‹ Études sur l'aménagement des forêts (volume 2)Chapitre 12 sur 121 · PRÉFACE. XIX · texte numérisé non relu

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inconsciente et involontaire de ceux que lon se rend à soi-même.

Mais le fonctionnaire aliène dit-on son libre arbitre. Ah! il y aurait beaucoup à dire là-dessus, et il serait facile de prouver qu'il n’y à pas de carrière qui ne comporte pour celui qui y est entré, un assujetissement plus ou moins grand. Je me borne à faire observer que dans celle de l'administration publique on est subordonné à la loi, au règlement écrit, tandis que dans presque toutes les autres, on est soumis à quelqu'un, ce qui rend l’obéissance bien plus pénible pour les âmes fières. Quand on n’est l’esclave que de Ia loi, on a le droit de porter haut la tête; or, le fonctionnaire public peut se donner d’autres maîtres, mais sa mission ne lui impose que celui-là, et c’est le seul même qu'il doive reconnaitre, s’il veut la remplir dignement. Le fonctionnaire il est vrai n’est pas riche en général, et n'a aucun moyen de le devenir; raison de plus pour l’honorer. Je n'ai certainement aucun mépris pour l’homme qui dépense brillammént une immense fortune acquise par d’heureuses spéculations; pourtant, je le mets bien au-dessous d’un simple garde forestier qui, après s'être occupé toute la

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journée de la parcelle du domaine publie dont on lui a confié la gestion, n’a pour réparer ses forces, qu'une soupe aux pommes de terre.

Jusqu'au dernier jour de sa carrière, il fera le même métier et suivra le même régime; il le sait et son zèle cependant ne se démentira pas un instant. Est-il rien de plus touchant et de plus estimable? Haussez les épaules, heureux de la terre ; toujours est-il qu'auprès de ce pauvre fontionnaire, vous ne tirez pas à conséquence. Quand vous partirez de ce monde, vous n'y laisserez que des traces éphémères, rien de vous ne vous survivra. Le garde forestier dont je parlais tout à l'heure, en prenant soin de la chose publique, attache au contraire sa personnalité à des travaux qui perpétueront sa mémoire. Ainsi, l'homme qui est chargé d’une fonction publique n’est pas seulement plus recommandable que les autres, parce quil représente de son vivant l'intérêt général, parce que la satisfaction de cet intérêt est le mobile de toutes ses actions; mais aussi, parce que sa prévoyance va au delà de sa vie temporaire, et prend autant de soins des générations futures que des” générations présentes. Il est en un mot l'indispensable et le principal soutien de

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