LANGUE ALLEMANDE
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L'é}^ment germanique et rélément romain dans TEurope moderne. — Napoléon considéré comme continuateur des P^pes et défenseur du monde méridional.
Ofi a'« pas uàei dit que te génie romain, dont tes poptilaiKHW niildionidoi de l'flpropo ont hérité, rej^résonte non b lilieKê, qilHS l^opdre, et la séîérité extrême de l'ordi*e, l'aprit imUUirfi. Le génte germftttiqoe de m\\ eôié reprô-* sente rindépettdmise; il a ea peine à constituer sa hiérarcbîe» e'eatik^pe 4 namettre- tontes les libertés individuelkfi k ime diadiiiiiie proportionnelte et commune. De là tes nomiNFejufes eomplieations de la Modalité.
Ce point de Yue Ustoriqne, qui domine toute la littérature et tooa iesévénemeats politiques ou intellectuels de TËurope moderne, paraiini ehimérique tant qne le travail pénible des monographies ne sera pas terminé. L'ensemble des grands foits européens ne 8*est encore révélé qu'à certaines intelligences très-hautes et très-vastes , telles que M. Guizott Luden et Ganz en Âttemagne, et le philosophe Ci^eridge en Angleterre, l^oor les esprits vulgaires , pour cette loute qui s*en tient aux surfaces, de pareilles données sont des fontômes auxquels on ne doit point lasser le droit de bourgeoisie dan^ rhistoire.
DIT GÉmE DE tk LANGUE
. :L*étèTé fraoïçsiiis ànn de ces coUéges romains qui font expliquer à nos fils Yii^le et Gicéron ne peut imaginer qu'il y ait au monde un autre élément de didiisation que Rome. L*élèveteutonique de quelque université allemande, tout imbu des traditions scandinayes et suèves, répète du bout des lèvres les hexamètres virgiliens ; la vie du Midi et la langue romaine sont pour lui de lointaines et agréables illusions, dont la beauté le charme, mais dont les sentiments, les idées et les images n*ont avec lui aucun rapport intime et originel Si Ton y regardait de près, on reconnaîtrait qu'un de nos malheurs, et peut-être le [dus invincible, résulte du conflit entre le génie germanique et le génie romain, que l'on voudrait concilier et qui se combattent (1). Toutes le? nouveautés qui nous semblent des promesses de régénération infaillible ne sont que de vieilles idées germaniques ; -*- liberté individuelle , jury germanique , prépoiH dérance commerciale, pondération des pouvoirs; — enfin ce r^me que nous nommons constitutionneL
Nous Français, sachons-le bien, nous sommes Romains, fils de l'organisation et de la discipline mititmas. Nous nous faisons Germains de notre mieux; nos assemblées délibérantes, et nos degrés d'élection, et notre critique permanente des pouvoirs qui nous r^issent n'ont pas l'ombre d'analogie avec le système romain qui a présidé à notre berceau et protégé nos premiers efforts.
Sans doute les premiers rois francs étaient germains. Mais comme ils trouvèrent dans la Gaule un lit romain beaucoup plus commode que le siège épineux qui leur servait de trône militaire dans la Germanie, ils employ^ent tous leurs soins à développer en France l'organisation ro* maine^ qui çn effet triompha. Tel fut le travail de la Mo-.
(i) Imprimé en 1885, dans le J<mmal du Débat$,
ALLCMANDE. 5
narchie. Elle adopta et développa le système romain ; elle écrasa la liberté germanique et le sentiment individuel, qui reparurent furieux au commencement de la révolution française. En Angleterre au contraire la Monarchie eut le dessons; te sentiment germanique prit le dessus, et ce peuple entreprenant donna le mot d'ordre à tous les peuples du Nord, — à la Hollande, à la Suède, an Danemark, à l'ÂlIemagne elle-même.
t.*élément germanique est en progrès depms deux siècles; l'élément romain périt de tous les côtés. Le dernier représentant de l'élément romain parmi nous fot ce sublime organisateur disciplinaire. Napoléon, l'bomme du Midi par excellence, auquel sa destinée épique réservait la torture glorieuse d'un exil africain, suivi d'un retour aussi extraordinaire que son exil.
C'est contre le monde germanique dont il prévoyait l'ascendant que Napoléon s'est armé ; il continuait ainsi Gbarlemagne qui a violemment suspendu la terrible invasion saxonne du ix* siècle. Il continuait aussi les papes, guMe^ de la civilisation méridionale au moyen-âge, en même temps qu'ils furent l'expression du Midi et de la nationalité italienne armés contre les empereurs germains, contre les chefs du Nord et de la domination barbare.
L'élément romain devenu trop faible fut contraint de s'associer à une partie de ces barbares mêmes qui l'attaquaient Les Garlovingiens prêtèrent leur concours à Rome papale,' maîtresse d'un pouvoir temporel et ecclésiastique, débile sous le rapport séculier^ ne pouvant espérer d'établissement solide qu'à l'aide d'une redoutable épée. Aussi se dirigea-t-elle vers ce but et de toutes ses forces. De là ce mélange de vigueur et de faiblesse, de faiblesse matérielle et de vigueur morale, qui a toujours distingué Rome
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moderne, sa politique, sa destiaée. De lè o^te facilité avec laquelle les populations geroianiques se sont détachées ans* sitôt qu*elles l'ont pu du réseau étendu sur elles par la domination eoclésiastique des papes* C'était le dernier effort de rélément germanique pour secouer la chaîne romaî* ne. Luther est bien plus proche parent qu'on ne le pense de ce terrible Dante qui apostrophait si durement la Pa^ pauté.
A dire yrai , Guelfes et Gibelins vivent toujours'; il faut avoir entendu les femmes du peuple, k Sienne ou k Florence, crier Morte ai Tedeschil pour comprendre toute la portée de cet antagonisme qui conmieoce avec HiNrmann et dont le dernier mot n'est pas dit. Nous appelcms encore tudesque (deutsch), une œuvre grossière; boHfuin (buch), un méchant livre, et rosse {ross)^ un mauvais cheval Pour tes Espagnols le jargon des voleurs est toujours Germania. (Romances de Germania, 1789, Madrid). Sandoval(l) nomme les « Gomuneros » rebdles de Valence une « canaille» germanique (Germania). Le même sentiment de haine, mêlé d'une grande admiration et d'un attrait vtf pour les voluptés du climat et le charme des arts, a toujours vécu dans les âmes teutoniques^ surtout chez les guides et les maîtres de ces vigoureuses races, t Je suis fils des Gotbs, •les maîtres de Rome (dit Gu8tave*-Adolphe, au bas d'un nde ses portraits gravés de son vivant et par son ordre), fils »de ceux qui ont mis le pied sur l'Espagne i voici mon limage ; puissent les destinées reprendre encore, le même •cours (â) I •
(i) Carlos V, I. m, S 38.
(S) Gethiea gens gtnteè tbfnuit Rimamquê Éubégit, Hitpamm (UmUt éu^dert toUaju^o*
ALI^IIAKDS. 7
fiaUasBare Bonifazio (1), ItalieQ di^xyii* siècle, qui cite ces vers avecindigoation, y ajoute les mots suivants ; « Rome «souveraine doit bien pr^ulre garde à ces races septentrio- «nales qui l'abhorrent; elle a tout à craindre de leur bar- «barie gothique et de leur punique perfidie ! »
Sn.
Ce que les idiomes keltiqiies loot devenus, — Derniers vestiges de leur passage.— Bizarres inventions des érudits keltiques. — Caractère probable de ces idiomes dans l'antiquité et empreinte qu'ils ont laissée dans le français.
— « De quelles pièces s'est bâtie la civilisation mo- «derne ? »
Grande question qui renferme ces questions subsidiaires:
— • Comment se sont formés les divers Idiomes modernes, qui sont les organes et le verbe de la civilisation ? »
— « D'où vient et qu'est devenu le keltîque, langage primitif de nos pères, habitants de la Gaule et des deux Bretagnes? Était-ce un dialecte oriental allié au samskrit, dérivé par coiiséquent de la même source que le latin, le grec et ië gothique ? Comment se fait-il que ce keltique se soit enfoui et perdu sous les sables , tandis que le latin d'un côté, sous les formes variées des langues française, italienne, espagnole; le gothique, d'un autre, sous les formes de l'anglais et de l'allemand, ont complètement éclipsé
Oothortm régis vivos nune ttipleê vuitus,
CiÊm 9âto «t r9p$tâHt fûM, yiriota viim.