CHAPITRE IX
Les ânes, les chiens, les chèvres, les oiseaux, étaient dressés à assouvir un incroyahle égarement de l’appétit vénérien. Alors on mit souvent en application les scènes qu’un fou satyriasique a décrites dans scs livres , Justine et Juliette.
En résumé, pendant quatre siècles, la population romaine fut en proie aux accès épidémiques d’une aliénation mentale sous la forme érotique et homicide.
Maintes fois les empereurs rendirent des édits contre les débauches. Les pontifes, les augures, les vestales, maintes fois voulant réformer les mœurs, anathématisèrent les coupables au nom des dieux du Capitole. Leurs efforts restèrent stériles. La dépravation n’en continua pas moins ; elle était devenue une seconde nature.
La religion chrétienne, malgré la pureté de sa morale, ne réussit pas mieux. Quelques hommes d’élite vivaient chastes et charitables ; mais la majorité, bien que chrétienne , participait au débordement général.
Voyez ce que dit Salvicn, qui protesta par sa vie et ses écrits contre les dérèglements de son siècle.
a Qu’est-ce que l’assemblée entière des chrétiens, si ce n’est un réceptablc de vices? Car, que trouve-ton dans l’église, sinon des adultères, des fornicateurs, des débauchés, des voleurs, des homicides? Qu’est-ce que la vie des commerçants? fraude et parjure. Celle des magistrats? iniquité. Celle des militaires? rapines.
Dans les cirques , on gorge les bétes féroces de chairs humaines. Les hommes y sont déchirés à la grande volupté des spectateurs. Sur les théâtres, les
UTILITÉ ET NÉCESSITÉ DES CROISEMENTS
yeux sont souillés par des tableaux obscènes ; les oreilles, par des discours impurs; la voix et le geste y retracent des choses honteuses. Ce n’est qu’iinpuretés et turpitudes. «
La race brune était donc corrompue sans ressource. Avec la corruption étaient venus un étrange aveuglement de l’intelligence, le désespoir dans tous les cœurs, une entière dissolution des liens sociaux. Abandonnée à elle-même , elle ne pouvait se régénérer; il fallait nécessairement l’aide de quelques penchants organiques qui n’existaient point en elle.
Un croisement de races était indispensable. Il fallait nécessairement que la cruauté et l’amour physique fussent cond)attus par les aptitudes contraires. La race blonde fut donc mise en branle. Elle versa des flots de population sur les contrées que la brune avait jusqu’alors occupées seule; ainsi l’Italie, la Gaule méridionale , l’Espagne et l’Afrique du nord.
L’irruption de la race blonde ne doit point être attribuée à des causes naturelles. Le philosophe doit y voir une œuvre providentielle , manifestement révélée à l’homme.
En effet , les pays où les vices de la race brune s’étaient le plus profondément enracinés furent ceux où les invasions furent les plus fréquentes, où la race blonde fit le plus de ravages , où elle exerça le plus longtemps la prédominance.
Et cela parce qu’il fallait, dans l’intérêt de la régénération humaine , que la chasteté et la sympathie déblayassent le terrain , quelles eussent la force matérielle par le nombre et l’autorité , et quelles eussent
CHAPITRK IX.
le temps , en un long séjour, d’extirper lêiirs rivales.
La 'population de l’empire montait à cent vingt millions d’hommes appartenant , en immense majorité, à la race brune : or, la peste, la famine, les tremblements de terre, la guerre, les inondations, tous ces fléaux vengem*s que Dieu secoue sur les peuples, lui enlèvent soixante millions d’àmes eii l’espace de quinze années, de 250 à 265. Les villes les plus accablées furent celles précisément dans lesquelles la lubricité et la cruauté s’étalent le plus prononcées : ainsi Rome, Antioclie , Alarseille , Lartbage , Alexandrie.
On évalue à deux cents millions le nombre d’bdiiiilies qui périrent victimes de ces fléaux pendant lé sixièjne siècle.
Or, cette diminution de la race brltiie était nécessaire; car, étant infiniment pliis ndmlireuse que la blonde , elle l’aurait absorbée du lui aurait forcément inculqué ses vidés naturels. Alors la régénération bumaine deveiiait impossible.
Il fallait d’ailleurs quelle fiit punie, car elle avait prodigieusement dévélojipé les idées de la chair, et s’était par trop matérialisée.
Parnii les nations conviées à la destruction de l’empire romain, celles qui avaient les caractères physiques et moraux de la race brune passèrent comn'ié lin torrent, mais ne s’implantèrent pas sur les terres de l’empire.
Ainsi les Huns, qui étaient bruns et impudiques, ne vinrent pas mélei’ leui* sang à celui des popii-
LTILITK ET XÉCESSITÉ DES EROISEAIEXTS.
lations du inonde romain. Cela aurait donné trop d’extension aux défauts organiijues de la race brune.
Les nations qui fondèrent des établissements furent celles qui offraient à un haut degré les attributs organiques de la race blonde. Ce furent les Francs, les Vandales, les Gotbs, dont tous les bistdriens nous vantent la chasteté.
Les Grecs, en morale, étaient aussi pervertis qüe les Romains; mais ils furent moins cruels. Ils étaient éminemment artistes; en cette qualité, ils sympatbisaient avec le malbeur : aussi la vengeance céleste pesa moins sur eux. Leurs fils subsistent encore , tandis que les Romains, qui s’élevaient autrefois à vingt millions d’ames, ont totalement disparu.
L’barmonie de ces irruptions est donc trop supérieure pour qu’on ne doive pas l’attribuer à un jugement de Dieu.
La race blonde portait avec elle la sympatbie, la chasteté, le spiritualisme, la sociabilité. Cela permit à l’Evangile de s’étendre et de sauver rinimanité! Là brune ne l’avait pas compris, aveuglée qu’elle était j)ar le culte de la matière.
FJle ne l’avait pas compris non plus, aveuglée (pi’elle était par l’antipatliie. Etaient-ils dans l’esprit véritable de l’Evangile ces anachorètes qui , à l’exemple de Pacônie , Hilarion, Paul et Antoine, se réfugiaient dans les déserts de la. Tbébaïde et de la Palestine, et là vivaient dans l’isolement et les austérités?
Ils appartenaient à la race brune : en conséquence, ^ ils cédaient à des attractions de tempérament. Dans'