‹ Études sur l'aménagement des forêts (volume 2)Chapitre 17 sur 121 · XXVIII | PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXVIII | PRÉFACE

Toute la région comprise entre le Rhône, la Méditerranée et les Cévennes, est presque entièrement dénudée. Il en est de même des côtes de l'Océan et de tout le plateau central.

Quelles sorit les causes de cet appauvrissement?

‘ Quand on songe à la violence et à la durée des oœuerres dont notre pays a été le théâtre, et qu'on se reporte à cette lutte effroyable de dix années qu’eut à soutenir Jules César pour en achever la conquête: quand on se rappelle que si, depuis cette conquête (60 ans avant J. CG.) jusqu'à l'invasion franque (406), la Gaule jouit d'une tranquillité relative, vingt peuples divers, sortis des profondeurs de la Germanie, se précipitèrent alors sur elle, et qu’il y eut un désastre immense, universel; que quarante ans plus tard (451), de nouvelles hordes vinrent fondre encore sur cette malheureuse contrée à la suite d’Attila ; qu'en 711, les Arabes, à leur tour, franchissant le détroit, y portèrent le fer et la flamme; quand on réfléchit à la puissance dévastatrice de ces multitudes en mouvement, on se dit que c’est là qu'il faut chercher la cause principale du déboisement actuel de notre sol. On ne fly trouverait cependant pas.

Il paraît en effet certain que peu de temps après ces affreuses guerres qui ont rempli les premiers siècles de notre histoire, la végétation forestière avait repris une grande partie du terrain qui lui avait été enlevé. Et cela s'explique : la guerre, avec les fléaux qu'elle traînait à sa suite, la peste et la famine, occasionnait d’épouvantables mortalités parmi les hommes et dépeuplait les campagnes. Les terres, abandonnées par la culture, étaient de nouveau envahies par les forêts.

Des ruines qui ont été découvertes dans les forêts du

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