CHAPITRE V
villes du litloral et de rintérieur dont la population était de familles græco-latines, toute la contrée se soumit promptement à eux. Quelques tribus de souche gétulienne refusèrent de s’amalgamer avec eux : elles furent dépossédées et rejetées sur le désert. En Numidie, il n’éclata point contre la domination des ka- Jifes de ces révoltes comme il y en eut en Mauritanie, où la race des premiers possesseurs du sol s’était conservée plus intacte.
Or, cette hicile acceptation de la conquête arabe, cette bonne harmonie surgissant rapidement entre les vainqueurs et les vaincus , suffiraient seules à prouver qu’ils étaient , les uns et les autres, les rameaux d’un meme tronc
En outre, l’intime ressemblance des goûts et penchants nationaux des anciens Numides avec les goûts et penchants nationaux des Arabes ne le démontret-elle pas?
Comme l’Arabe , le Numide préférait le soin des troupeaux à la culture des terres ; comme lui, il était nomade, inquiet, turbulent, querelleur, sans affections durables, changeant brusquement de parti selon sa convenance et son caprice; comme lui, il était sobre et fort porté aux plaisirs de l’amour; il avait, ainsi que lui, une cavalerie redoutable et une infanterie méprisable'. Meme manière de faire la
^ Quand on voit dans un historien que les Maures ont livré telle ou telle bataille, ayant une nombreuse cavalerie et de grandes troupes de dromadaires , on peut être à peu près certain que ce mot Maures ne désigne pas des peuplades autochtliones, mais bien un peuple venu des plaines de l’Asie. Les véritables indigènes , étant des montagnards , n’ont pu se li-