‹ Études sur l'Algérie et l'AfriqueChapitre 56 sur 135 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

par Okba-beii-Xcifi. Cette fois les Arabes prirent possession définitive du sol africain. Ils bâtirent Kairoiian , dans ranciennc Xuinidie , à trente et quebjues lieues au sud de Tunis.

La quatrième , 55 de l’iiégyre , par Abou-el-AIabadjar. Ils vinrent à Tleincen. ^

La cinquième , 62 de l’hégyre , par Okba-ben-\afi. A l’instar du Romain Siiétonins Paulinus, le chef arabe s’avança dans les contrées méridionales au delà de l’Atlas , pour soumettre les Berbers , guidé par ce Julien qui plus tard appela les Arabes en Espagne. Xon loin de Taroudant , il eut à combattre des peuplades qui buvaient le sang de leurs troupeaux. Le rivage de l’Océan arrêta sa course victorieuse. En retournant à Kairouan, il succomba, avec une partie des siens , dans une bataille contre les aborigènes.

La sixième invasion , 64 de l’iiégyre , fut dirigée par Haçan , sous le calife Abd-el-Melek. Les Arabes s’emparèrent de Carthage et la détruisirent complètement. Au pied des monts Auras , ils furent défaits par Calîïna , reine des Cahyles.

En 74, Haçan, ayant reçu des renforts, marcha de nouveau contre Cahïna, la tua dans une bataille sanglante, et par cette mort mit fin à la résistance.

Enfin la septième , 90 de l’hégyre , par Alouça, le futur conquérant de l’Espagne. Sous lui, les Cahyles adoptèrent l’islamisme , et commencèrent à s’allier avec leurs vainqueurs. ,

La conquête de l’Afrique coûta aux Arabes des centaines de mille hommes et soixante-dix années de combats. Ils ne songèrent pas d’abord à s’y fixer.

DKS AXCIICWS HABITAX'TS DK I/AFRIQl'E. DM)

Ils y venaient pour piller, rançonner les villes et les campagnes , et Diire des prisonniers de guerre. Cela obtenu, ils retournaient chez eux avec leur butin. Les terres du Moglireb étaient riches , les femmes de (pielques tribus de l’Atlas étaient fort recherchées en Orient \ Sur les marchés on les vendait un trèshaut prix. C’était tout ce qu’il fallait pour attirer les Arabes , qui par tempérament sont avides de pillage et ennemis du repos.

Après la fondation de Kairouan, les califes permirent aux Musulmans de franebir le Nil. Alors un grand nombre d’émigrants se dirigèrent sur l’Afrique. Ils suivent la lisière du Sahara, s’emparent de Beled-Djerid , repoussant vers les régions méridionales les populations indigènes situées au sud de l’Atlas; puis, une fois maîtres de cette bordure , ils se rapproebent du bord de la mer, et de ce côté refoulent les populations sur les montagnes. Daivs l’est, c’est-àdire de l’Egypte aux frontières orientales de la Mauritanie, la conquête fut facile. Ils avaient affaire à des peuples provenant du croisement de plusieurs races, chez lesquels conséquemment il y avait peu de nationalité. Mais à mesure qu’ils avancèrent dans l’ouest, les difficultés augmentèrent; les descendants des Gélules ou des Maures , qu’ils appelèrent Berhers ou Cahyles ,\evLV opposèrent une résistance énergique. Alalgré des défaites désastreuses , malgré la mort de Calîïna, malgré la sage conduite de Mouça, qui leur fit

' Les femmes de quelques tribus kabyles ont jusqu’à ce jour conservé le sceptre de la beauté. Alger en a possédé plusieurs qui , étant jeunes , étaient aussi belles que les plus belles femmes de l’Europe.

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