‹ Études sur l'Allemagne, ancienne et moderneChapitre 41 sur 55 · DU GÉNIE LYRIQUE EN ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

DU GÉNIE LYRIQUE EN ALLEMAGNE

» domestique» quelque page, laquais ou autre géoie familier. 9 Celui-ci s'élaoçant vers la porte, s*accrocha à la sonnette » et la secoua violemment, comme si la maison eût été » à lui. Il y avait encore de la lumière au premier éuge. • Le concierge ouvrit pendant que deux autres personnes, >' tout enveloppées de fourrures sortaient péniblement du » traîneau. Une de ces pei^nnes était un homme d'une » structure robuste, de taille courte, mais bien prise, qui » semblait avoir peine à se tenir sur ses jambes, et dont les » mains et les bras glacés ne remuaient pas. Il voulut faire » un mouvement vers son camarade afin de l'aider ; mais » ce mouvement lui fut impossible. Je m'approchai par po- » lilesse et par pitié ; aussitôt la mam de l'homme dont j'é- » vais remarqué la taille svelte et forte, s'appuya ou plutôt » tomba sur mon épaule. Le gant glissa de cette main gla- » cée, et il me sembla, tant l'étreinte était rude et puis- » santé, que la griffe d'un lion pesait sur moi.

» La porte s'ouvrit alors, et un éclat de lumière, en jail- » lissant, me fit apercevoir à l'intérieur, l'ambassadeur lui- » même tenant k Ja main un candélabre ; près de lui deux » domestiques avec des bougies. Tous les visages des voya- » geurs étaient ensevelis dans le drap et les fourrures de » leurs vêtements, de manière à ce qu'on ne pût aperce- » voir que leur nez et leurs yeux. J'avais pris par la main, » pour le diriger, l'étranger dont j'ai parlé déjà. Les rayons * » lumineux qui tout-à-coup se concentrèrent sur lui me fi- » rent reconnaître deux yeux , deux regards, deux étoiles, » que j'avais déjà vus, et que rien ne pourra me faire ou- » blier.

» C'était Napoléon!

II revenait veuf de son armée anéantie. Il revenait , et » sa main était sur moi. J'avais là toute la destinée de l'Eu-

» rope sur mon épaule ; jugez, ami, combien d*idées et 9 quelles idées traversèrent mon cerveau. Tout ce qui se 9 passait me semblait un rêve. Empereur naguère tout » poissant I Europe, vas-tu respirer 7 ou dois-tu périr? *

Ce qui est vraiment curieux et magnifique, c'est l'admiration fantastique inspirée par le regard du grand capitaine à Tun de ses ennemis les pins acharnés, à ce chasseur noir de l'armée allemande I

LE

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