RÉDACTION DU PROJET D'AMÉNAGEMENT, APPLICATION ET CONTRÔLE
ARTICLE PREMIER
Je crois qu'à l’aide des notions générales que j'ai exposées, les agents qui auront été chargés de l’aménagement d'une forêt, ne seront pas sérieusement embarrassés par la manière de s’y prendre pour accomplir leur mission. Toutefois, j’ai pensé qu'il pouvait être utile de terminer cette étude par l’indication des divers documents que comporte un projet d'aménagement.
Ces documents sont de trois sortes :
Le procès-verbal d'aménagement ;
Les plans et devis ;
Les pièces justificatives.
Procès-verbal d'aménagement. — Il se divise en sept parties : |
Dans la première, on s'occupe de la statistique pour l’ensemble de la forêt ou de la masse;
Dans ia deuxième, de la critique du mode actuel d'exploitation, du choix du mode d’exploitation à adopter et de la division de la forêt en sections et en séries ;
Dans la troisième, du parcellaire et de la description spéciale, pour chaque série ;
Dans la quatrième, de l’âge d’exploitabilité, du choix de la révolution, de la formation des affectations normales, du règlement général et du règlement spécial des exploitations, et des améliorations spéciales, pour chaque série ;
Dans la cinquième, des améliorations, pour l’ensemble de la forêt ;
Dans la sixième, de l'assiette de l'aménagement sur le terrain (ouverture des lignes séparatives des sections, séries, affectations, parcelles, etc.) ;
Dans la septième, de l’état futur de la forêt et de l'examen comparé des produits tant principaux qu'accessoires, en matière et en argent, que l’on retire actuellement de la forêt et qu’on en retirera après son aménagement. On n'ometira pas de tenir compte dans cet examen, de la plus-value probable qui résultera pour les produits, de l’amélioration des voies de vidange *.
4. Je donne l’ordre des travaux d’après les errements suivis jusqu’à présent, mais ces errements laissent à désirer parce qu’ils ne séparent pas dans l’aménagement ce qui appartient à son application, de ce qui concerne sa préparation. Quand le règlement général des exploitations a été dressé, le projet d'aménagement est terminé en ce qui concerne la marche et la quotité des coupes et le décret d'aménagement pourrait être provoqué. Une fois ce
Il est bien certain, d’ail'eurs, que le résultat de cette comparaison ne saurait donner qu’une idée incomplète de la supériorité du régime qu'il s'agira d'adopter, puisque, comme on le sait, ous les produits du sol forestier ne sont pas susceptibles d’être évalués en argent, Il est probable aussi que le revenu, faible au début de l'application de l’aménasement, s’accroîtra par la suite. Ce sont là des considérations sur lesquelles les rédacteurs du projet d'aménagement auront à appeler l'attention.
Plans et devis. — 1 faut :
Un jlan général de la forêt indiquant les princi-
cécret rendu, il s'agirait d'appliquer l’aménagemert. Ge serait alors seule ent que l’on devrait arrêter le règlement spécial d'exploitetion pour la première période, règlement qui, devant reposer sur le volume pour les coupes principales, exicerait le calcul du matériel que ces coupes auraient à enlever chaque année. Aujourd'hui ce matcriel est fixé par le décret d'aménagement. C'est à tort, selon moi; il serait p'us rationnel que le décret se bornât à indiqu:r le rapport constant à maintenir entre le volume total exploitable dans la durée de la période et celui de la coupe annuille. En effet, ce rapport est la seule chose à reconnaitre et à observer pour que la possibilité £e soit pas ou‘repassée, et c’est à l'administration qu'il incombe ce prendre les mesures nécessaires pour que l’on ne s’en écarte pas. Mais quand au lieu d'exprimer par un chiffre abitrait, la proportion qui doit exister entre le volume de la coupe annuelle et le volume total exploitable dans le cours de la période, on exprime le volume de la coupe annuelle par un chiffre concret, par un certain nombre de mètres cubes, on s’expose à ce que la possibilité soit outrepastée, parce qu'en supposant qu’au moment où il est déterminé, ce nombre de mètres cubes soit dans le rapport voulu avec le matériel total exploitable, une foule d'accidents imprévus peuient ensuite le rendre trop fort. (Note de la 2° édition.)
paux mouvements du terrain, les cours d’eau, routes et chemins, les limites des cantons, etc. ‘:
Un plan général et, s’il y a lieu, des plans de détail des parcelles ;
Un plan figuratif des limites des séries;
Un plan indiquant, pour chaque série, les limites des affectations ;
Un plan indiquant le tracé des routes et chemins projetés, l'emplacement des maisons forestières, scieries, etc., à construire ;
Les devis sommaires à l'appui de ces divers travaux, j |
Il est bien entendu que, lorsqu'il ne doit pas en résulter de confusion, deux ou plusieurs des plans que je viens de désigner peuvent être réun:s en un seul.
Pièces justificatives. — Elles se composent :
Des calculs relatifs au lever périmétral de la forêt ; d'un tableau des coordonnées des points de la triangulation et d’un tableau des hauteurs de chaque station de nivellement par rapport à un point unique. |
Des expériences exigées par la recherche des renseignements sur la croissance des bois, leur débit,
1. S'il n’est pas nécessaire d’avoir un plan topographique parfaitement exact pour préparer le règlement d'exploitation d'une forêt, il est cependant désirable à d’autres points de vue, et notamment pour les travaux de la carte de France et pour ceux du cadastre, que ce plan ne laisse rien à désirer. Une grande administration ne saurait en pareille matière viser à l’économie. (Note de la 2° édition.)
les facteurs nécessaires pour apprécier leur rendement, tant en volume brut qu'en marchandises ; Des expériences faites pour déterminer l’âge d’exploitabilité ; Des dénombrements et cubages effectués pour établir la possibilité et des tarifs adoptés à cette occa- Sion.
ARTICLE IL