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LES ÉPÉES

Les épées forment un groupe, assez marquant, dans Page de bronze hongrois, et à cause de ses formes particulières et à cause de sa provenance, assez fréquente. En 1876 dans le musée et à l’exposition on trouva un total d’environ 1 10 épées en bronze ; en outre plusieures pièces, trouvées en Hongrie, sont gardées dans des musées étrangers.

M. Montelius vient, dans un exposé typologique sur les poignées des épées en bronze, de traiter aussi quelques-unes des formes hongroises.1) Il ne prend pas y — comme le dénote le titre de son mémoire — les lames en considération. Aussi dans mon opinion sur la typologie des poignées je m’écarte de lui, comme on le verra ci-dessous. M. Hildebrand a aussi effleuré la question des épées hongroises, mais ce n’est qu’une seule forme, dont il se soit occupé, et celle-ci il n’a traité que par comparaison aux épées distinctement nordiques. 2) M. Hampel nous a livré un résumé sur les formes des épées hongroises, sans pourtant vouloir toucher à leurs connexions typologiques vers le Nord-Ouest et Sud-Est. 3)

1) Y. Montelius : Sur les poignées des épées et des poignards en bronze

(dans le Compte-rendu du congrès de Stockholm , II. p. 882 — 923).

2) V. Hildkbrand : Sur les rapports existant entre l'âge du bronze de la Hongrie et Vâge du bronze Scandinave , (ibidem I, p. 536 — 552).

3) Y. Hampel: A magyarhoni bronzkardokrol (dans le Archœologiai Értesito , XI kotet, 1877, p. 41 — 55). Ne sachant encore presque point la .langue hongroise il m’a été assez difficile de comprendre clairement le mémoire précité de M. Hampel, dont je crois pourtant avoir saisi l’essentiel.

Je vais tout de suite expliquer mes idées.

Je regarde la forme, représentée par la pl. XIII fig. 1, des épées hongroises, à la poignée moulue, comme la forme la plus primitive. La lame est d’une longueur modérée, aux bords parallèles. Au long de la ligne médiane de la lame court un dos, une saillie, qui lui donne l’apparence de force et de tranchant* La poignée est tout simple, ornée de trois bandes saillantes ; sa partie inférieure, qui enserre la base de la lame, fait voir un évidement entre les deux lobes, qui embrassent la lame, en s’avançant de chaque côté, étant fournis de deux rivets qui retiennent la lame. La poignée est couronnée d’un pommeau arrondi.

L’exemplaire reproduit est assez simplement travaillé, sans ornementations; c’est pourtant la combination de cette forme antique de la lame avec cette forme de la poignée, d’après mon su, la plus ancienne, qui me porte à mettre cette forme d’épée à la tête.

On s’est à raison imaginé que les poignées originales des épées en bronze ne fussent pas d’une fonte de bronze en entier, mais qu’elles consistèrent en une soie aplatie (à comparer les poignées des types, du reste développés et récents, pl. XVI fig. 4 et pl. XVII fig. 1), qui était garnie des deux côtés de montures en bois ou en corne. Je reviendrai plus bas, quand je vais à l’enquête des modèles et prototypes des épées hongroises, à ce détail, cherchant alors de l’éclaircir plus amplement. Je dois donc regarder notre poignée comme une imitation de celle en bois ou en corne: les trois bandes moulues en relief sont, selon moi, des souvenirs de liens, attachants les deux moitiés de la poignée autour de la soie plate.

La fig. 2 de la pl. XIII est d’une connexion assez proche à la fig. 1, reproduite sur la même planche. Sur cette pièce les trois cordons sont plus larges et plus saillants; la lame est ici d’une forme différente. Au long du milieu de la pièce on ne découvre ici point de dos convexe en saillie, mais, en partant de la ligne médiane prononcée, la lame décline successivement vers les deux tranchants, de même qu’un toit de maison décline des deux côtés de la faîte. J’appelle cette forme de la lame tectiforme.

On ne découvrit dans le musée et à l’exposition que bien peu d’exemplaires de cette forme, aussi peu, que la forme ne se marquait pas bien à côté des types dont je parlerai plus bas, et auxquelles de divers exemplaires formaient, pour ainsi dire, le pont. Cependant j’ai cité ces exemplaires, ayant leur représentant dans la fig. 1 de la pl. XIII, avant les types suivants toutefois plus caractéristiques, puisque je les considère comme typologiquement plus anciens et puisque je trouve en eux la base du développement des types suivants.

En mettant ces pièces, d’une empreinte plus originale, sous la rubrique A, je cite comme B et C les deux autres types du cachet le plus marquant et étant les plus nombreux des épées hongroises, lesquels sont reproduites ici fig. 20 et 21.

Le type B, illustré par fig. 20 ou mieux encore dans sa forme caractéristique par la fig. 3 sur notre pî. XIY, a gardé les 3 cordons autour de la poignée, fortement développés, lesquels, à la forme A, nous avons censé d’être une imitation d’un détail important constructif aux poignées primitives en bois ou en corne. Le montant de la poignée est rectiligne et de celui-ci les cordons saillent en relief, fortement accentués, étant ordinairement garnis d’ornementations en raies; voir pl. XIV fig. 3 a. Au-dessus la poignée aboutit en un pommeau, étant tout petit, arrondi, ou un peu ovale, constamment ornementé, le plus souvent par des dents de loup. Du côté du petit bouton, qui en forme le centre, le pommeau est perforé d’un trou, détail tout caractéristique pour les épées hongroises, et dont la signification pratique doit avoir été, qu’on pût par là introduire un cordon au travers du pommeau, faisant le même service que le porte-épée de nos jours. La partie inférieure de la poignée est assez large, coupée en ligne droite, avec un évidement entre les deux lobes, qui embrassent la lame, y fixée par des rivets.

La lame est d’une forme très développée, développement ultérieur de la forme qu’on voit fig. 2 de la pl. XIII, tectiforme dans sa coupe transversale, gardant un fort élargissement à sa partie inférieure. La partie extrême vers la pointe

est bien souvent fournie de lignes finement travaillées. 1 ) Ce qui est le plus caractéristique c’est pourtant un fort rétrécissement de la partie supérieure vers la poignée, par des incisions des deux côtés de la lame. Au point, où la poignée enserre la base de

la lame, celle-ci est encore fortement élargie, de sorte qu’elle remplit complètement les lobes de la poignée et pourrait être solidement attachée à celle-ci. L’apparence de faiblesse, sous laquelle, vu ce

1 ) Je ne veux préalablement pas hasarder aucun jugement sur ce fait et sur l’espèce d’instrument par lequel ces lignes fines ont été adaptées; ce qui est sûr, c’est qu’elles ne sont, ni moulues, ni poinçonnées, mais tirées en effet, absolument différentes de toutes les lignes qui se voient sur les lames de provenance du Nord.

rétrécissement au-dessous de la poignée, la lame se présente devant nous, se trouve modifiée par ce fait, qu en même temps elle a obtenu une épaisseur augmentée.

Le type C est représenté par fig. 21, en entier, avec toute la lame, par fig. 1 sur la pl. XIV. La poignée en a reçu un développement assez curieux. Les trois bandes ne sont ici qu’ornementairement indiquées par des groupes de lignes, formant des rubans. Entre les rubans on voit des ornements, surtout des groupes de cercles et des spirales bâtardes. Le montant est faiblement renflé. Au sommet le pommeau est devenu grand et arrondi, les bords en sont relevés, de sorte qu’il a reçu la forme d’une coupe, forme caractéristique de ces épées de la Hongrie. Il est constamment richement ornementé des deux côtés. Un motif bien fréquent en dedans de la coupe est une bande de lignes qui s’entrelace autour des points fixes de cercles concentriques. Ordinairement le pommeau est aussi à ce type percé d’un trou. A la partie inférieure la poignée a le même évidement que sur le type B; l’entrelacement de ruban en lignes et les groupes de cercles, qu’on voit sur fig. 21 et sur fig. 1—2 de la pl. XIV, y sont les ornementations les plus usitées.

La lame est à ce type bien souvent richement et magnifiquement ornée. Au plus près de la poignée elle a une saillie médiane, ainsi qu’elle se voit sur le type A ; plus bas, là où la lame devient plus large et mince, cette saillie va se perdre et la lame devient tectiforme, presque plane. Sur les exemplaires plus splendides la saillie est à sa partie supérieure facettée, ainsi qu’il se voit sur fig. 1 pl. XIV, Tout en haut la lame est élégamment entaillée, étant ordinairement aussi ornementée sur ce point. Des ornementations de lignes relèvent souvent la forme élargie de la lame; les exemplaires plus riches ont aussi ordinairement vers la pointe des lignes finement tracées, comme celles, citées sous le type B.

Ce qu’on doit spécialement se noter comme particulièrement propre aux types hongrois, c’est le rétrécissement des lames tout audessous de la poignée, et leur élargissement prononcé plus bas,

les pommeaux percés d’un trou, et, au type C, le pommeau cupuliforme. Comme quelque -chose de bien caractéristique il faut aussi citer, que les épées hongroises sont ordinairement d’une longueur moins considérable; comme une mésure moyenne on peut accuser cm 65.

Je cite ici tout à la fois, comme les types D et E, deux types qui, bien qu’ils ne soient point particulièrement de provenance hongroise, doivent être placés fort, près des types hongrois, et qui sont aussi trouvés en Hongrie. Ils sont illustrés par fîg. 22 et par les dessins de notre pl. XV.

Le type D, notre fig. 22 et la planche XV fîg. 3 et 4, a, dans sa forme prononcée, le plus souvent la poignée à coupe octogone. Le montant en est ordinairement rectiligne et orné de trois groupes de lignes s’enlacantes autour de lui. Le pommeau en est tout petit et ovale, assez épais, manquant le trou perforé ; la partie inférieure de la poignée n’est pas coupé en ligne droite, mais toutefois les lobes sont un peu plus obliquement coupés, de sorte que leurs bouts descendent un peu sur la lame, laquelle a constamment une saillie convexe et n’est pas aussi élargie à la partie inférieure; les tranchants en soit parallèles.

M. Montelius pense que ce type, qui est très répandu par 1 Europe moyenne et qui, ainsi que nous verrons plus tard, est aussi représenté au Nord — garde la forme -la plus primitive des poignées moulues qui nous soit conservée, forme qui nous rappelle le plus les poignées originaires en bois ou en corne.

Il pense, que les formes des poignées hongroises, B et C, doivent se dériver du type précité: B par ce que les rubans en lignes, qu’on voit sur le type D, se soient dé-

veloppés aux bandes saillantes etc, — C par le renflement du montant et surtout par la croissance et le changement survenu du pommeau. Je pense au contraire que la poignée du type D doit nous renvoyer à une forme comme celle du type A: ce qu’on a imité les bandes, qui rattachaient les deux moitiés de la poignée en bois, par des lignes ornementaires, désigne évidemment un dégré postérieur que celui, sur lequel notre type A se trouve, où ce détail constructif a été reproduit mécaniquement par la fonte de la poignée même. Je ne peux pas admettre que ces bandes en relief sont développées des rubans en lignes, mais je crois au-contraire que ceux-ci, ornementairement, rappellent celles-là — rapport auquel on peut démontrer tant de parallèles. Ce que les bandes en relief se fixent comme détail caractéristique aux certains types, et le fait qu’elles se maintiennent sur ces territoires jusqu’aux temps les plus récents, ne prouve en effet rien contre mon assertion. Dans leure partie inférieure les poignées hongroise B et C sont aussi plus primitives que D, étant coupées en ligne droite, ce qui milite contre la supposition que celles-là se soient développées de D. Dans tout son caractère la poignée de notre type me semble aussi garder l’empreinte de quelque-chose de plus développé et de plus harmonieux, chose, qui s’oppose à ce qu’on ne le prenne pour une forme fondamentale.

Dans la forme de la lame le type D a conservé quelque-chose de plus original que B et C; il s’accorde en cela tout à fait avec A.

La propagation géographique de ces types me semble aussi appuyer mon opinion. Ainsi que je vais l’expliquer, le type D, dans sa forme développée caractéristique, n’est pas d’origine de la Hongrie, mais des contrées plus occidentales; pour moi il est donc parallèle aux types hongrois, — étant leur frère, mais point leur père.

Le type E, pl. XV fig. 1 — 2, se rapproche de beaucoup au type D et doit être développé de celui-ci. Il se signale pourtant comme un type spécial, par la forme de poignée particulière. Celle-ci est longue et étroite, plus étroite au-dessous du petit pommeau que plus bas près de lobes, enserrant la lame. Le mon-

tant est constamment un peu renflé, il a les bords latéraux un peu aigus et ordinairement aussi des bords un peu affilés au-dessus et au-dessous, de sorte que la coupe en devient quadrangulaire, aux angles arrondis et aux côtés courbés, ou formant à peu près un ovale. La pièce, reproduite pl. XV fig. 2, est à peu près unique, étant d’une coupe ovale octogone. Le pommeau en est constamment tout petit, rond ou ovale. La partie inférieure de la poignée est bien plus développée qu’à D, les lobes sont plus obliquement coupés, étant plus étroits, de sorte que l’évidement s’est agrandi. La lame en est la même qu’au type D; rarement elle montre à la partie supérieure de rétrécissement comme sur pl. XV fig. 1, mais c’est là une exception, pas un trait typique.

De ces 4 types il n’y a que B et C qui se trouvent en nombre considérable en Hongrie et qui sont particulièrement typiques à ce pays.

Du type B j’ai dans le musée national et à l’exposition noté en total 27 exemplaires, *) dont plusieures des pièces étaient cependant loin d’avoir atteint la forme typique la plus développée, comme le reproduit fig. 3 sur la pl. VI, lequel dessin représente un exemplaire de la collection de M. Ràth Gyorgy à Budapest. 2) L’original de notre fig. 20 provient de Salzbourg, voir plus bas pag. 127. Plusieurs exemplaires en avaient le caractère plus antique, se rapprochant de plus près au type A; il y en avait d’autres qui se rapprochèrent plus à un autre des types mentionnés. J’en cite particulièrement deux exemplaires d’une trouvaille près Kis-Bobrocz, comté de Liptau, fouillés avec deux fibules du type fig. 2 ci-dessus, et avec plusieurs autres bronzes; les épées sont d’un caractère assez ancien. 3) Sur quelques exemplaires dans le musée national la poignée va s’approcher au type C, le pommeau en s’agrandissant et le montant en faisant voir une certaine ten-

x) Les exemplaires du musée national sont représentés dans le Atlas photographié des antiquités du musée national de Buda- Pest, pl XII, XXXIX, XL, XLI, XLIII et LI.

2) V. Hampel: Catalogue de V exposition, p. 143.

3) V. Hampel: Catalogue de l'exposition, p. 16; Idem : Antiquités préhistoriques de la Hongrie , pl. X. Une partie de cette trouvaille est maintenant arrivée au musée de Berlin, v. Bastian u. Voss: JAie Bronzeschwerter etc, pl. XI.

dance à un renflement faible. Un seul exemplaire au musée national est dans la partie inférieure du montant de la poignée d’une coupe presque quadrangulaire, ainsi que cela vient d’être

indiqué comme caractéristique pour le type E. Notre fig. 23 représente une pièce particulièrement belle et intéressante, trouvée près Grosz-Wardein en Hongrie de l’Est.

Entre les bandes en saillie et au dessus du pommeau rond, agrandi, ayant le trou perforé, courent de beaux entrelacements ei spirales; sa lame n’en a pas de rétrécissement dans sa partie supérieure, mais les tranchants sont pourtant là, où les incisions se voient ordinairement, aplatis et dentelés. Un peu plus bas elle est un peu élargie, n’ayant pas. la ligne médiane bien prononcée. De l’exposition je cite de plus dans la collection Graffenried quelques exemplaires, en entier typiques, déterrés près Pered-Suto-Abod, comté de Borsod, et dans le comté de Gran, le dernier étant bien caractéristique par ce, que les lobes, enserrant la lame, ne sont pas coupés en ligne droite, mais obliquement, comme cela est l’ordinaire au type E.1) Dans la grande trouvaille de Hajdu-Boszormeny on a aussi découvert des épées de ce type-ci, quoique celles, qui étaient exhibées à l’exposition, appartenassent au type C, ou fussent de types l ien plus simples et moins caractéristiques. M. Graffenried était en possession d’une épée de notre type — , provenant de cette grande trouvaille. 2)

*) Y. Seidl - Kenner : Fund-Chronik dans le Archiv für Kun.de osterr. Geschichtsquellen , XXIV, pp. 351 et 868, où sont illustrées toutes les deux épées en question.

2) Y. Seidl-Kenner : Fund-Chronik dans Y Archiv etc XXIY p. 372 sqq., où comme fig. 69 une telle épée se voit assez mal dessinée. Pour autres

Aussi d’autres collections quelques épées de ce type, trouvées dans le territoire de l’âge de bronze de la Hongrie, me sont connues. Dans le cabinet d’antiquités de Vienne une très belle pièce de ce type se voit, déterrée à Bistritz en Transylvanie, portant l’empreinte du développement le plus haut et le plus récent, qu’a reçu ce type. ’) Dans la proximité on a aussi découvert une autre épée de ce même type, gardée dans une collection privée de la Transylvanie. 2) Dans le cabinet de Vienne on garde plusieurs exemplaires, y appartenants, dont je ne vais citer que le no. 1625, trouvé dans le comté de Kolosz, Transylvanie, et no. 1587, probablement trouvé en Hongrie. Dans la collection de la société anthropologique on voit aussi deux exemplaires de ce même type, trouvés en Hongrie.

Aussi du type C j’ai du musée et de l’exposition noté en total 27 exemplaires, provenant de la Hongrie et de la Transylvanie. On doit cependant, quant à ce chiffre, comme à celui, signalé pour le type B, remarquer, que quelques pièces paraissent balancer entre les deux types. 3) La pièce reproduite comme fig. 21 a été trouvée près Kormocz, comté de Bars; l’original de la fig. 1 de notre pl. XIV se garde dans la collection du collège réformé à Debreczen. 4) Pl. XIV fig. 2 représente la poignée d’un exemplaire, qui aies trois bandes en bas relief; il appartient à la grande trouvaille de Hajdu-Boszormeny. 5) Plusieurs exemplaires de ce type pourraient se voir à l’exposition, provenant de cette grande trouvaille qui contenait environ 30 épées. fi). M. Graffenried s’en trouva aussi en possesion d’un exemplaire. 7) A Mis-

parties de la trouvaille voir Hampf.l : Catalogue de V exposition p. 103 sqq. : Idem: Antiquités préhistoriques de la Hongrie , pl. XI — XII.

1) Y. v. Sacken: Leitfaden zur heidnischen Alterthumskundc, p. 88 fig. 23.

2) Carl Gooss: Chronik der arehaeologisclien Funde Siebenbürgens, p. 76.

3) V. Atlas photographié des antiquités du musée national , pl. XII, XLIII, LI et LV ; Képatlasz az Archœologiai koslemenyek, II kotetéhez, pl. IV fig. 10.

4) V. Hampel: Catalogue de l'exposition , p. 99, no. 1.

5) V. Hampel : ibidem p. 104 no. 7.

6) Y. Hampel: Antiquités pr éhistoriques de la Hongrie , pl. XI, 8, XII, 5.

7) Y. Seidl-Kenner: Fund- Chronik dans YArchiv etc, XXIV p. 372, fig. 68 et 70.

kolz, comté de Borsod, un exemplaire a été trouvé à côté* d’une fibule du type fig. 1. *)

Aussi de ce type quelques pièces, trouvées en Hongrie, se gardent dans des musées étrangers. Dans le cabinet d’antiquités à Vienne on en voit 3 exemplaires; de l’un d’eux (no. 1554, b), ayant les bandes faiblement relevées, à peu près comme sur fig. 2 de la pl. XIV, on sait, qu'il a été déterré en Hongrie; des deux autres on ne le sait pas avec sûreté; l’un d’eux a cela de particulier, qu’il a le pommeau assez développé, cupuliforme, à trou, mais le montant rectiligne, avec 3 bandes en relief, ornementé d’une manière assez singulière. Dans le musée de Gratz on garde un exemplaire, identique avec fig. 21, trouvé près Stein-am-Anger, Hongrie d Ouest. 2) Dans rantiqvarium du musée royal à Berlin se garde aussi une belle épée de ce type, trouvée en Transylvanie. 3)

A tous les deux types j’ai mentionné, comment quelques exemplaires forment des chaînons, pour ainsi dire, entre eux. On trouve des exemplaires au montant rectiligne, aux trois bandes en relief, qui ont le pommeau agrandi et avec les bords relevés: de l’autre côté plusieurs exemplaires du type C ont les bandes en relief au lieu de rubans en lignes, ainsi que sur la fig. 2 de la pl. XIV.

Quant au rapport chronologique, existant entre les deux types, je crois qu’ils sont en effet tous les deux en général contemporains. Cela n’est pas seulement signalé par plusieures des pièces précitées, qui en ses détails balancent entre les deux types, mais c’est aussi prouvé par plusieures trouvailles, dans lesquelles les deux types, complètement développés, sont déposés à côté l’un de l’autre, par exemple dans la grande trouvaille, souvent cité, de Hajdu- Bôszôrmeny. Une partie des exemplaires du type B, qui se rapprochent à la forme désignée par A, appartient sans doute à un temps plus réculé que le type C; mais, dans sa forme la plus développée, comme fig. 3 sur la pl. XIV ou bien comme l’exem-

*) V. Seidl-Kenner : Fund-Chronik , dans YArchiv etc, XXIV, p. 367.

2) Cité d’après Montelius dans Antikvarisk Tidskrift for Sverige, III p.

3) Y. Bastian u. Voss : Die Bronzeschwerter etc, p. 54, pl. XII no. 1.

plaire mentionné, provenant de Bistritz en Transylvanie, le type descende sans doute, avec le type C, à la fin de l’âge de bronze en Hongrie. C’est un fait qu’on pourra bien constater par des trouvailles comme celle de Hajdu-Bôszôrmeny, où plusieures vaisseaux de provenance italienne se trouvaient déposés au côté d’épées de tous les deux types B et C. De même dans une trouvaille de St. Georg, district de Bistritz, on rencontra une épée du type B avec un casque italien, comme celui, découvert dans la trouvaille de Hajdu-Bôszôrmeny. l) Je le mets hors de doute que ces objets de provenance italienne, qui en Italie déjà appartiennent à un âge de fer hautement développé, doivent dans l’âge de bronze de la Hongrie dater son dernier temps.

Ces types d’epée hongrois sont aussi trouvés en dehors de la Hongrie.

Du type B il se voit au cabinet de Vienne un exemplaire, trouvé dans le Danube près Hausstein sur la frontière de Hauteet Basse-Autriche, et dont le pommeau est aux ornements élégants en spirales; la lame fragmentée semble avoir eu la forme de fig. 1 pl. XV. 2) L’exemplaire, ci-dessus reproduit comme fig. 20, a été trouvé en Salzbourg, à Pass-Lueg. 3) Un exemplaire, déterré en Moravie, se garde au musée de Brunn. De la Bohème je peux citer 3 exemplaires, l’un, trouvé à Satz dans un tumulus avec une urne et deux celts, est gardé dans la collection Wankel à Blansko en Moravie, l’autre, en possession de M. le banquier Miksch à Prague, provient d’une fouille à Stodulka près Prague; où le troisième, déterré près Siedek, se garde, ne m’est pas connu. 4) A Leipsic un exemplaire se rencontre dans la collection de la société allemande, à la lame de forme comme fig. 1 pl. XV et au pommeau perforé d’un trou, provenance inconnue, peutêtre de Saxe. A Thorn on voit dans la collection à l’hôtel de ville une belle pièce, au pommeau perforé et aux belles ornementations

1) V. Cari. Goos: Chronik der archaologischen Funde Siebenbiirgens , p. 76.

2) V. Seidl-Kenner : Fund- Chronik dans YArchiv etc, XXIV p. 250 fig. 7.

3) Cité d’après M. Montelius: Sur les poignées des epées en bronze, p. 902.

4) Je cite cette troisième pièce d’après Montelius (Antikv. Tidskrift for Sverige , III, p. 348), qui en 1871 en vit une illustration en Prague.

en spirales entre les trois cordons du montant relevés, et dont la lame garde la forme comme fig. 4 pl. XV, étant trouvé à Konojad, cercle de Strassbourg, province de Prusse d’Ouest.

Au musée germanique de Berlin on voit plusieurs exemplaires, qu’on devra placer ici. No. II, 9873 à la poignée un peu renflée, tandis que la lame garde la forme, appartenant au type C, pourtant le pommeau est petit, rond, perforé; la pièce provient d’une grande fouille de bronzes à Bredow, Ost Havelland l) No. II, 6287 ressemble beaucoup aux deux exemplaires précités de Kis-Bobrocz en Hongrie, étant d’une empreinte plus ancienne; il est trouvé à Brandebourg sur Havel. 2) Une pièce semblable, mais seulement aux 2 cordons relevés, est celle de no. II 10673, vraisemblablement provenant des environs de Halberstadt, province de Saxe. 3) Dans l’antiqvarium du même musée se trouve aussi une épée de ce même type, ou du type A, si l’on veut, provenance inconnue, achetée chez un brocanteur de Colmar. 4) Je dois aussi de Brandebourg sur Havel présenter une belle epée assez particulière, dont le montant de la poignée montre un renflement faible, dont la lame est droite, à saillie médiane et aux lobes obliquement coupés, et dont le pommeau a surtout quelque chose de bien particulier; elle est trouvée près Schmergow. 5) Une autre pièce, se rapprochant plus au type hongrois, avec le pommeau perforé, ayant le montant cependant bien peu renflé, mais à la lame élargie, — se garde dans la collection de Neu-Brandebourg, ayant été déterrée dans une tourbière à Mirow, près Neu-Strelitz. Dans le musée de Schwerin il y a aussi un exemplaire, découvert en Mecklembourg, au pommeau percé, à la lame d’abord incisée, puis élargie et tectiforme, trouvée dans une tourbière près Bruel. 6)

*) Y. Bastian u. Voss: Die Bronzeschiverter des Jconiqlichen Muséums , p.

46, pl. XI, 1.

2) Y. ibidem , p. 16, pl. IV, 22.

3) Y. ibidem , p. 68, pl. XYI, 10.

4) Y. ibidem, p. 57, pl. XII, 5.

5) Y. Zeitschrift für Ethnologie, YI, Verhandlungen p. 128, pl. X.

6) Y. Frederico-Francisceum , pl. XI Y fig. 4, laquelle illustration pourtant est moins correctement tenue. Dans le texte, ibidem p. 127, le lieu de trouvaille est inexactement indiqué, voir plus bas p. 131.

La pièce s’étant poussé le plus loin vers le Nord, se trouve dans le musée de Stralsound; elle garde le caractère complètement développé des épées de la Hongrie, comme notre fig. 3 de la pl. XIV, et elle a été déterrée d’une tourbière à Jagow, près Bernstein, Neumark.

Diverses épées ont aussi été découvertes dans la direction de l’Ouest, se rapprochant en général à ce type B. Dans le Danube près Ratisbonne on a trouvé un exemplaire bien caractéristique, qui se garde au musée de Speyer; *) une pièce semblable se voit dans le musée de Stuttgart, une autre à la collection Rochart à Yverdun en Suisse, toutes les deux probablement déterrées aux environs des sus-dites villes. Dans le musée de Wiesbade on trouve sous le no. 1900 encore une pièce analogue, probablement découverte aux pays de Rhin.

Quelques types d’épées, domiciliés dans les contrées de Sud- Ouest de l’Europe centrale (les pays des Alpes, l’Italie du Nord, France), appartenants à la fin d’une époque de bronze, types qu’on rencontre bien souvent en rapports intimes avec des objets de fer, gardent constamment au montant de la poignée les trois cordons relevés; les deux types sont reproduits chez M. Montelius dans son traité Sur les poignées etc fig. 34 et 44, pouvant aussi être désignés comme le type de Ronzano 2) et le type avec le pommeau aux volutes.

Je m’abstiendrai encore ici d’un traitement plus détaillé de ces types, bien éloignés de ceux de la Hongrie et étant, dans leur développement spécial, assez indépendants de ceux ci. Préalablement je renvoie, quant a ces types, aux mémoires précités de MM. Gozzadini et Montelius.

Aussi du type C, divers exemplaires ont été trouvés en dehors de la Hongrie.

Entre les bronzes, trouvés dans le Danube près Hausstein, il

x) v. Ltndenschmit : Die Alterthümer unserer heidnischen Vorzeit, I. 1,

pl. 2, 7.

2) V. Gozzadini: De quelques mors de cheval italiques et de Vépée de Ron-

zano en bronze , Bologne , 1875. 4to.

Undset: Sur l’âge de bronze.

y a aussi une épée de ce type.1) Vers le Sud-Ouest un exemplaire a pénétré jusque dans l’Italie du Nord; il a été illustré sur notre pl. XVI comme fig. 3, déterré sur les bords de la Sésie entre Gattinara et Serravalle en Piémont, conservé au musée municipal de Turin.2) La plupart des pièces sont cependant dispersée dans la direction du Nord. Près Poddniestrzany en Galicie, dans le lit de Dnjestr, on a trouvé une épée qui paraît analogue à celle de ce type, provenante de Miskolcz en Hongrie, sus - mentionnée. Il faut ajouter qu’elle est la seule épée, qui soit trouvée en Galicie. 3) Dans le cabinet d’antiquités de Dresde une pièce remarquable est conservée, qu’on doit citer sous ce type, et dont la poignée a un grand pommeau cupuliforme; le montant est renflé, a trois cordons relevés et à des groupes de cercles entre ceux-ci; la lame est d’une longueur considérable, un peu élargie; la partie supérieure, tout au-dessous de la poignée, est ornementée, ainsi qu’il est l’ordinaire à l’endroit, où le rétrécissement se fait sur ce type (pl. XIV fig. 1); malheureusement on ignore l’endroit de la fouille de cette pièce. 4) En Posnanie, dans la collection de la société scientifique polonaise, se voit un bel exemplaire de notre type, déterré près Kôzmin, province de Posnanie. Près Odolanow une épée à aussi été découverte qu’on doit classer sous ce type-ci. 5) A Berlin dans l’antiquarium du musée royal on voit une épée, dont on prétend qu’elle ait été trouvée aux pays du Rhin; sa patine semble indiquer qu elle doit avoir été trouvée dans une tourbière, fait, qui peut-être accuse qu’elle doit avoir été trouvée plus vers l’Est. 6) Dans le musée de Schwerin on conserve deux

1) Y. Seidl-Kenner : Fund-Chronik dans Y Archiv etc, XXIV p. 250, où une illustration.

2) V. Gastaldi -, Iconographia di alcuni oggetti di remota antichita rinvenuti in Italia , p. 15, pl. X, fig. 1 ; Gozzadini : De quelques mors de cheval italiques , p. 31, pl. IV fig. 11.

3) V. Kenner: Fund-Chronik dans Y Archiv etc, XXIX p. 279.

4) V. Lindenschmit : Die Alterthümer unserer heidn. Vorzeit, I, VII, pl. 2, 3; Kemble: Horœ fer aies, VIII, 1.

5) V. Sadowski dans le Compte-rendu du congres de Buda-Pest , p. 432, — où médiocrement dessinée.

6) V. Bastian u. Voss: Die Bronzeschwerter etc, p. 55 et pl. XII, 3. — Je cite ici aussi deux fragments, trouvés en France, qui présentent des ana-

exemplaires de ce type, trouvés en Mecklembourg, dont l’un près Doberan; de l’autre on ne sais pas au juste la localité; tous les deux portent le cachet du type véritable hongrois. Sur le dernier le pommeau cupuliforme a été compressé à coup de marteaux. *) Ce type d’épée hongrois a aussi traversé le Baltique. Le dessin cicontre, fig. 24, représente un exemplaire, trouvé dans la Suède moyenne, à la paroisse de Skyllersta, province de Nerike; les circonstances plus détaillées de sa trouvaille sont pourtant inconnues. 2) Dans le musée de Stockholm il y a aussi deux autres épées de ce même type, mais où trouvées, on ne sait; toutes les deux ont été transmises au musée des anciennes collections d’armes.

Du côté des types des épées à poignée moulue en bronze que nous venons de traiter ici, il se trouve aussi en dedans de l’âge de bronze de la Hongrie, en nombre considérable, des épées, ayant eu des poignées en matières moins précieuses, en bois ou en corne, ayant le plus fréquemment en haut une soie aplatie, que continue la lame, et qui était montée en ces matières précitées. De cette sorte d’épées j’ai noté de la Hongrie, tout en tout, plus de 40 exemplaires. On trouve aussi, en grand nombre, des lames d’épées que en haut vont aboutir en une partie arrondie,

logies avec ce type hongrois. Dans la grande trouvaille de fonderie de Larnaud (Jura') il y avait deux pommeaux d’épée, grands et ronds et aux bords un peu relevés, tous les deux perforés d’un trou comme les pommeaux hongrois. Ce qui reste du montant de l’exemplaire, dont je connais une illustration, ne rappelle pas le type hongrois, ayant pourtant un cordon relevé, étant rectiligne (v. Chantre: Etudes paléoethnologiques dans le bassin du Rhône I, p. 108, Album , pl. XLIV, fig. 2). x) Y. Frédéric o- Vrancisceum , pl. XIV, 3; dans le texte du même ouvrage, p. 127, les localités de trouvaille ont été confondues relativement à la première de ces deux pièces et à une pièce sus-nommée du type B. La faute pourra se corriger, au moyen des billets numérotés des pièces et de la catalogue manuscripte de la collection, où elles sont décrites par les mains des prédécesseurs de M. Lisch. MM. Schrôeter et Grautoff ; les descriptions sont du reste correctes: la pièce de Bruel a une patine, qui dénote qu’elle a été trouvée dans une tourbière, l’autre de Doberan est presque sans oxyde. Les deux exemplaires ici cités sont illustrés chez Lindenschmit : Die Alterthümer uns. heidn. Vorzeit , I, VII, pl. 2, 1 et 4.

2) V. Montf.lius : Bronsâlderen i Norra och Mellersta Sverige dans le Antiqvarisk Tidskrift for Sverige , III p. 343.

fournie de rivets,

au moyen desquels elles ont été fixées à une poignée, de sorte que le montant n’aura pas ainsi enserré aucune partie, qui se liait à la lame; pourtant la plupart des lames de cette espèce sont plus petites et plus courtes, devant être plutôt considérées comme des poignards allongés; je ne les mentionnerai donc plus ici. J’ometterai aussi quelques épées, qui, simplement travaillées, ne se font pas classer sous aucun type prononcé.

Du type à la soie plate je donnerai quelques remarques. Pour ceux-ci on doit particulièrement se noter la forme des lames. Il est donc à remarquer qu’aux exemplaires trouvés en Hongrie, à la soie aplatie, la lame est en général d’une forme assez droite, gardant une saillie médiane, à peu près à la façon de la lame de la pièce reproduite pi. XV fig. 4; la ligne médiane est en outre souvent relevée par des autres lignes fines, parallèles, de sorte que ces lames sont parfois profilées d’une très belle manière. *) Les lames caractéristiques de la Hongrie, incisées en haut et fortement élargies plus en bas, ont dans les trouvailles hongroises presque toujours des poignées en bronze. Quoique une forme de lame, qui typologiquement doit être considéré comme étant plus antique, soit commune à ces épées à la soie aplatie, il sera pourtant bien certainement erroné de faire valoir ces épées comme un type qui en entier devrait provenir d’une époque antérieure de l’âge de bronze de la Hongrie, que les épées aux poignées moulues.

Dans la grande trouvaille de Hajdu-Bôsz-

*) Une belle pièce de ce type, trouvée en Hongrie, se trouve au musée de Berlin, v. Bastian u. Voss: Die Bronzeschwerter etc, p. 74, pl. XVI fig. 33.

ôrmeny il y a un exemplaire, à la lame fortement élargie, datant de la fin de l’époque de bronze en Hongrie. !) Pour la soie il est à remarquer, que ses bords relevés sont, soit rectilignes, soit un peu renflés, ce qui indique, que les poignées en bois ou en corne ont présentées les mêmes deux types que nous avons vu aux poignées moulues en entier, des types B et C. 2) Quant à la partie inférieure de la poignée, on pouvait sur une pièce, trouvée à Oreszka, de la collection de M. le comte Sztâroy Antal, comté de Ung, observer comment en bas elle avait été coupée en ligne droite, avec un évidement dans le milieu, comme la poignée en bronze du type B ou C. La lame de cette épée avait du reste en haut les tranchants dentélés là, où le rétrécissement ordinairement se fait voir avec des ornementations des côtés, étant du reste droit et à la saillie médiane. 3) Parmi les épées à soie aplatie il y en a qui se relèvent en type séparé, ayant une partie finale de derrière, particulière. PI. XVI fig. 4 démontre comment la soie aplatie se termine en une pièce plus mince, sans de bords relevés. Cette pièce a traversée ou a été introduite dans le pommeau en bois ou en corne. Les exemplaires de cette espèce, trouvés en Hongrie, ont la lame longue, très faiblement élargie ou presque droite. L’exemplaire dessiné se trouve dans la collection Râth à Budapest.4) Dans la collection Graffenried il se trouva deux exemplaires (no. 153 et 155); le dernier particulièrement beau, — à la saillie médiane facettée et aux tranchants dentelés tout près de la poignée. Un exemplaire semblable je connais de la collection de M. Kiss Gusztâv à Hôd-Mezo-Vâsârhely. 5) Dans le cabinet de Vienne on voit aussi, sous no. 1554 a, un exemplaire de ce même type, trouvé en Hongrie. 6)

*) V. Hampel: Antiquités préhistoriques de la Hongrie , XI, 5.

2) Une pièce à part, avec la soie aux bords renflés et dentelés, se voit illustrée dans le Kepatlasz az Archœologiai kozlemenyek, II kôtetéhez, pl. XX, fig. 130; l’épée a dans l’antiquité été à dessin courbée.

3) V. Hampel: Catalogue de V exposition, p. 10.

4) V. Hampel : ibidem , p. 143, où cependant pas particulièrement mentionné.

5) V. Hampel: ibidem , p. 154.

6) V. v. Sacken : Leitfaden zur Kunde des heidnischen Altertliums , p. 88,

fig. 24.

Aussi en dehors de la Hongrie quelques épées ont été trou vées, qui, par le détail précité de la soie et par d’autres particularités, se lient aux épées de la Hongrie et qui pour cette raison doivent être signalées ici. En Sigmaringen, dans le musée Hohenzollerien, il se trouve un exemplaire avec la soie à la protubérance comme fig 4, pl. XVI, et dont la lame est en entier à la hongroise, savoir avec les incisions tout en haut, aux ornementations sur les parties incisées, plus bas fortement élargie et aux lignes fines à la partie extrême vers la pointe. l) Des exemplaires analogues, à la lame élargie et à la^même soie, se voient à Wiesbaden et à Cassel. Dans le musée germanique de Berlin on conserve (II, 10 762) aussi un exemplaire provenant des contrées de Halberstadt. La protubérance de la soie en est un peu déterriorée. 2) Une pièce semblable, à la lame hongroise, avec la soie aplatie un peu fragmentée, se trouve aussi dans le musée de Stralsound, provenance inconnue, — de la collection de M. Kolas de Rosey. 3)

Des épées à soie aplatie sont du reste répandues par toute l’Europe. Cette forme de la poignée n’est donc pas quelquechose de typique et les épées à de telles poignées appartiennent aussi aux types les plus différents. Ici je citerai quelques pièces, qui avec une soie plate combinent des lames à la hongroise, c’est à dire des lames, étant tout en haut incisées, ornementées, plus bas élargies, souvent aux lignes finement tracées à la pointe.

A Vienne on rencontre dans le cabinet d’antiquités une telle pièce avec la lame à la hongroise, provenante d’une trouvaille près Wodnian en Bohème. A Gratz on trouve dans le Johanneum des fragments de 1 ou 2 épées, qu’on ne doit pas ici pas-

*) V. Lindenschmit : Die vaterlandischen Alterthümer der Fürstlich-Hohen-

zollerschen Sammlungen zu Sigmaringen , pl. XXXIX fig. 4. Idem: Die Alterthümer unserer heidnischen Vorzeit, I, 1 , pl. 2, 13.

2) Y. Bastian u Voss; Die Bronceschwerter etc, p. 69, pl. XVI fig. 11.

3) Dans le musée de Kiel on conserve (K. S. no. 710) une épée de type nordique, à soie aplatie, aboutissante au sommet dans une protubérance semblable, qui pourtant ici est formée seulement d’un jet de fonte, qui n’a pas été coupé.

ser sous silence, provenantes d’une grande fouille de bronzes à Dresing près Gnas. A Dresde on trouve dans la collection Preusker, attachée à l’antiqvarium, une pièce de cette espèce, à lame aux détails hongrois. Une pièce analogue, de provenance inconnue, dans le musée de Halle, est brisée là, où commence la soie. Du musée de Berlin je citerai aussi quelques pièces: no. 6758, de Seedorf près Genthien, Altmark, à la lame faiblement incisée dans la partie supérieure, un peu élargie. l) No. II 3587 a la lame de caractère hongrois, en haut il n’a cependant pas la soie aplatie mais une mince soie à introduire dans une poignée creuse, exemplaire, trouvé dans une tourbière à Santersleben, près Magdebourg. 2) En rapport avec la dernière pièce il faut aussi se noter une épée du musée de Hanovre, avec soie mince et à la lame courte, large, incisée et dentelée en haut, trouvée aux environs de Stade.

Des contrées du Rhin, dont ci-dessus plusieures épées, se rapprochant aux épées de la Hongrie, sont citées, je peux aussi annoncer quelques pièces aux lames à la hongroise et à la soie aplatie. Dans la collection de la société historique à Stuttgart il y a un exemplaire, dont la pointe et la soie sont brisées, trouvé dans un tumulus à Pleidelsheim près de Marbach. 3) Dans le musée de Mayence on voit aussi un exemplaire, trouvé à Ufofen; dans une collection privée en même ville on garde une pièce, trouvée dans le Rhin près Mayence. 4) Enfin je peux du musée de Darmstadt montrer une pièce semblable, déterrée d’un tumulus près de Echzell dans la Haute-Hesse.

Ainsi il n’y a pas si peu d’épées de bronze des types hongrois, qui sont découvertes aux contrées dans la direction de Nord-Ouest de la Hongrie — en amont du Danube, vers le Rhin et dans les pays à la direction du Nord, vers le Baltique. Mais, non seulement des pièces, identiques avec celles trouvées en Hongrie, ont pénétrées dans ces régions: à plusieures des épées sus mentionnées, trou-

*) Y. Bastian u. Voss : Die Broncescliwerter etc, p. 4, pl. II, 7.

2) V. ibidem, p. 4, pl. II, 6.

3) V. Lindenschmit: Die Alterthümer uns . heidn. Vorzeit, I, 1, pl. 2, 15.

4) V. Lindenschmit: ibidem , I, III, pl. 3, 1.

vées en dehors de la Hongrie, nous avons signalé des particularités, et dans les dites contrées nous rencontrons même aux types, qui ne se trouvent pas en Hongrie, des détails, qui semblent démontrer une influence de la part des types hongrois. Notre pl. XVII fig. 1 nous montre un type d’épée, qui n’est pas connu en Hongrie, bien caractéristique par la longueur extraordinaire de la lame — il y en a qui avec la soie sont d’un mètre de longueur — par la forme droite et par le profil fin de cette lame, et surtout par ce qu’elle est incisée en haut et là richement ornementée, détail, dans lequel elle se joint aux épées de la Hongrie.

L’exemplaire reproduit se conserve à Brandebourg s. H., déterré à Briest près Brandebourg, West Havelland. l) Dans le musée de Mayence on voit un exemplaire semblable, trouvé près Lampertheim; il est muni d’une poignée de la forme qui appartient du type apparenté de Ronzano. 2) poignée, qui pourtant pas semble d’origine avoir été confectionnée pour cette épée, ne s’adaptant pas bien, quant à la grandeur. Dans le musée provincial de Bonn on rencontre aussi une épée analogue, de même à Cologne, dans le musée Walraf - Richartz ; ainsi que l’exemplaire de Mayence, ces pièces-ci sont probablement trouvées aux pays du Rhin. Dans le musée germanique de Berlin on voit aussi une pièce, y appartenante, à la lame très longue et à la poignée comme celui de Mayence; la lame, ayant aux incisions en haut des ornements, mais du reste rappelant, dans cette partie supérieure, de beaucoup les épées du type de Ronzano, qui montrent aussi ordinairement une sorte d’incisions au-dessous de la poignée, étant cependant tout différentes de celles qui sont caractéristiques aux épées

x) V. Zeitschrift für Ethnologie , V, Verhandl. p. 24, pl. VII, ibidem , IX, Verhandl., p. 349.

2) V. quant à ce type et au type à lia poignée avec des volutes plus haut p. 129. Comme déjà indiqué ces deux types descendent au premier âge de fer : preuves une exemplaire de musée de Landshut, qui a la poignée incrustée avec de fer (v. Lindenschmit; Die Alterthümer etc, I, VIII, pl. 3, 1), une autre de la station lacustre de Môringen qui a la lame en fer (v. F. GrRoss : Deux stations, lacustres , pl. X, fig. 2), tous les deux du type de Ronzano; l’autre type, aux volutes, est représenté dans la trouvaille de Hallstatt; à celui appartient aussi une poignée dans le cabinet d’antiquités à Copenhague, trouvée en Italie, dont la lame a été en fer.

hongroises. Avec une épée, parfaitement du type de Ronzano, cette pièce a été trouvée à Stollen près Rliinow, West-Havelland. ') Dans le musée de Schwerin on garde, dans la collection Grande-Ducale, un exemplaire, muni d’une poignée aux volutes, trouvé près Kreien. 2) Dans le même musée une pièce semblable se voit, d’une longueur d’environ un mètre, brisée en plusieurs fragments; elle est en grande partie dépourvue de sa soie plate, et a été trouvée dans une tourbière près de Schmachthagen. 3) Il faut aussi sous ce type citer deux pièces du musée de Copenhague, savoir no. 4669, découverte dans une tourbière à Lyngby, département de Hjoerring, Jutland, et no. 11032, trouvée sur la Fionie, toutes les deux bien longues, n’ayant pas précisément des incisions en haut, mais des lames aux mêmes ornementations qu’on voit à cet endroit sur fig. 1 pl. XVII; toutes les deux ont de soies aplaties, ayant été montées des poignées aux volutes; à toutes les deux les volutes ont été conservés. 4)

Je dois aussi indiquer une épée, découverte dans un tombeau à Horcbheim près de Worms, et qui doit actuellement se trouver dans une collection en Angleterre. 5) Elle est d’une forme bien particulière quant à sa poignée, celle-ci étant en haut d’une fonte en entier et aboutissant en un grand pommeau rond, plat, mais formant à sa partie inférieure une soie aplatie, fortement élargie au milieu, ayant été montée d’une matière plus légère; la lame a un caractère tout à fait hongrois. Conjointement avec cette épée je dois mentionner une pièce, gardée dans le musée d’Avignon, trouvée à Vaison (Vaucluse) et dont la poignée rappelle l’exemplaire sus-nommé, mais étant pleinement moulue, le pom meau perforé d’un trou. 6)

x) V. Bastian u. Voss: Die Bronceschwerter etc, p. 1, pl. I, 4; aussi reproduite chez Kemble: Horœ fer aies, pl. VIII, 2.

2) V. Kemble. Horœ fer aies, VIII, 4.

3) V. Mecklenbürgische Jahrbücher , IX, p. 386.

4) V. Madsen : Afbildninger af Danske Oldsager og Mindesmœrker, Broncealderen, I, pl. VI, où toutes les deux illustrées, fig. 19 et 20.

5) V. Lindenschmit : Die Alterthümer uns . heidn. Vorzeit, I, 1, pl. 2, 8.

s) V. Chantre: Etudes palèoethnologiques dans le bassin du Rhône , Age du bronze , Album I, pl. XV bis, le texte, I, p. 107.

J’aborderai ici, mais seulement en passant, encore un point. Dans le groupe Grand - Britannique de l’âge de bronze on trouve un type d’épée, qui, par sa lame fortement élargie, rappelle vaguement ceux de la Hongrie, x) du reste ayant des entailles courtes et une soie étroite, bien différentes. Ici la cohérence n’est que bien lointaine et ne se laisse encore traiter plus exactement. Dans le groupe Grand -Britannique nous rencontrons, à côté de beaucoup, qui s’accorde avec le groupe franco - suisse - italien, aussi bien de choses, qui nous font entrevoir des formes fondamentales qu’il possède en commun avec les groupes de la Hongrie et du Nord.

C’est donc dans la direction d’Ouest et du Nord que les épées hongroises se sont répandues et qu’elles ont, surtout dans l’Ouest, exercé de l’influence sur d’autres formes d’epées, provenantes de ces pays. Nous avons plus-haut, quant aux fibules, vu, qu’elles ont exercé l’influence la plus forte dans la direction du Nord, et comment aussi du côté d’Ouest, au Rhin moyen, nous tombons sur quelques pièces, parallèles aux descendants nordiques des prototypes hongrois.2)

x) Illustré p. ex. chez Kemble: Horœ fer aies, IX, 1.

2) Aussi relativement à plusieures d’autres formes d’antiquités des rapports analogues pourront être démontrés. Pour prendre un exemple je ne citerai que les haches, en anticipant sur un chapitre suivant de cette suite d’études. Des haches en bronze de formes hongroises ont été trouvées en Gralicie (musée de Krakowie), en Silésie près de Rosenthal (bel exemplaire, illustré chez Büsching : Die heidnischen Alterthümer Schlesiens , pl. IV, 1, identique à celui chez Hampel: Ant. préhist. de la Hongrie, pl. X, 1, musée de Breslau), en Posnanie (musée de Posnanie), en Mecklembourg (2 exempl. dans le musée de Neu-Strelitz, comme Hampel: Catalogue de V exposition, fig. 162; voir Jean Potocki : Voyage dans quelques parties de la Basse-Saxe pour la recherche des antiquités Slaves ou Vendes , Hambourg, 1795, 4to, pl. 26 fig. 97), en Neumark à Pisterwitz, cercle de Soldin (musée de Stralsound), en Poméranie citérieure, à Kl. Bünzow, cercle de Greifswalde (un exemplaire comme les deux en Neu- Strelitz, musée de Stralsound) et sur Rugen (une pièce comme Hampel: Ant. préhist. pl. XV, 8, musée de Stralsound); enfin en Hanovre (une pièce en cuivre comme Hampel: Catalogue de V exposition, fig. 158, trouvée à Eldagsen, illustrée chez Lindenschmit: Die Alterthümer uns. heidn. Vorzeit , I, IV, pl. 2, 3—4). Vers l’Ouest il y a’ 2 exemplaires (comme Hampel: Ant. préhist. pl. X, 1) trouvés en Bavière, l’un près Ratis bonne

Sur le type D j’ai plus haut (p. 121) proféré mon opinion quant à ses rapports typologiques aux types de la Hongrie. Il se dérive du type A, de même que les types caractéristiques hon-

(musée de Berlin, reproduit chez Kemble: Horœ fer aies V, 56) l’autre à un endroit inconnu (musée de Mayence, illustré chez Lindenschmit : Alterthiimer , T, IV, pl. 2, 11 — 12). Plus vers l’Ouest se présentent près du Rhin des pièces qui sont plus éloignées des types de la Hongrie, mais étant tout de même influées par ceux-ci; v. Lindenschmit: Alterthümer, I, IV, pl. 2, 13 — 14, des musées de Mayence et de Darmstadt, déterrées aux environs de ces villes. Conjointement avec les dernières je citerai aussi quelques' marteaux ou haches en pierre qui par leurs formes touchent de près à elles (v. Lindenschmit: Alterthümer , I, 1, pl. 1, 14) et qui des pays méridionaux de l’Allemagne du Nord (contrée de Halle) se répandent surtout par le Hanovre et vers le Nord par la presqu’île de Jutland. Je le crois incontestable, qu’une quantité des haches-marteaux élégants, des formes outrées, exagérées pour être en pierre, sont des imitations de pièces analogues en bronze, importées des contrées du Sud. Sur ces marteaux on voit fréquemment, en guise d'ornement, une ligne longitudinale en saillie. Ce motif d’ornementation est, ainsi que je le crois, né des bavures, détail constructif des haches en métal. Ce que les bavures sont enlevés sur les exemplaires en métal achevés, n’est pas une objection décisive. Chacun doit avouer qu’une multitude de ces haches en pierre affectent en effet des formes, qui ne se laissent pas comprendre comme existant en pierre qu’originairement en qualité d’imitations des originaux en une autre matière (v. p. ex. Madsen: Afbildninger af Danske Oldsager og Mindesmœrker , Stenalderen , pl. XXXII — III). Ce n’est pas douteux qu’une quantité de ces haches n’ont pas servi aux usages pratiques, mais qu’elles ont été des signes d’honneur et de dignité. La même chose a bien été le cas de plusieurs des haches de bronze hongroises (les fokos ainsi appelés, voir Romer dans le Compte-rendu du congrès de Paris, p. 320, Archiv fur Anthropologie , XI, p. 432). Tandis qu’ainsi les haches en pierre, qui proviennent surtout dans l’Ouest des pays du Nord, semblent en Allemagne centrale avoir pris naissance comme imitations des prototypes plus méridionaux en métal, apparentés avec les types hongrois, on voit aussi dans le Nord d’Est (surtout en Suède) une forme de hache en pierre, la hache qu’on a appelée la canotiforme, (v. Montelius: Antiquités Suédoises, no. 96) dont je crois qu’elle a été formée d’après des pièces hongroises en métal (v. Hampel : Ant. prèhist., pl. VII — VIII). Ce n’est pas une contre -épreuve décisive que des pièces hongroises n’ont pas encore été trouvées en Suède. Je ne peux pourtant qu’effleurer en passant ce point bien intéressant, relativement à l’influence des civilisations de métal du Sud sur l’âge de pierre du Nord J’espère bientôt pouvoir revenir a cette question. Je m’abstiendrai aussi ici d’anticiper des parties suivantes de ces études, en donnant ici des détails sur la propagation d’autres formes hongroises. M. Müller a rassemblé quelques matériaux, quant à cela (Die nordische Bronzezeit p. 64 2). — Les haches en bronze illustrées chez Lindenschmit : Die Alterthümer unserer heidn. Vorzeit , H, III. pl. 2, du musée à Zürich, sont trouvées en Hongrie

grois B et C, auxquels il est parallèle. Dès l’origine domicilié sur un territoire, situé plus vers l’Ouest que celui de B et C, il n’a pas reçu un développement si particulier que ceux ci et a pu conserver une empreinte de plus d’originalité; il a l’air du frère ainé des types B et C.

De la Hongrie je ne connais que deux exemplaires qu’on doit mentionner sous ce type, au pommeau petit, ovale, au montant rectiligne et d’une coupe ovale, aux lobes obliquement coupés, à la lame formée comme fîg. 1 et 4, sur la pl. XV ; — donc ces exemplaires ne sont pas d’un caractère pleinement accentué, la poignée n’ayant pas la coupe octogone. Du cabinet d’antiquités de Vienne je peux citer un exemplaire, trouvé comme plusieures épées sus-nommées dans le Danube près de Hausstein sur la frontière de Haute- et Basse-Autriche ; de plus un exemplaire dans l’Ambraser-collection, dont pourtant je ne peux pas indiquer le lieu de trouvaille. La pièce illustrée comme fîg. 22 est de provenance de Salzbourg, déterrée à Neumarkt. De la Bohème je ferai remarquer un exemplaire du musée de Prague, trouvé à Podbaba, dans l’environnage de Prague; un autre semblable se trouve reproduit par Wocel. 2) Je citerai ici de plus un exemplaire, fouillé en Saxe, qui aurait peut-être été plus justement placé sous le type B, puisqu’il a trois cordons relevés, lequel a été déterré à Stenn près Zwickau. 3)

Le type se trouve pourtant, comme déjà annoncé, dans sa forme développée, surtout du côté d’Ouest. Beaucoup d’exemplaires ont ainsi été découverts en Bavière. Dans le musée national du Münich on en voit ainsi 5 exemplaires; à la collection de la société historique nous rencontrons une pièce bien intéressante,

elle-même (y. Keller dans les Mittheilungen der antiqv. Gesellschaft in Zürich , XIV, p. 141, pl. VII). Sur les antiquités hongroises dans ce musée et dans les musées d’Angleterre voir Hampel: Magyarhoni ôskori leletek külfôldi gyujteményekben, dans Archœologiai Értesitô, 1878, no. VI, VIII, IX et X.

*) Illustrés dans Y Atlas photographié , pl. XII, 3 et 5.

2) V. Wocel : Pravek zeme ceske , p. 44, fig. 36.

3) V. Preusker: Blicke in die vaterlandische Vorzeit , II, p. 152, pl. III, fig. 31, où médiocrement dessiné.

au montant octogone, renflé, d’une coupe ovale et aux lobes très développés, comme cela est l’ordinaire pour le type E; la lame a l’air d’être un peu entaillée en haut; la pièce est déterrée à St. Georgens près Weilheim, Haute-Bavière. Dans le remarquable musée de Landshut au moins deux exemplaires en sont gardés, l’un d’eux, illustré comme fig. 3 sur notre pl. XV ; les ornements sur le dessus du pommeau rappellent bien ceux qu’on voit sur certains pommeaux hongrois; l’autre a le montant ornementé d’une manière tout particulière. !) A Ratisbonne il y en a aussi une pièce, trouvée à Nittenau;2) à Augsbourg se garde de même un exemplaire. 3) Dans le musée de Bern on voit une pièce, à la poignée de coupe ovale, trouvée à Steinhaus près Semmering, Styrie.

Aussi près du Rhin quelques exemplaires sont trouvés. Un exemplaire, découvert près Mayence, est déposé au musée de la même ville. 4) Une pièce très remarquable est déterrée près Worms, et se trouve maintenant au musée de Wiesbaden. La poignée a cela de remarquable qu’elle à été moulue sur un noyeau en fer, témoignage de ce que ce type d’épée a été reproduit pendant un temps, où l’on connaissait déjà le fer. 5) Dans le musée germanique de Berlin, on garde (no. 4298) un exemplaire déterré à Stechow, près Rathenow, Brandebourg; un autre provient de Holstein. G) Au musée de Hanovre le type se trouve représenté par 3 exemplaires dont un, déterré près Himmelpforten, a sur le pommeau des ornements, tout comme fig. 3 de la pl. XV. 7) Du musée de Kiel j’ai noté 14 exemplaires dont un aux ornementa-

9 V. Lindenschmit : Die Alterthumer uns. heidn. Vorzeit, I, VIII, pl. 3, 5, III, VIII, pl. 1, 4.

2) D’après Müller: Die nordische Bronzezeit , p. 12.

3) V. Jahresbericht des historischen Vereins fur Schwaben u. Neuburg, 1841.

4) V. Lindenschmit: Die Alterthumer etc , I, pl. 2, 5.

5) Une description détaillée par M. Hostmann dans 1 ’Archiv für Anthropologie, X, p. 53.

6) V. Bastian u. Voss : Die Bronceschwerter etc, p. 15 et 41, pl. IV, 21, IX, 29.

7) Un autre, trouvé près Bremervôrde, vient d’être reproduit chez Kemhle: Horœ ferales, VIII, 10 et Lindenschmit: Alterthumer 1, I, pl. 2, 6.

tions du pommeau comme pl. XV fig. 3. ’) Une pièce assez singulière, du type nordique, du même musée sera citée à cette occassion; elle possède sur la poignée 3 bandes en saillie, striées à la manière des cordons tordus ; entre ceux-ci se voient des ornementations en spirales.

Aux pays Scandinaves le type se présente en nombre prédominant en Danemark. Du musée de Copenhague je peux produire 18 exemplaires dont deux, no. MDCXXVII et 8947, sont aux ornements sur le pommeau, comme fig. 3 de notre pl. XV. No. 8747, fouillé près Randers, Jutland, est en total identique à la fig. 3 précitée, dont Toriginal se trouve à Landshut. Pl. XV fig. 4 nous présente un exemplaire, découvert en Fionie. La figure 25, ci-contre, reproduit une belle poignée, aux ornementations en spirales, d’une épée, déterrée à Fuglevad, près Copenhague. En Suède le type n’est guère découvert qu’en 1 exemplaire, gardé au musée d’Upsal.2) En Norvège il y a de même un exemplaire, déposé au musée de Bergen.

Du résumé que je viens de donner ici, on peut voir, que cette forme d’épée, touchant de bien près la forme la plus antique hongroise, s’est répandue du côté de l’Ouest et qu’elle se trouve surtout domiciliée en Allemagne du Sud. Partant de là ce type est allé vers le Nord, au travers de Hanovre à la péninsule de Jutlande et aux îles danoises. Le type est particulièrement intéressant par ce que dans ce type on vient, bien certainement avec raison, de reconnaître la forme étrangère, importée au Nord, de qui les épées particulièrement nordiques se sont développées. Ce fait a d’abord été constaté par M. Worsaae, plus amplement expliqué par M. Montelius et enfin le plus évidemment éclairci par M. Millier. C’est pourquoi je ne vais plus ici insister sur ce point.

Quant aux rapports, existant entre les formes d’épées de la Hongrie et du Nord, je suis donc arrivé au même résultat que M. Hildebrand, que les épées nordiques ne tirent pas leur origine

9 Mlle Mestorf cite (Millier , Die nordische Bronzezeit,\>. 12 2) encore deux pièces de collections privées en Holstein. a) Y. Antikv. Tidskrift for Sverige , III, p. 351.

dans aucune des formes complètement développées hongroises, les seules formes dont il fait la comparaison, mais je dois toutefois ajouter ce qui fait disparaître notre unanimité, que les épées de tous les deux groupes sont le plus intimement liés ensemble: comme je crois l’avoir démontré, nous possédons en dedans du groupe hongrois, quoique en peu d’exemplaires, une forme fondamentale, dont se dérivent aussi bien les types hongrois que, par un type intermédiaire, plus occidental, les formes nordiques du groupe d’Ouest de l’âge de bronze du Nord.

A l’Est, des épées hongroises des types plus récents, ont pénétré jusqu’au Nord, sans pourtant, d’après ce qu’il semble, avoir pu ostensiblement influer sur les formes nordiques.

Le type E se montre, ainsi que cela vient d’être indiqué plus haut (p. 122 sq.), comme étant une variété tout spéciale du type D, pourtant, comme il semble, d’une plus grande fréquence en Hongrie que celui-ci. A l’exposition il s’en trouva 3 exemplaires, dont un du musée de Kassa, dessiné comme fig. 1 sur notre pl. XV, un autre de la collection Graffenried. L Ces deux épées proviennent d’une fouille à Buzita, comté d’Abauj. 2) Un troisième exemplaire, trouvé en Transylvanie, fut exhibé du musée de Koloszvar. Au musée national se trouve un exemplaire, de la provenance duquel je ne sais rien. 3) A Gratz il se trouve deux exemplaires de ce type; l’un déterré près St. Johan in der Scheibeu, en Styrie, l’autre à Lorich sur Enns, Haute-Autriche. De la

x) V. Hampel: Catalogue de V exposition, p. 25; Idem: Ant. préhist. de la Hongrie , pl. XVII, 55.

2) V. Seidl-Kennkr: Fund-Chronik dans YArcliiv für Kunde osterr. Ge schichtsquellen, XXIV, p. 361 sq., où l'une se voit illustrée; la fouille contint 3 exemplaires de ce type.

3) V. Atlas photographié, pl. XII, fig-. 2.

Bohème deux exemplaires me sont connus, tous les deux de collections privées, et dont l’un a été illustré comme fig. 2 de notre pl. XV, particulièrement intéressant par la forme octogone de la poignée; les angles prononcés ne se font pas à l'original si distinctement apercevoir que sur notre illustration; il se trouve dans la collection Berger à Prague. L’autre a été déterré à Triebel, cercle de Pilsen. *) Aussi de l’Allemagne du Sud quelques exemplaires me sont connus: l’un du musée d’Augsbourg, fouillé à Gabling en Bavière, 2) et deux du musée de Landshut, tous les deux de la Basse-Bavière;3) enfin un exemplaire se trouve au musée de Carlsruhe.

Quant à l’origine des types d’épée hongrois il doit de ce, que j’ai avancé ci-dessus, être évident qu’on ne saurait la chercher dans les directions de l’Ouest ou du Nord. C’est plus jeune, ce que nous rencontrons de ces côtés-là, ayant en partie plongé ses racines dans le groupe hongrois de l’âge de bronze. Nous devons donc regarder du côté d’Est. ou du Sud.

Dans la direction d’Est nous rencontrons en Russie du Midi un groupe à part de l’âge de bronze, qui se plonge jusque dans le Nord de l’Asie et avec qui nous venons de faire bonne connaissance. 4) Dans le groupe altaï - ouralien nous tombons suides formes assez rares, qui rappellent quelques-unes de celles de la Hongrie, des haches par exemple; mais nous voyons tout de suite, qu’il n’y a pas de question d’aucune descendance du groupe hongrois de ces bronzes là. Pour les épées, des vraies épées en bronze ne semblent pas se trouver dans le groupe altaï-ouralien et, quant aux poignards, ce sont des types ayant l’air d’être assez jeunes et développés, ne touchant point aux formes de la Hongrie. M. Bertrand a supposé des sources caucasiennes pour

*) Wocel: Grundzüge der bohmischen Alterthumskunde , p. 10, pl. III, fig. 8.

2) Lindenschmit : Die Alterthümer uns. heidn. Vorzeit , III, VIII, pl. 1, 3.

3) IVun d’eux est illustré chez Lindenschmit, ibidem , I, VIII, pl. 3, 2.

4) Par l’ouvrage de M. Aspelin : Les Antiquités du Nord Finno-Ongrien.

les bronzes de la Hongrie, mais cette hypothèse n'a pas encore trouvé aucun appui dans des faits des trouvailles.

Nous sommes ainsi réduits à nous tourner vers le Midi, vers la presqu’île des Balkans pour y rechercher des prototypes des formes qui viennent nous surprendre en Hongrie, à moins que nous n’aillons croire que l’âge de bronze soit ici tout autochtone.

Sur la presqu’île grecque et dans l’Asie -mineure voisine, ainsi que sur les îles environnantes, toujours plus de matériel survient, ce qui nous démontre que l’antiquité classique dans ces régions, doit avoir été précédée par une époque, de qui proviennent nombre d’antiquités en bronze, laquelle époque doit ainsi être caractérisée comme un âge de bronze. Spécialement les découvertes étonnantes de M. Schliemann, à Hissarlik et à Mycènes, a produit bien de matériel, qui a répandu des fortes lumières sur des civilisations très anciennes sur le sol classique de la Grèce. ])

Dans une traité, qui a paru pendant que cet ouvrage a été sous la presse, M. Worsaae vient d’exposer le matériel, jusqu’ici produit de l'âge de bronze grec, et Ta élairci par des comparaisons avec des groupes de trouvailles asiatiques et européens, y répondants. 2)

Je n’entrerai pas ici dans un traité de l’âge de bronze de la Grèce en son entier, je ne ferai que citer les types d’épées, se

*) Dans un autre ouvrage (Ingvald Undset: Schliemanns Udgravninger i Troas og Mykenæ , Kristiania, 1878) j’ai traité ces fouilles grandioses, en donnant mes idées sur ces trouvailles. Dans les fouilles de Hissarlik je vois les débris d’une civilisation très antique, préclassique, caractérisée par la connaissance du bronze, et par un usage simultané bien répandu d’outils en pierre, ainsi que par un luxe barbare en parure d’or chez les chefs. Les trouvailles des tombeaux sur l’acropole de Mycènes, cachant les os de puissants rois, d'une époque pélasgue, héroïque, glorifiée et immortalisée par des grands poètes épiques et dramatiques des temps postérieurs, — nous font voir l’âge de bronze grec dans sa dernière phase décroissante; déjà dans son sein ouvert vis-à-vis des régions de l’Orient, — le golfe d'Argos — la Grèce venait de recevoir des germes vivaces de civilisations orientales plus avancées : L’antiquité pélasguienne était dans son couchant, le temps historique de la Grèce allait naître.

*) V. Worsaae : Fr a Sten- og Bronzealderen i den garnie og den nye Ver-

den (dans les Aarboger for nordisk Oldkyndighed og Historié , 1879).

Undset: Sur l’âge de bronze.

présentant là dedans, afin d’examiner, si nous pouvons, en dedans de ceux-ci, trouver les prototypes de ceux de la Hongrie.

Notre fig. 26 représente une épée, qui se garde au musée royal de Berlin, et qui doit avoir été trouvée près Pella en Macédonie. 4) Elle a la poignée moulue en entier et ornementée, enserrant la large lame, qui y est fixée de la manière, que la lame avec des rivets a été introduite entre les lobes, dont la partie supérieure et inférieure ont été repliées; puis les lobes ont été aplatis dans leur position actuelle et fixés par martelage sur les rivets, dont les bouts sont ainsi cachés sous les bosses des lobes.

Mais à raison M. Voss a mis la provenance de cette pièce en doute. A la péninsule grecque cette épée est tout à fait isolée et unique. On n’en connaît point de lame d’épée qui touche à celle-ci. Par contre, dans l’Europe d’Ouest et du Nord on trouve plusieurs pièces, auxquelles celle-ci doit être de plus près rapprochée. Fig. 27 représente une épée du musée de Copenhague, trouvée sur l’île de Lolland. 2) Elle ressemble d’une manière bien frappante à la fig. 26 et aussi quant à la façon de fixer la lame à la poignée, seulement elle est encore plus développée. Notre pl. XVI fig. 1 est une troisième pièce, du même type, de la collection Milani à Francfort sur-le-Mein, trouvée près de la dite ville.3) Fig. 2 de la même planche nous présente une pièce alliée, trouvée en Angleterre. 4) Aussi de la France et d Irlande on connaît des pièces semblables aux poignées moulues. 5) La figure 28 ci contre, représente une lame d’épée, qui est tout à fait d’accord avec celles des figg. 26 et 27, trouvée en Danemark. De telles lames se trouvent assez

*) V. Kemble : Horœ ferales, VII, 4; Bastian u. Voss: Die Bronzeschwerter des koniyl. Muséums , p. 56, pl. XII, 5.

2) Mémoires de la société des antiquaires du Nord, 1877, p. 383, où M. Engelhardt dessine et décrit cette pièce et où, conduit par la sus-dite pièce du musée de Berlin, il revendique aussi pour celle-là une origine grecque.

3) V. Lindenschmit : Die Alterthümer uns. heidn. Vorzeit, III, VIII pl. 1, 1.

4) V. Warne : Celtic tumuli of Dorset , Bronzdaggers, fig. A

5) V. Lindenschmit: Die Alterthümer etc , III, VIII, pl. 1. 2 de la France, dans le musée de St. Germain; Wilde: Catalogue of the antiquities in tlie Muséum of the Boy al Irish Academy , p. 458, exemplaire trouvé en Irlande, dans le musée de Dublin.

Fig. 28. 1

Fig. 27 74.

Fig. 26. 74.

fréquemment en Allemagne de l’Ouest, du Nord et du milieu, et doivent probablement avoir été importées au Nord de ces contrées. *)

On doit certainement de ce qui a été proféré ici, conclure que la fig. 26 ne provient point de la péninsule grecque, mais plutôt de la Hesse, d’où, d’une collection privée, elle est arrivée à Berlin.

La pièce, censée d’être de provenance macédoine, sortant ainsi de l’âge de bronze de la péninsule des Balkans, on parvient au résultat, que nous ne connaissons, au moins pas encore, du groupe grec des épées en bronze à poignées moulues en entier.

Notre fig. 29 reproduit une épée en bronze découverte à Mycènes par M. Schliemann. Elle n’était pas déposée dans aucun des tombeaux, mais a été trouvée dans la terre qui couvrait le sol de l’acropole. La forme en est bien connue, se trouvant en général, tant en Hongrie qu’ailleurs, étant répandue par toute l’Europe. A la lame droite, aux tranchants parallèles, se joigne une soie plate, fournie de trous pour les rivets, qui retenaient les montures. 2) Comment aboutissait au dessous la poignée, cela ne se voit pas de cette pièce. Fig. 30 donne, quant à ce point, des renseignements sur un détail caractéristique. La soie plate montre ici des traces évidentes de la monture, de sorte que nous pourrons voir que la poignée s’est de dessous écoulée en deux lobes, coupés en ligne droite, avec un évidement interposé; la soie est un peu renflée et, celle-ci ne montrant pas de trous, les montures doivent donc avoir été attachés par des cordons. La forme de la poignée nous rappelle ainsi, tout en entier, fortement celle, qui est l’ordinaire aux épées hongroises. Du pommeau seulement nous n’avons pas de renseignements. L’épée se garde sous le no. 1376 au cabinet d’antiquités de Copenhague; avec deux pointes de lan-

') V. Montelius : Antiquités Suédoises , no. 168 (musée de Stockholm); Lindknschmit: Die Alterthümer etc, I, III, pl. 8, 12—13 (deux exemplaires des musées de Hanovre et de Miinster); plus d’exemplaires de ce même type, mais sans les ornementations à la lame, sont cités chez M. Müller : Die nordische Bronzezeit, p. 116.

a) y. Schliemann: MyJcenœ , p. 167, fig. 221.

Fig. 29. 7».

Fig. 30. ‘A-

Fig. 31. ‘A-

ces en fer elle a été trouvée à Larnaka, près d’Ilissos, à la proximité d’Athènes, — dans un, d’après toutes les indices, vieux tombeau en pierres. *) Cette épée est en fer et appartient donc déjà à un âge de fer, mais ayant dans sa forme conservé le type de l’âge de bronze; ses détails de poignée pourront bien certainement être renvoyés aux épées de bronze du même type.

En Mycènes M. Schliemann trouva aussi une autre petite épée, ou plutôt poignard, 2) qui dans sa partie supérieure était en accord avec notre fig. 31. La soie aplatie est au sommet terminée par une partie élargie, ayant comme la soie les bords relevés; avec sa monture cette partie supérieure faisait le pommeau de l’épée. Des épées ou des poignards en bronze, à poignée comme notre fig. 31, sont connues de l’Italie du Sud et de milieu en nombre considérable, et pourront être considérées comme caractéristiques pour ce pays. L’exemplaire cité de Mycènes prouve que la forme a appartenu aussi à l’âge de bronze de la Grèce. Je crois, qu’elle est originairement de provenance grecque et qu’elle a depuis immigré en Italie du Sud. Ci-dessus (p. 63) j’ai émis un opinion semblable quant aux fibules en spirales.

En Grèce la forme fig. 31 s’est spécifiée pour un type à part, qu’on voit reproduit fig. 2 sur notre pl. XVIII. 3) La partie supérieure, le pommeau, a reçu une forme étrange triangulaire, les bords en sont hautement relevés; ce qui est remarquable est pourtant la partie inférieure: sur quelques exemplaires cette partie est fortement saillante des deux côtés, comme si les lobes fussent sur le point de se transformer en une petite garde d’épée, rappelant cette parti du type de Ronzano; sur d’autres elle a reçu le développement qui se voit sur la fig. précitée, de notre pl. XVIII. Les lobes sont devenus deux cornes isolées, qui saillent des deux côtés de la partie supérieure de la lame; à toutes les deux variétés les bords relevés descendent sur la partie supéri-

*) Je dois à l’obligeance de M. Strunck les renseignements, que j’ai obtenu sur cette intéressante fouille.

2) Y. Schliemann: Mykenœ, p. 191, fig. 138.

3) L’illustration et les renseignements sur ce type qui, d’après mon su, n’a jamais été publié, je dois à mon ami M. Sophus Muller.

eure de la lame même. Dans le musée Britannique à Londres on trouve 3 exemplaires de ce type provenant de Jalysos sur Rhodes; l'exemplaire reproduit provient de Corfou (collection Woodhouse). Il se trouve aussi un exemplaire dans le British Green Branch Muséum, trouve dans un tombeau près Corinth.

Dans les tombeaux de Mycènes M. Schliemann trouva du reste une quantité d'épées en bronze ; *) malheureusement son ouvrage ne donne pas, quant aux détails, des dessins satisfaisants des formes différentes.2) Il paraît, qu’un trait particulièrement caractéristique

1) Dans un discours sur le technique des objets en métal, trouvés à Mycènes (dans le Correspondentzblatt des Gesammtvereins der deutschen Geschichtsu. Alterthumsvereine, 1879, p. 20 sqq.), M. Hostmann a, quant aux épées en bronze, soutenu, qu’elles ne soient que des offrandes votives, déposées dans les tombeaux comme représentantes des épés en acier, avec lesquelles les défunts s’étaient battu ici en monde, — de plus, que des épées en bronze jamais n’aient été des armes réelles. Aussi je crois que les épées dans les tombeaux de Mycènes sont essentiellement des offrandes votives; pour cela témoigne déjà leur nombreusité dans chaque tombeau; les assertions de M. Hostmann sur le procédé de leur moulage et qu’elles représentent d’autres épées en acier , sont pourtant tout-à-fait arbitraires. Yis-à-vis les relations chez Homère sur l’usage des épées en bronze, M. Hostmann prétend (Arcliiv fur Anthropologie , IX, p. 207 — 9), qui ces relations ne soient que des fictions poétiques, que par conséquent Homère nous présente ses héros en costumes de théâtre, que le bronze, un métal allié, lui était inconnu et que xa^H°Ç ainsi chez lui ne désigne que le cuivre, que, selon Pausanias, les Grecs n’aient pas appris le moulage de bronze avant la 40ième olympiade. A présent les trouvailles de Mycènes, lesquelles aussi M. Hostmann renvoie à un temps héroique, nous ont donné et le bronze allié d’étain et des objets moulus en ce métal: certainement il arrivera bien souvent, que les faits préhistoriques, que nous prêteront les trouvailles elles-mêmes, ne s’accorderont point avec les résultats, que M. Hostmann croit avoir gagné par d’autres voies et qu’il vient d’établir comme archéologiques.

2) Dans les tombeaux de Mycènes il se trouva aussi un type d’épée, tout étrange, à un tranchant (v. Schliemann: Mykenœ , p. 320, fig. 442 et 442 a). Cette forme rappelle un type d’épée grec, à un tranchant, en fer, (des exemplaires à Londres dans le Bethnal-Green-Branch-Museum, voir Catalogue of the anthropological collection by Colonel Lane Fox, London 1877, fig. 131; un fragment (assez récent?) de Dodone chez Carapanos: Dodone et ses ruines , p. 109, no. 12, pl. LVII fig. 5; un exemplaire complet M. Carapanos a depuis reçu d’un tombeau surlePinde); ce type a aussi été trouvé en Italie (v. Archœologia, vol. XLI, pl. IX, p. 206, d’un tombeau près Préneste) et en Espagne (communication de M. Sophus Millier, qui en vit plusieurs exemplaires à l’exposition àTrocadero). Avec ces épées grecques en fer je mets en rapport l’épée courte, à un tranchant, du groupe de Hallstatt; de celle-ci je dérive une forme d’épée, à un tranchant, qui se montre dans le premier âge de fer du Nord.

a été, que les lames, étant en même temps bien longues et d’une largeur minime, ont eu la ligne médiane fortement saillante. La fig. 3 sur notre planche XVIII représente une épée, trouvée à Amorgos, gardée à la collection paléoethnographique de Copenhague. l) Par sa ligne médiane, fortement saillante, et par sa peu de largeur elle se rapproche beaucoup à une quantité des rapières des tombeaux de Mycènes. On connaît aussi de la Grèce beaucoup d’épées de bronze, sur lesquelles la ligne médiane s’est plus agréablement développée, étant encore plus richement accentuée par de lignes parallèles, ce qui est le cas de plusieures épées grecques des musées de Copenhague, dont on doit avant tout faire remarquer le fragment magnifique de Théra, ayant des haches en miniature d’or incrusté sur la large ligne médiane de la lame, laquelle pièce M. Worsaae vient de publier. 2) L’épée en bronze, illustrée sur notre pl. XVIII comme fig. 1, est des plus caractéristiques. La lame en a une forte saillie, mais la partie en haut, à la poignée, est tout particulière; malheureusement elle est ici fragmentée, l’illustration est moins bonne et le texte de l’ouvrage, où la pièce a été publiée, donne pas le renseignements plus spéciaux. Cette épée est trouvée à Dodone, dans les fouilles bien remarquables de M. Carapanos. 3)

Cette saillie médiane qui est tellement accentuée aux lames grecques, nous est connue, de ce qui précède, comme quelque-chose d’analogue sur celles des lames hongroises, que nous avons considéré comme étant les plus anciennes; elle n’était toutefois pas sur elles aussi tranchante, que par exemple sur pl. XVIII fig. 3, mais plus large

*) V. Worsaae dans les Aarboger , 1879, p. 844, fig. 16.

2) V. Worsaae: La colonisation de la Russie et du Nord Scandinave, (dans les Mémoires de la société des antiquaires du Nord , 1873 — 74), p. 132, fig. 3; Idem dans les Aarboger 1879, p. 344, fig. 12 et pl. I.

3) Constantin Carapanos: Dodone et ses ruines , Paris 1878, p. 162, pl. I,

VII no. 1. — Il faut aussi du côté de Fépé sus-nommée citer un fragment au musée de Lyon, trouvé dans le lit de la Saône; elle semble être d’accord avec celles de la Grèce en ce, que les bords relevés de la soie plate descendent un peu sur la lame ; v. Chantre-. Etudes paléo ethnologiques dans le bassin du Rhône , Age du bronze , Album pl. XV bis, fig. 3,

et plus convexe. Un seul exemplaire y fait cependant une exception, savoir la pièce illustrée comme fig. 2 sur notre pl. XVII, du musée de Koloszvar, trouvée en Transylvanie. Elle a une ligne médiane fortement accusée, tout à fait à la manière des rapières grecques sus-nommées, auxquelles elle se rapproche aussi par le peu de largeur, ainsi que par la longueur considérable de la lame (presque 1 mètre); l’épée est maintenant courbée à la manière d’un sabre. 1)

Notre fig. 32 représente un type spécial des poignards, qui doit être mentionné sous rapport aux épées grecques à saillie fortement prononcée. Ce type provient de l’île de Chypre, étant d’un intérêt tout particulier, non seulement par sa forme, mais aussi par sa composition chimique, des analyses ayant constaté, que ces pièces sont à peu près en cuivre. La lame a la ligne médiane fortement saillante comme les épées grecques précitées; de derrière une soie mince s’allonge, qui au bout est courbée en un petit croc; évidemment la soie a été introduite au travers d’une poignée en bois, laquelle a été retenue par le dit croc. Le type, étant en 1874 publié par M. Franks, 2) se voit à présent représenté par une quantité d’exemplaires dans les divers musées de l’Europe, tous provenant de l’îlc de Chypre.

Des divers pays, au fond de la Méditerranée, on connaît des épées et surtout des poignards en bronze, qui pourraient être considérés sous rapport aux formes, que nous venons de mentionner dans le groupe grec de l’âge de bronze, — spécialement quant à

*) Elle a été exhibée à l’éxposition au congrès de Budapest; elle est illustrée chez JEampel: A magyarlioni bronzkardokrôl, fig. 16.

2) V. A. W. Franks dans le compte-rendu du congrès de Stockholm, p. 346.

Fig. 32.

la soie plate de la poignée et quant à ses montures. *) Le matériel de ces pays orientaux n’étant encore que très petit, je ne laisse pas encore entrer dans mes recherches typologiques les épées et poignards de ces régions.

Je vais conclure mon chapitre sur les épées hongroises, en faisant ressortir, que ce sera peut-être dans le groupe grec de l’âge de bronze, que nous, le matériel s’ayant agrandi, trouverons les prototypes des formes hongroises; je crois en avoir déjà dénoté des traces.

M. Worsaae vient, dans son dernier mémoire, 2) d’avancer une autre opinion, quant aux rapports existant entre le groupe grec et celui de la Hongrie. Pour lui les faits se présentent ainsi, que le groupe du Nord et celui de la Grèce soient plus rapprochés l’un à l’autre que le groupe hongrois à aucun des deux autres; il présume donc une immigration de l’Asie - mineure d’un peuple, qui doive avoir répandu la civilisation de bronze, tant au Nord, que sur la presqu’île des Balkans : de ce fait se laissent, selon lui, comprendre les congruences des groupes du Nord et de la Grèce. Au milieu, le groupe hongrois se voit comme un développement spécial, local. Je crois cette hypothèse un peu hâtée. Je ne peux pas accepter les congruences des faits du Nord et de la Grèce, qu’a proférées M. Worsaae, comme étant si frappantes et si essentielles; il faut, je crois, regarder la différence considérable, qui doit

Des épées et des poignards en bronze, provenant de l’Italie, de la Grèce, de l’Égypte, de l’Assyrie etc, se voient représentés chez Kemble: Horœ ferales, pl. VII, Worsaae: La colonisation de la Russie etc , p. 128, Montelius : Sur les poignées etc , fig. 65 — 69, Bastian h. Voss: Die Bronzeschwerter etc , pl. XII et XVI et dans beaucoup d’autres ouvrages. Une épée du musée de Berlin (Bastian u. Voss, pl. XVI iig. 32) est indiquée comme provenant de la Basse-Égypte, chose qui me semble impossible, vu la forme parfaitement européenne de la pièce; l’épée, qui est achetée de l’Égypte, doit y être apportée de l’Europe.

2) Y. Worsaae: Fr a Steen- og Bronzealderen i den garnie og den nye Verden (dans les Aarbôger, 1879).

exister entre les deux groupes, quant à la chronologie, et surtout je fais ressortir ce fait, que ce que nous présentent les découvertes à Mycènes de M. Schliemann, c’est un âge de bronze, allant se perdre sous l’influence des civilisations plus orientales; des matériaux sur lesquels nous pouvons bâtir une théorie de l’immigration de la civilisation de bronze en Grèce, ne nous sont pas offerts pas ces magnifiques trouvailles.

Aussi sur ce point nous devons attendre l’accroissement du matériel.

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