‹ Études sur l'Allemagne, ancienne et moderneChapitre 12 sur 55 · DU GÉNIE DE LA LANGUE · texte numérisé non relu

DU GÉNIE DE LA LANGUE

de tons les rapports, admission de toutes les nnances» compréhension de la vie idéale comme du progrès matériel dans tontes Jes races ; tels sont les grands caractères de l'Allemagne intdlectuelle. Voilà son rôle aux xyiii* et XIX* siècles ; mission généreuse , qui coïncide avec la mission pratique de TAngleterre ; ainsi se prépare Ta- Tenir. Déjà une conunnn^uté de sentiments et d*idées, une tendance nouvelle à se comprendre mutuellement, un besoin général de resserrer les liens de la solidarité humaine se manifestent à travers le monde. La langue aDemande est le grand instrument intellectuel de cette fusion des races et des esprits. Aux reproches de Jacob Grimm et à sa critique sévère elle a le droit d'opposer les paroles enthousiastes de Bœme :

« Quelle langue oserait se porter rivale de la langue alie« » mande ? Quel autre idiome est aussi riche et aussi puis- 9 sant, aussi hardi à la fois et aussi charmant, aussi beau » et aussi doux que le nôtre 7 II a mille couleurs et cent om- » bres. Rien ne lui manque ; ni le mot fu^tif qu'exigé le » besoin de la minute ni celui que demande le sentiment » infini que Fétemité ne saurait épuiser. L'allemand est fort » dans l'épreuve, souple dans les périls, terrible dans la » colère, tendre dans la pitié et prompt à- toute entreprise. » C'est l'interprète fidèle de toutes les langues que parlent » le ciel et la terre, les airs et les eaux. Le grondement du » tonnerre, les murmures de l'amour, les mille bruits de 9 la journée et le silence des nuits; les teintes d'émeraude, » d'or et d'argent que sème l'aurore, et les méditations » profondes des rois de la pensée; le babil de la jeune en- » fant, le gazouillement de la source paisible et le sifflement » du Feptile ; les ébats et les cris joyeux de l'enfant et la » sourde parole du rêveur qui se dit à lui-même : le moi^

• c'est le MOI ! — • tout ce que rhomme peut comprendre » et sentir, la langue allemande le traduit, Texplique, le » développe et Tembellit (1). »

(i) c WeUkB êffraehe darfneh mit der deutseken mesten? WeUke 3 andere Ut $o rdeh und mœchtig, io muthig und anmuthig, so » êchœn und $o mild, aU vmere? Sie Mat tauaend Farben und hum^ » dert Schatien, Sie hat ein Wort fur dos kUinste BedûrfniU der » minute, und ein Wort fur dos bodenlou Gefûhl, dos keine Ewig- » keit aussekœpft, Sie ist stark in der Notk, geaehmeidig in Gefah- » ren, schreeklieh wenn sie zûtnt, vfeich in ihrem Miileide^ und 3 bevoeglieh tu Jedem uniemehmeti, Sie ist die treue DoUmetacke-' » rt/ifi aller Spraehen, die Himmel und Erde, Luft und Wasser

• Sjn^echen. Was der rollende Donner groUt, wa» die kofende Lieàe » tamdelt, was der larmende Tag schwatzt und die sekweigende 3 Nacht brûtet : voas dos Morgenroih grûn und gold und silber malt, » und was der emste Herrscker auf dem Throne des Gedankens » finnt; was das Mœdchen plaudert, die stille Quelle murmelt und 3 die geifernde pfeift ; wenn der muntere Knabe hûpft undjauchzt, 3 und der alte Pfiilosoph sein sckweres Ich setzt und spricht : 3 Ich bin Ich — Ailes, Alles^ ûbersetzt und erklœrt sie unsverstamd- 3 lich, undjedes aufertraude Wort ûberbringt sie uns reicker und 3 gesehmûekter, als es ihr ûberlUfer worden. »

PREMIÈAB CP0QIJC.

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