CHAPITRE V
adopter la religion de Alohainniet, et les guerres d’Espagne qui lançaient sur un autre but leur ardeur belliqueuse, il y eut toujours parmi ces autocbtbones un ferment de rébellion. Alaintes et maintes fois ils se sont soulevés contre les goiiverneurs envoyés de Damas ou de Bagdad. Ils les tuaient ou en nommaient d’autres à leur place. A aucune époque l’autorité arabe ne fut régulièrement assise sur les pays de l’ouest. Il arriva aux califes ce qui était arrivé aux Carthaginois et aux Romains : leur domination fut plutôt nominale que réelle ;leurs possessions de l’ouest coûtaient plus quelles ne rendaient. Pour s’y maintenir contre les hostilités interminables, il bxllait y envoyer fréquemment des renforts d’hommes et d’argent. Enfin , vers le onzième siècle , une insurrection, partie du berceau de la nationalité cabyle, c’est-àdire des montagnes du Alaroc, fit totalement disparaître cette ombre du pouvoir des conquérants, et rendit l’indépendance aux vaincus. Une dynastie de princes berbers gouverna les pays mogbi’ebins pendant deux siècles ; puis il surgit une foule de petites principautés indépendantes. Il y eut des rois de Fez, de Alequinez, de Tlemcen, de Bougie, de Constantine, de Collo, de Tunis et d’Alger. Au seizième siècle, les Turcs, d’un côté, les chérifs du Alaroc, de l’autre, les subjuguèrent et en firent des Etats plus puissants.
Les Turcs, variété de la souche tartare*, et primi-
* On désijjne sous le nom de Tartares ou Tatars blancs , les Turcomans , les Boukbares et autres nations à l’est du Don et de la mer Caspienne. Il ne faut pas les confondre avec les Tartares ou Tatars noirs, qui vivent entre les steppes de la mer Caspienne, le versant méridional de l’Altiiï et la
DES AXCIFAS HABITANTS DE L’AFRIQUE. II î
tiveiiient originaires des steppes de la Haute-Asie, se sont implantés en Afrique pendant le cours du seizième siècle. Venus d’abord à titre d’alliés des Africains de la Méditerranée, ils ne tardèrent pas à leur enlever l’autorité, et jusqu’à nos jours, en Algérie, à Tunis et Tripoli, ils ont conservé leur suprématie.
A l’inverse des Arabes, ils ont commencé leur occupation par la possession du littoral. Les armements maritimes furent la source principale de leur puissance. Par eux, ils augmentèrent leurs richesses du pillage des nations chrétiennes, et pouvaient tirer de leur métropole les recrues et subsides dont ils avaient besoin. Leur domination n’a produit que de légères modifications sur les hommes et les choses. Ils ont peu mêlé leur sang à celui des naturels. Assez indifférents en matière de prosélytisme religieux, quoique musulmans, et cherchant à se maintenir où ils étaient, plutôt qu’à tenter au loin de nouvelles conquêtes, ils n’ont pas occasionné ces reflux des populations les unes sur les autres, comme il y en eut à la suite de rinvasion arabe. Au total, ils ont été les usufruitiers , et non pas les possesseurs des terres africaines. C’est pour cela que là où ils ont succombé, après eux ils ont peu laissé de traces.
Ainsi, deux peuples nouveaux, les Vandales et les Ottomans , sont devenus habitants de l’Afrique septentrionale depuis l’ère chrétienne.
Chine. Ceux-ci appartiennent à la race jaune dite mongole. Les Kalmouks- Lamas en font partie ; les autres appartiennent à la famille caucasienne. On devrai la nommer race turcomane plutôt que tartare ; elle comprendrait les Turcs, les Boukhares, les Turcomans, etc., etc.