DU GÉNIE I;TRIQUE EN ALLEMAGNE
Dô dàr abur Hlndwlg Da aber Hludwig KimiDg wlM sàlîg Der kœni^'iiûat
Gare sô ser hio was GerÛstet, so sehr er hier war,„ Se war so ses thorft was. Wahrlich,vDi(?eiNot6Sv^ftvûàr,
Gihaldé inan truhtin Erhalte ihn Herr B! sinàn Ôregrehtvi. BetSeiner BBrrlichkeii.
Ç/^m 4f!^ Louis m.
« Il ^t ^n roi que je sais^ nommé le ^i pbiid^ig ; V^. sert bien Dieu, Dieo le récompense.
Enfant, il resta sans (ièrel Quand œ, ijoiaUieur lui ad^lut, le Seigneur s*empara de lui et fut son guide. Il lui donna de nobles co|npagJQon8^ une, suite intrépide ;' îl lui dbnnsj^'Ie siège royal dans 1^ pays d^s Francs. Qu'il L'occupe loi^tempsl ' ' *
U partagea te trQp^e avec Ij^arlmann, son frère, par un accord équitable et lovaC '
Quan$ cela ifut'finl, Dieu le mit à Tépreuve, voulant Toir s*il soutiendrait les luttes cruelles.
Il laissi^ l^s guerriers païens envahir ses dpmaiuiss, et les Francs pour leurs péchés devenir esclaves.
Il y*en* eut qui se perdirent, d'autres dont le courage faiblit. IM|^l|)eur ài qui résistait !
Les brïgands s'artnaient, vivaient de rapines, enlevaient un château et se faisaient nobles.
Celui-ci mentait, cet autre assassinait, un troisième était traître ; et leurs cœurs se gphflaient de joie.
Le roi défaillait, le royaume tombait, Christ était irrité. Hélas I.ili permettait ces maux.
Mais Diôii qui savait nos détresses eut pitié de. nous ; il ordonna k Bludwigde marcher et de se hâter.
ET r)à èON INFLUENCE» 20)
« ffladwig ! mon roi ! secours mon t>euple que les hommes du Nord écrasent I »
Alors parla tllùdwig : « Seignenr, Je le fais. La mort ne m'empécliëra pas d'éxéciiter ta volonté. »
tùis, d'dfii-fes rbrdre de tiieû, îl leva te gohfaiion (1), et marcha (iar la France àii-devàiit des gens du Norâ.
n rendit grâces i Dieu ; et il attendait sa venue, disant : a Seigneur, iibus voici, nous {^attendons ! »
Puis d'une voix forte le bdii Hludwîg parla ; « Courage, guerriers! conliàncê^ mes fidèles! compagnons cte mon sort! »
« Ici lïieu ni'eiivôye.' idais je veiix savoir si c'est votre avis, si vous voulez c(ue je combatte. »
« Moi-même je ne m'épargnerai |)às,' pourvu que je vous délivre ! seulement je veux qu'ils me suivent mes ûdèles, les héros dé ftieù !»
« Cette vie ûous és'C àc^uïsè tant cfù'è Chrisi nous l'accorde; nos cor{>s hotit soiïs sa gardé; c'est lui qui véitfe sur nous. »
« Quiconque fera ici avec vigueur ce que Dieu ordonne, s'il sort vivant du combat, je le récompense. S'il reste mort j'honorerai sa famille. »
Alors il prend bouclier et glaive, il vole sur son coursier. Ses adversaireg sauront qu'if a ffitvraî.'
n né fût pas lonètém^s ï trouver les èeiïs dit Nord. « Ûïèïi soit loué ! s'écriè-f-îT, éû voyant ceux qu^il chercÈe.* »
{i)H%iQb^heravvwj^vgifvt^, . .. . « -.
Le mot germain « Gppfançin,^»)iui.s^e.trguy^ toytjçn^pr^anç ç^ vers, a été remplacé chez nous par le mot romain Ori-Jlqmme,, iSLUt les souvenirs romains étaient destinés à remporter sur les souvenirs' ^èo^itôi^ës.
208 DO GÊMIE LYRIi^UE EN ALLEMAGNE
Gheirauchant comme un héros , il chante le chant sacré, et tous répètent ensemble : Kyrie eleison I
L'hymne fut chanté, le combat commencé; le sang baigna le visage des Francs qui jouaient de leurs armes.
Il se battirent bien, les héros; mais nul comme le roi Hludwig. Rapide et ardent comme toujours , Fun il l'écrasait, l'autre ij le transperçait ; il leur présentait la coupe amère; et leurs âmes s'échappaient de leurs corps.
Bénie soit la force de Dieu! Le roi Hludwig fut yainqueur. Grâces soient rendues à tous les saints! Â lui fut la victoire!
Le roi Hludwig (ut heureux; autant il était prompt, autant il fut ferme dans Tépreuve. Maintiens-le» ô Seigneur, dans son suprênie pouvoir ! »
Plus tard les grands lyriques de l'AHemagne, Schiller, Movalis^ Uhland, Ruckert, Arndtet Kœmer eurent plus d'élégance sans doute, non plus de verve, de mouvement, d'enthousiasme guerrier.
Longue barbarie de la Germanie primitive. — Avantages qui ont résulté de cette vie sauvage. — Injustice de l'Europe envers TAllemagne. — Mémoire du passé. — La Patrie.
Germains et Scandinaves furent bi^emps, pour Tacite et ses successeurs, les Barbares par excellence ; rudesse ou simplicité de mœurs qui s'est effacée très -tard et qui a laissé des traces visibles jusqu'au milieu du xvui* siècle. Aussi ce grand pays inspira-t-il longtemps un profond et injuste
dédain anx nations dvilisées. Il faut lire dans Mne^ Silvius la description de la ville de Vienne au xv* siècle, et dans les lettres d'Aide Manuce la satire des coutumes allemandes, « tachées de vin, dit-il, et souiUées de grossièreté. » Nous avons eu peine à nous accoutumer à cette idée que rintdligeoce allemande ne fût pat de nature inférieure à la nôtre.
Le jésuite Bouhours intitule un de ses chapitres : Un Allemand peut-il avoir de V esprit? — Swift affirme que les plus belles inventions sont nées des temps d'ignorance , et que l'imprimerie et la poudre sont dues à la nation la plus sttipide de la terre, aux Germains, Le cardinal Duperroa la qualifie de nation brutale , enmmie de tous les étrangers^ composée (^esprits de bière et de poêle. « L'Al- » lemagne est faite pour y voyager, dit Montesquieu , l'ita- • Ue pour y séjourner, l'Angleterre pour y penser, la » Fraoce pour y vivre; » concetti frivoles bien peu dignes de ¥ Esprit des Lois, Pour les Anglais l'expression latingermain équivaut à ce que qous appelons latin de cuisine. Nous avons emprunté à nos voisins d'outre-Rhin plus d'une désignation injurieuse : Obscurité germanique, boire comme un Allemand, querelle d'Allemand, goût tudesqm^ — expressions assez signiGcatives. La Germania pour les Espagnols du xvi* âèçle c'était « la canaille, •> comme je l'ai dit plus haut (1). Injures vaines. La foi et la sincérité . allemandes , ces grandes vertus du cœur, sans lesquelles tous les dons de l'esprit sont frappés de mort, se sont conservées intactes : et Napoléon à] Sainte-Hélène appréciait si bien ces qualités fondamentales qu'il disait : « Si f avais » été un prince allemand, f eusse réuni tout ce peuple sous » mon sceptre ; trente millions d'Allemands entoureraient
(d) V» plas haut, Premier chapitre, p. 5.
210 DC GÊiaiS tYRTQUE BN AILEHAGNE
» mon irâàé ; uii^ fois élu, ils ne m'eusseiït jàihàïif aban- 1 d&nné ; leur empereur Je ne serais jamads vêfïu àSairie- » Hélène. •
(f Les JxMéhÉ (dit liti' Âllemâiid moderne) sont Timà- « ginatidD, iesTralK^is rës(frit; lès Aiiglàlfi là" i^isôîi, ië!(' » Allemande là* iriëmoiré de l^Etibope. Dàiîs les colonies^ k les Espagnols commencent par bâtir une chapelle, lès » Anglais Kti'dabà'ret, les' Prtfh^îs nri'forVët^uqe salle de » dahse; les Allèrriands défrichent. » Les Pratiçais forii'lès' ftc^fiy i*i(H5> les Allemands' l'édigéttt sàvariitncnt la Ôriti'quh dès hônsmois ;♦ tel* est le titre d*iih duvra^e'de yiTSi. Celle' hntiMë fa(^lté de la'ilitooîrë,»— dorisécratlori^iilôVlèsle, hènnéHè, ilèligfètlôèdtt paèsé, — cdàsérvktion'des sduv'erifrs* et de' latràWtiOh — fliTbrisetit cheVles Germàîilsramofùr' de la patHé, là» dbm'nidhatitë des^^iflêeS et la pd&fè jtopu-' lafée. îM*dharit, ptttblèà et liHirfqfae, dfiirt roriginè se perfl dartti^'làf-iitiit dësf siècles, chant anohynie et conlitf de toiisf, devient là'jjrtlpritté de là nïâsse, du » Volk', » non du'sei^* pêur dâ dtipretfc,'fl<àîà dé l'arthaïi,'de la villégeo'îéè* et dtt'iâartelôt: Les cKàritt'^étëridus'pdptiIàîres (jm eB' FVatièVT' et^eii ïtaMè ctatseWî'de itt6t d'oMrc el'd'appel guèrHer'aux paM»; littdè^N5onisûffllK1^'li'p^ dfe re^dte jÀus fohe et'
pMs ptiîsàa!rtèl%àfiàotfiè des coeurs, n'ont 'fait que prêter dë& atiâes aux c^UloiAs^'afgrlf Tamertfame des'discofdes, îdtcimbrhSÊ: Kàiifes;C*eSt1e* contraire eir Attemaêhe.
li'ac'cenft IJrique est atissî étranger qrrè possible à TépigWiîhme, à' TéquivoquéV à Talluslori Ifcèitci^bse. U's'allie arf*gttït mtôicat, dont il est l^BXpresSI0'n Hutûalnê et réaliséiÉf; à" cet instinct méTodiqûe que' les Allemands possèdent à irtfdéét*é' ektrïwrdmâî^è. De là ces" airs simples que tout le mbndésâiîet qùî'ne sont ni dèS'vbcàlises difficiles, ni des ariettes brillantes, ni d«9i"em](ni]litt faite à ^éttaàige^
Et DE' SON INifLUENCE. 211
mais nn éncHblnemént dé notes ingénues, nationales et expressives, auxquelles on adapte à volonté des [Paroles non moins simples. Ces créations pour ainsi dire impersonnelles sëmMent écloses toutes seules; c'est le coeur qui chante, c'est la poitrine émue ç[tîi se soulève et respire ;' les sujets sont dé ceux qui tbiicKent les entrailles deVHûmanilé ;' c'est la mëre, lé fils, le tlravaîî dii' pêcheur, celui du daîneùr, là jôîe dès fiançailles', 1 aïéiile mourante, l'enfant naissant', la chasse brùyaritej' le voyagé,' lé dèjlahj lé reloùt-;'cWi lematiii et lé soif, c'est la riuit et sa tèrredr.* Cè*s6ni' les* caprices dès rêves et du monde iiivisible. Ce sont les forêts, les montagnes, c'est lé festin et' là moisson. Vous entendez' le prbfesiséur vénérable rîSpètèr à* soixante ans la chansonnette attendrie ou le vieux chant' bacchique qui le charmait, étudiant. Il faut avoir vécu en Allemagne pour comprendre par la popùlàrlié du cliant celle de la poésie, et l'intime alliance de Tune et de l'autre, et la folie de ceux qui regafdenf la poésie comme un art né dans les saloiis, fait pour les boudoirs. Le long des haies' de lilas, sous les tilleuls des collines, ainsi que dans les caves de Nuremberg et de Kœnig^rg, Tartisan-pèlerin, la jeune fille et le grave docteur redisent les mêmes chansons ; on ne parle de ce sujet que sérieusement, parce qu*on le croit sérieux. En Allemagne comme en Grèce, le chant n'a rien de frivole '; c'est un souffle qui élève le cœur et rallie les âmes,' non pas une artificielle et scholastique réglementation, qui ordonne d'écrire telle chanson pour les salons, telle autre pour les harengêres et les pauvres gens. Tout le monde boit à la même coupe, entend là même langue, s'enivre des accents de Goethe et prend force et vigueur en redisant les finales prières de Luther. Qudle ridiesse poUr utoi)eupre et quelle ressourcè'éner-