G. FIBULES AU CORPS RAYÉ
Notre fig. 19 représente enfin le dernier des types de fibule, existant en dedans de l’âge de bronze du Nord. Le corps est fortement prononcé, vigoreux et épais, aux raies transversales;
Fig. 19. 2/3.
les disques en spirale ne sont pas bien grands; leur intérieur forme presque une plaque et est rempli par une tige aplatie, allant en quelques tours; au tour extérieur la tige est ronde et ornée de lignes transversales. La tête d’aiguille est arrondie et forme une excavation, au milieu de laquelle on a fixé un petit bouton. La courbe pour y recevoir l'aiguille est à ce type constamment formée comme au type E, par une inflexion de la tige, allant former le disque inférieur.
En Allemagne ce type ne se trouve qu’à Mecklembourg et aux régions voisines Du musée de Schwerin j’ai noté 3 exemplaires.1) Un exemplaire dans le musée germanique à Berlin (no. II, 9,545) est trouvé à Bergedorf, près Hambourg. Un exemplaire de Holstein se garde au musée de Kiel. Je connais encore un exemplaire de ce type, fouillé en Holstein. 2)
Au Nord le type se trouve dans le musée de Copenhague en 12 exemplaires, dont 3 proviennent de Jutland, 1 de la Fionie, 4
x) V. Frederico - Francisceum, pl. XX fig. 13; Horœ fer aies, pl. XXII fig. 4 — 5: Lindenschmit : Die Alterthümer unserer heidnischen Vorzeit , I, VII pl. 3. Quand dans le deux ouvrages dernièrement cités on va nous annoncer qu’un exemplaire a été trouvé à Perugia en Italie, cela a déjà, il y a long temps, été démenti. Aussi cette pièce, illustrée chez Kembi.e et Lindenschmit comme étant de provenance italienne, a été trouvé eu Mecklembourg.
2) Y. Cambrer : Sechs Schreiben von einigen Merkwürdigkeiten der holsteinischen Gegenden, Leipzig , 1756, 4to, fig. 4, p. 193.
du Seland du Nord; de 4 je ne peut pas donner de renseignements. De la Suède 1 exemplaire m’est connu, trouvé en Scanie et gardé dans le musée de Stockholm. C’est celui, qui ici a été reproduit comme fig. 19. En Norvège ce type n’est pas trouvé.
Ce type est donc bien peu nombreux et trouvé dans un tertoire limité. De Mecklembourg il s’est répandu à Jutland, aux îles danoises et à la Scanie. Les exemplaires, dont je connais les détails de trouvaille, proviennent de tombeaux. Le type se rattache ainsi, dans sa provenance, au type E. De sa situation typologique je vais parler dans l’exposé suivant.
Quant aux refations réciproques existant entre les types E, F et G on aura ici au-dessus vu que je suis d’une toute autre opinion que M. Hildebrand. Comme déjà mentionné, cet excellent savant suédois pense que le type G se soit développé du type E et que la fibule lunetti-forme se soit encore développée du type G, d’abord la variété fig. 16, puis la variété la plus jeune fig 14 x) En même temps que M. Hildebrand et indépendamment de lui, M. Montelius était aussi arrivé aux mêmes résultats, chose, dont il vient encore de s’expliquer, il y a quelque temps ; 2) d’une forme fondamentale, comme notre fig. 12, des formes comme pl. VIII fig. 10 et IX, fig. 4 se sont développées; — de là nous parviendrons à notre type G (fig. 19), puis à celui de la pl. IX fig. 6, ensuite à notre fig. 15, où le tour extérieur du disque en spirale est encore dégagé, puis aux pièces lunetti-formes, aux disques aplatis, comme fig. 4, sur notre pl. XI, et enfin à la variété la plus jeune, comme notre fig. 14.
Dans son ouvrage, assez souvent cité, sur les périodes de l’âge de bronze nordique, M. Millier a fait valoir une autre opi-
0 V. Hildebrand dans Antikv. Tidskrift for Sverige , IV, p. 34 sqq.
2) V. Montelius: Antikv. Tidskrift for Sverige , III p. 220 sq.; Bohuslanska Fornsaker , Bihang , p. 44 sqq.
nion, en mettant le poids principal sur la base géographique, sur ce fait, que E est un type d’Ouest et F un type d’Est. Dans les formes moyennes qu’on a considérées comme des chaînons dans la série de développement typologique, il voit des témoignages des actions réciproques qu’ont exercées les deux formes en question, Tune sur l’autre. Relativement au type F il fait entrevoir qu’il pourrait avoir son modèle dans les formes de fibules de spirales plus méridionales. Dans mon opinion je me joins de bien près à celle de M. Millier, et je crois pouvoir la préciser encore plus qu’il ne l’a fait.
La série de développement, établie par les confrères suédois, a une assez belle apparence; mais elle me semble être trop artificielle et, avant tout, manquant de ce que j’exige d’une série typologique, savoir le point d’appuie dans la propagation géografique des formes. Le type G, étant dans cette même série le chaînon le plus important, est d’une nature assez locale, étant originaire de Mecklembourg; les formes fig. 16 et pl. IX fig. 6, formant le pont entre ce type là et le type F, ne se voient qu’au Nord (les îles danoises et Scanie); le développement ne saurait donc pas être placé en Allemagne; mais de l’autre côté les pièces méridionales allemandes lunetti-formes paraissent être les plus originales.
Ici au-dessus, pag. 94, j’ai démontré que le type E (fig. 12) ne saurait pas être considéré comme forme de source des fibules de l âge de bronze du Nord, —que ce type s’émane dans les pays Scandinaves en deux variétés distinctes, et qu’il descende, dans son enceinte, vers le commencement de l’âge de fer. Aussi en considérant le type F, sous un jour typologique, je trouve que le fond de ma manière de regarder les faits de l’histoire de civilisation de l’Europe du Nord pendant les temps préhistoriques vient se confirmer: Le méridional est en entier plus antique, plus original et sert de modèle à ce qui se rencontre plus au nord.
Je trouve que quelques-unes des fibules lunetti-formes, qu’on rencontre plus loin vers le Sud, nous montrent le type dans son apparence la plus antique et la plus originale, ainsi la pièce par 9 V. Müller: Die nordische Bronzezeit , p. 39.
exemple illustrée sur notre pl. X fie:. 1, du musée germanique de Berlin, trouvé à Schmon, cercle de Mansfeld. Typologiquement je mets celle-ci en rapport à la fibule en spirales, illustrée sur la même pl. fig. 2, du type, qu'on appelle ordinairement le type de Hallstatt, sur lequel type plus haut, p. 62 sq., j’ai dit ce que je pense. Ce type s’est depuis l’Europe centrale poussé vers le Nord, étant trouvé fréquemment justement aux contrées meme, où notre type F paraît d’abord. *) Ici il est aussi le plus souvent fourni de boutons saillants au milieu des disques, ainsi qu’on le voit sur l’exemplaire dessiné, du musée de Stettin, trouvé dans une tourbière à Gollenberg, Pomméranie. Sur notre pl. X fig. 1 des disques moulus en entier ont remplacés les disques en spirale.2) Autour du bord quelques cannelures coulent, en guise d’ornement et rappelant les spirales originales. Un détail bien caractéristique sont les boutons au milieu des disques arrondis. Le noeud, qui sur la fig. 2 relie les disques, est ici remplacé par un corps, qui au milieu a reçu un élargissement en forme de lame, rappelant notre type A. Du côté de l’un des bouts du corps une petite cheville vient d’être moulue, de sorte que l’aiguille puisse
*) Je cite de ces régions seulement : de Gorlitz , collection de la société historique, 1 exempl. trouvé en Lausitz; Berlin , musée germanique: 1 exempl trouvé à Calbe surSaale; 1 exempl. d’une trouvaille de Zilmsdorf, Brandebourg; 2 exempl., trouvés à Sommerfeld, cercle de Crossen, Brandebourg; Stettin , l’exemplaire susnommé etc.
2) A comparer la pièce dessinée sur la pl. VI de Floth. J’ai plus haut (p. 30 1) exposé comment les rapports des bronzes nordiques à ceux du Sud bien souvent sont illustrés par cela que ce, qui sur ceux-ci est composé et constructif, sur ceux-là est imité, de sorte que la construction originale est seulement indiquée par des ornements; p. ex. les diadèmes nordiques (ou bien colliers selon M. Voss) ornées des cannelures (comme Madsen: Afbildninger, Broncealderen, I, pl. 31 fig. 3 — 6) nous renvoient à un type composé (Madsen : ibidem , pl. 33, fig. 2); une forme moyenne se rencontre en Allemagne du Nord (dessinée p. ex. chez Bastian u. Voss : Bronzeschwcrter, pl. III). D’autres parallèles peuvent être cherchées de bracelets et d’autres formes d’antiquité. — Dans le musée de Copenhague on voit une analogie frappante au rapport de notre type F aux fibules en spirales. Aux pièces de parure de deux disques liés en spirales, comme no 18,180, réponde comme reproduction nordique no. 2314, d’une trouvaille de tourbière à Tune près Roskilde : les disques sont des plaques moulues en entier, faiblement bombées, cependant le tour extérieur est à demi dégagé. A comparer quant à la variété fig. 16 plus bas p. 112.
être reçue entre celle-ci et le corps. Notre fïg. 1 se montre bien certainement pas seulement comme une imitation du type fïg. 2, mais annonce déjà un certain caractère indépendant, dans la voûte agréable des disques, dans les bonnes proportions du corps. On trouvera peut-être des exemplaires qui vont mettre l imitation en relief d’une manière encore plus évidente; mais j’ai illustré cet exemplaire comme le représentant de la variété, qui se trouve plus vers le Midi, et que je considère comme la plus antique.
De bien près à cette variété, mise à la tête, se joint depuis des exemplaires aux disques comme notre pl. XI fig. 1, avec des verrues au milieu des disques, qui n’ont plus gardé la forme arrondie, mais qui ont pris celle de l’ovale. Dans ces verrues je vois un motif qui rappelle les boutons sur pb X fig. 1. Fréquemment les verrues sont remplacées par un ou plusieurs groupes de cercles ou par d’autres ornements poinçonnés (pl. XI fig. 4). L’ordinaire de cette variété est, que le disque est entouré d’un bord en relief, ayant des raies transversales comme le tour extérieur d’un disque en spirale; une petite cheville à aiguille se voit sur ce bord. La tête d’aiguille de cette variété a pris la forme d’un anneau, ou celle qu’on voit sur l’aiguille illustrée sur notre pl. IV; parfois elle est aussi formée comme une plaque arrondie, ornée (pl. XI fig. 4).
Dans le Brandebourg du Nord et dans la Pomméranie paraît ensuite la variété fig. 14, se poussant le plus loin vers le Nord- Est. Les disques deviennent plus fortement bombés et ne repo sent plus au même plan, mais se replient parfois l’un vers l'autre avec les dessous concaves; cela se voit le plus distinctement sur un exemplaire, trouvé en Danemark, sur le Seland du Nord. Les disques de cette variété sont ornés de côtes, moulues en relief, le plus souvent parallèles aux bords, comme sur les figures 14 et 18 plus haut. Souvent aussi le motif est des séries de petits groupes de cercles comme sur le disque illustré sur la pl. XI comme fig. 5. Ce motif est bien certainement une imitation du même motif, qui si souvent, en oeuvre repoussée, se trouve sur les x) Illustré chez Madsen: Broncealderen, pl. XXX fig. 13.
ouvrages en bronze des civilisations plus méridionales. Sur le côté de dessous des disques on voit aussi sur cette variété souvent des raies saillantes, partant du point, où le corps est joint au disque; pl. XI fig. 1 et pl. X fig. 1 représentent de tels détails; sur plusieurs exemplaires, surtout de provenance Scandinave, ce détail a la forme d’une main etc. *) On a supposé que cela est des marques de fabrique. Je suis pourtant porté â croire, que ces côte sont originairement eu une valeur pratique pour affermir le point, où le corps se joint au disque.
A ce type la tête d’aiguille a le plus souvent la forme qu’on voit sur fig. 14; parfois les bouts de cette tête d’aiguille se trouvent être formés en tête d’oiseau, ainsi que sur notre pl. IX fig. 5, pièce du musée de Copenhague, et ainsi que sur 2 exemplaires dans le musée de Stockholm. 2) Sur cette variété aussi la partie inférieure de l’aiguille se trouve ornée de raies; la petite cheville à l’aiguille a bien souvent été placée un peu en dedans du bord du disque. J’ai plus haut mentionné comment cette variété, que je crois être la plus jeune, est devenue la plus répandue; très nombreuse en Suède, elle est aussi découverte en Finlande et en Norvège de l'Est.
Le type G, qui par MM. Hildebrand et Montelius a été donné tant d importance comme chaînon de développement, ne l’a pas, selon moi. Pour moi il se montre comme un développement seulement local, type qu’on saurait nommer un type de Mecklembourg. Il se montre sur le territoire du type d’Ouest E et se rattache, en somme, de bien près à celui-ci, quant à la construction; la courbe pour l’aiguille, détail si caractéristique, est ainsi identique. Dans la particularité du aplatissement des disques en spirale on pourra peut-être trouver des traces d’une influence faible exercée du type F; de même peut-être le bouton appliqué au milieu de la tête arrondie de l’aiguille, qui
1) Y. Hildebrand Spannets historia (Antikv. Tidskrift for Sverige, IV) fig. 14 et 15. Sur quelques-uns des exemplaires on trouve ce détail sur le côté de dessous du disque, non pas au bord, où il se joint au corps, mais sur le côté opposé; ici, selon moi, le détail doit avoir perdu son signification originale constructive et n’être qu’ ornementaire.
2) L’un illustré chez Montelius : Antiquités suédoises, fig. 223.
est perdu sur la pièce illustrée fig. 19, doit être vu sous rapport aux boutons des exemplaires primaires du type F. 1)
Les variétés pl. IX fig. 6 et fig. 16 ici plus-haut sont par M. Montelius considérées comme les derniers chaînons, avant que nous parvenions au type développé F. Il doit donc présumer que la petite verrue au milieu des disques (fig. 16) se développe et devient à la fin les grand boutons qui se voient sur la variété la plus méridionale pl. X fig. 1. Ces formes de transition ne sont jamais trouvées sur le territoire d’Allemagne, ce qui, par soi-même, jure fortement avec cette série de développement; aux pays Scandinaves elles ne se rencontrent que sur les îles danoises et sporadiquement en Jutland et en Scanie. 2) Cela est justement le territorie, où le groupe d’Ouest et celui d’Est de l'âge de bronze nordique, et ainsi aussi les types de fibule E et F, se rencontrent. Je regarde ces formes de transition comme des produits de ce contact, comme des formes bâtards. Sous action des fibules d'Ouest, qui aboutissent en disques en spirale, les grands disques du type F, qui originairement, loin vers le Sud, furent formés, imitations des grands disques en spirale, vont se dissoudre. Le bord enchâssant le disque se dégage comme sur fig. 16. Le petit bouton au milieu de la plaque se conserve pourtant encore, témoignant de la dérivation du disque comme pl. XI fig. 1. Sur la pl. IX fig. 6, le disque s’est tout à fait transformé en une spirale aplatie. Sur plusieurs exemplaires l’action du type E se montre bien
*) Je rappelle ici comment aussi une autre variété locale, la fibule de Bornholm, dont voir plus haut p. 71 sq., a un bouton sur sa tête d’aiguille, de sorte que celle-ci a pris la forme d’un tutulus nordique. Il me semble probable, que les tutuli nordiques (voir Montelius : Antiquités suédoises fig. 180 — 181) sont construits en imitations de disques en spirale à bouton, comme ceux qu’on voit sur J a fibule pl. X fig. 2.
2) De la variété fig. 16, à un tour extérieur dégagé, j’ai noté du musée de Copenhague 9 exempl., dont 1 de Jutland, 4 de la Fionie, 1 de Seland, et 4 dont j’ignore les endroits de trouvaille; se joignant à la pl. IX fig. 6 je peux indiquer 5, dont 1 de Jutland, 1 de la Fionie, 1 de Seland; des deux je ne sais pas la provenance. La pièce illustrée a été trouvée près Slagelse, Seland. Müller (Die nordische Bronzezeit p. 38 2) indique d’autres chiffres, par ce que nous venons de distinguer entre les variétés sur de différentes manières, mais il arrive pourtant aux mêmes résultats.
fortement à la petite cheville pour l’aiguille : celle-là se transforme presque entièrement en une petite courbe comme sur le type E. *)
De même qu’aux variétés sus-nommées je crois découvrir l’action du type E sur le type F 2), de même je crois aux plusieures fibules «du type E pouvoir remarquer le contact avec le type F. Pag 89 ici au-dessus j’ai mentionné comment le type E découle en deux variétés. De l’une de ces variétés, au corps raccourci et élevé, quelques pièces ont le corps tellement gros et si fortement courbé qu’elles vont nous rappeler le type F (à comparer la forme Mecklembourgoise G, créée par une influence semblable); depuis celles-ci ont souvent une tête d’aiguille qui a emprunté sa forme d’anneau du type F; voir notre pl. IX fig. 4 et au-dessus p. 90. Des exemplaires sur lesquels je crois pouvoir signaler cette influence, se trouvent justement en particulier sur les mêmes limites entre les deux groupes en question, d’où je viens de citer les formes-bâtards fig. 16 et pl. IX fig. 6: quelques-uns de Jutland, de la Fionie, divers de Seland et un seul de la Scanie (musée de Stockholm no. 1518). L’anneau de la tête d’aiguille a aux pièces, que voici, parfois reçu des bras diamétraux (pl. IX, fig. 4). Aussi sur le territoire d’Allemagne on peut indiquer quelques exemplaires du type E, qu’on doit ici mentionner: 2 pièces dans le musée de Schwerin (no. 2264 et 2321, plus haut p. 88) semblent avoir subies l’influence du type G ; un exemplaire, mentionné p. 86 sq., dans le musée de Neu-Brandebourg, a des disques, où seulement le tour extérieur est dégagé d’une plaque; cependant cette pièce se trouve isolée, elle a les disques tout petits comme sur fig. 12 et doit le plus correctement être juxtaposée à des pièces comme notre pl. VII fig. 3.
Je ne peux pas admettre une si grande importance de l’exemplaire de provenance d’Hallande, illustré pl. VIII fig. 10 et mentionné p. 91, que M. Montelius semble vouloir lui attribuer,
1) V. ÏÏILDEBRAND 1. C. fig. 9 — 10.
2) De la variété en miniature du type F, reçue dans le groupe d’Ouest, représentée par pl. XI fig. 3 voir plus haut p. 104.
Undset: Sur l’âge de bronze.
quant au développement par lui supposé. *) Relativement au détail de la tête d’aiguille, je compare cette pièce aux plusieurs autres exemplaires, mentionnés plus haut et qui ont été illustrés par exemple pl. VU fig. 2, pl. V fig. 2: le dit détail ne prouve point une période plus jeune ou un dégré plus développé, mais, quant à la pièce en question, seulement un travail plus grossier, moins détaillé.
J’ai fini mon traitement des types de fibule en dedans le groupe du Nord de l’âge de bronze. J’ai indiqué la propagation géographique des divers types, j’ai cherché d’éclaircir leurs relations réciproques et typologiques.
Je ne peux pas ici retenir une remarque. Personne niera probablement, qu’il existe une cohérence intérieure entre ces groupes de fibules, qui les attachent les uns aux autres, en même temps qu’elle les distinguent des types de fibule qui se trouvent en dedans des autres groupes de l’âge de bronze. Celui qui a adopté la théorie allemande, que les bronzes ne sont qu’exotiques en Europe du Nord, doit donc s’imaginer que des fabriques dans le monde classique travaillaient tous ces types de fibules, organiquement différents de ceux qui furent en usage chez les peuples classiques, et cela uniquement pour les exporter aux barbares du Nord, et que ces fabriques travaillaient un type pour Hanovre, un autre pour Bornholm, un troisième pour le Mecklembourg, — un type pour les contrées d'Ouest du Nord, encore un tout autre pour celles d’Est, mais des formes moyennes pour les contrées, situées au milieu. Est ce donc cette théorie qui vient se présenter comme naturgemass and unbefangen?
1) V. Montelius: Bohuslanska Fornsaker , Bihang , p. 45.
L’aperçu donné sur les fibules du Nord se liait à un traitement des fibules de l’âge de bronze de la Hongrie. J’ai cherché à démontrer, comment celles-ci se répandirent vers le Nord, et comment aux mêmes contrées, où des pièces vraies hongroises se rencontrent, paraissent aussi des formes nordiques, se serrant bien près à celles de la Hongrie, faisant un pont sûr entre tout l’âge de bronze de la Hongrie et le monde de bronze du Nord. Les séries s’entrelacent, et typologiquement et géographiquement parlé. Plus nous nous éloignons de Sud - Est, plus se transforment les types. Le type F occupe une autre position: celui-ci j’ai mis en relation avec un type, que se trouve bien certainement aussi aux pays austro-hongrois, mais qui provient spécialement, il paraît, d’une autre période, que de la propre époque des bronzes hongrois.
Je m’abstiens encore ici d’essayer de gagner des dates chronologiques, tant pour l’âge de bronze hongrois que pour celui du Nord; — je m’abstiendrai de plus d’ouvrir une enquête sur l’âge respectif des divers types nordiques, comparés les uns aux autres, par ex. d’examiner la situation chronologique des bronces nordiques de l’Ouest, comparée à celle des bronzes de l’Est, ce qu’on serait porté à entreprendre à propos des différences chronologiques, qui pourraient être signalées chez les formes méridionales, avec lesquelles ils ont été mis en rapport. Je reviendrai plus bas dans cette suite d’études à ces questions, après avoir traité plus de formes séparées et les trouvailles réunies.