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On calcule le produit, par hectare, que don

nera chaque parcelle au moment où elle arrivera en tour d'exploitation, et on le compare au produit moyen par hectare de la forêt. On obtient, ainsi, pour chaque parcelle, un rapport qui exprime de combien sa puissance productive est supérieure ou inférieure à la puissance productive moyenne, et qui indique, en même temps, ce qu'il serait nécessaire d'enlever ou d'ajouter à un hectare de cette parcelle, pour en obtenir un produit égal à celui de l'hectare pris pour terme de comparaison.

Le chiffre qui exprime le rapport par hectare entre le produit d'une parcelle quelconque et le produit moyen, est donc un coefficient par lequel il suffit de multiplier la contenance réelle de cette parcelle, pour connaître à quel nombre d'hectares d’une puissance productive moyenne équivaut cette contenance réelle.

Ce nombre est substitué dans le tableau de classement à la contenance réelle. On modifie en conséquence les totaux des colonnes, et s'ils sont inégaux, on y remédie en transportant, de proche en proche, et conformément aux principes exposés précédemment, l’excédant des colonnes trop riches dans celles qui ne le sont point assez. Ces transferts en entrainent nécessairement d’autres lorsqu'on veut opérer rigoureusement; car 1ls ont pour résultat d'avancer ou de retarder l’époque de l'exploitation des parcelles déclassées. On tient compte de cette circonstance, et, par des tâtonnements, par des remaniements successifs, on parvient à rendre les contenances

des coupes, inversement proportionnelles à leur puissance productive.

Exemple : Le produit moyen par hectare æ est représenté par l'unité. On trouve que, calculé pour l’époque de son exploitation, le produit de la parcelle A sera de 50 pour 100 plus fort que le précédent. Il est donc représenté par le chiffre 1,50. On multiplie la contenance de la parcelle, qui est de 8 hectares, par 1,50; on obtient 12 hectares. On substitue ces 12 hectares aux 8 hectares portés dans le tableau de classement. Après avoir opéré de cette manière pour les autres parcelles, on constate que la colonne, dans laquelle figure la parcelle A, est trop riche et qu'il faut transporter une portion de cette parcelle dans la colonne voisine. C’est ce que l’on fait; mais ce transfert modifie nécessairement la puissance productive, par hectare, de la portion déclassée, puisque cette dernière ne sera pas exploitée à l’époque que l’on avait fixée primitivement. On tient compte de cette circonstance, en réduisant ou en augmentant proportionnellement la contenance fictive de ladite portion, etc., etc.

La principale difficulté dans l’application de ce procédé, porte sur l'évaluation du volume que les parcelles présenteront, quand arrivera le moment de les exploiter. Pour faire cette évaluation, il n’y a que deux moyens : calculer, d’après l'accroissement passé, l'accroissement futur, et ajouter l’un à l’autre; ou bien, adopter comme devant être le volume qu’acquerra cette parcelle, celui d’un peuplement qui serait

placé dans de semblables conditions de végétation, et qui aurait l’âge fixé pour son exploitation.

Le calcul de l'accroissement, d’après la marche antérieure de la végétation, est impossible dans les taillis, par beaucoup de motifs qu'il est inutile de développer 1ci, et, entre autres, parce que leur accroissement annuel suit ordinairement, jusqu’à l’époque de leur abatage, une progression qui ne permet pas de préjuger, avec quelque chance de succès, le volume qu'ils acquerront par celui qu’ils ont acquis.

C'est donc par la comparaison avec des massifs situés dans les mêmes conditions de végétation, que l’on peut espérer de parvenir au but de ses recherches. Cette opération est plus ou moins difficile, suivant l’état des lieux et les caractères plus ou moins variés des parcelles que l’on envisage. Les exploitations effectuées dans la forêt même dont on règle l’aménagement, suppléent quelquefois aux termes de comparaison que la localité n'offre pas. S'il existait des données expérimentales sur l’accroissement: annuel des différentes essences, suivant les sols, les climats et les modes d'exploitation, il suffirait de recourir à ces données pour obtenir les renseignements désirables. Malheureusement elles n'existent pas.

2° Le second moyen qui a été conseillé pour rendre le rapport soutenu, consiste dans l’appréciation directe des éléments mêmes de la végétation, c’est-à-dire, des circonstances qui sont de nature à exercer une influence sur la production. On fait, pour

ces éléments, les mêmes calculs que pour les pro- duits présumés des parcelles, et on obtient de cette manière les coefficients qui servent à fixer les contenances qu'il faut donner à chaque coupe, pour en retirer le même produit.

On prend par exemple, pour terme de comparaison, un massif situé dans des conditions moyennes de végétation. On exprime par l'unité l’état du peuplement et la fertilité du lieu d'habitation. On compare à cette fertilité et à cet état de peuplement, la fertilité et l’état du peuplement de chaque parcelle. On obtient ainsi, pour chaque parcelle, deux facteurs. On multiplie ces deux facteurs l’un par l’autre; le produit exprime précisément dans quel rapport se trouve la puissance productive de la parcelle que l’on considère, avec la puissance productive du massif choisi pour terme de comparaison.

Exemple : La parcelle À renferme un peuplement dont l’état est de un quart moins satisfaisant que celui du peuplement moyen pris pour type. Son terrain, son climat, son exposition dénotent une fertilité qui, comparée à celle du peuplement moyen précité, est moins bonne de un cinquième. Il en résulte que son coefficient de puissances productive est, pour l'état de peuplement, de 0,75, et pour la fertilité du lieu d'habitation de 0,80. En multipliant ces deux rapports l’un par l’autre, on trouve au produit 0,60. Cela signifie que six dixièmes d’hectare ou soixante ares d’un peuplement, placés dans des conditions ordinaires de végétation, équivalent, en puissance

productive, à un hectare de la parcelle À, et que pour rendre, par conséquent, la contenance de cette parcelle inversement proportionnelle à sa puissance productive, il faut la porter sur le tableau de classement pour une contenance fictive ou réduite, égale à son étendue réelle multipliée par le coefficient 0,6.

Des deux procédés que je viens d'exposer, quel est le meilleur?

C’est ce que j'ai maintenant à apprécier.

Pour peu qu'on y refléchisse, il est facile de reconnaître que celui dont on a parlé en dernier lieu ne constitue pas une méthode particulière; qu’envivisagé d’une manière absolue et en soi, il serait même dépourvu de toute valeur pratique, et qu'il ne peut servir qu à compléter et à contrôler les renseignements sur lesquels, par le premier procédé, on base ses appréciations.

Tous les deux reposent d’ailleurs, évidemment, sur le même principe. Le second implique comme l’autre, que l’on connaît la production possible d’un peuplement, à un âge et dans des conditions de végétation donnés; et lorsqu'on compare entre eux les éléments de cette végétation, un terrain à un autre terrain, un état de peuplement à un autre état de peuplement, on à nécessairement, pour éclairer cette comparaison, une idée plus ou moins nette des résultats que ces éléments seraient susceptibles de fournir à des époques déterminées. Sans cette idée indispensable, la comparaison n’aurait pas de conclusion possible. Un terrain n'est préféré à un autre, que parce

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que l’on présume qu’il rapportera davantage. Un état de peuplement est plus ou moins satisfaisant par des raisons analogues. Dans cette matière, comme dans toutes celles où il s’agit d'apprécier la valeur relative des agents physiques, on ne peut juger des Causes que par leurs effets.

Le second procédé n'échappe donc pas à Ja difficulté que présente l’estimation du volume futur. Il rend, au contraire, cette difficulté plus grande en la compliquant, et il a, sous ce rapport, des exigences auxquelles il est impossible de satisfaire. Aïnsi, il demande que l’on détermine l'influence particulière de chacun des éléments de la végétation sur le résultat futur plus ou moins éloigné de cette végétation; il demande que l’on fasse, dans ce résultat, la part qui revient, soit à la fertilité du lieu d'habitation, soit à l’état du peuplement. Il implique, dès lors, que l’on trouvera autant de massifs placés dans des conditions spéciales qu'il y à d'éléments divers spécifiés. Cela n’est pas admissible, et cependant il faut remarquer que, dans l'exposé du procédé en question, on a partagé les éléments de la végétalion en deux catésories seulement : l’une comprenant les circonstances relatives au peuplement, l’autre celles qui concernent la fertlité du lieu d'habitation. Les difficultés ou plutôt les impossibilités pratiques de ce procédé, dans l’état actuel de nos forêts, seraient bien plus manifestes, si l’on voulait former les coefficients de production en fonction de chacune de ces circonstances.

Le second procédé n’a pas, en définitive, de valeur propre, puisqu'il ne supplée pas au premier. Il est impraticable, puisqu'il exige des appréciations que la nature des choses ne comporte pas. Son mérite est d'éclairer et d'assurer la marche de l’opérateur qui se propose de déterminer les rapports entre les puissances productives de divers peuplements. Ainsi, il l’oblige à apporter dans ses reconnaissances de la méthode et de la précision; il lui apprend à contrôler, par des rapprochements nombreux, les résultats d’un premier examen, en vérifiant si les différences dans les productions qui seraient indiquées, soit par des exploitations antérieures, soit par des tables d'expérience, s'accordent avec celles que présenteraient les éléments de la végétation.

À tous ces points de vue, l’examen attentif des circonstances qui sont de nature à exercer une influence sur la production, est d’un grand secours dans les opérations très- délicates auxquelles l’établissement du rapport soutenu donne lieu.

3° Indépendamment des deux moyens sur lesquels je me suis appesanti, un peu longuement peutêtre, au gré de mes lecteurs, on a appliqué à l'établissement du rapport soutenu, un expédient que je dois faire connaître, ne füt-ce que pour fournir une nouvelle preuve de l'importance que certains auteurs attachent à l’égalisation des produits annuels.

On calcule, comme on le fait dans les autres méthodes, le volume de chaque coupe pour le moment de son exploitation; puis on partage la révolution en

un cerlain nombre de périodes égales qui correspondent, chacune, à un même nombre de coupes; et, enfin, au lieu de fixer sur le terrain les limites des coupes annuelles, on subordonne leur étendue, pendant chaque période, au volume qu'elles présenteront en bloc quand elles arriveront en tour d'exploitation, ce qui veut dire que, chaque année, on exploite la quantité de bois qu'indique le quotient du volume total présumé d’une période par la durée de cette dernière.

Ce moyen n'est pas affranchi des incertitudes d'appréciation qu'offrent les précédents ; il y ajoute au contraire des chances d'erreur ; il complique l’exploitation, 1l en compromet la régularité, et ce, sans compensation, car de deux choses l’une : ou bien les exploitations annuelles se renfermeront précisément dans les limites qu'auraient eues les coupes, si on leur avait donné des contenances proportionnelles à leur puissance productive, ou bien elles s’en éloigneront. Dans le premier cas, les précautions qui caractérisent le procédé en question auront été inutiles ; dans le second cas, qui est infiniment plus probable, une inévitable confusion se mettra dans l’assiette des coupes, et, pour réaliser le rapport soutenu pendant quelques années, on se condamnera à des anticipations ou à des déficits successifs qui ne tarderont pas à l’altérer profondément,

2. Des limites dans lesquelles il parait convenable de renfermer l'emploi des coefficients de production.

Il ne faut pas se dissimuler que dans l’état d’irrégularité où sont généralement les forêts de notre pays, et en présence du très-petit nombre de renseignements positifs que l’on a recueillis sur l’accroissement et la longévité des massifs, la réalisation du rapport soutenu, par la méthode des contenances réduites, est fort chanceuse. Il est donc prudent de ne l’essayer que dans des circonstances bien accusées et avec une grande circonspection.

Entrons, à ce sujet, dans quelques développements, cherchons quelques principes : nous les trouverons en nous rendant un compte exact de tous les éléments qui sont compris, comme données plus ou moins essentielles, dans le problème à résoudre. problème qui consiste à déterminer la puissance productive d'une parcelle de bois.

À quoi tient cette puissance productive ? à quelles circonstances est-elle subordonnée ?

Elle est subordonnée :

1° Au temps, c’est-à-dire à l’âge qu’aura le massif quand :l arrivera en tour d'exploitation ;

2° A l’état du peuplement, c’est-à-dire à la nature des essences, à leur consistance, à leur végétation ;

3° À la qualité du sol;

n° Au chimat, et; principalement, à la situation et à l'exposition.

Ainsi, le produit d’une parceile, parvenue à l’âge fixé pour son exploitation, est la résultante des actions combinées de ces diverses causes.

C’est là ce qui complique la recherche des coefficients de production. C’est là ce qui rend difficile et souvent impossible le choix des peuplements indispensables pour la détermination de ces coefficients ; et le problème serait en conséquence simplifié d’autant plus, qu'il y aurait à tenir compte d’un moins grand nombre des circonstances précitées.

Or, parmi ces circonstances, les unes sont accidentelles et temporaires, tandis que les autres sont permanentes. Les unes sont susceptibles d’un effet dont le caractère favorable ou défavorable peut être prévu avec une approximalion suffisante, tandis que les autres sont susceptibles de se modifier et de ne produire aucun des résultats qu’on en attendait.

L'époque de l'exploitation, lorsqu'elle ne correspond pas à l’âge d’exploitabilité, est une circonstance temporaire; elle disparaîtra presque toujours à la deuxième révolution; mais son effet peut être prévu avec assez de certitude.

Le mauvais état de la consistance ou de la végétation, s'il résultait des vices de la culture ou d’ur événement fortuit, serait encore une circonstance temporaire, dont, en outre, dans la plupart des cas, l'influence ne saurait être préjugée; car 1l arrive souvent qu'un massif dont la consistance et la végétation

ne sont pas ce qu'elles devraient être, se complète et répare le temps perdu, avant d'arriver en tour d'exploitation.

Quant aux circonstances qui consistent dans la nature des essences, dans l’âge d’exploitabilité, dans la qualité du sol, dans le climat, elles sont à la fois permanentes et susceptibles d'un effet qu'il est difficile sans doute de préciser, mais dont il est possible de prévoir avec certitude le caractère.

On déduit, de ces observations, les principes suivants :

Les contenances inversement proportionnelles à la puissance productive des parcelles, ne sont presque jamais admissibles, lorsqu'elles n'ont d'autre motif que la nécessité d'exploiter, pendant une révolution, certaines parcelles, soit avant, soit après l’âge d’exploitabilité. Elles ne le sont pas davantage, quand la différence, dans les productions présumées, tient à un état de consistance ou de végétation dont les causes sont fortuites, indépendantes des conditions naturelles dans lesquelles est placée la forêt.

Il y a deux raisons pour que l’on ne tienne pas compte de ces circonstances :

La première, c'est qu'il est, en général, comme on vient de le faire observer, difficile de déterminer leur influence sur la production; la seconde, c’est qu’en admettant qu'on y parvint, on se condamnerait à modifier de nouveau les contenances des coupes après la première révolution, chose que l’on doit éviter autant que possible.

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Les caractères essentiels et permanents, qui dérivent de l’exploitabilité, de la nature des essences, de la qualité du terrain et du climat, sont les seuls qu’il convienne ordinairement de prendre en considération, et encore faut-il qu'ils soient bien prononcés.

Si dans nos 200 hectares de taillis exploitables, presque tous, à 20 ans, nous avions des parcelles dont l’âge d’exploitabilité serait de 10 ans, il y aurait tout lieu de croire que ces parcelles ne fourniraient pas, par hectare, le même produit que le surplus de la forêt; il serait donc nécessaire, pour réaliser le rapport soutenu, d'augmenter proportionnellement l'étendue des coupes dont elles feraient partie.

La diversité des essences, toutes les autres circonstances étant égales d’ailleurs, pourrait fustifier une mesure analogue : ainsi, un taillis de châtaignier exploité à 20 ans, fournirait probablement, par hectare, un plus grand produit qu’un taillis de chêne que l’on couperait au même âge.

Voici des parcelles dont le sol est très-mauvais. L'expérience a prouvé que, dans un temps donné, la production par hectare de ce taillis est à peine égale aux troits quarts de celle du surplus de la forêt. Ce n'est certainement pas avec le maintien du mode d'exploitation en taillis, que le sol pourra jamais s'améliorer ; et, dès lors, un coefficient de fertilité est applicable à ces parcelles.

En ce qui concerne le climat, c'est surtout l’influence de l'exposition qu'il importe de ne pas négliger,

lorsqu'on veut rendre les contenances des coupes inversement proportionnelles à leur puissance productive. Un taillis, situé sur une pente méridionale. sera évidemment beaucoup moins productif qu'un taillis exposé au nord. |

Mais, je ne me lasserai pas de le dire, l’emploi des coefficients de production dans la fixation des contenances des coupes annuelles, ne doit avoir lieu que dans des cas exceptionnels. Il n'y faut recourir que lorsque les différences dans les conditions de la végétation sont bien tranchées, et portent sur des étendues assez considérables, pour que la compensation entre le bon et le mauvais soit impossible dans la même coupe. Il n'y faut recourir encore que lorsque l'établissement du rapport soutenu n'est pas réalisable par le moyen plus rationnel et plus sûr de la division préalable de la forêt en séries *.

Du rapport soutenu dans l’hypothèse d’une révolution principale définitive et d’une marche des coupes, provisoire.

Dans l’article sur la formation du tableau des exploitations, conformément aux règles d’assiette. j'ai montré qu'il était convenable, pour les taillis, quelles que dussent être d’ailleurs les coupes anormales qu'exigerait, pendant plus ou moins longtemps.

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