‹ Études sur l'Allemagne, ancienne et moderneChapitre 43 sur 55 · SU · texte numérisé non relu

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Siebenkarae.

Il y a dans la, longue liste de ses romans , un ouvrage plus naîvemeat boui^eois que tons les autres, et, de tons, le moins difficile à comprendre : c'est Siebenkase,

Un jeune Allemand pauvre a épousé une jeune fille belle, aimable, innocente, véritable Allemande de la classe bourgeoise, ménagère habile, patiente, modeste. Sa tête est vide« son ^orance complète et sa sensibilité presque animale. L'auteur fait contraster avec une admirable vérité les vues étroites de Lenette (c'est le nom de la femme), et le génie, l'érudition, l'enthousiasme dont il dote le mari. Il nous montre ce tourment de toutes les minutes qui s'empare de vous quand nulle sympathie d'intelligence ne vous attache à celle que votre cœur aime. Il prouve combien est fatale au bonheur cette dissonance établie par l'éducation entre la destinée de l'homme et celle de la femme. Il peint avec une minutie et une vérité dignes de Téniers la

JeAN-PAUL-FRÊDÉRIG BIGHTER. 257

femme Tulgaire alliée au poète exalté, l'incaraMe niaôserie d'uD esprit obtus veuant interrompre les rêveries du pen seur artiste; enfin (supplice étemel!) la machinale économie d'un ménage sans élégance et sans grâce. £n France, ce ne seraient point de telles leçons qu'il faudrait à nos mœurs: en Allemagne, où l'on ne demande guère aux femmes que les qualités d'une domestique fidèle, l'élégiesatire de Richter frappe le but.

« n y avait dans Tâme de sa femme, dit Jean-Paul, un triste vide, une tache ; comme une cicatrice sur un beau visage : et il ne cessait d'y songer ; il se perdait dans cetle contemplation. Jamais il n'avait pu exalter cette pensée traînante, l'arracher à la terre, réchauffer d'enthousiasme. Vous eussiez vu Lenette compter dans l'intervalle de ses baisers les heures que sonnait l'horloge, interrompre un récit plein d'intérêt pour aller écumer le pot, et y courir les yeux pleins de grosses larmes sollicitées par cette narration pathétique. Pauvre homme ! il l'entendait, dans la chambre voisine, marmoter de vieux psaumes d'une voix aiguë, et au milieu du vers s'arrêter pour dire :

« Gomment dînerez-vous aujourd'hui ? •»

« Voici un fait dont il n'a pu chasser le pénible souvenir. Certain jour qu'il était plus éloquent et plus poétique qu'à l'ordinaire, Lenette, les yeux fixés sur la terre, l'écoutait; elle lui dit :

« Demain matin, avant de sortir, vous attendrez, s'il vous plaît, que j'aie raccommodé vos bas qui sont troués. »

« L'auteur de cette histoire atteste que plus d'une fois des interruptions semblables l'ont réduit à un état de véritable désespoir. Quoi ! au milieu des nuages subtimes, dans le sanctuaire de la métaphysique la plus élevée, on viendra vous jeter vos bas ^ la tête l Je ne demanderais pas qu'une

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