‹ Études sur l'aménagement des forêts (volume 2)Chapitre 54 sur 121 · DE L'EXPLOITABILITÉ DANS SES RAPPORTS AVEC L'INTÉRÊT DES COMMUNES · texte numérisé non relu

DE L'EXPLOITABILITÉ DANS SES RAPPORTS AVEC L'INTÉRÊT DES COMMUNES

L'existence des communes ne peut pas plus être limitée que celle de l’État. Dans la gestion de leurs biens patrimoniaux, les communes doivent donc, avant toute chose, se préoccuper des moyens d’assurer la conservation du fonds ; et dans ce but, c’est le mode d'exploitation en futaie qu'il leur convient en général d'adopter pour les forêts qu'elles possèdent.

Mais les communes diffèrent de l’État et se rapprochent des particuliers par la modicité de leurs ressources d’abord, et ensuite par la distinction qui existe entre les intérêts de chacune d'elles et les intérêts généraux du pays. Lorsque, par le placement de leurs capitaux, elles peuvent faire modifier en leur faveur la répartition du revenu social, n’ontelles pas raison de recourir à ce moyen pour améliorer leur sort?

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Je répondrais négativement à cette question, si toutes les communes étaient dans l’aisance, si leur revenu était suffisant pour couvrir leurs dépenses ; parce que, comme je l’ai fait observer dans une étude sur les quarts en réserve des bois communaux", la conservation d'un capital sous la forme d’une forêt, présente à côté de l'inconvénient de faire produire à ce capital une rente inférieure à celle qu’on en retirerait en lui donnant une autre destination, en le transformant par exemple en argent, l'avantage d’une sécurité beaucoup plus grande. Cet avantage est inappréciable pour les propriétaires qui ne meurent pas. Cependant, de même quele particulier qui, n’ayant pas de quoi suflire aux strictes nécessités de la vie avec le revenu d’une terre, fait bien de la vendre et d'en placer la valeur chez un banquier, malgré les chances de ruine auxquelles il s'expose; de même une commune qui a des besoins impérieux et des recettes trop restreintes, est excusable de chercher à remédier à cette situation, en renoncant à conserver des propriétés productives d’un trop faible revenu relativement à leur valeur commerciale.

Toutefois , il ne faut pas qu’elles oublient que ce genre de spéculation, qui à pour résultat de raccourcir la durée de la révolution de leurs bois, est contraire à l'intérêt de leurs descendants dont il ébranle le patrimoine, et à l'intérêt de la société

A, Annales forestières, 1856.

dont il amoindrit le revenu. Si Îles particuliers eux-mêmes ne doivent jamais faire complétement abstraction de ces intérêts, leurs obligations à elles sont, sous ce rapport, beaucoup plus étendues.

L'importance de ces obligations est suffisamment indiquée par la non-limitation de l'existence des communes, par l’étroite solidarité qui existe entre elles et la société dont elles font partie, par la protection spéciale dont l’État les couvre, par l'appui qu’il leur prête.

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