‹ Études sur l'Algérie et l'AfriqueChapitre 52 sur 135 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

peuples, ne les avaient ébranlés? Par leur position géographique, n’étaient-ils pas placés en dehors de ces routes suivies par les nations qui alors faisaient la guerre? Ils n’avaient donc rien à craindre de ce flux et reflux de combattants qui inondèrent la Syrie , la Mésopotamie, l’Egypte et la Palestine, et aucun motif pour émigrer.

De préférence, nous croyons, avec l’abbé Mignot, que ces Perses ont été pris pour les PJtérésiens , originaires de la Phénicie méridionale au nord de Jéricho; les Alèdes, pour les Madianiles; et les Arméniens, pour les Arennéens , natifs de la Syrie \ Les uns, refoulés par les Hébreux, les autres par les Assyriens pendant les phases conquérantes de leur premier empire , ou bien encore par les conquêtes de Sésostris, ils n’ont pas trouvé d’autre moyen de salut qu’une émigration par mer, et de cette façon sont arrivés en Afrique.

Cela posé, les Numides seraient donc issus du mélange d’abord des Phérésiens et des Gétules, ensuite des Libyens ; en d’autres termes, des autoclithones de l’Afrique et des émigrations de la Phénicie et de la Palestine.

Mais cette origine n’est pas la seule qu’il faille leur reconnaître. L’histoire et Yétude de leur caractère national jjrouvent qu'ils aiypartenaient i^rincipalement à la race arabe.

* Les Araméens descendaient d’xAram , fds de Sem. L’Aramée fut le nom primitif de la Syrie. Homère dit qu’ils furent les alliés des Troyens. L’histoire a conservé le souvenir d’une première émijp’ation qui aurait peuplé d’Araméens les côtes de la Phénicie.

DKS AXCIEXS HABITANTS DE L’ AFRIQUE.

Léon et Marinol, d’après les auteurs qui ont parlé des premiers Africains, disent que, durant la monareliic assyrienne , cinq tribus de l’Arabie-Heureuse vinrent s’établir dans les déserts de l’Afrique.

Les écrivains arabes racontent qu’autrefois une portion des enbints d’Ismaël se réfugia dans les terres du Mogbreb , tout près du pays des Noirs.

Or, ce pays des Noirs et des Mélano-Gétules, par sa zone orientale, confinait à la Nuniidie.

De plus, le sol de cette dernière contrée ressemble beaucoup au sol delà péninsule arabique. Ilsy retrouvèrent les palmiers, les oasis, les plages sablonneuses de la mère-patrie.

Là ils durent s’arrêter pour ce motif, et aussi parce qu’alors ils ne devaient pas être assez puissants pour repousser les indigènes vers le Sahara et les parties centrales de l’Atlas.

Ces peuplades formèrent la majeure partie des Numides, qui, plus tard, sous l’influence de circonstances locales, se partagèrent en Massyliens et Masessyliens.

Au septième siècle , lorsque les Arabes envahirent les Etats barbaresques , ce fut en Numidie qu’ils fondèrent leur première ville et colonie , Kairouan. î^irmi les habitants il s’était conservé des traditions d’anciens liens de parenté entre eux et les nouveaux venus. Les Alusulmans, de leur côté, rappelèrent dans leurs proclamations cette commune origine. Entre eux existaient déjà les mêmes moeurs , les mêmes inclinations; c’est pourquoi ils eurent bientôt de nombreux prosélytes. A l’exception de quelques

Page 1