CHAPITRE V
DES AXCIEXS HABITAXTS DE L AFRIQUE SEPTEXTRIOXALE SOLS LE RAPPORT DES RACES.
La race nègre, reléguée depuis des siècles sur la rive gauche du Sénégal et par delà le Sahara, doit cependant être comptée parmi les anciens hahitants des contrées atlantiques. Les documents de l’histoire montrent qu’autrefois elle s’étendait en deçà de l’Atlas, jusque sous le (rente-sixième degré de latitude nord.
Dans le Périple d’Hannon , on voit : « En parties 75 plus hautes que les terres des Lixiens, sont les 7) noirs , gens rudes à soi-meme et fuyant toute coni- 77 pagnic. Leur pays est fort désert, plein de hétes 77 sauvages et entouré de grands montagnes. 7?
Les Lixiens occupaient les rivages du fleuve Lixus, connu actuellement sous le nom de Luccos, en l’empire de Maroc, à quinze ou vingt lieues du détroit de Gibraltar. Ce pays désert est la province où sont bâties les villes de Fez et de Mequinez; puis les grandes montagnes, sont les chaînes élevées de l’Atlas, lesquelles bornent l’horizon méridional de ces deux (*ités.
Strabon , dans sa Géographie, dit : que les noirs
CHAPITRK V.
tieniuMil le dessus des cotes de la Aïauritanie : que ]k)cchus, roi du pays, leur fit la guerre, et que précédenimeiit ils avaient détruit trois cents villes fondées par les Phéniciens.
Ces villes, ou plutôt ces comptoirs, étaient semés depuis Tanger jusqu’au cap Blanc, sur la bordure océan o-m é d i terra n é en n e.
Si donc Bocclius leur a fait la guerre, s’ils ont détruit les colonies phéniciennes, ne doit-on pas admettre qu’ils étaient peu éloignés de la bordure maritime septentrionale, ou du moins qu’ils se trouvaient sur un point quelconque entre le Sahara et la mer? Si dés cette époque ils avaient été rejetés au delà du désert comme ils le furent postérieurement, il est probable qu’entre eux, les Phéniciens et Bocchus , il n’y aurait eu ni l’occasion ni les moyens de guerroyer.
Diodore de Sicile dit qu’un des généraux d’Agatbocle pénétra dans le pays des noirs. Or, ce ne pouvait être qu’en deçà du désert.
Isidore de Séville fait dérii^er le nom Mauritanie du mot grec mauros, qui veut dire noir ; parce que les voyageurs grecs regardaient comme noirs les habitants de cette contrée.
Enfin les historiens arabes racontent qu’aux temps antiques, certaines de leurs tribus, ainsi que nous le verrons ci-après, se réfugièrent au fond du Mogbreb, près du pays des noirs.
D’après cela , on ne peut réroquer en doute le séjour de la race neqre au nord de l Afrique. D’ailleurs, les inductions de fbistoirc naturelle ne le prouvent-elles