‹ Études sur l'aménagement des forêts (volume 2)Chapitre 42 sur 121 · ER RER) PARTIE · texte numérisé non relu

ER RER) PARTIE

Sans pousser plus loin la réduction, on voit que si r=0, À r disparaît, et le dénominateur du 2° terme du second L4

DE L'EXPLOITABILITÉ. 193

membre de l’équation devient égal à n, c'est-à-dire à autant de fois l'unité qu’il y a d'années dans l’âge du bois.

À On a donc : nr

C'est, par conséquent, lorsque la valeur de l’accroissement annuel est égale au revenu moyen des années antérieures, que l’exploitabilité commerciale se réalise, l'intérêt étant nul; mais le revenu moyen est maximum, quand il est égal au revenu annuel; donc, etc., etc.

Si les calculs se faisaient aux intérêts simples, on arriverait au même résultat; car © deviendrait alors égal à

À El ON à :

À équation qui se transforme encore, quand r = 0, en celle-ci : À =

a =AT+

Les forêts aménagées offrent mieux que les autres, les moyens de vérifier l'influence de l’abaissement de l'intérêt sur la fixation du terme de l’exploitabilité relative à la rente la plus élevée. La seule circonstance qui soit de nature à engager les propriétaires a raccourcir la durée de la révolution, consiste, en effet, dans la possibilité de placer avantageusement, à intérêt, la somme qu'ils réaliseraient en diminuant

le capital superficiel; mais si cette possibilité leur était enlevée, ils ne se laisseraient évidemment guider dans la recherche de l’exploitabilité, que par le désir de retirer de leurs propriétés le revenu moyen absolu le plus considérable. J’ai montré, d’un autre côté, que c'est surtout à la supériorité que le capital superficiel, le capital réel, présente souvent sur le capital obtenu en multipliant le revenu par le denier du placement, que l’on juge de l'opportunité et des avantages du raccourcissement de la révolution; or cette supériorité ne se présenterait jamais si l’intérêt de l'argent était infiniment petit, puisque alors les valeurs capitales deviendraient infiniment grandes,

La première partie de mon travail est terminée. Nous allons quitter le domaine de l'absolu, de la théorie pure, de l’abstraction, pour entrer dans celu: de la vérité relative, de la pratique, de la possibilité des choses. On doit prévoir que, dans cette nouvelle voie, nous serons obligés de nous écarter plus ou moins de la ligne de conduite que nous aurions à suivre pour obéir rigoureusement aux principes qui ont été développés. L'essentiel est que nous ne les perdions jamais de vue: ces principes, je l'espère, n’en resteront pas moins recommandables. Que dirait-on d’un voyageur qui, surpris par l'obscurité, s’aviserait de mépriser la lumière lointaine qui lui indique le but à atteindre, parce que les accidents du terrain l’empêcheraient de prendre, pour y arriver, la route la plus directe ? — On douterait de son bon sens. Semblables à ce voyageur seraient ceux qui me

DE L'EXPLOITABILITÉ. 195

reprocheraient le temps que j'ai consacré à la démonstration de certaines lois, dont les prescriptions ne pourraient être intégralement et rigoureusement appliquées.

Parmi les circonstances qui nous forceront de modifier dans l’application les règles que nous avons posées, les plus importantes, peut-être, sont celles qui résident dans les conditions d’existence de l’homme, et particulièrement dans la courte durée de cette existence. [l en résulte que l'application d'un principe, d'une loi, d’une règle de conduite, bonne pour un temps donné, ne l'est plus quand on le dépasse. Les mœurs, la législation, la constitution de la propriété, exercent à cet égard une grande influence : elles peuvent plus ou moins reculer l’époque au delà de laquelle les appréciations humaines cessent de présenter un caractère suffisant de probabilité, et tombent dans le domaine des futurs contingents.

Je me borne aujourd’hui à indiquer cette idée, à laquelle j'aurai souvent occasion de revenir.

Page 1