‹ Études sur l'Algérie et l'AfriqueChapitre 87 sur 135 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

cipes émanés de la réformation. Ils leur ont appris à lire la Bible , à chanter des cantiques. Ils ont soudainement corrigé leurs mœurs, ont proscrit leurs danses nationales, leurs chansons, afin de les forcer d’entrer brusquement dans la civilisation.

Efforts impuissants! leur destruction marche à pas de géant. De ces quatre cent mille habitants, à peine en reste-t-il cent mille : et tout porte à croire qu’à la fin de ce siècle, il n’y en aura plus que quelques-uns à l’état d’échantillons.

ATaïti, à la Nouvelle-Hollande, à la Nouvelle- Zélande, sur d’autres îles de l’Australie et de la Polynésie, ce fait se renouvelle. Partout, au contact des Européens, les indigènes fondent comme neige au soleil, malgré les efforts des missionnaires chrétiens. Leurs femmes, qui, étant jeunes, paraissent robustes telles que les plantes du désert , ne conservent leur vigueur que sous la condition de ne pas devenir mères. Quand elles ont mis au monde deux enfants , elles tombent dès lors en décrépitude.

Accouplées avec leurs nationaux, elles perdent leur fécondité : accouplées avec des Européens, elles sont d’une fécondité remarquable.

Les voyageurs ont constaté qu’une famille indigène se compose, terme moyen, des parents et de deux enfants ; mais quand une femme est croisée avec un Européen , la famille se compose des parents et de six enfants.

Ne semble-t-il pas que la nature poursuit l’extinction des races barbares en les frappant de stérilité?

Fatale et redoutable destinée! la guerre et les mau-

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