plus justement être appelé le groupe d'Ouest, — il parvient à déterminer cette forme de fibule nordique comme étant essentiellement une forme occidentale. La forme y répondant orientale sera alors la fibule lunetti-forme, auparavant censée d’être plus jeune (voir notre type F ci-dessous).

M. Müller ne procède pas à un traitement plus détaillé typologique de la forme. Il ne nous fait pas remarquer non plus, comment les exemplaires du Nord découlent en deux variétés, l’une au corps allongé et bas, l’autre au corps élévé et raccourci. La première variété est représentée par fig. 5 sur notre planche VIII. De cette variété prononcée je ne connais d’exemplaires en Danemark que de Jutland. PI. IX fig. 4 reproduit l'autre variété, au corps plus haut et court. Les exemplaires de Seland semblent, pour la plupart, se rapprocher à cette forme là. Je ne saurais donner des exposés détaillés sur la propagation géographique de ces deux variétés, la séparation en ce détail ne se faisant pas effectuer avec certitude là, où l'on n’a que des fragments défectueux. Notre fig. 12, dont l’original est trouvé dans un tumulus près Hillerod, Selar d du Nord, représente dans ses proportions la forme moyenne, dont toutes ces deux variétés se sont éloignées en de différentes M V. Müller: Die nordisclie Bronzezeit, p. 35.

directions. Cette forme moyenne m’est connue, tant de Jutland, que des îles.

Quant aux autres détails typologiques je mentionnerai spécialement la forme de la tête d’aiguille. Sur quelques exemplaires rares dans le musée de Copenhague la tête d’aiguille a conservé la forme d une double-croix, comme sur notre planche VIII fîg. 3; ainsi no. 12,854, trouvé à Vesterland sur l’île de Sylt, no. B 874, trouvé à Skrydstrup près Haderslev, no. 25,786, trouvé à Voldtofte sur la Fionie; sur ceux là les proportions du corps sont comme sur notre fig. 12. La tête d’aiguille, particulièrement caractéristique de ce type Scandinave, se voit sur notre figure 12. Je crois que celle-là dans sa décoration nous renvoie à la forme de croix comme étant la forme la plus originale. Le développement, le rétrécissement des bras transversaux est illustré par les figg. 4 et 8 sur notre pl. VIII. PI. VIII figg. 5 et 9 montrent les têtes d’aiguilles sur quelques exemplaires de la variété au corps allongé; fig. 9 appartient à une trouvaille dans un cerceuil en chêne de Trenhoi. x) Aux exemplaires de la variété au corps raccourci et élévé, la tête d'aiguille garde souvent la forme d’un petit anneau, en partie à travail percé. Sur notre exemplaire reproduit (pl. IX fig. 4) l’anneau est rempli par une croix. Cette pièce (no. 11, 610) est, avec une fibule de type G, trouvée dans une petite ciste de pierres, avec des ossements brûlés, dans un tumulus à Gundsomagle, près Roskilde. 2) De ces têtes d’aiguille comme de la situation typologique de cette variété en entier, je parlerai plus amplement ci-dessous, où je vais traiter les rapports réciproques existant entre les types E, F et G.

Les corps aux fibules de notre type se trouvent ordinairement ornés par des raies transversales, qui font apparaître la tige sous un aspect tortillé. Sur pl. VIII figg. 5 et 9 le corps est aussi en effet tordu. PL VIII fig. 7 représente un fragment, dont

0 V. Madsen : Afbildninger af Danske Oldsager og Mindesmœrker , Broncealderen , II, pl. 3 — 6

a) Sur le fond du tumulus on trouva au-dessous d’une pierre un morceau en fer; la trouvaille, fouillée par M. Herbst, doit être regardée comme digne de confiance.

le corps est d’une tige carrée, trouvée à Addit près Silkeborg, Jutland du Nord. *)

Particulièrement je dois ici mentionner no. 15,613, jolie petite fibule de ce type, toute en or, dont l’aiguille manque tant pis, trouvée dans un tumulus de la paroisse de Resen, département de Viborg, Jutland.

De la Suède le type m’est connu en 7 exemplaires, tous gardés dans le musée de Stockholm. De ceux-la 4 sont trouvés en Scanie, 2 en Halland, et 1, reproduit par M. Montelius dans ses Antiquités Suédoises sous no. 120, sur l’île d’Oeland. Les 6 exemplaires semblent, par ses proportions, surtout se rattacher à notre fig. 12, un exemplaire trouvé en Scanie (no. 1518) doit être rangé sous la variété représentée pl. IX fig. 4, au corps raccourci et élévé et à tête d’aiguille en forme d’anneau. Deux exemplaires ont la tête d’aiguille en forme de double - croix, comme à la pl. VIII fig. 3 ; ils sont trouvés en Scanie à Hofby et près de Koepinge. Particulièrement intéressant est un exemplaire, trouvé près Dommestorp en Halland, reproduit sur notre pl. VIII comme fig'. 10. La tête d’aiguille forme de derrière une petite plaque ronde, sur laquelle, en guise d’ornement, est creusé un enfoncement qui par sa forme clairement rappelle la tête d’aiguille que nous voyons sur notre fig. 12.1 2 3 *) Je reviendrai plus bas à cet exemplaire, en traitant le rapport réciproque, existant entre les types E et F.

En Norvège notre type est trouvé en 10 exemplaires, dont 4 se gardent dans le musée de Christiania, 4 dans celui de Bergen, et 1 dans le musée de Trondhjem ; le 10ième s’est perdu. 5) Les

1) Je dois la reproduction de cet exemplaire à l’obligeance de M. le chambel lan de Sehested, dans. la collection duquel il se garde. Dans le même tumulus on trouva aussi un autre tombeau, de l’âge de fer.

2) V. Boye dans Hallancls Formninnesforenings ârsskrift, 1869, p. 83, pl.

III fig. 7.

3) V. Aarsberetning fra Foreningen til norske Fortidsmindesmœrkers Bevaring , 1875, où M. Nicoeaysen a énuméré les trouvailles de l’âge de bronze en Norvège, pp. 181, 185, 186, 187, 189, 190; ibidem 1879, p. 74; K.

Rygh : Fund fra broncealderen i det nordenfjeldske Forge , p. 11 (dans

les Christiania Videnskabs-Selskabs Forhandlinger , 1880, no. 7).

9 exemplaires sont trouvés aux côtes de mer de Norvège d’Ouest, dont 7 dans le département de Stavanger, 1 dans le département de Bergen et 1 près de Trondhjemsfjord. De la Norvège d’Est on n’a qu’un exemplaire, trouvé près de Christiania. Par rapport à la forme, un exemplaire doit être rapporté à la variété de Jutland pl. VIII fig. 5, à savoir celui, trouvé à Anda, Jæderen, près Stavanger, dans une ciste de pierres, à côté d’une fibule du premier âge de fer, — donc preuve de ce que cette forme, ici dans les régions les plus extrêmes vers le Nord de l’âge de bronze, touche à un dégré déjà assez développé de l’âge de fer du Nord. *) Les autres 8 exemplaires, qui sont conservés, se rapprochent, dans ses proportions, à notre fig. 12. Quant à la forme de la tête d aiguille un exemplaire, trouvé à Særheim dans le district de Jæderen, garde la forme d’une double-croix;2) un autre, reproduit ici comme fig. 13, a encore conservé l’un des bras transversaux;

Fig. 13. 7i.

les autres ont la forme particulièrement nordique, pareille à celle de la fig. 12.

Regardons nous maintenant le matériel ici proféré, nous verrons comment les exemplaires les plus méridionaux de ce type se présentent dans les parties occidentales de l’Allemagne du Nord, particulièrement en Hanovre et en Mecklembourg. Dans les pays Scandinaves il se montre aussi comme un type occidental ; au plus grand nombre il se présente sur la péninsule de Jutland, puis surtout dans les parties septentrionales de la Fionie

7 J’ai décrit cette trouvaille et traité le contact de l’âge de bronze avec celui de fer en Norvège dans une mémoire: Fra Norges ældre jernalder ,

insérée dans Aarbôger for nordisk Oldkyndighed , 1880, p. 89 — 184, spécialement p. 118.

2) Y. Bendixen dans Aarsberetning fra Foreningen til norske Fortidsmindesmærkers Bevaring , 1879, p. 64.

et de Seland. En Suède nous ne le rencontrons que dans les pays, qui se rattachent de près â ceux du Seland du Nord, c’est à dire en Scanie et en Halland, ainsi qu’un exemplaire isolé sur l’île Oeland. En Norvège le type appartient spécialement aux côtes d’Ouest. C’est bien caractéristique pour la détermination de ce type comme un type d’Ouest, que dans la Norvège d’Ouest, qui pourtant est bien plus pauvre en trouvailles du temps de l’âge de bronze que la Suède, il a été trouvé, d’après ce que je sais, en exemplaires plus nombreux qu’en toute la Suède. — De la forme ordinaire, fig 12, se distinguent deux variétés, l’une au corps long et bas, qui se montre comme étant particulièrement de provenance de Jutland, et une autre au corps plus élévé et à la tête d’aiguille particulière, variété dont nous expliquerons ici au-dessous plus amplement l’importance.

Comme déjà mentionné, M. Hildebrand voit dans la fig. 12 la forme fondamentale, dont les formes de fibules de l’âge de bronze nordique se sont développées, — en deux directions distinctes, ou par l’élargissement du corps, ou par la croissance des disques en spirale et par leur transition aux plaques. Aussi le parent allemand sus-mentionné, notre fig. 11, est par M. Hildebrand regardé sous rapport à une forme fondamentale plus rapprochée à la forme Scandinave, dont elle se serait éloignée par ce que le corps fût devenu plus élévé et que les disques en spirale se fûssent agrandis. *)

Il me semble que notre type Scandinave porte le cachet de toute autre chose que d’originalité. Pour moi il se montre comme le final d’un développement, plutôt que comme le point de départ d’un tel. Le corps est ordinairement ornementé de raies transversales, qui lui donne l’apparence d’être tordu, mais cela est quelque chose de moins original que s’il eût consisté en une tige réellement tortillée: une ornementation rappelle souvent une construction plus originelle technique, mais d’un motif d'ornementation il ne se développe pas au contraire un détail technique. Les disques en spirale sont compactement roulés de la tige, ici l) V. Antikv. Tûlskrift for Sverige , IV, p. 32.

aplatie en ruban ; ils ont un caractère ratatiné, qui me semble bien plus jeune que la force primitive, avec laquelle les disques par exemple sur fig. 11 sont roulés. Un détail illustrant est aussi la tête d’aiguille. On aura vu, comment les exemplaires de notre type, trouvés en Allemagne, ont le plus souvent la tête d’aiguille comme l'exemplaire pl. VIII fig. 3, en forme de double-croix, ce qui est surtout le cas de ceux de Mecklembourg. J’ai aussi mentionné de telles pièces des musées de Kiel, de Copenhague, de Stockholm et de la Norvège. La tête d’aiguille particulièrement Scandinave sur notre fig. 12 nous renvoie, selon moi, à la forme de croix comme la plus originale. Les figg. 4 et 8 sur la planche VIII illustrent le développement, les bras allant se resserrer. Fig. 12 garde bien certainement dans sa construction le caractère d’une grande unité et simplicité, mais cette simplicité n’est pas celle de primitivité : elle se montre plûtot comme un résultat obtenu à la fin d’un développement long; de cela témoignent et les détails indiqués ici au-dessus, et le caractère entier, que garde le type d’une symétrie et d’une beauté simple, et la finesse raffinée du travail qu’on peut souvent remarquer ici, sous rapport technique.

Je crois que ce type Scandinave doit typologiquement être dérivé du type antérieur allemand D. Ici nous trouvons le corps tordu, les disques en spirale avec une originalité vigoreuse, la tête d’aiguille à double-croix, fortement accentuée, ce qu’on doit bien reconnaître d’être plus originale que la tête minime sur la pl. VIII fig. 3. En somme, il me semble que le raffiné, le plus délicat dans la petitesse du type Scandinave témoigne tout d’abord de son caractère plus jeune. Le type D se rattache, par sa grandeur considérable, où tous les détails se font valoir en toute sa force originale, de bien près aux types A et B. Le type Scandinave se montre d’abord tout développé et indigène aux contrées à l'Ouest et au Nord du territoire, que j’ai au-dessus désigné comme le pays du type D, — ce que je trouve aussi venir confirmer mon opinion, puisque dans les temps préhistoriques en Europe je regarde toujours ce qui est du Sud et de l’Ouest comme étant le plus ancien et le plus original.

Je dois donc attacher une importance particulière à la pièce, dessinée sur notre pl. V fig. 1, du musée germanique de Berlin, trouvée à Genthin en Altmark, puisque c’est par elle que les relations se nouent entre le type allemand D et le type plus jeune Scandinave E.

Par cela nous revenons à la question d’où il faut chercher l’origine du type D.

Pl. XII fig. 1 j’ai reproduit une fibule, qui, comme les types ici traités, aboutit en deux disques en spirale et qui a l’aiguille dégagée. M. Millier cite celle-là comme un exemplaire qui pourrait signaler des modèles plus méridionaux des formes nordiques. l) Elle a été trouvée en Hesse et se garde dans la collection Grande-Ducale; un autre exemplaire fragmenté se rencontre dans le musée de Mayence. 2)

Je le crois hors de doute que ces pièces d’Allemagne de l’Ouest doivent être regardées sous rapport aux groupes nordiques des fibules de l’âge de bronze. Je dois, quant à cela, les placer bien près des fibules, mentionnées à la p. 67, des mêmes contrées. Pour l’explication de l’origine de nos types D et E je ne trouve cependant pas que ces pièces-ci sont de bien grande importance.

Pl. XII fig. 4 représente une fibule qui, au premier coup d’oeil, dans son corps rappelle notre type Scandinave E. Cette forme de fibule n’a, d’après ce qui m’est connu, pas auparavant été publiée. Elle se voit dans la grande trouvaille de Hallstatt, mais elle n’est pas mentionnée dans le grand ouvrage de M. v. Sacken. Au cabinet d’antiquités de Vienne dans un des tiroirs, contenant des objets de cette trouvaille, en 1876 j’ai remarqué quelques exemplaires et plusieurs fragments. s) Un anneau lie de derrière l’aiguille au corps, qui, tous les deux, se terminent en de petits crocs; en avant le corps forme une petite courbe dans laquelle l'aiguille repose. La ressemblance extérieure, existant entre ce

!) V. Müller: Die nordisclie Bronzezeii, p. 34.

2) V. Lindenschmit : Die Alterthümer u:\serer lieidn. Vorzeit, II, XI, pl. 2, 7.

3) A ma visite plus tard à Kiel j’ai appris de la part de Melle Mestorf, qu’elle avait aussi à Vienne observé cette fibule entre les bronzes de Hallstatt.

type de fibule et notre type Scandinave, ne doit être qu’accidentelle. Ici il ne faut pas penser aux relations bien proches.

Nous n’avons maintenant qu’à constater la liaison proche, qui existe entre le type D et le type A. Pour celui-ci nous avons trouvé des liaisons déterminées dans les types hongrois à la lame du corps large, ovale. Ici on ne doit ainsi pas, d’après ce qui me semble, parler de ce que A se soit développé de D par quelque élargissement du corps. Je ne vais pas prétendre non plus que D se soit développé de A par le rétrécissement de la lame. Je regarde D comme une transformation indépendante de A, la lame du corps étant remplacée par une tige mince, tordue. Comme déjà annoncé ce type transformé paraît particulièrement être domicilié sur un territoire à l’Ouest de celui, où A est spécialement fréquent. Au Nord-Ouest se montre encore le type Scandinave qui s’est développé de D.

F. FIBULES LUNETTI-FORMES.

Au type de fibule représenté par notre fig. 14 on a dans le Nord donné le nom de fibule lunetti-forme. Le nom, quoique n’etant peut-être pas des plus heureux, est pourtant depuis bien long temps devenu le plus usité au Nord.

Fi g. 14. 2/3.

Sur les territoires de l’Allemagne du Nord nous rencontrons dans les musées de Berlin les exemplaires les plus nombreux. Dans

le musée germanique se garde l’exemplaire reproduit sur notre planche X comme fig. 1 (no. II 6631), certainement le plus méridional des exemplaires, trouvés dans la région de l’âge de bronze nordique. Les disques sont tout ronds et faiblement bombés, possédant au milieu un bouton proéminent, et étant liés par un corps qui au milieu est élargi eu lame. L’un des disques a pendant l’antiquité été fixé au corps par une fonte en métal grossière autour du bout du corps. Un détail, dessiné du côté à la planche, montre comment on a laissé le métal découler en plusieurs petits bras pour fortifier la liaison entre le corps et le disque. La fibule a été trouvée près Schmon, cercle de Mansfeld, province prussienne de Saxe. A peu de distance, près de Kalbe sur Saale, un autre exemplaire à été trouvé, à disques lisses, bombés. Il a conservé son aiguille, à tête en forme d’un petit anneau. No. II, 625 est un autre exemplaire dans le même musée, de provenance inconnue. Il a quelques cannelures autour du bord des disques comme pl. X fig. 1, et des boutons à leur milieu. No. II, 10760 sont deux exemplaires, dont les disques ont des côtes comme fig. 14, trouvés, avec deux colliers du type, illustré chez Bastian et Voss Bronzeschwerter , pl. III, 27, à la contrée de Stargard dans la Pomméranie. No. II, 9924, aux disques aplatis et aux boutons petits, est trouvé à Tegel près Berlin. Une pièce a part est II, 3165, représentée sur notre pl. XI comme fig. 2. Les disques sont tout à fait aplatis, aux ornements'poinçonnés ; l'élargissement et l’ornementation du corps est aussi intéressant. Cette fibule est trouvée près Friesack. No. II, 3155— 6 sont deux grands exemplaires, trouvés près Oranienbourg, l’un a des disques à verrues, l’autre à côtes. *) Dans une grande trouvaille, déjà mentionnée plus haut, de Schwachenwalde, cercle d’Arnswalde, il y eut 4 exemplaires de ce type: un grand, particulièrement intéressant par ce qu il porte deux figures d’oiseaux sur le corps, à peu près comme sur notre pl. XI fig. 1, et trois exemplaires plus petits, tous à disques unis. La trouvaille contint aussi la fibule reproduite sur notre pl. IV

J) Le dernier reproduit chez Kemblf. : Horœ ferciles , pl. XXII fig. 3.

Undset Sur l’âge de bronze-

fig. 1 du type A. L’aiguille illustrée au côté a appartenu à la grande pièce aux figures d’oiseaux sur le corps.1) Dans une autre trouvaille, de Katerbow, cercle de Ruppin, Brandebourg, il se trouve au moins 5 (6?) fibules de notre type. La plupart d’elles semblent avoir eu des côtes et des boutons sur les disques. Il n’y a qu’un seul disque qui soit aplati et aux ornements poinçonnés. La trouvaille contint du reste des vases à suspension et plusieurs autres bronzes. Une trouvaille de Steinbeck, cercle d’Ober-Barnim, contient 3 exemplaires ; l’un tout à fait comme celui reproduit pl* X fig. 1, l’autre fragmenté, représenté sur notre pl. XI comme fig. 1, particulièrement intéressant par les deux figurines d’oiseaux sur le corps. No. II, 7377 est une fibule aux petits boutons sur les disques, du reste lisses ; elle appartient à une trouvaille des plus grandes de bronzes à Bredow près Nauen, Ost-Havelland. 2). Enfin notre no. II, 6652 est un exemplaire aux disques aplatis, provenant d’une assez grande trouvaille de bronzes, a Kallies, Pomméranie.

Dans le musée provincial de la Marche on trouve des fragments d’un exemplaire, trouvé avec quelques bronzes à Liepnitzer- Werder près Bernau, cercle de Nieder-Barnim. No. II, 5521 — 3 sont des fragments de deux exemplaires, à trois cannelures aux bords et avec des verrues au milieu des disques. Ils sont trouvés près de la gare d’Oderberg, cercle de Koenigsberg dans la Marche.

Des musées de Berlin j'ai ainsi noté 26 exemplaires, dont 8 peut-être sont à classer sous la variété représentée par notre fig. 14, avec des côtes moulues en relief comme ornements sur les disques.

Du Berlin je vais au musée de Stettin, où le type se trouve aussi représenté en grand nombre. Dans la trouvaille, mentionnée ci-dessus à la p. 69, de Grumsdorf, se trouvent 2 grands exemplaires de ce type; l’un aux disques lisses, l’autre ayant cela de

1) V. Bastian u. Voss: Die Bronzeschwerter des konigl. Muséums , p. 6 sqq.; deux des fibules sont illustrées sur la pl. III fig-. 23—24.

2) Y. Bastian u. Voss : Die Bronzeschwerter etc. p. 46 sqq., où aussi la

fibule se trouve représentée pl. XI fig. 8.

particulier que les disques semblent être entourés d’un bord repoussé. Dans une grande trouvaille de bronzes de Schônebeck il se trouve 3 fibules lunetti-formes, les 2 avec des disques à côtes comme notre fig. 14; une pièce semblable se voit dans une autre grande trouvaille de Hoekendorf. 2 exemplaires aux disques lisses sont trouvés, avec d’autres bronzes, dans une tourbière de Mandelkow, une grande pièce semblable à Kodran sur l’île de Wollin. A Neidels près Greifenberg 2 exemplaires sont trouvés avec d’autres objets, l un aux disques à côtes. Une grande, belle fibule semblable est trouvée près Naugard. Enfin se trouvent dans le musée quelques exemplaires dont les lieux de trouvaille sont inconnus.

Je mentionne ici aussi quelques exemplaires de deux collections privées dans la province de Brandebourg Dans la collection Kircbner à Walchow on voit 1 exemplaire dont le corps est entouré de fils en or, trouvé à Wunderberg près Lichterfeld *). A Schneidemühl se garde dans la collection Crüger un exemplaire, trouvé près Stargard, qui est cité être identique de celui chez Lubbock fig. 62, exemplaire de Dammerow à Mecklembourg, avec des cannelures sur les disques. 2)

Du musée de Stralsund je peux présenter 1 exemplaire aux disques à côtes comme fig. 14, de Peschlin en Pomméranie citérieure, et 1 pièce analogue de Golnow, cercle de Naugard, Pomméranie ultérieure; de plus 4 exemplaires de Neu-Negentin, cercle de Greifswakle, qui ont les disques lisses, sauf l’un d’eux, qui a un bouton au milieu d’un des disques; ces quatre pièces sont parti culièremeut intéressants par ce qu ils proviennent des tombeaux.

De Mecklembourg j’ai du musée de Neu-Strelitz noté 9 exemplaires, tous trouvés en Mecklembourg-Strelitz, dont les 4 ensembles dans une tourbière de Wendorf, et un grand bel exemplaire, trouvé à des travaux de digues près Muritz. Du musée de Schwerin je cite premièrement un exemplaire aux verrues au milieu des

9 V. Zeitschrift für Ethnologie , VI, Verhandl. p. 164.

2) V. Zeitschrift für Ethnologie , VIII, Verhandl. p. 221 no. 12 — 13.

disques aplatis, trouvé près Dammerow 4); un exemplaire aux disques plus bombés, ornementés des côtes, est trouvé près Basedow 2) et dont le corps est intéressant pour avoir été raccomodé au moyen d’une fonte en métal autour de deux endroits du corps. Près Hohen-Pritz on a aussi trouvé un fragment d’un grand exemplaire, ayant au milieu un bouton en forme de tutulus, comme sur notre pl. X fig. 1; du reste les disques ont des ornements poinçonnés. D’apparence particulière est no. 2417: il a des disques aplatis et le corps fortement élargi, rappelant beaucoup pl. XI fig. 2; cependant le corps en est encore plus élargi; les disques et le corps sont garnis d’ornementations poinçonnées; cette pièce est trouvée à Sukow. 3)

Des musées plus a l’Est je peux du musée de Hanovre citer quelques exemplaires. Dans une trouvaille, au-dessus (p. 79) mentionnée, on voit des fragments de deux exemplaires aux disques lisses et aplatis. La trouvaille provient de Klein-Hesebeck, département de Medingen. 4) Sur notre pl. XI j’ai comme fig. 4 reproduit un joli exemplaire aux disques aplatis, ornés de groupes de cercles poinçonnés; la tête d’aiguille ronde montre une étoile enfoncée qui a été incrustée avec une masse résineuse. Avec un second exemplaire et avec plusieurs autres bronzes il a été trouvé près Dormte, département d’Oldenstadt. 5) Encore 2 autres exemplaires se trouvent dans la collection de Hanovre. 6) De plus un exemplaire particulièrement magnifique est gardé dans ce musée :

*) Figuré chez Lindenschmit : Die Alterthümer uns. heidn. Vorzeit , J, YII pl. 4, 1.

2) Y. MecJclenbürgische Jahrbücher , XII p. 417, figuré chez Lindenschmit: Die Alterthümer uns. heidn. Vorzeit , I, VII pl. 4, 2.

3) Y. Mecklenbürgische Jahrbücher , XIII, p. 369.

4) V. Estorff: Heidnische Alterthümer der Gegend von Uelzen , pl. XII, 8.

M. Estorff ne mentionne qu’un exemplaire, mais dans la trouvaille on voit maintenant des fragments de deux. L’aiguille dessinée chez Estorff sur la planche-titre fig. 11 a certainement aussi appartenu à une telle fibule; elle a été trouvée dans une urne cinéraire à Jarlsberg, département de Bodenteich (Estorff 1. c. p. 7).

5) V. Estorff, 1. c. pl. XI fig. 3 — 4, pag. 96; Lindenschmit: Die Alterthümer unserer heidnischen Vorzeit, I, VII, pl. 4 figg. 3 — 4.

6) D’après Estorff 1. c. p. 100; je ne les ai pas vu.

ses disques sont plaqués de lames d’or pressées. Cette pièce de luxe a été trouvé sur un champ près Gansau, département d’Oldenstadt.

Dans le mùsée de Wiesbaden on trouve deux exemplaires ; l'un est fragmenté, faiblement bombée, ayant 3 cannelures le long des bords du disque; il a été trouvé à Gambach près Wetzlar; l’autre est petit, aux disques à petits boutons, provenance inconnue. *)

Aussi loin qu’en Hollande un exemplaire de ce type a été trouvé. Il se garde dans le musée de Groeningen, étant trouvé près Bonnerveen dans la province Drenthe.1 2)

Enfin il se trouve dans le musée de Kiel quelques exemplaires, dont deux aux disques aplatis, provenant d’une trouvaille de depot près Oldeslolie en Holstein. Deux pièces semblables de la même trouvaille se gardent dans le musée de Copenhague. 3) Un troisième exemplaire, fragmenté, dans le musée de Kiel, est trouvé près Hellewitt sur l’île d’Als.

Jettons nous maintenant un coup d’oeil sur le matériel exposé des musées allemands, nous verrons comment 61 exemplaires proviennent des provinces de Saxe, de Brandebourg, de la Pomméranie et de Mecklembourg du Sud-Est. De Hanovre, de Hesse et de Holstein on ne connaît que 14 exemplaires; 4) de plus un de Hollande. La forme se montre donc sur le territoire allemand comme étant orientale, ainsi qu’il a déjà été démontré par M. Muller. 5) De ce qu’il a été dit ici au-dessus, on doit aussi avoir remarqué, comment on peut discerner entre deux variétés, dont l’une a les disques basses et le plus souvent lisses ou avec

1) M. von Coitausen, qui a eu la bonté de me communiquer, ce qu’on sait des lieux de trouvaille de ces fibules suppose qu’ aussi cet exemplaire est trouvé près du Rhin.

2) Y. Montelius dans Kongl. Vitterhets • Historié och Antiquitets Akademiens Mânadsblad, 1879 p. 144.

3) Y. Antikvariske Annoter , IV, pl. II fig. 4; Norclisk Tidsskrift for Oldkyndighed , I, p. 218; Kicler Berichte, V, p. 17.

4) Y compris les deux exemplaires de Holstein (Oldeslohe) dans le musée de Copenhague.

5) V. Müller : Die nordische Bronzezeit , p. 37.

une verrue, ou aux ornements poinçonnées (notre pl. XI fig. 4); l'autre variété, que je croix la plus jeune, a les disques plus bombés et garnis d’ornementations, côtes fondues en relief (notre fig. 14). La dernière variété, plus jeune, provient du Brandebourg du Nord et de la Pomméranie.

Ici il faut aussi citer l’exemplaire, illustré comme fig. 15, pièce qui vient de paraître loin vers le Sud, dans un territoire étranger. Cette pièce déroutée a été trouvée dans une station lacustre, près Corcelettes, dans le lac de Neufchâtel, Suisse; avec un

vase nordique à suspension en bronze, trouvé en même lieu, elle se garde à présent dans le musée de Lausanne. x) J’ai déjà ici au-dessous, p. 42, fait voir ce que je pense, quant à l’importance de cette trouvaille, et je dois quant à la fibule seulement ajouter, que son type semble indiquer le Brandebourg du Nord ou la Pomméranie comme son pays.

En passant maintenant aux pays Scandinaves je commence par le Danemark. Je distingue aussi dans le Nord entre les deux variétés, l’une aux disques fortement bombés, aux ornements moulus en relief, l’autre aux disques aplatis, ornés d’un petit bouton ou bien pourvus d'ornements poinçonnés. Sous cette dernière variété je cote aussi des pièces comme notre fig. 16 et comme pl. IX fig. 6, dont plus bas.

La variété aux disques aplatis m’est connue de Danemark en nombre de 30 exemplaires, dont 29 dans le musée de Copenhague, 1 dans la collection de la ville d’Odense. De ce nombre 5 sont trouvés en Jutland, 12 sur la Fionie (y compris 1 sur l’île voisine d’Aeroe), 10 en Selande (y compris 1 sur l’île voisine de Samsoe); pour 3 la provenance m’est inconnue.

1) V. Montelius dans Mànadsblacl, 1879, p 144. Je dois le dessin reproduit ci-haut à l’amitié de M. le dr. Montelius

Fig. 15 Va-

L'autre variété, représentée par notre fig. 14, je connais du Danemark en 22 exemplaires, les 21 dans le musée de Copenhague, 1 dans la collection de la ville de Viborg. Ils provien-

Fig\ 16. 2/»-

nent 4 de Jutland, 4 de la Fionie, 6 de Lollande et de Falster, 4 de Selande et 1 de Bornholm; pour 3 je ne sais pas désigner les lieux de trouvaille. Digne d’une mention particulière est un de ces exemplaires, provenant de la Fionie (dont seulement facsimilé en Copenhague; l’original se trouvait dans la collection de S. M. le roi Frédéric VII). Il est plaqué des lames d’or, comme une pièce déjà mentionnée, du musée de Hanovre. Comme lig. 17 j’ai dessiné une pièce qui aussi a été comptée sous

ce type, quoique elle soit formée d’une manière tout particulière. Les disques ne sont pas moulus, mais ont originairement été des plaques repoussées. Je pense de cette pièce, que les disques dès

l’origine ont été des boutons repoussés, de provenance étrangère ; au Nord alors le porte - bouton a été brisée ; les trous, ainsi rompus au milieu des plaques, ont, comme le représente illustration, ensuite été remplis par métal ; toutes les deux plaques ont depuis été liées ensemble par ce moyen qu’on aura ajouté un corps avec une petite cheville à recevoir l’aiguille: de cette manière on aura obtenu une fibule de ce type. Toute la pièce me semble intéressant par ce qu’elle met en lumière la maladresse technique des anciens hommes du Nord, quand la donnée proposée ne fut pas de mouler toute une pièce entière nouvelle. La pièce provient d’une trouvaille de tourbière de Bindeballe, département de Veile, Jutland.

On rencontre encore en Danemark une variété, digne d’être mentionnée à part. Elle est représentée par fig. 3 sur notre pl. XI et se distingue par une grandeur tout minime. Elle m’est connue du musée de Copenhague en 7 exemplaires, dont 5 trouvés à Jutland, 1 à Seland du Nord-Ouest, près Kallundbourg, contrée qui s’approche beaucoup à Jutland quant à ses trouvailles de bronzes; enfin 1 vient d’être fouillé sur l’île de Langeland,

En Suède on a aussi trouvé des fibules lunetti - formes en grand nombre, savoir dans un ensemble de 44 exemplaires. 1) D’environ 30 je sais qu’ils appartiennent à la variété plus jeune, aux disques bombés avec des ornements moulus; les 8 en doivent être rapportés à l’autre variété; quant aux autres je ne sais rien dire de ce détail.

Aussi à Finlande une fibule lunetti-forme a été apportée, savoir une trouvée près Vibourg, exemplaire de la même variété que notre fig. 14. 2)

En Norvège ce type de fibulue a été trouvé en deux exemplaires, tous les deux des régions orientales du pays, près de Christianiafjord. L’un est représenté par notre fig. 18, de l’autre l’une moitié a été reproduite sur notre pl. XI comme fig. 5. 3)

*) Y. Montelius dans Bohuslanskd Fornsaker, Bihang, p. 43 sqq., Mânadsblad , 1880, p. 144.

2) Y. Aspelin: Antiquités du Nord Finno-Ougrien , fig’. 393.

3) V. Aarsberetning fra Foreningen til Norske Fortidsmindesmœrkers Bevaring , 1870, p. 68; ibidem 1874, p. 75.

Aussi dans les pays Scandinaves le type se montre comme étant un oriental: en Jutland on ne le trouve que rarement, en comparaison de la Suède, qui pourtant est bien plus pauvre quant

Fig. 18. V*.

aux trouvailles de bronze. Sur les côtes d’Ouest de la Norvège, où le type occidental E est assez fréquent, notre lunetti-forme n'est jamais trouvé. Des contrées autour de l’embouchure d’Oder le type doit certainement avoir été transféré aux îles danoises et à la Suède, où il se trouve en effet assez fréquemment. A Jutland il n'est arrivé qu’en exemplaires bien rares. En sa variété plus jeune, surtout paraissant dans la Pomméranie (notre fig. 14) il a été le plus répandu: c’est sous cette forme que le type est parvenu à Finlande, à la Norvège, et qu’il abonde dans les provinces de Bohuslen et de Vestrogotbie en Suède. Dans sa forme changée, miniature, le type a aussi pénétré sur le territoire du groupe occidental de l âge de bronze Scandinave. Ce que je viens d’exposer ici, a déjà auparavant correctement été compris et prononcé par M. Millier. ')

Avant d’aller à discuter l’origine du type, je dois aussi mentionner un type de fibule allié, le seul, que je n’ai pas encore traité.

q V. Müli.er: Die nordische Bronzezeit, p. 37; à comparer aussi son indi-

cation de la présence de ce type dans les trouvailles de depot et dans les tombeaux sur les différents territoires.

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